15 mars 2019

Le pic épeiche


Il est là tous les matins.
Et prend son petit-déjeuner dans une position pour le moins acrobatique !
Je suis admirative.

14 mars 2019

Iain Levison, Pour services rendus



Le dernier livre de Iain Levison porte en bandeau un commentaire laconique "L'Amérique des menteurs",  commentaire parfaitement justifié, mais trop restrictif car ce que décrit le livre c'est "la politique des menteurs". Un système où l'on échange des services sans se soucier trop de la vérité des faits, pourvu que chacun y trouve son compte.  Le titre anglais Version of events disait d'ailleurs de façon explicite que la version d'un événement dépend de celui qui en témoigne.




Mais Iain Levison est avant tout écrivain et ce qu'il raconte a toujours le parfum de la fiction. Ce qu'il a à nous dire passe par le biais d'une intrigue, de personnages auxquels on s'attache plus ou moins, comme ce Freemantle, vétéran du Vietnam et actuellement chef de la police d'une petite ville du Michigan qui se voit soudain sollicité par un autre vétéran autrefois sous ses ordres et désormais en campagne pour un poste de sénateur. Une anecdote racontée un peu hâtivement à propos de la guerre met en péril sa candidature; il faut d'urgence la rectifier car les médias guettent le faux-pas, l'erreur de communication. 

Tout est inventé, dans ce roman, mais tout a l'air terriblement vrai, surtout les manoeuvres des conseillers en communication ou en marketing, les "spindoctors" capables de vendre un homme politique comme on vend une lessive. Et c'est ce qui fait de ce roman de Iain Levison un livre à la fois divertissant et édifiant, amusant et cependant effrayant. 

13 mars 2019

Vice


Un titre particulièrement bien choisi pour le titre de ce "bio pic" consacré à Dick Cheney : Vice pour Vice Président sans doute, mais l'homonymie permet de suggérer que les agissements du personnage n'ont rien de ... vertueux ! Et en effet, le film d'Adam Mc Kay est un portrait à charge de cet homme qui pendant des années a tiré les ficelles du pouvoir.

Des films sur les arcanes du pouvoir politique, il y en a déjà eu pas mal, mais celui-ci est glaçant parce qu'il ne semble y avoir chez ces "puissants " aucun souci du sort de monde ou même de leur pays, mais une seule motivation, leur propre réussite, leur propre carrière.  Le réalisateur, en mettant en scène dès le début du film, la future Mme Cheney montre bien qu'il s'agit de l'accession au pouvoir d'un couple d'arrivistes, et que le triomphe de Monsieur est la réalisation de ses rêves à elle.


Mais tant de"nominations" tant de prix, tant de récompenses pour ce film ne relève pas tant de l'art cinématographique que d'un geste politique. Le film montre après tout montre clairement que le pouvoir n'est qu'un jeu de marionnettes : il y a les pantins et ceux qui tirent les ficelles ! Du coup le jeu un peu figé de l'acteur principal, bloqué par son maquillage, paraît presque justifié.

Steve McCurry


Pas le moins connu des photographes ! Parce que personne n'a oublié la jeune afghane aux yeux verts et que Steve McCurry s'est fait une réputation de portraitiste hors pair, de coloriste audacieux, en sus de son métier de base - photo-reporter - qui lui a permis d'opérer sur la plupart des territoires en guerre : Afghanistan, Irak, Inde ...

Un passage à La Sucrière à Lyon qui propose jusqu'au 26 Mai une exposition rétrospective des photos de Steve Mc Curry est donc une évidence  pour tous ceux que la photo intéresse.


Je me souviens très bien d'avoir lu et relu ou plutôt vu et revu son livre sur la mousson, fascinée autant par la qualité des photos que par le phénomène météorologique. Et j'ai retrouvé avec plaisir quelques unes de ces photos dans l'exposition de Lyon, l'homme avec de l'eau jusqu'à la poitrine et sa machine à coudre sur l'épaule, par exemple.



La série des portraits est bien sûr fascinante puisqu'il s'agit la plupart du temps de portraits frontaux où l'on est littéralement capté par les regards. Mais ce qui caractérise plus encore le travail de Mc Curry, c'est son goût pour la couleur, les couleurs !



