10 août 2011

La Mujer sin piano

La Femme sans piano. Le titre est un peu bizarre, mais le film l'est tout autant. C'est un de ces films inclassables qui vous prend à rebrousse poil ou vous séduit totalement.
Ce n'est pas une tragédie, mais on attend à tout instant que le film tourne à la catastrophe : un suicide, un meurtre ...
Ce n'est pas une comédie, mais on rit quelque fois et on sourit souvent.
La Mujer sin piano tient du "road movie", puisque le film suit l'errance nocturne d'une femme dans les rues de Madrid. Une femme ordinaire, genre "ménagère de moins de cinquante ans", qui le temps d'une nuit se rebelle et tente d'échapper à son destin de femme soumise, de femme sous influence.
Elle est insupportable de médiocrité ou plutôt c'est la médiocrité de sa vie qui est insupportable.
Sa valise à la main, elle erre dans Madrid, et se laisse balloter au gré des rencontres, des événements. Dans l'obscurité des rues ou sous la lumière blafarde des néons, coiffée de sa perruque, Rosa poursuit son chemin sans savoir vraiment où elle va.


Ce nocturne madrilène - un peu lent j'en conviens - est plein de surprises et le parti pris esthétique - glauques les couleurs, avec, toujours, dans l'image, un pan de mur turquoise - s'accorde parfaitement avec le propos. Il y a dans ce film quelque chose qui fait irrésistiblement penser aux films de Kaurismäki. Son réalisateur, pourtant est espagnol ! Javier Rebollo est son nom. Désormais je guetterai ce nom dans les programmes de cinéma.


Aucun commentaire: