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27 septembre 2026

Passages

C'est pour très bientôt .... et jusqu'au 25 octobre ! 



 

23 septembre 2026

Les pianos abandonnés de Romain Thiery

Belle découverte que le travail de ce photographe présenté dans les murs de l'abbaye de Valmagne.  

Il faut dire que l'abbaye elle-même a belle allure, avec son cloître et son étonnante fontaine nichée sous une tonnelle verdoyante, qui offre ombre et fraîcheur au visiteur. 


Mais j'avoue avoir été un peu étonnée de voir des "torii", installés au milieu du cloître. Que faisaient là ces portails qui, dans la culture japonaise, séparent "le monde sacré du monde profane".  En fait, les torii étaient là pour accompagner les photos de Romain Thiery. 

  
Le travail de ce photographe est tout à fait étonnant. Comme beaucoup il se passionne pour l'urbex, mais avec un motif qui lui est propre : les pianos !  Des pianos abandonnés dans des lieux abandonnés. Pianos dont il enregistre à l'occasion le son. Sa quête l'a déjà mené un peu partout en Europe, comme sur la côte Est des Etats-Unis et même au Japon. Ce sont ces dernières photos qui sont exposées à Valmagne, un rapprochement inattendu entre spiritualité japonaise et chrétienne,  inattendu, mais qui pourtant fonctionne pleinement. 
  



J'ai découvert en allant sur son site, que Romain Thiery vient d'ouvrir une galerie à Arles, que je ne manquerai pas de visiter à mon prochain passage. 

https://www.romainthiery.fr/requiem-pour-pianos
 

22 septembre 2026

Les couleurs de Jean Vilar

 L'exposition actuellement en cours au musée Paul valery est consacrée aux peintres qui ont travaillé avec Jean Vilar et dont les propositions de costumes ou de décors ont marqué sa production théâtrale. L'occasion de se replonger dans l'esthétique des années 50 et, pour moi de découvrir des artistes dont je ne savais pas grand-chose : Léon Gishia, Edouard Pignon, Jacques Lagrange, Mario Prassinos, Gustave Singier, Alfred Manessier. 



 
Pas tout à fait ma tasse de thé, mais instructif  ... 
 

  

Léon Gischia


21 septembre 2026

Figuration libre

Toujours contente de retrouver au Musée Paul Valéry de Sète, ces tableaux dont la force doit tout ou presque à la couleur et dont l'énergie est revigorante, quel qu'en soit le sujet. 
 

Hervé du Rosa  


 François Boirond


 

Robert Combas 

17 septembre 2026

Pierre Paulin


Pierre Paulin, dont quelques pièces de mobilier sont actuellement présentées au Musée Fabre de Montpellier est le designer français représentatif de ce mouvement que l'on appelle maintenant MCM pour Mid Century Modern. 

L'exposition permet de revisiter quelques classiques et surtout de mesurer le changement intervenu dans la façon de se meubler. J'aime la simplicité et même l'austérité de cet ensemble table basse et banquette-lit : il suffit de déplacer les deux coussins rouges pour "convertir" - sans effort -  le canapé en lit. Le design à la portée de tous. Pour un confort aussi minimaliste que ses lignes.

 

La banquette -lit date de 1953. 20 ans plus tard, les temps ont changé, lles moeurs et e sens du confort aussi. Le plastique permet des formes nouvelles, les courbes remplacent les lignes droites. Voici le canapé nuage dans lequel on se love. Dans lequel on se vautre.


Pourtant, malgré la douceur des lignes et la tentation du confort, le siège que je préfère, c'est le tout premier fauteuil dessiné par Pierre Paulin, J'aime son petit côté artisanal, genre "je l'ai fait moi-même". Et si la courbe est bonne, il est certainement très confortable. Mais je ne l'ai pas essayé. 


 



 

13 juillet 2026

Des bienfaits de la culture

 


 Les médias nous rebattent les oreilles avec la nécessité de faire de l'exercice physique pour "mieux vieillir". Soit ! Mais qui s'est soucié jusqu'à présent de mesurer l'impact des activités culturelles sur le vieillissement ? 

