23 avril 2026

Le Château Laurens

Un château ? Plutôt l'extravagante demeure d'un nabab agathois, et un bel exemple de la fragilité des fortunes. 

Parti de rien, monté très haut et revenu très bas, telle est l'histoire d'Emmanuel Laurens.  Une famille de maçons dont l'ascension sociale est déjà bien entamée  lorsqu'il nait en 1873. Il a 25 ans lorsque  il hérite de l'immense fortune d'un lointain et excentrique cousin. Fini les études de médecine ! A lui la grande vie, les voyages, les fêtes et la construction très éclectique d'une magnifique demeure sur un terrain hérité cette fois de son père.  La belle époque s'achève pour lui avec la crise de 29, le voilà ruiné, contraint de se débarrasser progressivement de ses biens jusqu'à la vente de la villa en viager en 1938. A sa mort en 1959, sa maison est à l'abandon.  Grandeur et décadence ! Mais, depuis qu'elle en a pris possession, la ville d'Agde s'est mis en tête de restaurer le "château"et de lui restituer son ancienne splendeur. 

A commencer par son jardin, très méditerranéen et foisonnant.  

Un foisonnement que l'on retrouve aussi sur les fresques murales, qui empruntent à toutes les modes du moment, en toute liberté, et selon les caprices du propriétaire. 

 

Le résultat est assez spectaculaire, d'autant que les visites se limitent, pour le moment aux espaces de réception, puisque la restauration est toujours en cours. 

 Plus que par les matériaux précieux, le marbre rose des colonnes par exemple, j'ai été frappée par les volumes et la sensation d'espaces autant que par les couleurs intenses et chaleureuses. 

 
 



Un décor flamboyant pour un jeune homme brillant, passionné d'art, de musique et de voyages, qui s'est ensuite perdu dans l'opium. Devenu trop riche, trop tôt . C'est en tout cas ce que laisse entendre sa légende.


Mais la visite inclut celle de son atelier-laboratoire - à laquelle j'aurais aimé ajouter celle de la mini centrale hydraulique installée sous la serre du jardin - une façon de rappeler que ce "dandy" était sans doute moins frivole que le décor de sa villa ne le laisse entendre....
 
 
Une somptueuse "paillasse" et la possibilité d'y pratiquer des expériences dont on ne sait rien. Le plan indique aussi l'existence d'un labo photo... autant d'indices qui me donnent envie d'en savoir beaucoup plus sur cet Emmanuel Laurens. D'autant que les visites (obligatoirement guidées) sont relativement limitées et je n'ai eu accès ni aux "pièces intimes", ni au salon de musique "spectaculaire",  construit pour la femme qu'il aimait. Une deuxième visite me semble s'imposer .... 
 

22 avril 2026

Sur les quais de Sète



 
Se restaurer dans un patio verdoyant, quai Adolphe Merle 
 

 Partir en mer, pêcher la baleine ? Non la sardine ou le thon, ça suffira ! 

 

Se croire à Venise et se dire que, quand même, une ville entourée par l'eau et traversée par des canaux, ça complique un peu la circulation, mais c'est bien beau ! 
 

21 avril 2026

Marseillan

 
 Oui, Marseillan c'est toujours un peu pareil.  
 
Du côté de l'étang ...  
 
 
Ou du côté du port ....

 

Du bleu, du bleu et un peu de beige. Mais je ne m'en lasse pas ...
 

 
Et quand le printemps grimpe sur les façades, je me dis que, dans une ville où les habitants se soucient de fleurir les rues pour le bonheur du passant,  le monde ne va pas si mal. 
 


20 avril 2026

L'enfant des vagues

Autant ma lecture précédente était alerte et même allègre, L'enfant des vagues, premier roman de Julia R. Kelly m'a paru ... appliqué et même laborieux. Pourtant a priori cette histoire d'enfant échoué sur la côte d'un petit village du Nord de l'Ecosse et recueilli dans un premier temps par le pasteur puis par l'institutrice qui a elle même perdu un enfant du même âge, pouvait être intéressante, parce que la présence de cet enfant ravive chez les habitants de Skerry bien des souvenirs, pas tous heureux. Le roman oscille constamment entre deux époques, et navigue d'un personnage à l'autre, mais cela ne suffit pas à lui donner de l'allant. Peut-être parce que les personnages sont trop contraints, confits dans leurs rancoeurs, leurs remords et finalement leur culpabilité. Au lieu de sentir l'air du large, et d'être emporté par la force des passions, on est sans cesse ramené dans des lieux clos, comme l'épicerie du village, haut lieu de circulation des ragots. Il y avait pourtant dans ce roman suffisamment de personnages et de situations romanesques, mais il m'a paru manquer de souffle. 


 

 

Beyrouk, Le Vieux fou et la petite fille qui n'était pas belle

 

Une librairie que je ne connaissais pas, une maison d'édition que je ne connaissais pas, un auteur que je ne connaissais pas... s'aventurer hors des chemins balisés permet parfois de jolies découvertes comme l'histoire de ce vieux fou et de la petite fille qui n'était pas belle. Trop long le titre ? Pas commercial ?  Peut-être, mais il intrigue suffisamment pour qu'on ait envie de lire ce conte, qui se passe à ... 

