23 septembre 2026
Les pianos abandonnés de Romain Thiery
Belle découverte que le travail de ce photographe présenté dans les murs de l'abbaye de Valmagne.
Il faut dire que l'abbaye elle-même a belle allure, avec son cloître et son étonnante fontaine nichée sous une tonnelle verdoyante, qui offre ombre et fraîcheur au visiteur.
J'ai découvert en allant sur son site, que Romain Thiery vient d'ouvrir une galerie à Arles, que je ne manquerai pas de visiter à mon prochain passage.
22 septembre 2026
Les couleurs de Jean Vilar
L'exposition actuellement en cours au musée Paul valery est consacrée aux peintres qui ont travaillé avec Jean Vilar et dont les propositions de costumes ou de décors ont marqué sa production théâtrale. L'occasion de se replonger dans l'esthétique des années 50 et, pour moi de découvrir des artistes dont je ne savais pas grand-chose : Léon Gishia, Edouard Pignon, Jacques Lagrange, Mario Prassinos, Gustave Singier, Alfred Manessier.
Léon Gischia
21 septembre 2026
Figuration libre
Hervé du Rosa
François Boirond
Robert Combas
19 septembre 2026
Le long du canal du midi
Sont-ils de ceux qu’un vent penche sur les naufrages
Perdus, sans mâts, sans mâts, ni fertiles îlots …
Ville minérale, ville végétale
Maison à vendre, maison vendue ... A Marseillan, les maison continuent de changer de mains, certaines sont restaurées, d'autres pas. Les façades sont rénovées, changent de couleur; les portes, les volets sont repeints. Avec une prédilection pour les ocres, les jaunes, les beiges.
Regardez bien ! Entre les deux hortensias : la porte d'entrée. Et en cherchant bien, on trouve deux, peut-être trois fenêtres. Fraîcheur pour les habitants ? Sans doute, mais la végétation a un autre avantage. Elle réjouit le passant et permet de masquer un vis-à-vis désagréable.
Mais j'aime trop la lumière, je ne pourrai m'y résoudre...
18 septembre 2026
Toujours pareil...
Toujours pareil l'étang de Thau ? Oui mais la lumière change, toujours différente, et la couleur de l'eau change avec elle.
Revenir à Marseillan c'est faire le tour de la petite ville pour vérifier que tout est toujours pareil, que je peux reprendre ma routine entre la cabane à huîtres et la librairie, entre le port et la boulangerie. Mais revenir à Marseillan, c'est aussi repérer les petits changements qui montrent sa vitalité; Une poissonnerie s'est installé dans l'immeuble où siégeait autrefois la cellule du PC, la coiffeuse a déménagé, une boutique de domotique a pris sa place, une épicerie fine remplace la petite boutique de fringue, le marchand de Tielles préfère désormais vendre des glaces... des maisons sont vendues ou à vendre ... petits changements, mais rien, pour le moment, n'altère le charme de Marseillan.
17 septembre 2026
Les livres, produits très dangereux ?
En France il ne peut s'agir que d'un oubli, ou d'une facétie, mais ailleurs ? Aux Etats-Unis ? En Iran ? Partout où des livres sont bannis ?
Premières fois, premières photos
Pierre Paulin
Pierre Paulin, dont quelques pièces de mobilier sont actuellement présentées au Musée Fabre de Montpellier est le designer français représentatif de ce mouvement que l'on appelle maintenant MCM pour Mid Century Modern.
La banquette -lit date de 1953. 20 ans plus tard, les temps ont changé, lles moeurs et e sens du confort aussi. Le plastique permet des formes nouvelles, les courbes remplacent les lignes droites. Voici le canapé nuage dans lequel on se love. Dans lequel on se vautre.
Pourtant, malgré la douceur des lignes et la tentation du confort, le siège que je préfère, c'est le tout premier fauteuil dessiné par Pierre Paulin, J'aime son petit côté artisanal, genre "je l'ai fait moi-même". Et si la courbe est bonne, il est certainement très confortable. Mais je ne l'ai pas essayé.
16 septembre 2026
Federica Manzon, Retour à Trieste
Il faut un peu de patience pour apprécier le premier roman traduit en français de Federica Manzon. Parce qu'il n'est pas franchement linéaire; l'intrigue en effet procède par à coups, fait des allers-retours entre l'enfance et l'âge adulte, mais surtout entre deux pays. Trieste est une ville frontière, encore italienne mais si proche de l'Europe de l'Est que ce qui se passe du côté de la Yougoslavie a forcément des répercussions de l'autre côté. D'autant que les personnages ne cessent de passer la frontière, une frontière apparemment très poreuse, alors même que la guerre est sur le point d'éclater. La guerre et surtout le pays puisque l'autrice situe son roman dans les années 90.