 Il aime plus que tout les contrastes forts, les couleurs violentes, comme un tchador jaune citron qui claque devant une rangée de tchadors bleu Klein (mais là je le soupçonne de forcer un peu sur la couleur ! ). Je préfère la photo ci-dessous, plus sobre côté couleurs mais pas moins parlante.



Aussi pittoresques, aussi belles, aussi séduisantes que soient ces photos, mes préférées, celles qui me troublent le plus sont ses photos de guerre, en particulier celles sur l'Irak ou le Koweit. Parce que les photos de guerre sont là pour témoigner de l'horreur, et c'est ici le cas. Mais les photos de Steve Mc Curry ont quelques chose de plus, elles sont d'une beauté quasi indécente.  En tout cas dérangeante.



La violence. Le chaos . L'absurdité. 
Mais aussi ... la beauté du Mal ?


Une précision : ces photos ont été prises avec un téléphone dans les conditions difficiles de l'exposition. C'est donc à Lyon qu'il faut aller les voir. 

12 mars 2019

Lionel Salaun, Whitesand


La sortie de Whitesand était prévue le 6 Mars et bien sûr je me suis précipitée en librairie, impatiente de découvrir si celui-ci était à la hauteur des précédents. Pas de problème, c'est bien le cas.


Dès les premières pages on se retrouve dans une petite ville du Mississippi, population majoritairement blanche, qui se méfie de tous ceux qui ne lui ressemblent pas, les Noirs comme les étrangers. Aussi, lorsque la voiture de Ray Harper tombe en panne et qu'il se voit contraint de se trouver un travail et un logement, chacun, y compris le shérif, se méfie et s'interroge sur les véritables motivations qui ont poussé cet homme du Nord à venir jusque dans ce coin reculé. Chacun s'interroge parce que chacun a sans doute quelque chose à se reprocher et parce qu'il n'existe pas de petite ville sans histoires un peu troubles. Et dans cette Amérique des années 70, où les couleurs ne se mélangent pas, on est encore prompt à sortir les fusils. 

Lionel Salaün est un écrivain qui se soucie avant tout de raconter une histoire, une histoire forte si possible avec une intrigue bien menée autour de personnages ballotés par la vie, qui ne sont jamais ou tout bons ou tout mauvais, et qui s'efforcent, pour la plupart, de rester maîtres de leur destin en dépit des difficultés qu'ils ont à affronter. 

Mais ce que j'apprécie particulièrement dans ce roman comme dans les trois précédents, c'est la capacité de Lionel Salaün à restituer un lieu, un moment, une atmosphère qui font naître chez le lecteurs des images presque familières, souvenirs de films, de livres lus il y a longtemps, de tableaux peut-être, bref une Amérique totalement imaginaire mais totalement vraie. Une Amérique certes qui ne fait plus rêver, mais qui fascine toujours autant et dont on s'inquiète qu'elle préfigure les évolutions de notre propre société. 

11 mars 2019

La Favorite



Voici un film parfaitement divertissant et cependant intelligent, capable d'intéresser les spectateurs au sombre jeu des intrigues politiques, qui, bien que du passé, ne différent guère de celles d'aujourd'hui : il s'agit toujours de prendre le pouvoir et de le garder (!), en se souciant moins des intérêts du pays que de ses propres intérêts. 

Le message est un brin cynique, mais le film tout à fait réjouissant; en effet le réalisateur, Giorgos Lanthimos, joue à fond la carte du baroque et de l'extravagance avec une reconstitution historique de pacotille qui ne craint pas la caricature parce que la vérité, chacun le sait,  n'est ni dans le décor, ni dans les costumes.  Elle est dans le comportement des personnages, leurs ambitions, leur perfidie, leur absence de morale. Et l'on s'étonne à peine de les voir glisser des figures compassées du menuet à celles nettement plus expressives du hip hop ! 

L'histoire de cette reine, que la maladie autant que ses humeurs empêchent de gouverner et qui en confie la responsabilité à sa favorite permet de mettre en scène la rivalité de deux femmes, aussi belles, aussi intelligentes et aussi féroces l'une que l'autre. Qui a dit que les femmes au pouvoir étaient douces comme des agneaux ? Certainement pas moi ! 

