Le cinéma, c'est un peu comme jouer aux cartes. On tombe sur une mauvaise série, pas forcément des mauvais films, juste des films qui ne nous enchantent pas. Mais le suivant, bingo, il a tout bon ! Ce n'était pourtant pas gagné, parce que l'histoire de ces deux musicologues partis enregistrer d'anciennes chansons populaires dans les forêts du Maine avait quelque chose d'un peu trop ... ethnologique peut-être ?
Mais finalement j'ai beaucoup apprécié le film d'Oliver Hermanus. Son premier atout est de nous transporter dans un univers différent du nôtre, historiquement parlant (le début du XXe siècle), socialement parlant, culturellement parlant. Enfin du nouveau, de l'inattendu dans un film ! Un film qui raconte une histoire avant de se soucier de transmettre un message.
La rencontre entre les deux personnages dans une auberge de Boston tient du hasard, mais dès le premier regard le courant passe entre les deux hommes, entre Lionel le jeune paysan du Kentucky doué pour le chant et David, musicologue passionné de vieilles chansons populaires. Ils partent ensemble arpenter les forêts du Maine, bagages minimum et camping à la dure; ils rencontrent toutes sortes de gens, qui acceptent de chanter devant leur machine, gravent rouleaux de cire après rouleaux. Cette mission est pour eux l'occasion de se rapprocher et de transformer leur amitié en relation sentimentale assumée ... et nous n'en sommes qu'à la moitié du film !
Le réalisateur mène le film à son rythme, sans que le spectateur sache à l'avance où il veut l'emmener. Une histoire d'amour, certainement. Mais pas seulement. et c'est bien la raison pour laquelle j'ai aimé ce film? Parce que si le coeur du récit est bien la relation antre les deux hommes, leur environnement, les conditions dans lesquelles ils se déplacent, l'évolution de Lionel dans le milieu de la musique et de la haute société, tout cela donne du corps, de la densité au film. Les vies, même de gens ordinaires, sont toujours plus complexes qu'on n' imagine.















