30 mai 2008

Ivo Andric

Voici une autre de mes découvertes récentes bien que le livre ne date pas d'hier: Le Pont sur la Drina d' Ivo Andric.
Mais pourquoi n'ai-je pas découvert Ivo Andric plus tôt ? J'aurais certainement mieux compris le-pourquoi-le-comment de cette guerre en Yougoslavie. Peut-être même m'aurait-elle paru moins absurde.
J'avais pourtant ouvert le livre sans enthousiasme : l'histoire d'un pont... a priori cela ne pouvait pas être bien passionnant. Même un pont construit au XVIe siècle sur ordre d'un lointain vizir. Mais ce pont qui relie les deux rives de la Drina, autant dire les rives de deux mondes n'est qu'un prétexte pour Ivo Andric, pour raconter le monde tel qu'il va, tel qu'il court et emporte dans se flots la vie des habitants de ces deux rives : chrétiens, juifs, musulmans, slaves ou orientaux, qui sont passés de l'Empire ottoman à l'Empire austro-hongrois sans qu'on leur ait jamais vraiment demandé leur avis. Les générations se succèdent des deux côtés du pont, les modes changent, les fortunes se font et se défont, les amitiés se lient, les amours se délient.

"Les générations se succédaient près du pont, mais lui secouait, telle la poussière, toutes les traces laissées par les caprices et les besoins éphémères des hommes, demeurant en dépit de tout inaltéré et inaltérable."

Et ce pendant quatre siècles !

Le livre d'Ivo Andric fait écho au poème le plus connu d'Apollinaire : Le Pont Mirabeau dont le refrain est encore sur mes lèvres :

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

Passagers éphémères les hommes dont la vie se compte au mieux en quelques dizaines d'années plutôt qu' en siècle sont pourtant au coeur du roman : cruels, avares, égoïstes, lâches mais aussi bien, sages, avisés, généreux, et surtout bavards, roublards, vantards, les personnages innombrables de ce roman constituent au fil des pages une superbe fresque humaine, tous semblables malgré les différences ethniques ou religieuses parce que simplement humains.
Le Pont sur la Drina est un un beau livre vraiment, à vous donner envie de lire tout Andric d'abord, puis ensuite d' aller voir ce fameux pont sur la Drina, détruit puis reconstruit et inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'humanité depuis 2007.

28 mai 2008

Une Tombe à Gaza

Matt Rees n’est pas palestinien : il est anglais, et plus précisément, gallois ! Après des études à Oxford et à l’Université du Maryland, il devient journaliste et se retrouve en poste à Jérusalem, chef de bureau pour le magazine Times.

Il publie en 2007 son premier polar Le Collaborateur de Bethléhem et invente à cette occasion le personnage d’Omar Youssef professeur d’histoire et détective malgré lui.
Une tombe à Gaza est son deuxième roman, avec le même personnage et c’est un régal !

Omar Youssef vient d'arriver à Gaza pour accompagner un membre de l’ONU venu inspecter les écoles sous sa responsabilité. Mais les voilà malgré eux pris dans une sombre et dangereuse histoire de diplômes vendus par l’Université, de missile coréen acheté par une milice, volé par une autre, d’un officier de l’ONU assassiné, un autre enlevé… bref une intrigue assez complexe pour tenir éveillé n’importe quel lecteur , mais moins complexe quand même que ce que l’on comprend peu à peu de la situation à Gaza et de la lutte des pouvoirs au sein même des forces palestiniennes, corruption et violence à l’appui.

Tout ce que j'aime dans un polar en particulier et dans la littérature en général : une intrusion dans une société qui n'est pas la mienne et qui m'apprend quelque chose sur l'état du monde. Presque aussi bien que le voyage non ?

27 mai 2008

La Brède (suite)

Le château de Montesquieu c'est pas mal; mais il y a, à La Brède, une église fraîchement rénovée qui mérite à elle seule un petit arrêt. On dirait une église romane...


Une façade d'une grande simplicité (un peu trop exposée il est vrai !)