C'est chose faite : une étude réalisée par des chercheurs de l'UCL (Unversity college of London) récemment publiée dans Innovation in aging, la revue de la GSA (Gerontological society of America) montre que le bénéfice des activités culturelles est comparable à celui des exercices physiques pour ralentir le vieillissement biologique. Et que le bénéfice est d'autant plus grand que ces activités culturelles  sont fréquentes et diversifiées. 

“Our study provides the first evidence that arts and cultural engagement is linked to a slower pace of biological ageing. This builds on a growing body of evidence about the health impact of the arts, with arts activities being shown to reduce stress, lower inflammation and improve cardiovascular disease risk, just as exercise is known to do.” 

The apparent effects were comparable to those seen for exercise. For instance, people who did an arts activity at least once a week seemed to age 4% more slowly than those who rarely engaged with arts.  

 Reste à savoir ce que les chercheurs entendent par "arts and cultural engagement".  S'il suffit d'aller une ou deux fois par semaine au cinéma, d'aller au musée de temps en temps et de lire une cinquantaine de livres par an, j'ai tout bon ! Mais s'il s'agit de peindre, de sculpter, de jouer d'un instrument ou d'écrire un roman... c'est raté pour moi. 

 https://www.ucl.ac.uk/news/2026/may/engaging-arts-linked-slower-pace-ageing

Reste à s'assurer que l'article ne soit pas un faux comme celui que Pérec avait publié à propos d'une organisation tomatotopic chez la cantatrice. 

 https://static.mediapart.fr/files/2018/04/30/perec-fr-tomato-1.pdf 

15 juin 2026

Adrien Fregosi au Magasin

C'est à Sète que j'ai découvert Adrien Fregosi et le voici exposé au Magasin, le Centre National d'Art contemporain de Grenoble. L'occasion de reprendre le chemin de ce lieu pour vérifier si, oui le travail de cet artiste m'intéresse vraiment. 

Il est toujours difficile de dire pourquoi on aime ou on n'aime pas le travail d'un artiste. Il y a bien sûr des explications rationnelles, techniques, historiques comme on en trouve dans les livres d'histoire de l'art. Parfois, les raisons sont plus personnelles, intimes sans doute, et les mots permettent pas de comprendre pourquoi ces "tableaux" -  le plus souvent quelques traits  sur papier et des couleurs qui ont tendance à dégouliner - touchent plus que des oeuvres connues et reconnues. 

 

 

Des personnages, des hommes le plus souvent, une femme parfois... 

 

 

 



Et puis des chiens. Pourquoi des chiens ?

 
 

 

Comment ne pas penser au Chien de Goya, oui Goya, dont Malraux pensait qu'il représentait toute l'angoisse existentielle ? C'est trop prêter à Fregosi ? Peut-être ... 


 

14 juin 2026

Léon Tutoudjian, Poétique du Cosmos

Poétique du cosmos ? Oui peut-être, mais l'exposition actuellement présentée au musée de Grenoble est surtout l'occasion de découvrir un artiste dont j'ignorais tout. Et le parcours d'une salle à l'autre est d'autant plus intéressant qu'il retrace celui de l'artiste, toujours en recherche, toujours en évolution. Certains artistes, une fois trouvé leur point d'achèvement (ou leur point de rencontre avec le public) n'en bougent plus. Tutoujian semble avoir été toujours en mouvement; son oeuvre échappe en effet à toute tentative de classement puisqu'il a toujours été, semble-t-il, à la pointe des tendances qui ont traversé la première moitié du XXe siècle,  "privilégiant l'expérimentation permanente à la répétition des formes". Aucun risque d'ennui en visitant l'exposition puisque chaque salle est différente. 


 


Placer en regard  dans la même salle une oeuvre de Tutoudjian  et un tableau qui appartient à la collection permanente du musée (Le peintre, de Will  Baumeister)  est une invitation bienvenue à retenir un peu plus longtemps l'attention du spectateur. 


Quelle que soit la technique utilisée - ici un collage, Tutundjian parvient toujours à un équilibre des lignes, des formes et des couleurs. 

 

 
Plusieurs tableaux sont présentés et mis en valeur sur des murs colorés, un turquoise bien précis que mon appareil photo n'a pas été capable de restituer. Du coup j'ai même supprimé le cadre pour mieux me glisser dans le tableau, jusqu'au bout du fil rouge. 
 

Il serait dommage de se contenter de cet aperçu sans aller voir en vrai à quoi ça ressemble. Clôture de l'exposition le 30 août, cela laisse du temps ! 
  
