"Le petit", c'est ainsi que son grand-père le nomme. Un grand-père qui ne peut se résoudre à accepter la mort de son petit-fils, mort avec 49 autres enfants quand la chaudière de leur école a explosé.
Fernando Aramburu est parti de la réalité, la tragédie est survenue dans un petit village du pays basque espagnol en 1980; son livre toutefois ne porte pas sur les faits eux-mêmes, mais sur le deuil et la façon dont chacun réagit comme il peut devant l'inacceptable. Les uns fuient, d'autres font semblant que la vie continue comme avant, que rien ne s'est vraiment passé. Le grand-père du petit se réfugie dans l'imaginaire, va tous les jours au cimetière parler à son petit-fils, délire un peu...
Le Petit est un livre très travaillé. Bien que centré sur le grand-père, il alterne les voix et parle de tout un village puisque c'est d'un deuil collectif qu'il s'agit. A cet ensemble choral, l'écrivain ajoute une voix de plus, celle du récit en train de se faire, dont l'objectif évident est de casser le pathos, ou du moins de l'atténuer pour rendre la lecture supportable. C'est assez habile, mais je conçois que certains lecteurs puissent être dérangés par cet artifice. C'est pourtant ce qui fait la différence entre un récit ordinaire et un texte littéraire.