Pierre blonde finement taillée de chaque côté du portail d'entrée.
Et sur le toit, pour marquer les quatre coins de la base du clocher, de bien étranges sculptures !

L'ensemble paraît soudain un peu moins roman, un peu plus...

http://secteur-pastoral-des-graves-catho33.cef.fr/La_Brede.htm

Ce site vous dira tout sur l'histoire de l'église où l'ami Montesquieu a peut-être été baptisé ...
Même pas puisqu'il y avait une chapelle privée au château.
Dommage ! J'aurais bien aimé imaginer l'auteur des Lettres Persannes faisant ici-même ses génuflexions.

26 mai 2008

Château de la Brède

J'aime bien les valérianes parce qu'elles parviennent toujours à pousser n'importe où, même dans le creux d'un mur; comme celles-ci...


Mais il ne s'agit pas de n'importe quel mur !
Celles-ci ont poussé sur le mur d'un château.


Mais pas n'importe quel château !
Un vrai château du Moyen-Age, comme sur les livres d'images, avec ses douves, ses tourelles, ses machicoulis, ses ponts-levis...


Bien que depuis il ait été souvent modifié : fenêtre Renaissance par ici, bizarre encorbellement par là...

... il a encore fière allure ce château; il est de surcroît situé dans un très bel environnement et l'on se dit que son propriétaire n'avait que quelques pas à faire pour ...


aller vérifier l'état de son domaine, de ses vignes, de ses bois, de ses prairies...
Quelques 150 hectares quand même !


Son propriétaire ? Charles Louis de Secondat, baron de la Brède qui appréciait tout particulièrement ce lieu champêtre et y séjournait très régulièrement, attentif à la gestion de son bien.
Le baron de la Brède ? et de Montesquieu bien sûr.

A propos de Montesquieu, plus que les Lettres Persannes, et que les Considérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence, le texte qui m'a toujours beaucoup amusé est un chapitre de L'Esprit des lois où le philosophe expose sa théorie des climats. Une théorie justifiée scientifiquement puisque Montesquieu, à partir d'une expérience conduite sur une langue de mouton tire de ses observations sur les réactions de l'animal au froid et au chaud, des conclusions qu'il transpose à l'homme d'abord, aux sociétés humaines ensuite. Ce qui lui permet d'affirmer que "Dans les pays froids on aura peu de sensibilité pour les plaisirs; elle sera plus grande dans les pays tempérés; dans les pays chauds, elle sera extrême." Aux peuples des pays chauds, l'indolence, la molesse, la lâcheté; à ceux des pays froids, la vigueur, le courage, la résistance à la douleur : "Il faut écorcher un Moscovite pour lui donner du sentiment. " Après avoir relié sociétés et climats, Montesquieu n' hésite pas à tirer des conclusions politiques : plus les climats sont froids, plus les peuples ont besoin d'un gouvernement ferme, la démocratie en fin de compte ne convenant guère qu'aux peuples des climats tempérés !
Ce qui m'amuse dans la théorie de Montesquieu, c'est qu'il s'efforce de donner à une hypothèse vieille comme la lune, une caution scientifique : l'hypothèse vérifiée par l'expérimentation. Rigoureux dans ses observations, il aboutit pourtant à des conclusions pour le moins fantaisistes. Cherchez l'erreur !

Mais comment en vouloir au Baron de la Brède et de Montesquieu ? Au XVIIIe siècle, l'esprit scientifique n'en est encore qu'à ses balbutiements et se soucier de trouver le meilleur moyen de gouverner les peuples en fonction de leur environnement géographique et social part d'une bonne intention.

http://www.chateaulabrede.com/

25 mai 2008

24 mai 2008

Petit délire nocturne

A Bordeaux toujours ....
Soit la place de la Bourse photographiée depuis le quai Bacalan ....

Mise au point délicate : la nuit, de loin, pas bouger...
Je tente quand même le zoom parce que, ce qui m'intéresse ce ne sont pas les bâtiments, mais le reflet des lumières dans la Garonne.

On dirait un code-barre... comme si la ville était à vendre
Ensuite, selon la section que je choisis de photographier, j'obtiens des reflets à dominante froide : vert, bleu, violet ...

ou à dominante chaude : rose, orange...