10 mars 2019

Le Musée de Sérignan


Sérignan, une petite ville à côté de Bezier. Petite, mais assez grande pour héberger un Musée d'Art Contemporain. 


Les espaces intérieurs, sont en réalité beaucoup plus vastes  qu'on ne l'imagine en voyant la façade, et les triangles colorés apposés sur les vitres par Buren donnent l'impression, avant même de pénétrer dans les salles, de se trouver à l'intérieur d' un kaléïdoscope.  


Deux artistes sont actuellement exposées dans le musée, deux femmes. L'une portugaise, Lourdes Castro; l'autre allemande, Ulla Von Brandeburg. 



Lourdes Castro propose des oeuvres très variées dans leurs formes et leurs matières sur le thème de l'ombre : Ombres et Compagnie est le titre donnée à son exposition. 


Les oeuvres  - des installations - proposées par Ulla von Brandeburg sont plus difficiles à appréhender parce qu'on ne voit d'abord que des objets disposées sur des surfaces plates. Mais à force de tourner entre les tentures qui délimitent des espaces colorés, on se retrouve peu à peu comme dans les coulisses d'un théâtre l'on pénètre peu à peu dans l'univers imaginaire (et réfléchi) de l'artiste? L'Hier de demain est le titre de son exposition.


Faut-il à tout prix chercher une correspondance entre ces deux artistes ? je ne le pense pas, mais j'ai gardé de mon passage au musée de Sérignan, l'impression que ces deux femmes refusent de prendre au tragique le caractère pourtant éphémère de notre monde. 


08 mars 2019

Jesmyn Ward, Le Chant des revenants


Elle est américaine, elle est née dans le Sud, et bien sûr elle est Noire. Mais avant tout elle est écrivaine et au premier roman lu (Bois Sauvage) on sait qu'elle laissera sa trace dans l'histoire de la littérature. Car Jesmyn Ward écrit comme personne. Et il faudrait prendre le temps de la lire en V.O. pour mieux savourer cette façon qu'elle a de faire entendre les voix du sud, d'en reproduire les sonorités en même temps que les raccourcis syntaxiques, et admirer sa capacité à changer de registre selon les locuteurs, tout en maintenant la fluidité de la narration.




De quoi parle Jesmyn Ward dans ses livres ?  Des conditions de vie des Noirs dans l'Amérique d'aujourd'hui, qui parfois, malgré les apparences, ne sont pas très différentes d'autrefois. Elle y parle de de la succession des générations, de la façon qu'a chacun de réagir aux drames qui touchent inexorablement la famille.

Jojo, l'enfant au coeur de son dernier roman a deux grands-pères, un noir auprès de qui il vit et qui lui a tout appris; un blanc qu'il ne connaît pas et qui ne veut pas le connaître. Son père est en prison et sa mère est une jeune femme paumée incapable de s'occuper de ses deux enfants puisque Jojo a une petite soeur. Lorsque sur un coup de tête, la mère décide d'aller chercher son mari à sa sortie de prison, en embarquant Jojo, la petite Kayla et une amie un peu trop délurée, on se doute que le voyage ne sera pas facile. Et il ne l'est pas.

Jesmyn Ward, en alternant les voix des narrateurs parvient à faire comprendre au lecteur les émotions, les peurs, les espoirs qui traversent chacun d'eux. Dès lors il ne s'agit plus de les juger, mais d'éprouver de l'empathie parce que même la jeune mère, que l'on aurait vite fait de qualifier d'irresponsable, mérite d'être comprise.

Parfois, aux voix des personnages se mêlent celles des disparus, le frère tué, l'enfant de la prison. Parce que dans la culture du Sud des Etats-Unis les morts n'abandonnent pas les vivants. Si Jesmyn Ward était sud-américaine on parlerait sans doute de réalisme magique ... bien que dans Le Chant des revenants il ait surtout une connotation tragique.

En tout cas il faut se laisser emporter par ce livre, se glisser dans la voiture qui monte vers Parchman, la prison d'Etat, partager au fil des pages la vie de ces individus sur qui le passé pèse autant que le présent et retrouver ensuite le confort de son fauteuil, bien loin du Mississippi, bien loin de ce monde si dur, si troublant, si désespérant.