Où d'ailleurs se passe-t-il ?  Quelque part en Afrique, dans un village proche du désert ? L'auteur est mauritanien alors on opte pour l'Afrique, mais ce pourrait être aussi bien en Inde ou ailleurs encore, parce que le propre d'un conte c'est de pouvoir exister partout. Le vieil homme est venu de nulle part, s'est assis sous un arbre, n'en a plus bougé. La petite fille s'est approché, en boitant un peu. Ils ont fait connaissance, ils se sont apprivoisés... Ils sont tous les deux démunis, ne possèdent rien, ne demandent rien, juste un peu d'amitié.

Beyrouk est un vrai conteur, il économise ses mots pour mieux les faire chanter et au final, comme tous les conteurs, il laisse le lecteur libre de continuer le récit et de lui donner un sens.  Le vieux fou et la petite fille qui n'était pas belle est un livre lumineux, qui permet, le temps de sa lecture, d'échapper à l'obscurité du monde. 

19 avril 2026

Adrien Fregosi

Le MIAM, Musée International des Arts Modestes, est toujours un lieu de découverte et comme les expositions sont souvent programmées pour durer longtemps (jusqu'au 7 Mars 27 pour celle-ci) pas besoin de se précipiter pour découvrir le travail d'Adrien Fregosi. 

Ce qui frappe au premier abord, c 'est la vivacité, l'éclat des couleurs ...


... et la simplicité des formes, comme la modestie des moyens, beaucoup d'oeuvres sur papier ...


  

Et puis les impressions se précisent. Sur la toile verte et rose, des gouttes de pluie ?  des larmes peut-être ? Un profil à l'encre, une grosse tache noire... 


Personnages à peine esquissés, comme dans un dessin d'enfant. Le trait est flou, la peinture coule .... Il faut si peu de moyen à l'artiste pour signifier le découragement,  la solitude, la tristesse ... 
Chez Adrien Fregosi, la couleur est parfois trompeuse. 


18 avril 2026

Lucy McKenzie

A l'entrée du CRAC Occitanie  (Centre Régional d'Art Conbtemporain) une brochure vous est proposée, pour expliquer les oeuvres que vous allez découvrir tout au long de votre parcours. En la refusant, je prends le risque de ne rien comprendre ou de tout interpréter de travers. 
 
 
 
Je prends aussi le risque de me laisser surprendre, charmer, enthousiasmer ; et de rejeter sans appel ce qui ne me plaît pas. Libre de mes choix, de mes sympathies, de mes rejets. Je prends ce que j'ai envie de prendre, délaisse ce qui m'indiffère ou m'ennuie. Ma démarche est avant tout ludique, sélective mais pas éducative. 
 

" Monumental Streetlamp/1938 Duchamp Mannequin Sketches est une lampe sculpturale inspirée des lignes art déco de la St Andrew 's House à Edimbourg bla, bla, bla...  Pile, on aurait dît une vraie personne, Face, c'est un mannequin. Mais si vous cheminez dans l'autre sens... fini l'illusion.

 
Un (faux) compartiment de train, un (faux) paysage qui défile devant une (fausse) fenêtre.... On peut s'y asseoir, passer un moment, regarder les images qui défilent sur un tambour fixé à l'extérieur. L'art c'est aussi fait pour s'amuser ....  


 ... et jouer avec le faux, le vrai, le "on dirait que....", "on ferait comme si..."
 Tout ne m'a pas plu dans l'exposition Plastic Newspaper, mais je me suis amusée.  Il n'y a que Pascal pour proscrire le divertissement ! 

17 avril 2026

André Cervera

L'exposition que le musée Paul Valéry consacre à André Cervera est intitulée Carambolages, et c'est bien la première impression ressentie quand on déambule devant les toiles de ce peintre Sètois. Tout se bouscule à l'intérieur de ses toiles,  les motifs, les couleurs, et même les matériaux puisque l'artiste intègre des éléments a priori étrangers qui donnent relief et vie à ses tableaux, jusqu'à souvent déborder à l'extérieur de la toile .... 

...  comme dans Ceux qui parlent à l'oreille des poissons où les bandes de tissus suggèrent la couleur de l'eau aussi bien que ses ondulations et son miroitement, avec forcément quelques éclaboussures ...
   

ou comme dans La chambre verte, qui plus qu'un décor, reconstitue l'adolescence elle-même et cette impression d'être toujours à la fois soucieux de son image et au bord de l'explosion.
 
 

A peine plus sobre le tableau intitulé La Gloire de mon père évoque la traversée des Pyrénées qui fut, on peut le supposer, celle de sa famille, autant que le difficile passage des frontières que l'Histoire impose encore à tant d'individus et de familles.

