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01 décembre 2010

Chili-Brésil-Argentine

En voyage, ce qui manque toujours, c'est le temps. Mais 6 mois pour parcourir le Chili, le Brésil et l'Argentine, cela devient raisonnable. C'est en tout cas le temps dont ont disposé Daniel Mielniczek et Géraldine Garçon pour parcourir ces trois pays et en ramener de belles images.

Le premier fait des photos; la seconde fait des gravures. Chacun excelle dans sa discipline et la juxtaposition de leurs travaux sur le stand de Clermont était étonnante. Des gravures tout en finesse, en délicatesse. Des photos aux couleurs fortes et aux composition marquantes.
A défaut de pouvoir se rendre à la Biennale, on peut toujours aller se balader sur leurs sites.

Parmi les gravures de Géraldine Garçon, j'en aime une tout particulièrement parce qu'elle représente une friche industrielle, une ancienne ville minière du Nord du Chili : Humberstone, un lieu qui me fascine depuis un certain temps comme me fascinent toutes les villes fantômes.


Mais j'aime tout autant la gare de Fitz Roy, avec ses arbres couchés par le vent. Ou l'Estancia San Gregorio, autre lieu abandonné. Et toute la série intitulée Jeu de lumières.




Dans les photos de Daniel Mielniczek, c'est le jeu des lumières et des couleurs qui attire d'abord, mais aussi la mise en valeur du sujet par le choix d'un cadrage parfois très resserré, un aperçu entre deux portes, un reflet dans un miroir.

Et puis il y a aussi toutes ces carcasses rouillées, abandonnées, ces fenêtres, ces portes qui n'ouvrent plus que sur le vide, ces lieux désertés, oubliés auxquels l'objectif du photographe redonne vie. Dans la série "Paysages", j'ai bien du mal à choisir, Puerto Percy ? l'Estancia La Paloma ? ou l'Estancia San Gregorio, oui, la même que sur la gravure de Géraldine ?



Alors, en fin de compte, la photo à laquelle je donnerais ma préférence, c'est peut-être celle de Rio, qui ouvre la série Headshots. La photo bleue, si bleue ! Sans doute parce que c'est une photo que j'aurais aimé faire, que j'aimerais pouvoir faire un jour.


Si vous passez par Bézier, pourquoi ne pas vous arrêter au 5 rue Vionnet pour découvrir le travail de ces deux artistes.

29 novembre 2010

Clermont-Ferrand, Biennale 2010 (suite)

Bien que les Carnets de Delacroix au Maroc, et donc l'aquarelle et le dessin, restent des références absolues quand il s'agit de carnets de voyage, les carnettistes d'aujourd'hui n'hésitent pas à passer d'une technique à l'autre et font côtoyer sur leurs carnets photos, dessins, gravures etc...

Mixed media donc pour Damien Chavanat , illustrateur et graphiste, qui propose un voyage autour d'un site de distribution des laboratoires Sanofi-Aventis. Il ne s'agit pas d'un voyage à proprement parler, mais d'un travail de commande destiné dans un premier temps au personnel de la société. Présenté à Clermont, le projet garde tout son intérêt dans la mesure où il permet au flâneur de la Biennale de découvrir, à travers photos et dessins, un monde dont il ignore tout. A chacun son exotisme ...








Mixed media aussi pour le carnet de Sébastien Lebègue. Son Passeport pour Tokyo, édité chez Elytis, est un joyeux fouillis de dessins, d'aquarelles, de photos, de citations, un pêle-mêle qui en fin de compte parvient à rendre la dynamique d'une capitale qui se sert de ses traditions pour mieux inventer son avenir.

Je trouve particulièrement intéressant le traitement que Sébastien Lebègue fait subir à ses photos, traitement qui lui permet de superposer deux univers, Japon ancien et Japon moderne, qui lui permet d'incruster un texte et, en fin de compte, d'abolir la frontière entre photo et dessin


Et ma préférée : Hokusai dans le métro de Tokyo ?

