25 septembre 2026

Hondo l'homme du désert

Le film de John Farrow date de 1953.  On dit que c'est "le meilleur John Wayne "...  Je ne sais pas, les rôles d'amoureux ce n'est pas vraiment son fort ! On dit aussi que c'est le premier film pro-indien... mettons que c'est un film qui met effectivement la responsabilité des massacres sur les Blancs plutôt que sur les Indiens et qui montre un chef indien juste et même généreux. Ceci dit la représentation qui est faite des Apaches n'est pas très différente de leur représentation dans d'autres films. Hondo, l'homme du désert réalisé par John Farrow se regarde malgré tout avec plaisir. Un homme et un chien arrivent jusqu'à une cabane isolée au bord du désert où vivent une femme et son jeune fils; ajoutez des Indiens sur la défensive et un capitaine de cavalerie courageux,mais borné ... une fois les personnages mis en place, la suite n'est pas difficile à deviner. 

Hondo  a été tourné en couleurs (et même en 3D), mais j'ai trouvé les couleurs un peu forcées, au point de me demander si le film diffusé par Arte, n'avait pas été "colorisé", d'autant que les photos, toutes en noir et blanc, proposées sur Allocine m'ont paru beaucoup plus intéressantes .... 


24 septembre 2026

Eli Cranor, A la chaîne

Des romans sur les "laissés-pour-compte" de la société américaine, il y en a beaucoup, mais la conscience sociale ne suffit pas à faire un bon livre. Je me demande d'ailleurs si ce "genre littéraire" n'est pas plus apprécié en France qu'aux Etats-Unis. Je vais même jusqu'à me demander pourquoi ces romans trouvent - apparemment - mieux leur place ici que là-bas. Une façon de se consoler en constatant que le rêve américain s'est bel et bien fait la malle et que l'on ne vit pas mieux, et même plus mal de l'autre côté de l'Atlantique ? 

 

Quoi qu'il en soit A la chaîne, le dernier roman d' Eli Cranor appartient bien à cette catégorie de roman noir à forte imprégnation sociale. Je n'avais pas beaucoup apprécié Chiens des Ozarks, son précédent roman, un peu plus celui-ci, bien que la description que l'écrivain fait des conditions de travail de ses personnages principaux - Gabriela et Erwin, tous les deux d'origine mexicaine - soit terrifiante, d'autant plus terrifiante qu'elle est aussi minutieuse que réaliste. Sans surprise un conflit éclate entre employés et patrons. Un enlèvement d'enfant, une demande de rançon ...  l'intrigue se met en place, va de rebondissements en rebondissements, mais on pressent dès le début que les choses ne peuvent aller que de mal en pis. Il y a définitivement quelque chose de pourri dans cette petite ville du fin fond de l'Arkansas. 

Roman noir s'il en est, A la chaîne est parfois un peu trop appuyé, un peu trop insistant pour ne pas lasser par moments. On comprend la détermination qui pousse l'écrivain à dénoncer les dysfonctionnements de son pays, et les efforts qu'il déploie pour convaincre ses lecteurs du fossé qui sépare les riches et les pauvres dans l'Amérique de T. Mais ceux qu'il faudrait convaincre - les démunis, les exploités, les laissés-pour-compte, ou a l'inverse ceux qui les exploitent -  lisent-ils ses romans ? 

23 septembre 2026

Juste avant de partir


 

Les pianos abandonnés de Romain Thiery

Belle découverte que le travail de ce photographe présenté dans les murs de l'abbaye de Valmagne.  

Il faut dire que l'abbaye elle-même a belle allure, avec son cloître et son étonnante fontaine nichée sous une tonnelle verdoyante, qui offre ombre et fraîcheur au visiteur. 


Mais j'avoue avoir été un peu étonnée de voir des "torii", installés au milieu du cloître. Que faisaient là ces portails qui, dans la culture japonaise, séparent "le monde sacré du monde profane".  En fait, les torii étaient là pour accompagner les photos de Romain Thiery. 