La photo est de plus en plus floue, mais ça m'est bien égal : les lumières sur le quais ressemblent soudain à ... un envol de mouettes ?

Dès lors il ne reste plus qu'à secouer - à peine - l'appareil photo pour obtenir des résultats...

bizarres, amusants...

surprenants, étonnants, rigolos ...

jusqu'à l'abstraction pure et dure !

22 mai 2008

Urbanisme bordelais

Bien des choses ont déjà été écrites sur les grands travaux entrepris à Bordeaux, et il est vrai qu'en quelques années la ville est devenue très agréable. En tout cas pour le touriste de passage.
Une des plus jolies réussites, c'est sans doute l'aménagement des quais, dont on peut imaginer qu'il va modifier le profil de la ville puisqu'il crée, le long de la Garonne un espace ouvert à toutes sortes d'activités : un immense miroir d'eau face à la place de la Bourse qui sert à l'occasion de pateaugeoire aux enfants... ou aux grands, un jardin de lumière aux plates-bandes rigoureusement parallèles, moderne dans sa conception et prometteur ... mais il vient tout juste d'être planté; un peu plus loin des jeux d'enfants, un skate park où rollers, skaters et même bikers rivalisent de dextérité pendant que le long des quais courent les infatigables joggers, déambulent les flâneurs et s'embrassent les amoureux ! On fait ses courses au marché bio, on s'installe pour un pic-nic entre amis....
Le plus séduisant dans cet aménagement des quais c'est qu'il offre des possibilités à chacun et, à première vue, devrait permettre que se côtoient générations et milieux sociaux différents.

Pour en savoir plus sur le miroir d'eau et l'aménagement des quais : le site de la mairie au demeurant très bien fait !

http://www.bordeaux.fr/

Le choix des lampadaires en revanche me paraît plus incongru ...
Un rappel des braséros que l'on utilisait dans les vignobles peut-être ?
Ou des fanaux destinés à guider les marins le long de la Garonne ?

Comme je ne les ai pas pris en photo moi-même, j'ai emprunté une image à http://doque.over-blog.com/article-15684851-6.html
Merci !
Si l'aménagement des quais m'a enthousiasmée, je suis restée perplexe devant d'autres réalisations qui concernent la réhabilitation des quartiers Chartrons et surtout Bacalan.
Ces deux quartiers ont une longue histoire, liée à l'économie de Bordeaux, fondée en partie sur le commerce du vin. Dans ces quartiers en effet étaient installées chais et entrepôts qui couvraient des surfaces considérables, mais on y trouvait également des logements ouvriers. C'était aussi, - dit la rumeur - le quartier chaud de Bordeaux. Au fil du temps ces quartiers se sont dégradés avant d'être, depuis peu, l'objet d'un grand plan d'aménagement.

Pour qui s'intéresse à la vie des villes, une promenade dans le quartier Bacalan se révèle une expérience passionnante et intrigante.
Les bars "louches" côtoient les restaurant branchés, et les cybercafés les épiceries arabes; une galerie design à côté d'une mercerie à l'ancienne; ici une maison délaissée, et depuis longtemps squattée par une tribu de roumains bruyants; là, un immeuble ravagé, un autre soigneusement restauré. Artistes, bobos et SDF partagent les mêmes trottoirs. Un mélange qui pourrait être détonnant mais qui est juste vivifiant. Rien de pire qu'un quartier pétrifié dans ses habitudes. Pour ne pas mourir les villes doivent se renouveler.
Je déteste les villes musées. J'adore les villes qui bougent, qui se transforment, qui changent : Berlin, Pékin, New York ... Ce sont les mutations qui m'intéressent.
Bien que je n'en comprenne pas toujours le sens.

Ainsi, pour revenir à Bordeaux... au hasard de mes balades, je suis tombée sur la Zac des Chartrons : immeubles neufs , 3 ou 4 étages seulement, espaces verts; l'ensemble est plutôt classique mais séduisant.