Clermont-Ferrand, Biennale 2010


Retour à Clermont-Ferrand pour la Biennale des carnets de voyage. Etrange biennale qui a lieu tous les ans...
Mais qui s'en plaindrait ? Que l'on parte en voyage, que l'on en revienne ou même que l'on se contente d'en rêver, la biennale a toujours quelque chose à offrir à ceux qui, comme Baudelaire, rêvent "de cartes et d'estampes. "
La profusion des propositions fait qu'au début, on se perd un peu puis l'on prend lentement ses repères. On va sans trop réfléchir vers les pays que l'on connaît déjà, ou au contraire ceux que l'on ne connaît pas du tout. Et très vite on s'attarde, on choisit, on s'approche, on essaye, si la foule n'est pas trop nombreuse, d'interroger le carnettiste. On parle voyage, dessin, écriture...

Pour quelle(s) raison(s) un carnet nous retient-il plutôt qu'un autre ? Sans doute parce que la main qui dessine est particulièrement habile, mais aussi parce que l'angle d'approche est différent, insolite, inhabituel. Parce qu'il existe entre deux voyageurs des affinités qui ne s'expliquent pas. Un même regard posé sur le monde peut-être.

A la Biennale les aquarellistes sont particulièrement nombreux, mais c'est une discipline où il est apparemment difficile de se distinguer. A vrai dire j'ai surtout retenu Sanjeev Joshi, architecte et peintre indien dont l'album sur le Bhoutan m'a beaucoup plu. Un album tout en délicatesse.

Plus que par les aquarellistes, je suis fascinée par ceux qui, en quelques coups de crayons parviennent à "croquer" une silhouette, une scène de rue. C'est ce que fait avec talent Reynald Aubert, qui enseigne l'art du croquis à l'école des arts appliqués de Genève, et n'hésite pas à passer du dessin à la couleur.

Piotr Kalinski, un graveur polonais, utilise peu la couleur : du noir, du blanc et rien d'autre ce qui permet à la fois de simplifier et de renforcer le trait. Bon, d'accord ! Le site auquel je vous renvoie (celui de la maison d'édition qu'il a crée ) est en polonais et j'avoue que cette langue ne m'est pas très familière (!), mais les dessins heureusement n'ont pas besoin de traduction et dans le tout petit livre intitulé "Samotnosc" (Solitude) les gravures sont accompagnées de courts textes, parfois traduits en français, petits poèmes en prose qui rappellent vaguement Beckett ...
Ainsi, à la dernière page du livre :










" C'est un jour comme celui-ci, un peu plus tard, un peu plus tôt, que tout recommence, que tout commence, que tout continue."

dzisiaj pada

(ce qui signifie, il pleut mais malheureusement je ne peux pas reproduire la typographie. Dommage ! )




Pour la suite de la Biennale on verra demain car j'ai un autre livre de Piotr Kalinski à regarder, un livre avec des couleurs, pastel ou encre, réalisés à Corigliano d'Otranto. Un livre intitulé Proiezione.

"Sto seduto in piazza a Corigliano d'Otranto.
Intorno sta succedendo nulla.
Sono solo, totalmente solo.
Sul tavolino una tazza di caffé, un posacenere e un blocco per gli schizzi.
Intorno le antiche mura dei palazzi, il campanile, l'orologio impigritto e il cielo.
Il cielo immacolatamente puro.
E'ora della siesta. Niente disturba il mio star seduto."
Allora continuo a sedere, totalmente immerso nel caldo e nella calma del giorno. "

Un voyage qui commence bien, non ?

19 novembre 2007

Biennale de Clermont

Il faisait très froid dimanche matin : - 8° (Celsius)
Mais depuis la fenêtre, la vue était très belle : le vieux village, une église et au loin, sur la colline, cet arbre tout seul.

Et la chambre était ravissante.
Couleurs acidulées, quelques meubles simples.
Sur les murs, deux photos de Bernard Jaubert, un photographe d'Issoire.








La maison qui offre une aussi jolie chambre avec vue + un petit déjeuner plantureux s'appelle La Vigie. Elle est située à Chadeleuf, à une trentaine de kilomètres au sud de Clermont-Ferrand.

Clermont-Ferrand en effet était notre destination initiale puisque s'y tenait la 8ème Biennale du Carnet de voyage. Aquarelles, dessins, collages, toutes les techniques sont utilisée pour essayer de traduire une impression et d'en garder la trace.