  
Le travail de ce photographe est tout à fait étonnant. Comme beaucoup il se passionne pour l'urbex, mais avec un motif qui lui est propre : les pianos !  Des pianos abandonnés dans des lieux abandonnés. Pianos dont il enregistre à l'occasion le son. Sa quête l'a déjà mené un peu partout en Europe, comme sur la côte Est des Etats-Unis et même au Japon. Ce sont ces dernières photos qui sont exposées à Valmagne, un rapprochement inattendu entre spiritualité japonaise et chrétienne,  inattendu, mais qui pourtant fonctionne pleinement. 
  



J'ai découvert en allant sur son site, que Romain Thiery vient d'ouvrir une galerie à Arles, que je ne manquerai pas de visiter à mon prochain passage. 

https://www.romainthiery.fr/requiem-pour-pianos
 

22 septembre 2026

Les couleurs de Jean Vilar

 L'exposition actuellement en cours au musée Paul valery est consacrée aux peintres qui ont travaillé avec Jean Vilar et dont les propositions de costumes ou de décors ont marqué sa production théâtrale. L'occasion de se replonger dans l'esthétique des années 50 et, pour moi de découvrir des artistes dont je ne savais pas grand-chose : Léon Gishia, Edouard Pignon, Jacques Lagrange, Mario Prassinos, Gustave Singier, Alfred Manessier. 



 
Pas tout à fait ma tasse de thé, mais instructif  ... 
 

  

Léon Gischia


21 septembre 2026

Figuration libre

Toujours contente de retrouver au Musée Paul Valéry de Sète, ces tableaux dont la force doit tout ou presque à la couleur et dont l'énergie est revigorante, quel qu'en soit le sujet. 
 

Hervé du Rosa  


 François Boirond


 

Robert Combas 

19 septembre 2026

Le long du canal du midi

Pontons déglingués.



Bateaux abandonnés. 
 
 

Voiles déchirées
 


Comment ne pas penser au poème de Mallarmé

[..…] Et, peut-être, les mâts, invitant les orages,
Sont-ils de ceux qu’un vent penche sur les naufrages
Perdus, sans mâts, sans mâts, ni fertiles îlots …
                                                                                                  Brise marine

Ville minérale, ville végétale

 Maison à vendre, maison vendue ...  A Marseillan, les maison continuent de changer de mains, certaines sont restaurées, d'autres pas. Les façades sont rénovées, changent de couleur;  les portes, les volets sont repeints.  Avec une prédilection pour les ocres,  les jaunes, les beiges.

 
Imperturbablement, malgré l'été caniculaire, les jasmins, plumbagos, bignones, glycines et même les lauriers, prennent les murs d'assaut .... 


... bien décidées à s'imposer et peut-être même à se glisser à l'intérieur.

 

Regardez bien ! Entre les deux hortensias : la porte d'entrée. Et en cherchant bien, on trouve deux, peut-être trois fenêtres. Fraîcheur pour les habitants ?  Sans doute, mais la végétation a un autre avantage. Elle réjouit le passant et permet de masquer un vis-à-vis désagréable. 

 


Mais j'aime trop la lumière, je ne pourrai m'y résoudre...

18 septembre 2026

Jamais pareil



 

Toujours pareil...

Toujours pareil l'étang de Thau ?  Oui mais la lumière change, toujours différente, et la couleur de l'eau change avec elle. 

Revenir à Marseillan c'est faire le tour de la petite ville pour vérifier que tout est toujours pareil, que je peux reprendre ma routine entre la cabane à huîtres et la librairie, entre le port et la boulangerie.  Mais revenir à Marseillan, c'est aussi repérer les petits changements qui montrent sa vitalité; Une poissonnerie s'est installé dans l'immeuble où siégeait  autrefois la cellule du PC,  la coiffeuse a déménagé, une boutique de domotique a pris sa place, une épicerie fine remplace la petite boutique de fringue, le marchand de Tielles préfère désormais vendre des glaces... des maisons sont vendues ou à vendre ... petits changements, mais rien, pour le moment,  n'altère le charme de Marseillan.

17 septembre 2026

Les livres, produits très dangereux ?

