J'ai déjà du mal avec les films historiques, mais quand, dès le début s'y ajoutent des anachronismes flagrants de vocabulaire ... c'est mal parti ! Des anachronismes d'autant plus surprenant que les dialogues et les textes qui accompagnent le film en off sont très "écrits", inspirés apparemment par la correspondance entre Henri Marre et son épouse, les arrière-grands-parents du réalisateur.
Notre salut est donc une histoire vraie donc qui entend mettre en scène une période précise, celle du gouvernement de Vichy, et surtout le comportement de personnages liés professionnellement à cette administration. Rien d'héroïque, rien d'idéologique non plus. Henri Marre n'est ni un nazi, ni un pétainiste convaincu, juste un homme, un citoyen très ordinaire (un peu escroc sur les bords quand même), à la morale très élastique, qui a besoin de trouver un emploi pour subvenir aux besoins de sa famille. Prêt à tous les compromis, à toutes les compromissions. Contraint sans doute par la nécessité économique, mais pas très scrupuleux non plus. Juste un médiocre. Et c'est bien là le plus inquiétant. Ce ne sont ni les chefs ni les héros, ni même les idéologies qui font l'histoire, mais bien les individus lambda, comme cet Henri Marre.
Le film d'Henri Marre, bien accueilli par les historiens et les critiques de cinéma, est apparemment bien parti pour rejoindre la notoriété de celui d'Antonin Baudry sur De Gaulle, Alors que la montée de l'extrême-droite un peu partout dans le monde réveille les inquiétudes, ces deux films ont le mérite de susciter la réflexion des spectateurs. C'est à peu près le seul mérite que je leur reconnais. En revanche, je reconnais à Emmanuel Marre un certain courage, celui d'exposer ainsi l'histoire de sa propre famille.











