21 avril 2026
Marseillan
20 avril 2026
L'enfant des vagues
Autant ma lecture précédente était alerte et même allègre, L'enfant des vagues, premier roman de Julia R. Kelly m'a paru ... appliqué et même laborieux. Pourtant a priori cette histoire d'enfant échoué sur la côte d'un petit village du Nord de l'Ecosse et recueilli dans un premier temps par le pasteur puis par l'institutrice qui a elle même perdu un enfant du même âge, pouvait être intéressante, parce que la présence de cet enfant ravive chez les habitants de Skerry bien des souvenirs, pas tous heureux. Le roman oscille constamment entre deux époques, et navigue d'un personnage à l'autre, mais cela ne suffit pas à lui donner de l'allant. Peut-être parce que les personnages sont trop contraints, confits dans leurs rancoeurs, leurs remords et finalement leur culpabilité. Au lieu de sentir l'air du large, et d'être emporté par la force des passions, on est sans cesse ramené dans des lieux clos, comme l'épicerie du village, haut lieu de circulation des ragots. Il y avait pourtant dans ce roman suffisamment de personnages et de situations romanesques, mais il m'a paru manquer de souffle.
Beyrouk, Le Vieux fou et la petite fille qui n'était pas belle
Une librairie que je ne connaissais pas, une maison d'édition que je ne connaissais pas, un auteur que je ne connaissais pas... s'aventurer hors des chemins balisés permet parfois de jolies découvertes comme l'histoire de ce vieux fou et de la petite fille qui n'était pas belle. Trop long le titre ? Pas commercial ? Peut-être, mais il intrigue suffisamment pour qu'on ait envie de lire ce conte, qui se passe à ...
Où d'ailleurs se passe-t-il ? Quelque part en Afrique, dans un village proche du désert ? L'auteur est mauritanien alors on opte pour l'Afrique, mais ce pourrait être aussi bien en Inde ou ailleurs encore, parce que le propre d'un conte c'est de pouvoir exister partout. Le vieil homme est venu de nulle part, s'est assis sous un arbre, n'en a plus bougé. La petite fille s'est approché, en boitant un peu. Ils ont fait connaissance, ils se sont apprivoisés... Ils sont tous les deux démunis, ne possèdent rien, ne demandent rien, juste un peu d'amitié.
Beyrouk est un vrai conteur, il économise ses mots pour mieux les faire chanter et au final, comme tous les conteurs, il laisse le lecteur libre de continuer le récit et de lui donner un sens. Le vieux fou et la petite fille qui n'était pas belle est un livre lumineux, qui permet, le temps de sa lecture, d'échapper à l'obscurité du monde.
19 avril 2026
Adrien Fregosi
Le MIAM, Musée International des Arts Modestes, est toujours un lieu de découverte et comme les expositions sont souvent programmées pour durer longtemps (jusqu'au 7 Mars 27 pour celle-ci) pas besoin de se précipiter pour découvrir le travail d'Adrien Fregosi.
Ce qui frappe au premier abord, c 'est la vivacité, l'éclat des couleurs ...
... et la simplicité des formes, comme la modestie des moyens, beaucoup d'oeuvres sur papier ...
Et puis les impressions se précisent. Sur la toile verte et rose, des gouttes de pluie ? des larmes peut-être ? Un profil à l'encre, une grosse tache noire...
18 avril 2026
Lucy McKenzie
... et jouer avec le faux, le vrai, le "on dirait que....", "on ferait comme si..."
17 avril 2026
André Cervera
Oui, André Cervera part de l'intime, de sa famille, de son enfance, de sa ville, mais il n'y reste pas et ses toiles caracolent d'un pays à l'autre, à l'image de ses innombrables voyages et des cultures qui l'ont marqué. Il faut rester longuement devant ses plus grands tableaux, laisser le regard s'attarder sur tel ou tel détail, tel ou tel ensemble pour repérer, ici ou là, un masque, une figure, un élément d'une mythologie connue, ou pas, pour s'apercevoir que dans la peinture de Cervera, l'imaginaire carambole sans cesse avec la réalité, dont elle bouscule les codes de représentation. Une façon je crois de passer de soi à l'universel.
https://www.andre-cervera.com/biographie/
Musée Paul Valéry
Chacun connaît les deux premiers vers du poème de Valéry :
Ce toit tranquille où marchent des colombes / Entre les pins palpite, entre les tombes [...].
Vincent Bioulès a choisi, lui, deux autres vers, extraits du même poème pour accompagner le portrait qu'il a fait du poète .
A ce point pur je monte et m'accoutume / Tout entouré de mon regard marin
A l'entrée du musée, la Madone de Richard di Rosa, toute en volutes et rondeurs vaut bien toutes les sirènes de Copenhague ...
Et les peintures faussement abstraites de Pierre Fournel, surnommé "peintre des sables" pour son usage du sable dans ses tableaux, captent le regard du visiteur dès son entrée dans le musée.
15 avril 2026
Mèze
Le film était nul, alors je suis sortie. Mais à la sortie du cinéma.... le vent était tombé, le ciel était bleu et la lumière, juste comme il fallait....