Parmi les carnets qui m'ont particulièrement intéressée, il y en avait trois, mais cela ne surprendra personne sur ... la Chine : les aquarelles très subtiles de Marie-Madeleine Flambard , les pages pleines de vie et de couleurs de Nicolas Jolivot, et le dessin façon bande dessinée de Bruno Pilorget; mais j'ai aimé aussi les photos aux couleurs très saturées d' Edith Caleau (Inde), et les collages de Gwenaelle Trolez. (Afrique de L'Ouest) ou de Nathalie Doutreleau dite Thézame (Inde). Autant de noms à retrouver éventuellement sur le net, quand j'aurai le temps....

Roland et Sabrina Michaud, dont j'ai déjà parlé à deux reprises dans des précédents billets, étaient à Clermont pour présenter quelques photos extraites de leur dernier ouvrage.
Les photos étaient, bien entendu, superbes et les commentaires à la hauteur : simples, sans prétention mais pleins d'humanité. Roland et Sabrina préparent un nouveau livre sur la Chine, que j'attends avec énormément d'impatience. Sortira-t-il pour Noël ?

En attendant je peux toujours essayer de me procurer leurs précédents livres : Caravanes de Tartarie par exemple ou bien








De quoi rêver en attendant le prochain livre ... ou le prochain voyage


Sur le chemin de retour, nous nous sommes arrêtés au Musée d'Art Moderne de Saint Etienne qui fêtera bientôt ses vingt ans ! Entre collection permanente et expositions temporaires il y a toujours quelque chose à découvrir dans ce musée mais le Restaurant du musée à lui seul vaut bien le détour : accueil aimable, service diligent, cuisine raffinée. Un régal pour clore une "fin de semaine" particulièrement réussie.

Et voici tous les liens nécessaires pour aller plus loin, si vous en avez envie ...
http://www.lavigie-chadeleuf.com/
http://www.jaubert-images.com/fr/accueil.php
http://www.biennale-carnetdevoyage.com/
http://www.blogger.com/post-edit.g?blogID=19175521&postID=115386075075126541
http://routedeslivres.blogspot.com/2006/12/roland-et-sabrina-michaud.html
http://www.mam-st-etienne.fr/index.php

26 novembre 2006

Biennale des carnets de voyage

C' était le week-end dernier, à Clermont-Ferrand : trois heures de route à l'aller; autant au retour ! Mais qu'importent les kilomètres pour un "amoureux de cartes et d'estampes".

La biennale des carnets de voyage est avant tout le rendez-vous des aquarellistes; des aquarellistes- voyageurs cela va de soi mais il n'est pas toujours besoin d'aller au bout du monde pour composer un carnet de voyage; c'est plutôt une question de regard. Un quartier de prédilection, un coin de banlieue ou les "51 bars de Marseille" suffisent à l'aquarelliste inspiré.
Certains carnets associent dessins, photos, collages ... C'est parfois réussi, parfois moins. On se lasse assez-vite du "scrap-booking".
Au détour d'un stand on discute technique, on échange des conseils, des adresses... C'est bon-enfant et somme toute assez sympathique; on y fait même de vraies découvertes.


Et puis on assiste à une conférence : celle sur les yourtes avait bien commencé, mais les commentaires sur les inscriptions funéraires ont fini par nous lasser.
Bernard Olivier, le "marcheur de la route de la soie", était là pour présenter le film qu'il vient de réaliser, sur le même itinéraire que son premier voyage, mais en "touriste ordinaire". Ceci explique peut-être cela : je n'ai vu qu' un méchant film d'amateur, qui enfile cartes postales et clichés éculés comme d'autres enfilent les perles; images surexposées, cadrages insignifiants... Déception ? pas même ! car je ne fais définitivement pas partie du fan-club de ce monsieur. Il était toutefois accompagné pendant son voyage par le dessinateur François Dermaut dont les aquarelles exposées dans le grand hall sont particulièrement séduisantes.

Il y avait encore des ateliers, des débats, beaucoup d'autres carnets à regarder mais la nuit tombait, et la route du retour nous attendait.

Mes "carnettistes" préférés :
Fabrice Bloch, Les Gueules noires de Roumanie - Marie Ducloux-Olivier, Bamako - Sophie Zénon, Mongolie - Justin Creedy Smith , La minorité Miao en Chine - Renaud de Heyn, Pakistan - Sera, Cambodge - Christophe Verdier, Antarctique
Leurs carnets sont parfois édités, mais pas toujours.