Oui, André Cervera part de l'intime, de sa famille, de son enfance, de sa ville, mais il n'y reste pas et ses toiles caracolent d'un pays à l'autre, à l'image de ses innombrables voyages et des cultures qui l'ont marqué. Il faut rester longuement devant ses plus grands tableaux, laisser le regard s'attarder sur tel ou tel détail, tel ou tel ensemble pour repérer, ici ou là,  un masque, une figure, un élément d'une mythologie connue, ou pas, pour s'apercevoir que dans la peinture de Cervera, l'imaginaire carambole sans cesse avec la réalité, dont elle bouscule les codes de représentation. Une façon je crois de passer de soi à l'universel.

 



https://www.andre-cervera.com/biographie/ 

 

Musée Paul Valéry

Pas de séjour à Marseillan sans une virée à Sète. Pas une virée à Sète sans un passage au Musée Paul Valéry, ne serait- ce que pour son emplacement, juste au dessus du cimetière marin, avec la Méditerranée en toile de fond. Bleue évidemment. 

 Chacun connaît les deux premiers vers du  poème de Valéry : 

Ce toit tranquille où marchent des colombes / Entre les pins palpite, entre les tombes  [...]


Vincent Bioulès a choisi, lui, deux autres vers, extraits du même poème pour accompagner le portrait qu'il a fait du poète . 

A ce point pur je monte et m'accoutume / Tout entouré de mon regard marin

 

 A l'entrée du musée, la Madone de Richard di Rosa, toute en volutes et rondeurs vaut bien toutes les sirènes de Copenhague ...

 Et les peintures faussement abstraites de Pierre Fournel, surnommé "peintre des sables" pour son usage du sable dans ses tableaux, captent le regard du visiteur dès son entrée dans le musée. 

Bioules, Di Rosa, Fournel ... trois noms qui signalent clairement les choix éclectiques d'un musée qui n'entend se limiter ni à une époque, ni à un genre, ni à une école. 


 

15 avril 2026

Mèze

Le film était nul, alors je suis sortie. Mais à la sortie du cinéma....  le vent était tombé, le ciel était bleu et la lumière, juste comme il fallait....

 

 

Dire que ce n'est même pas la mer, juste un étang ... 

 


 





Maguelone

 

Jusqu'à Présent j'étais toujours arrivée à Maguelone par la route. Mais je voulais essayer d'y arriver à pied. C'est chose faite; c'est facile et c'est plaisant. Depuis le parking du Pilou, une passerelle métallique, permet d'accéder à l'île. Un sentier au bord de l'eau. Un km plus loin, le but est atteint.  

 

14 avril 2026

Un cache-misère ou ...

 ... une véritable proposition architecturale ?  Etrange en tout cas. C'était du côté de Carnon. 


Une armada

Au bout de la rue, la mer ... 
Au bout de la rue, une armada de piquets en bois. 
Pourquoi ? 
Pour fixer le sable ? Protéger la ville ? Limiter l'accès à la mer ? Il y a sans doute plein de (bonnes?)  raisons, Mais ma première impression est qu'on a voulu emprisonner la mer ! Ce qui bien sûr n'a pas de sens. 


 

Palavas-Les-Flots

Un château d'eau transformé en restaurant tournant ! 


Un port de pêche

Et un télésiège ! Incongru, mais très pratique pour passer d'un quai à l'autre. 

 




10 avril 2026

Agnès Desarthe, Qui se ressemble

Un roman de plus sur la recherche des origines, un sujet qui semble actuellement se développer dans l'édition française. Et que, jusqu'à présent j'ai essayé d'éviter. En tout cas dans sa version la plus intimiste. Ce qui n'est pas tout à fait le cas de Qui se ressemble.

Dans la famille d'Agnès Desarthe,  il y a la branche askhenaze et les grands parents rescapés d'Auschwitz;  et la branche d'Afrique du Nord, contrainte de quitter la Libye pour immigrer en Algérie avant de venir en France. Deux parcours d'immigrés que l'écrivaine reconstitue autour de dates et de lieux qui ont marqué l'histoire familiale (1942 Orléansville, 1956 Besançon) mais aussi de dates-clefs pour l'histoire des juifs et des arabes comme le 6 octobre 1973, début de la guerre du Kippour. Le fil d'Ariane qui réunit ces éléments disparates, c'est Oum Kalsoum, la grande chanteuse arabe, que la narratrice fait semblant de confondre avec sa grand-mère. 

Ce qui m'a intéressé dans ce livre d'Agnès Desarthe, c'est la façon dont elle compose son récit : en se situant à hauteur d'enfant elle montre - sans niaiserie aucune - la difficulté à appréhender un monde dont on ne possède pas les clefs, quand on n'a pas encore compris le sens des rituels familiaux, quand on s'interroge sur le comportement de ceux qui nous ont précédés dans la vie. C'est un récit fait de bribes, un peu décousu parfois, comme un puzzle dont on essaye d'assembler les pièces. C'est aussi un récit à fleur de sensibilité.  Et une interrogation sur sa propre identité. Intéressant donc.