J'ai découvert aussi une rue, nouvellement crée, rue des Beaux-Arts je crois, qui propose ateliers, galeries et logements à des artistes ou des artisans. Cela rappelle un peu le principe des souks arabes, regroupés par catégorie de marchandises ou ces communautés d'artistes qui semblent être une spécificité américaine. L'ensemble, à peine achevé est encore très austère, très minéral : mais la pierre est blonde, comme un peu partout en Gironde et il suffit d' attendre que les plantes grimpantes (des pieds de vigne ? ) garnissent un peu les façades.
Les ouvertures à claire-voie m'intriguent néanmoins et je n'en comprends pas bien la raison.


Dans une petite rue perpendiculaire au quai Bacalan je tombe sur des immeubles aux vitres colorées : bleu, jaune, la troisième était rouge. Mais les entrées barrées par des grilles ?
C'est sans doute pour mettre à l'abri les poubelles ou les vélos : la rue est étroite ! Un peu étrange quand même.

De l'autre côté de la rue, c'est plus étrange encore car les façades anciennes ont été conservées, avec leurs ouvertures désormais inutiles. Derrière les façades, avec un léger recul, un immeuble a été construit avec des ouvertures qui ne coïncident pas... fenêtres aveugles ? C'est assez difficile à comprendre mais je suppose que les appartements donnent en réalité de l'autre côté, peut-être sur un grand jardin plein de lumière.
Les entrées toutefois sont elles-aussi fermées par de solides grilles.

Et lorsqu'un peu plus loin, je tombe encore sur des grilles, je commence vraiment à me poser des questions .

A quoi peuvent-elles bien servir ?
Ecologie, et préservation de l'énergie ? Je ne vois pas très bien, sauf à faire courir des végétaux le long de ces grilles .
Visée esthétique ? Cela paraît pour le moins douteux.
Alors ?
Préoccupation sécuritaire ? Je ne vois plus que cela !
A moins encore que ce ne soit le moyen trouvé pour éviter graffitis et stencils !

Ce qui pourrait expliquer cette autre façade, dont l'esthétique tient à la fois de l'esprit zen (sobriété, harmonie des matériaux, des formes et des couleurs) et du bunker (forteresse de métal avec fenestrons).


Qui me dira laquelle de mes hypothèses est la bonne ?

Mais quelle que soit la réponse je ne crois pas que la seule alternative à cette architecture sociale moderne soit à chercher du côté de la photo suivante :

L'immeuble ancien avec son balcon fleuri a certes beaucoup de charme, mais c'est une image d'autrefois; une image d'un passé dont nous gardons parfois la nostalgie.
A tort !

"Le jeune, le vivace et le bel aujourd'hui..." est là qui nous attend.

Mais je le préférerais sans grilles !

21 mai 2008

CAPC Bordeaux

Même en traînant beaucoup le long de la route, on a fini par arriver à Bordeaux, ville bourgeoise s'il en est mais qui depuis quelques années n'a cessé de s'amender.
Et tout passage à Bordeaux requiert, outre la dégustation de quelques cannelés, un passage par le Centre d'Arts Plastiques Contemporains.
Le bâtiment, minéral, sombre, et quasi monacal à force d'austérité vaut à lui seul la visite. C'est un ancien entrepôt, construit au début du XIXe siècle, où l'on entreposait épices et denrées coloniales. Y pénétrer s'est s'enivrer des senteurs de poivre, de girofle, de cannelle ou de gingembre sur fond de rhum ambré...
Même pas vrai ! Mais avec un peu d'imagination....


Avec un peu d'imagination ... on finit par se demander si les denrées qui arrivaient des colonies dans le port de Bordeaux pour être stockées dans cet entrepôt était bien des épices car à Bordeaux, comme à Nantes ou à La Rochelle, le commerce du "bois d'ébène" est resté florissant jusqu'au milieu du XIXe siècle. Un commerce très profitable immédiatement réinvestit dans ... l'immmobilier. Ce qui explique, en partie, l'intérêt architectural de Bordeaux.