 

11 juin 2026

Bernard Descamps, Là où souffle le vent

L'exposition est en place depuis un certain temps déjà. Et l'affiche proposée par le Musée de Grenoble était particulièrement attirante pour une "voileuse" ! Je n'ai donc pas été déçue, loin de là, et si j'ai particulièrement appréciée la série de photos partagées équitablement entre le ciel et la mer, je n'ai pas été indifférentes aux photos de futaies, où les troncs d'arbre parfaitement alignés dessinent les barreaux d'une cage ... 

 

 Bernard Descamps a beaucoup voyagé et ses photos décrivent le monde, mais sans folklore ni pittoresque de carte-postale. Comme dans cette photo, où le photographe s'intéresse moins au visage du jeune berger qu'au mouvement du vent dans l'étoffe, au drapé, à l'enroulé. Une tentative pour saisir ce que l'instantané de la photo nécessairement fige. Le souffle du vent, mais aussi l'instant devenu éternité. 

 

https://www.bernarddescamps.fr/ 

https://www.museedegrenoble.fr/uploads/ 



09 juin 2026

Sea, Pop & Sun

Pour accéder à la fondation Carmignac, il y d'abord le ferry, puis un chemin poussiéreux qui monte un peu. Mais à côté, il y a la mer, le ciel, les bateaux ... 

Et des fleurs roses au bord du chemin ... 

On entre dans la Fondation, les pieds nus...  et tout s'apaise. Le bruit de l'eau dans la première salle, la fraîcheur de l'eau (et de l'air conditionné !). Très vite les couleurs s'imposent dans les oeuvres, un arc en ciel de couleurs, c'est gai, drôle souvent.  SEA, POP & SUN, l'exposition présentée à la fondation Carmignac recrée l'esprit des années 60, en Californie où tout a commencé : une nouvelle liberté, une nouvelle façon de voir la vie, de regarder le monde ... Non, pas de nostalgie, mais une exposition rafraîchissante, pétillante, et une playlist à la hauteur : à chaque salle son thème et sa musique !  Un voyage dans le temps, un bref retour à l'insouciance, avant de quitter l'île pour retrouver le continent et la tristesse du présent. 



 

26 avril 2026

Arles, Festival de dessin (fin)

 Triple nostalgie 
 
... nostalgie des voyages ...
 
 
  
Gabriella Giandelli, une des artistes de la collection Travel Book éditée par Louis Vuitton
(plus intéressante à mes yeux que ses sacs et ses valises !)


Nostalgie de la correspondance, des lettres écrites à la main, des enveloppes timbrées et tamponées

 
Mais je n'ai pas retrouvé le nom de l'artiste
 
 
 Nostalgie immense et permanente,  de la mer 

Dominique Goblet, Ostende

 

25 avril 2026

Arles, Festival du dessin 2026 (suite)

Et pour terminer, quelques dessins en couleurs...

 En couleurs et même en relief pour  ce dessin de Carol Rama qui date de 1969 mais n'a pas de titre.

Léon Bongrain hésite apparemment entre deux titres : La traversée des nuées (chemin des muletiers.

Quant à Tinguely, son dessin ressemble à ses machines, mais interroge  sur sa signification : infirmière  mécanique? robot soignant? 

 
Le dessin de Rosa Maria Sunki est plus subtil qu'il n'en a l'air avec sa jolie mise en abyme. Un scène d'intérieur apparemment banale mais tendance surréaliste : La naissance de l'arbre.

Petite hésitation pour le suivant, un autre Souki dans ma photothèque ? Je crois bien, mais ...  


24 avril 2026

Arles, festival du dessin 2026 (suite)

Le plaisir de retrouver Tadeusz Kantor, dont j'avais tant apprécié les mises en scène ... 

 

Et quatre dessins de Jean Fautrier, dont le trait presque impalpable tend vers la calligraphie ...

 

 

Pour Louis Souter au contraire, le trait est appuyé, insistant, celui d'un esprit inquiet ...
 

 
alors que le trait de Christelle Roulin est patient, méthodique  comme une mise en ordre du monde.
 