Comprendre comment et pourquoi commencent les guerres n'a rien d'évident. Grandir dans cet environnement trouble et comprendre qui on est, n'a rien d'évident non plus. Mais le parralèle entre les deux situations est forcément intéressant, et fonctionne uin peu comme une métaphore. La complexité de la situation personnelle d'Alma, le personnage principal, est à l'image de la complexité de la situation politique.
Pour dire une ville entre deux mondes, pour faire vivre des personnages entre deux périodes de leur vie, il n'était pas possible de faire avancer le livre en ligne droite, il fallait jongler entre plusieurs points de vue, expliquer parfois, suggérer souvent et laisser des points dans l'ombre ; un entreprise difficile, mais finalement réussie.
15 septembre 2026
Arles 2026, Clément Cogitore
À partir de centaines d’heures d’images amateurs tournées en Europe et aux États-Unis pendant les Trente Glorieuses, complétées par des séquences générées par IA, Clément Cogitore signe un film dystopique sur la mémoire collective et pose une question vertigineuse : que choisissons-nous de conserver ou d’effacer ?
Clément Cogitore, cinéaste, plasticien, metteur en scène est passablement connu : le ballet hip-hop des Indes galantes, Braguino, Goutte d'or, c'est lui ... et maintenant Memory Palace. Un objet inclassable, qui tient plus du cinéma que de la photographie proprement dite. Photos, vidéos, archives visuelles... on reste assis, subjugué par le déroulé des images accompagnées de citations, de courts textes. Il y est question de souvenirs, personnels ou partagés, d'images d'archives, de rêves, d'oubli aussi... On ne sait trop quoi penser, on cherche un fil directeur, on se souvient de La Jetée de Chris Marker, du travail de Resnais sur la mémoire, à Duras peut-être. .. Fin de la séance. Il faut quitter la salle. Laisser la place aux suivants en se disant que peut-être on cernerait mieux le propos si on pouvait revoir le film. A moins que les impressions soient suffisamment fortes pour se passer d'explications, pour oublier le besoin de rationalité et rester dans le flou, parce qu'après tout, les souvenirs comme la mémoire des images sont toujours un peu vagues et imprécis.
Memory palace, un palais vraiment ? Ou un caveau, un fosse commune ? Se souvenir ? Oublier ? Que faire de ce surplus d'images qui encombrent notre cerveau, qui nous submergent de plus en plus. Oui, il y a, dans le travail de Clément Cogitore quelques questions auxquelles il se garde de répondre, pour mieux nous bousculer et nous obliger à réfléchir sur la nécessité de la mémoire ou, au contraire, de l'oubli... Faut-il se plaindre de l'effacement des souvenirs ou s'en réjouir ? Des questions déjà effleurées par Modiano, Duras et avant eux ... Baudelaire.
J’ai plus de souvenirs que si j’avais mille ans.
Un gros meuble à tiroirs encombré de bilans,
De vers, de billets doux, de procès, de romances,
Avec de lourds cheveux roulés dans des quittances,
Cache moins de secrets que mon triste cerveau.
C’est une pyramide, un immense caveau,
Qui contient plus de morts que la fosse commune.
— Je suis un cimetière abhorré de la lune,
Où comme des remords se traînent de longs vers
Qui s’acharnent toujours sur mes morts les plus chers.
Je suis un vieux boudoir plein de roses fanées,
Où gît tout un fouillis de modes surannées,
Où les pastels plaintifs et les pâles Boucher,
Seuls, respirent l’odeur d’un flacon débouché.
14 septembre 2026
Arles 2026, Nos Rêves lointains
Harry Gruyaert - Egypte - 1968 Gladys - Parus - 1975
A chacun d'ouvrir les yeux, de retrouver ou mieux d'inventer un univers, une histoire ... Quelques phrases de Natacha Appannah, sur un panneau, entre deux photos, relancent l'imagination. Le parcours est prometteur .... mais gâchée par des textes, enregistrés et diffusés trop fort pour qu'on puisse les négliger. Des récits sans cesse interrompus, qui viennent parasiter l'attention du spectateur, entraver son cheminement. Du bruit, rien que du bruit. Comme si les reflets sur les vitres ne suffisaient pas à gâcher mon plaisir, il fallait rajouter du son !