L'achitecture justement était à l'honneur au CACP puisqu'étaient exposés 5 projets et 5 réalisations de Nicolas Michelin ce qui permettait d'observer plans et maquettes puis de voir en photos grandeur nature, le passage à la réalité.
http://www.anma.fr/homeV1.htm

Le café du musée est installé au dernier étage, sur la terrasse. Un endroit délicieux, en parfaite harmonie avec l'architecture du lieux.

Et pour ne pas détruire l'harmonie, le sirop d'anis y est servi avec ...

...un "brownie"! Cela va de soi, non ?

20 mai 2008

Dans les vignes

Ce pourrait être une sculpture moderne, un Tinguely par exemple.


Mais ce ne sont que les vestiges, un peu rouillés certes, d'un système de pompe actionnée par le vent, pour puiser l'eau indispensable à la vigne dans cette région desséchée par le soleil et le vent.














Au bout du même vignoble, cette jolie petite maison et ces peintures naïves.


Construite en 1941 comme l'atteste l'inscription sur son fronton

Le temps des vendanges ! Le temps du bonheur, de la fête et de la joie....
Pourtant en 1941 ....

19 mai 2008

Job, propriétaire du château d'Aubiry

Même si vous n'avez jamais roulé une cigarette, vous connaissez forcément les jolis petits carnets de papier à rouler JOB. Regardez-bien.


Avec une loupe, sur la photo de la façade de la cave coopérative du château d'Aubiry, que j'ai postée hier, vous pouvez peut-être discerner ceci :



Et ceci ( sur une autre photo que je ne vous ai pas donnée, mais prise au même endroit )



Entre le logo sur le papier à cigarette et le logo sur la façade, la lettre centrale s'est arrondie.
Mais JOB, c'est bien la marque du papier à cigarette qui a fait la fortune de Jean Bardou et lui a permis de faire construire le château d'Aubiry et les bâtiments annexes devenus depuis Société coopérative.

Non, je n'ai pas trouvé cela toute seule. C'est une vieille dame croisée le long de la route qui nous a donné le premier indice. Elle regrettait d'ailleurs amèrement que la château reste inoccupé alors que transformé en maison de retraite , il ferait, à n'en pas douter le bonheur d'une flopée de vieilles dames comme elle !

Le reste de l'histoire c'est sur Internet que je l'ai trouvée !

D'abord le papier à cigarette et son logo : un losange pour séparer les initiales de Jean (ou Joseph?) Bardou, losange bientôt confondu avec un O et voici le papier JOB !
http://www.job-paper.com/fr/som.htm

Le château ensuite, commandé par Jean (ou Pierre) Bardou à l'architecte danois Viggo Dorph Petersen, installé dans la région.
Par souci d'équité, ce père de trois enfants, a, en réalité, commandé au même architecte un château pour chacun de ses enfants .
Le château d'Aubiry, construit pour Justin se trouve sur la commune de Cérêt.
Le château Ducup de St Paul, construit pour Camillle se trouve à Perpignan (et appartient maintenant à l'Eglise.)
Le château de Valmy, construit pour Jeanne se trouve au-dessus d'Argelès sur mer.
Il a depuis peu été restauré et transformé en hôtel (de luxe )

http://www.languedoc-roussillon.culture.gouv.fr/fr/0index/01actu/protection_historique/fiches66/ceret_chateau_aubriry.htm

http://histoireduroussillon.free.fr/Thematiques/Batiments/Histoire/ChateauDucupDeStPaul.php

http://www.chateau-valmy.com/
http://www.lesechos.fr/luxe/art-vivre/300180638.htm


Quand à l'architecte, Viggo Dorph Petersen, vous en saurez plus sur lui en allant soit sur Wikipedia soit sur http://baronjeudi.free.fr/html_cartophile/la_revue/petersen.htm

Le savoir livresque c'est une chose, mais à mon avis, rien ne vaut un petit voyage du côté de Perpignan, Argélès, Céret.... histoire de voir en vrai ! D'ailleurs, dès que j'en ai l'occasion, j'y retourne !