 


Plus classiques, plus attendus, les dessins de Chiara Gaggiotti rivalisent d'une certaine façon avec la photo (ou la bande dessinée !), mais je n'ai pas résisté au plaisir de retrouver les escaliers de la Place d'Espagne, et, avec eux, mes souvenirs romains
 

 



 

Arles, festival du dessin 2026

Il n'en est qu'à sa troisième édition, mais ce Festival du dessin, proposé par Arles me paraît promis à un bel avenir, tant la version 2026 est riche.  

J'avoue ne pas connaître grand-chose au dessin et j'ai, dès la première salle, était surprise par la variété des oeuvres exposées : variété des sujets bien sûr, mais aussi des techniques et des supports. Crayons à la mine de plomb, stylos feutres, encres, craies, aquarelles, beaucoup de dessins en noir et blanc, mais pas mal de dessins en couleur aussi. Pour certains artistes le dessin n'est qu'un outil pour préparer une création dans un autre domaine; je pense à Fellini ou Tinguely. Pour d'autres le dessin est une fin en soi. Un croquis hâtif, une esquisse ou au contraire, une oeuvre très élaborée.. J'ai été aussi étonnée par la diversité des artistes présentés, entre ceux qui ont déjà leur nom dans l'histoire (Piranese et ses Prisons imaginaires), et d'autres dont la renommée est encore à venir. 

 12 lieux d'exposition, plus de cinquante artistes...  une journée, même intense ne suffit pas à tout voir. Mais comme mon billet est valable jusqu'à la fin du festival, le 19 Mai, j'y retournerai peut-être...

Et pour commencer, ces deux dessins de Gérard de Palézieux dont la sobriété m'a enchantée. 

 

 

 



 

23 avril 2026

Le Château Laurens

Un château ? Plutôt l'extravagante demeure d'un nabab agathois, et un bel exemple de la fragilité des fortunes. 

Parti de rien, monté très haut et revenu très bas, telle est l'histoire d'Emmanuel Laurens.  Une famille de maçons dont l'ascension sociale est déjà bien entamée  lorsqu'il nait en 1873. Il a 25 ans lorsque  il hérite de l'immense fortune d'un lointain et excentrique cousin. Fini les études de médecine ! A lui la grande vie, les voyages, les fêtes et la construction très éclectique d'une magnifique demeure sur un terrain hérité cette fois de son père.  La belle époque s'achève pour lui avec la crise de 29, le voilà ruiné, contraint de se débarrasser progressivement de ses biens jusqu'à la vente de la villa en viager en 1938. A sa mort en 1959, sa maison est à l'abandon.  Grandeur et décadence ! Mais, depuis qu'elle en a pris possession, la ville d'Agde s'est mis en tête de restaurer le "château"et de lui restituer son ancienne splendeur. 

A commencer par son jardin, très méditerranéen et foisonnant.  

Un foisonnement que l'on retrouve aussi sur les fresques murales, qui empruntent à toutes les modes du moment, en toute liberté, et selon les caprices du propriétaire. 

 

Le résultat est assez spectaculaire, d'autant que les visites se limitent, pour le moment aux espaces de réception, puisque la restauration est toujours en cours. 

 Plus que par les matériaux précieux, le marbre rose des colonnes par exemple, j'ai été frappée par les volumes et la sensation d'espaces autant que par les couleurs intenses et chaleureuses. 

 
 



Un décor flamboyant pour un jeune homme brillant, passionné d'art, de musique et de voyages, qui s'est ensuite perdu dans l'opium. Devenu trop riche, trop tôt . C'est en tout cas ce que laisse entendre sa légende.


Mais la visite inclut celle de son atelier-laboratoire - à laquelle j'aurais aimé ajouter celle de la mini centrale hydraulique installée sous la serre du jardin - une façon de rappeler que ce "dandy" était sans doute moins frivole que le décor de sa villa ne le laisse entendre....
 
 
Une somptueuse "paillasse" et la possibilité d'y pratiquer des expériences dont on ne sait rien. Le plan indique aussi l'existence d'un labo photo... autant d'indices qui me donnent envie d'en savoir beaucoup plus sur cet Emmanuel Laurens. D'autant que les visites (obligatoirement guidées) sont relativement limitées et je n'ai eu accès ni aux "pièces intimes", ni au salon de musique "spectaculaire",  construit pour la femme qu'il aimait. Une deuxième visite me semble s'imposer ....