Ils sont quelques-uns déjà à nous avoir alerter sur "l'horrible danger de la lecture". Voltaire tout d'abord avec sa lettre satirique toute en anti-phrases, publié en 1766. Cervantes auparavant avait fait de son hidalgo un bibliophile passionné que la lecture rendait fou; et l'on n'a pas oublié que, d'après Flaubert, c'est bien la lecture des romans à l'eau de rose qui a mené Emma Bovary à sa perte. 
Mais je ne m'attendais pas à trouver ce panneau dans le couloir d'un hôpital ! Du coup je n'ai pas osé ouvrir la porte.  De peur de me faire intoxiquer !  

 

En France il ne peut s'agir que d'un oubli, ou d'une facétie, mais ailleurs ? Aux Etats-Unis ? En Iran ?  Partout où des livres sont bannis ? 

Premières fois, premières photos

Encore une exposition photos, mais cette fois-ci au Pavillon populaire de Montpellier.  
 
 
Beaucoup de choses à découvrir dans cette exposition : d'une part les innovations techniques dans le domaine de la photo ( brevets déposés pour chaque innovation aussi mineure soit-elle, mais c'est leur accumulation qui fait avancer la photographie),  d'autre part les toutes premières photos réalisés par des photographes connus. Des clichés qui ne laissent pas forcément présager de ce qu'ils feront plus tard. 
 
En dehors des considérations savantes, historiques ou scientifiques, l'exposition offre bien des occasions de sourire.  Comme devant ce portrait de jeune fille pour le moins ... renfrognée. 
 
 
 Cyprien Tessié du Motay et Charles-Raphaël Maréchal, Portrait nde femme, phototype,1866
 
 
 

Pierre Paulin


Pierre Paulin, dont quelques pièces de mobilier sont actuellement présentées au Musée Fabre de Montpellier est le designer français représentatif de ce mouvement que l'on appelle maintenant MCM pour Mid Century Modern. 

L'exposition permet de revisiter quelques classiques et surtout de mesurer le changement intervenu dans la façon de se meubler. J'aime la simplicité et même l'austérité de cet ensemble table basse et banquette-lit : il suffit de déplacer les deux coussins rouges pour "convertir" - sans effort -  le canapé en lit. Le design à la portée de tous. Pour un confort aussi minimaliste que ses lignes.

 

La banquette -lit date de 1953. 20 ans plus tard, les temps ont changé, lles moeurs et e sens du confort aussi. Le plastique permet des formes nouvelles, les courbes remplacent les lignes droites. Voici le canapé nuage dans lequel on se love. Dans lequel on se vautre.


Pourtant, malgré la douceur des lignes et la tentation du confort, le siège que je préfère, c'est le tout premier fauteuil dessiné par Pierre Paulin, J'aime son petit côté artisanal, genre "je l'ai fait moi-même". Et si la courbe est bonne, il est certainement très confortable. Mais je ne l'ai pas essayé. 


 



 

16 septembre 2026

Federica Manzon, Retour à Trieste


Il faut un peu de patience pour apprécier le premier roman traduit en français de Federica Manzon. Parce qu'il n'est pas franchement linéaire; l'intrigue en effet procède par à coups, fait des allers-retours entre l'enfance et l'âge adulte, mais surtout entre deux pays. Trieste est une ville frontière, encore italienne mais si proche de l'Europe de l'Est que ce qui se passe du côté de la Yougoslavie a forcément des répercussions de l'autre côté. D'autant que les personnages ne cessent de passer la frontière, une frontière apparemment très poreuse, alors même que la guerre est sur le point d'éclater. La guerre et surtout le pays puisque l'autrice situe son roman dans les années 90. 

Comprendre comment  et pourquoi commencent les guerres n'a rien d'évident. Grandir dans cet environnement trouble et comprendre qui on est, n'a rien d'évident non  plus. Mais le parralèle entre les deux situations est forcément intéressant, et fonctionne uin peu comme une métaphore. La complexité de la situation personnelle d'Alma, le personnage principal, est à l'image de la complexité de la situation politique. 

Pour dire une ville entre deux mondes, pour faire vivre des personnages entre deux périodes de leur vie, il n'était pas possible de faire avancer le livre en ligne droite, il fallait jongler entre plusieurs points de vue, expliquer parfois, suggérer souvent et laisser des points dans l'ombre ; un entreprise difficile, mais finalement réussie. 

Atmosphère arlésienne


Le bar de l'hôtel du Forum