18 mai 2008

Société coopérative du château d'Aubiry

A côté du château d'Aubiry, la société coopérative du château dont les bâtiments, moins spectaculaires peut-être n'en sont pas moins intéressants et témoignent eux aussi d'une époque.

Oisiveté d'un côté, labeur de l'autre.
Caves et châteaux.
Classes laborieuses, bourgeoisie d'affaires.
Habitat ouvrier, demeures seigneuriales.







Mais en ce jour de Premier Mai, les travailleurs se reposent, les caves sont fermées et nous n'achèterons pas le vin du Château d'Aubiry.






















A côté des entrepôts, une ruelle dont les pavés sont gagnés par les mauvaises herbes, un alignement de maisons dont la plupart des portes sont fermées. Depuis que les ouvriers sont partis, la végétation a repris le dessus.







Rosiers, santolines, orangers... le métier de viticulteur est rude sans doute, mais le climat est doux. Piètre consolation !



Le vin lui aussi a laissé ses traces sur les bâtiments :

Vinasse et Rouille
comme un tableau abstrait.

17 mai 2008

Château d'Aubiry

Le plus grand plaisir du voyage ce n'est pas de se trouver devant un monument répertorié depuis l'éternité dans tous les guides, ni la Pyramide de Kheops, ni même le Taj Mahal - bien que ces deux là, à vrai dire, je ne les ai pas encore vus ! - mais c'est de se trouver par hasard devant un lieu inconnu qui pour des raisons sans doute très personnelles mais pas très claires, vous émerveille.

J'aime, il aime, nous aimons les bâtiments désaffecté. Pas les vraie ruines, les sites archéologiques. Non, plutôt les vieilles maisons abandonnées à l'architecture parfois très banale, les bâtiments industriels délaissés pour cause de vétusté, les constructions à l'affectation incertaine, à demi dissimulées par la végétation qui s'est emparée de leurs murs; le vent, la pluie les a délavées, le temps les a rongées.

La raison de cette fascination ? je n'en sais trop rien et ne me suis pas vraiment posé la question.
Un plaisir esthétique d'abord.
Peut-être aussi une réminiscence, quelques vers du grand poème de Villon

[...]
La pluie nous a débués et lavés,
Et le soleil desséchés et noircis.

Desséchés et noircis, mais de beaux restes quand même !

Mais je crois surtout que ces vieux bâtiments qui, malgré leur abandon gardent quelque chose de leur grandeur passée, mettent en branle mon imagination. Comme le flic sur le lieu d'un crime, comme l'archéogue dans la poussière des siècles, je tourne autour, observe, photographie, rétablit, reconstitue, et surtout, surtout INVENTE, IMAGINE ! J'ai le décor, reste à tourner le film.

Sur la route entre Ceret et Amélie les Bains, mon regard soudain se pose sur la silhouette d'un château, un peu biscornu.
C'est d'abord un clocheton, dans le bleu du ciel; ce pourrait être un minaret...


Mais l'ensemble est vaguement Renaissant, italianisant, avec de toit en toit, d'aériennes passerelles métalliques et cette étrange batterie de cheminées comme les tuyaux d'un orgue...
Trop d'ornementation, trop de métal, les volets ... un pare-soleil très art-nouveau ... cela sent son XIXe plutôt.


Pierre blanche, toit d'ardoise ... et au premier plan, on devine le toit d'une autre construction toute de métal et de verre : une serre.


En fait, il y en a trois à l'arrière du château. Toutes dans le même état. Métal rouillé, échelles tordues, vitrage éclaté. Mais quelles splendeurs !




Comme le château est sévérement gardé : grillages, barbelés, chiens... il est difficile d'approcher et nous tournons autour, à la recherche de la meilleure perspective, du meilleur angle.
Le téléobjectif fait son travail, nous montre ce que l'oeil discerne à peine.




Il parvient même à se glisser - virtuellement - à l'intérieur des bâtiments ...


Rotondes, arondis, volutes, rosaces : cette architecture n'est que courbes, transparences et reflets.


Une palme par dessu le toit ...

Quand tout est poésie comme voulez-vous que le coeur n'exulte pas.