Un roman de plus sur la recherche des origines, un sujet qui semble actuellement se développer dans l'édition française. Et que, jusqu'à présent j'ai essayé d'éviter. En tout cas dans sa version la plus intimiste. Ce qui n'est pas tout à fait le cas de Qui se ressemble.
Dans la famille d'Agnès Desarthe, il y a la branche askhenaze et les grands parents rescapés d'Auschwitz; et la branche d'Afrique du Nord, contrainte de quitter la Libye pour immigrer en Algérie avant de venir en France. Deux parcours d'immigrés que l'écrivaine reconstitue autour de dates et de lieux qui ont marqué l'histoire familiale (1942 Orléansville, 1956 Besançon) mais aussi de dates-clefs pour l'histoire des juifs et des arabes comme le 6 octobre 1973, début de la guerre du Kippour. Le fil d'Ariane qui réunit ces éléments disparates, c'est Oum Kalsoum, la grande chanteuse arabe, que la narratrice fait semblant de confondre avec sa grand-mère.
Ce qui m'a intéressé dans ce livre d'Agnès Desarthe, c'est la façon dont elle compose son récit : en se situant à hauteur d'enfant elle montre - sans niaiserie aucune - la difficulté à appréhender un monde dont on ne possède pas les clefs, quand on n'a pas encore compris le sens des rituels familiaux, quand on s'interroge sur le comportement de ceux qui nous ont précédés dans la vie. C'est un récit fait de bribes, un peu décousu parfois, comme un puzzle dont on essaye d'assembler les pièces. C'est aussi un récit à fleur de sensibilité. Et une interrogation sur sa propre identité. Intéressant donc.