07 mars 2019

Les Affameurs et autres westerns

Trois westerns en deux jours. Une vraie fête pour qui aime le genre. Et quels westerns !
L'impitoyable de Clint Eastwood, Les Affameurs d'Anthony Mann et Sur la piste des Mohawks de John Ford.
1992, 1952, 1939 !
Comme un raccourci de l'histoire du genre et ... de l'Amérique.

Dans Sur la piste des Mohawks il s'agit moins de la conquête de l'Ouest que de la conquête de l'Amérique tout court  avec cette histoire de jeunes pionniers qui essayent de s'installer dans un territoire encore sauvage; mais qui n'a pas encore conquis tout à fait son indépendance vis à vis de l'Angleterre. On est en 1776.


Henri Fonda et ... un Indien de pacotille

Dans Les Affameurs on est beaucoup plus à l'Ouest puisque c'est dans l'Oregon que parvient la caravane d'immigrants escortée par un ancien tueur repenti. Le film fait encore l'éloge des pionniers, qui affrontent avec courage les difficultés de la route, mais se heurtent à la rapacité de leur congénères gagnés par ... la fièvre de l'or. On est en 1849. Tourné en 1952, en pleine période Maccarthyste, le film propose en outre un intéressant débat sur la possibilité ou non de la rédemption.



Chapeau blanc, chapeau noir ... le code couleur est une indication de moralité

Une question reprise dans L'Impitoyable qui met en scène un tueur repenti; il a renoncé aux armes par amour pour sa femme et ne les reprend que pour défendre ... la veuve et l'orphelin ? Presque. Une prostituée défigurée par un tueur sadique. On est en 1880. L'histoire de l'Amérique est écrite.


Clint et Morgan Freeman : le western fait une (petite)  place aux Noirs

Grâce à Dieu


Pas vraiment envie d'aller voir le film : trop de bruit autour de lui et de sa sortie concomitante avec le procès de Barbarin.   Mais je me suis laissée entraîner et ne le regrette pas. Le film est bien fait, efficace, convaincant : il a contribué à nourrir mon anticléricalisme et renforcer mon athéisme !
Je sais gré à François Ozon d'avoir choisi quatre personnages très différents pour montrer les ravages des agressions sexuelles sur les individus et les chemins tortueux que peut prendre la résilience.
Je mettrai donc Grâce à Dieu du côté des films quasi documentaire qui apportent peu à l'histoire du cinéma,  mais beaucoup à la réflexion.

A la recherche des écluses du canal du Midi



Entre l'étang de Thau et Toulouse il y en a 63 je crois, facilement repérables sur Google map, mais pas toujours très accessibles et pas toutes aussi spectaculaires que l'écluse ronde et ses 3 portes : vers Bézier, Agde et l'étang de Thau. 

 

A vrai dire elle n'est plus tout à fait ronde puisqu'elle a été agrandie en 1978 pour permettre aux péniches de 38m50 de manoeuvrer.


Un peu plus loin, en remontant le canal du midi, les écluses de Fonseranes avec leurs 8 bassins ovoïdes et leurs 9 portes constituent un véritable escalier d'eau, un ouvrage d'art exceptionnel, une prouesse technique  : 156 toises de longueur sur 11 toises de pente ! comme on peut le lire sur le plan de M. Riquet, le génial inventeur du canal du Midi.





Parfois, au détour d'une pérégrination, à défaut d'écluse, c'est un pont que l'on découvre, un petit pont bossu et son allée de platanes.

03 mars 2019

Au bord de l'eau


Ciel bleu, eau bleue


Ciel gris, eau grise



Mais c'est joli quand même.



28 février 2019

La réserve du Bagnas


Entre l'étang de Thau et le canal du Midi, mais traversée par une voie ferrée...


A cette saison tout est beau : la couleur de l'eau et celle des herbes (des bruyères ? ) .
Avec, en prime, quelques oiseaux...


27 février 2019

Méditation navale


Etrange bateau échoué derrière un mur de parpaings le long du canal du Midi.
A-t-il jamais navigué ? 
Ou n'est-ce que le souvenir d'un vieux rêve avorté ? 
Une envie de rébellion peut-être, sur les traces de Fidel et de La Boétie ? 
Quelque chose comme un refus de se soumettre
Une envie de désobéissance ... 


Pourtant le temps, comme de toutes choses, le temps a eu raison de ces velléités.