Encore un. Non décidément je ne me lasse pas d'olivier Rolin. qu'il s'agisse de ses roman ou plus souvent encore de ces écrits inclassables, qui mêlent voyage et littérature, anecdotes piquantes et réflexions désabusées. L'écrivain semble toujours traîner derrière lui un désespoir qui ne dit pas son nom et auquel seule l'écriture est capable de remédier. Provisoirement.
La Guerre éternelle, dernière oeuvre publiée, appartient, me semble-t-il à cette catégorie des écrits inclassables. Rolin y prend pour prétexte sa relecture de l'Iliade, dont il est depuis longtemps familier; il scrute le récit historique avec une acuité qui donne envie de retourner à la lecture de l'oeuvre homérique. Mais l'Iliade n'est qu'une porte ouverte à digressions entre le passé et le présent, entre la littérature et l'Histoire, entre le réel et l'imaginaire, d'autant que l'auteur est du genre à quitter sa bibliothèque pour aller voir sur place ce qu'il en est, pour s'imprégner de la géographie des lieux autant que du texte. Il y a un côté fourre-tout, dans ce livre, comme dans presque tous ses livres, sa marque de fabrique en quelque sorte. Mais un fourre-tout érudit sans être pédant, qui incite à la réflexion sans l'imposer et ménage des échappées sensibles ou simplement ludiques et permettent au lecteur de s'évader du texte pour mieux y revenir.
La génération d'Olivier Rolin - ma génération - a cru à la fin des guerres, en dépit de la persistance de la guerre froide devenue depuis guerre hybride. Une illusions que la fin du XXe siècle et le début du XX1e se sont empressés de dissiper. Revenir à la première, celle qui n'a peut-être jamais existé ailleurs que dans le texte d'Homère, c'est retrouver le moule originel dans lequel se sont coulées toutes les guerres, y compris celles d'aujourd'hui.










