04 avril 2026

Ojoloco 2026 : Suçuarana

L'histoire de cette grande fille maigre qui un jour prend ses cliques et ses claques, pour retrouver non pas sa mère, mais juste la région d'où elle vient en se fiant à une vieille photo floue, a pour elle le mérite de l'originalité. En tout cas dans le contexte du festival Ojoloco. Parce que Dora ne prétend à rien, si ce n'est  à se mettre au clair avec elle-même. Elle marche, fait du stop, monte dans un camion, marche encore. Elle a laissé son chien derrière elle, mais lui s'obstine à la retrouver. La route est faite de rencontres,  mauvaises, bonnes, c'est selon : d'un coup de seau d'eau, on la chasse du recoin où elle s'était réfugiée pour dormir ... on lui donne un sandwich, on lui met un manteau sur les épaules. Elle continue de marcher, arrive dans un entrepôt, une usine désaffecté que des hommes et des femmes s'emploient à vider. Le travail est pénible, fatiguant, mais la communauté de ces hommes et de ces femmes tous aussi démunis qu'elle,  est réconfortante. 

Y-a- t-il une leçon à tirer de tout cela ? Je ne crois pas. Suçuarana c'est juste un moment dans la vie d'un individu. On n'a pas toutes les clefs, pas toutes les explications. Mais on se laisse prendre aux images, aux scènes souvent nocturnes, mais parfois violemment éclairées, à l'alternante des plans, gros plans ou simples silhouettes qui se détachent sur le paysage. Le film impose son rythme, celui de la marche, celui de quelqu'un qui va de l'avant. 

Oui le film de Clarissa Campolinio et Sergio Borges est visuellement fascinant et même un peu envoûtant. Les ellipses dans le fil du récit permettent au spectateur de se détacher de la réalité,  de cesser de se poser des questions, et de se laisser porter par les images.  J'ai vraiment bien aimé ce film, mais comme beaucoup de films en compétition, il n'y avait qu'une seule projection. 


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