"Rassembler les fragments de notre identité ... " voilà bien le projet de Dinaw Mengestu dans son dernier livre, intitulé Quelqu'un comme nous, et ce n'est pas chose facile, surtout quand on est dans une famille d'immigrés, récemment installée aux Etats-Unis. L'écrivain parle de ce qu'il connaît puisque sa famille est arrivée dans l'Illinois en provenance d'Ethiopie alors qu'il avait 2 ans. Mais l'histoire qu'il raconte est celle de tout être partagé entre deux langues, deux cultures, deux façons de penser; la nécessité de faire "comme si" pour être accepté, et la difficulté, voire l'impossibilité de renoncer à ce qui vous a construit.
Quelqu'un comme nous est l'histoire de quelqu'un qui ne se sent jamais à sa place. Ni tout à fait un autre, ni tout à fait lui même. Et le pari de l'écrivain c'est de rendre compte de cet éparpillement dans la structure même de son texte. Ce qui ne rend pas la lecture particulièrement facile, j'en conviens, mais permet au lecteur d'éprouver cette difficulté à savoir qui l'on est vraiment. Moitié Ethiopien, moitié Américain. Quelqu'un comme nous n'est pas un roman revendicatif; un roman introspectif plutôt, bien que le recours à des personnages fictifs permette à l'écrivain d'éviter l'écueil de la subjectivité pour aller vers l'universel. Ce que l'on attend de tout bon roman, non ?
