Dire que ce n'est même pas la mer, juste un étang ...
Maguelone
Jusqu'à Présent j'étais toujours arrivée à Maguelone par la route. Mais je voulais essayer d'y arriver à pied. C'est chose faite; c'est facile et c'est plaisant. Depuis le parking du Pilou, une passerelle métallique, permet d'accéder à l'île. Un sentier au bord de l'eau. Un km plus loin, le but est atteint.
14 avril 2026
Une armada
Palavas-Les-Flots
Un château d'eau transformé en restaurant tournant !
Un port de pêche
Et un télésiège ! Incongru, mais très pratique pour passer d'un quai à l'autre.
10 avril 2026
Agnès Desarthe, Qui se ressemble
Un roman de plus sur la recherche des origines, un sujet qui semble actuellement se développer dans l'édition française. Et que, jusqu'à présent j'ai essayé d'éviter. En tout cas dans sa version la plus intimiste. Ce qui n'est pas tout à fait le cas de Qui se ressemble.
Dans la famille d'Agnès Desarthe, il y a la branche askhenaze et les grands parents rescapés d'Auschwitz; et la branche d'Afrique du Nord, contrainte de quitter la Libye pour immigrer en Algérie avant de venir en France. Deux parcours d'immigrés que l'écrivaine reconstitue autour de dates et de lieux qui ont marqué l'histoire familiale (1942 Orléansville, 1956 Besançon) mais aussi de dates-clefs pour l'histoire des juifs et des arabes comme le 6 octobre 1973, début de la guerre du Kippour. Le fil d'Ariane qui réunit ces éléments disparates, c'est Oum Kalsoum, la grande chanteuse arabe, que la narratrice fait semblant de confondre avec sa grand-mère.
Ce qui m'a intéressé dans ce livre d'Agnès Desarthe, c'est la façon dont elle compose son récit : en se situant à hauteur d'enfant elle montre - sans niaiserie aucune - la difficulté à appréhender un monde dont on ne possède pas les clefs, quand on n'a pas encore compris le sens des rituels familiaux, quand on s'interroge sur le comportement de ceux qui nous ont précédés dans la vie. C'est un récit fait de bribes, un peu décousu parfois, comme un puzzle dont on essaye d'assembler les pièces. C'est aussi un récit à fleur de sensibilité. Et une interrogation sur sa propre identité. Intéressant donc.
08 avril 2026
Francesco Vidotto, Onesto
Plus de 50000 exemplaires de la version originale vendus : Onesto, le roman de Francesco Vidotto est certainement un grand succès de librairie. en Italie, où l'auteur a déjà publié une dizaine de livres. Un succès indéniable et pourtant
Il y a en effet dans ce livre tous les éléments propres à faire d'Onesto un bon roman. Mais justement, il y en a un peu trop et j'ai eu l'impression de voir toutes les ficelles et tous les mécanismes narratifs en jeu: les jumeaux séparés puis réunis, la rivalité amoureuse, la mère courage (que son fils découvre dans la chambre du bordel où il se rend !), le sacrifice d'Onesto. Même le faux roman épistolaire, les lettres adressées à chaque sommet des Dolomites, m'a paru un artifice sans intérêt, sans véritable implication dans le déroulement du récit. Bref, je n'ai vu dans ce roman qu'un empilement d'épisodes romanesques du genre à faire pleurer Margot
07 avril 2026
Ojoloco 2026 : Vanilla
Un dernier film de fiction pour clore le festival Ojoloco. Un film plutôt gentil et consensuel autour d'une famille passablement déglinguée et surtout fauchée : rien que des femmes, depuis la grand-mère jusqu'à la plus jeune, Roberta, qui du haut de ses 8 ans, s'inscrit parfaitement dans la tradition excentrique de la famille. Ces femmes, dont on ne sait pas très bien qui est la mère, la soeur, la tante ou la cousine vivent dans la même maison, dans un état de crise quasi permanent, qui n'entame en rien leur insouciance. La lettre de l'huissier qui annonce leur expulsion circule de main en main, est décachetée et lue par chacune, mais soigneusement recollée. Pas vu, pas pris ! Le film pourrait être tout à fait plombant, mais au lieu de dramatiser son propos, la réalisatrice Mayra Hermosillo choisit de faire de cette histoire une comédie douce-amère. Parce qu'au final, c'est le lien indéfectible tissé entre ces femmes qui fait leur force, un lien qui inclut même la bonne, toujours un peu ronchonne, qui a pourtant renoncé à sa propre famille pour rester avec elles. Quelques rares figures masculines complètent le tableau, figures plutôt bienveillantes, comme la glacier qui leur offre les glaces alors qu'elles viennent d'être expulsées. Des glaces à la vanille évidemment, de toute façon il n'y a pas d'autre parfum ! Assises sur le trottoir, elles dégustent leur glace sans savoir où elles dormiront, mais ... ce n'est pas une raison pour s'inquiéter ! Jolie leçon d'optimisme et belle illustration du "carpe diem" épicurien.
















