09 novembre 2006

Illusions perdues

Le problème avec la Route de la Soie, c'est qu' on en rêve, énormément !
On lit, abusivement !
On fantasme, exagérément !
Et puis on part avec des noms - Bezelik, Mogao, Jiaohe, Gaochang - et des images plein la tête. Comme celle-ci par exemple :


Et on s'imagine découvrant, seul, au petit matin, la mosquée de Yueyaquan au pied des dunes chantantes de Minsha, bordée par le lac du Croissant de lune.
Seul !

C'était sans doute possible il y a dix ou vingt ans. Mais trop tard ! Nous sommes arrivés trop tard !

Ce n'était pas le petit matin, c'était la fin de l'après-midi.
La mosquée était bien là, et le petit lac, et les dunes, mais les dunes ne chantaient pas et auraient-elles chanté, nous ne les aurions pas entendues tant il y avait de bruits, de cris, de hurlements, de fracas et de vacarme. Car en Chine la solitude et le silence n'existent pas.
Où que l'on aille désormais, ils sont là. Ils ? Les touristes chinois bien sûr. Innombrables et extrèmement bruyants. D'autant que leurs guides sont armés de mégaphones à piles d'une redoutable efficacité. Alors autant s'y faire et contempler, médusé, l'enthousiasme débordant de ceux qui chaussés de guêtres fluo oranges ou vertes montent à l'assaut des dunes pour mieux les redescendre en luge, à moins qu'il n'aient opté pour les chameaux, qui en caravane, montent et descentent à longueur de journée la même crête, la plus photogénique. Et puis il y a encore les quads, les 4x4, les ULM... sans oublier les marchands de cartes postales, de souvenirs en tous genres, kitschissimes si possible.

Ce n'est pas la route de nos rêves et de nos fantasmes ?
Qu'importe au fond : c'est bien la route de la Chine, celle d'aujourd'hui, tout aussi vraie, tout aussi authentique, tout aussi passionnante.
Alors, si vous partez à votre tour, préparez vous plutôt à cela :

ou cela ...


Et pour prolonger l'illusions, vous enverrez à vos amis des cartes postales commes celles-là :

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