Voilà un roman tout à fait surprenant, publié par Javier Sebastian. Javier Sebastian est espagnol, mais c'est à la catastrophe de Tchernobyl qu'il s'intéresse et en particulier à Vassili Nesterenko.
Vassili Nesterenko n'est pas un personnage inventé; c'est, ou plutôt c'était puisqu'il est mort en 2008, un physicien biélorusse qui a dirigé pendant 10 ans l'Institut de l'énergie nucléaire de l'Académie des sciences de Bielorussie. Après la catastrophe de Tchernobyl, il a consacré son temps et son énergie à mesurer les effets des radiations à long terme sur la population et à alerter les autorités nationales et internationales sur les conséquences de l'accident nucléaire.
Le récit que fait Javier Sebastian des premiers moments de l'explosion et de ses suites est tout à fait...glaçant; on reste sidéré par la chaîne d'erreurs commises à la suite les unes des autres qui ont provoqué la catastrophe, mais aussi par les actes de bravoure commis par ceux qui ont tenté d'y remédier. Les médias ont couvert l'événement en son temps, et continuent occasionnellement d'en parler, mais la forme romanesque choisie par l'écrivain, permet sans doute à beaucoup de lecteurs, sans connaissances scientifiques particulières, d'accéder aux explications techniques, mais surtout de découvrir les comportements de ceux qui de près ou de loin ont été touché par la tragédie. Des comportements souvent étonnants qui vont du déni pur et simple à l'héroïsme discret. La palette des comportements humains est infinie ! Le roman se lit parfois comme une dystopie, tant la situation paraît irréelle et pourtant bien peu a été inventé. Et l'on se surprend parfois à sourire malgré tout, parce que Javienr Sebastian a su conserver dans les pages de son roman, un peu de poésie et un peu de tendresse. Un peu d'humanité.











