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13 juillet 2026

Des bienfaits de la culture

 


 Les médias nous rebattent les oreilles avec la nécessité de faire de l'exercice physique pour "mieux vieillir". Soit ! Mais qui s'est soucié jusqu'à présent de mesurer l'impact des activités culturelles sur le vieillissement ? 

C'est chose faite : une étude réalisée par des chercheurs de l'UCL (Unversity college of London) récemment publiée dans Innovation in aging, la revue de la GSA (Gerontological society of America) montre que le bénéfice des activités culturelles est comparable à celui des exercices physiques pour ralentir le vieillissement biologique. Et que le bénéfice est d'autant plus grand que ces activités culturelles  sont fréquentes et diversifiées. 

“Our study provides the first evidence that arts and cultural engagement is linked to a slower pace of biological ageing. This builds on a growing body of evidence about the health impact of the arts, with arts activities being shown to reduce stress, lower inflammation and improve cardiovascular disease risk, just as exercise is known to do.” 

The apparent effects were comparable to those seen for exercise. For instance, people who did an arts activity at least once a week seemed to age 4% more slowly than those who rarely engaged with arts.  

 Reste à savoir ce que les chercheurs entendent par "arts and cultural engagement".  S'il suffit d'aller une ou deux fois par semaine au cinéma, d'aller au musée de temps en temps et de lire une cinquantaine de livres par an, j'ai tout bon ! Mais s'il s'agit de peindre, de sculpter, de jouer d'un instrument ou d'écrire un roman... c'est raté pour moi. 

 https://www.ucl.ac.uk/news/2026/may/engaging-arts-linked-slower-pace-ageing

Reste à s'assurer que l'article ne soit pas un faux comme celui que Pérec avait publié à propos d'une organisation tomatotopic chez la cantatrice. 

 https://static.mediapart.fr/files/2018/04/30/perec-fr-tomato-1.pdf 

21 avril 2023

Dancing Pina

Elle respirait de tout son corps    La lumière l'accompagnait et lui faisait danser son ombre

Qui n'a pas eu la chance de voir un spectacle de Pina Bausch, ne sait rien de la danse contemporaine. Le documentaire de Florian Heinzen-Ziob vient opportunément combler ce manque en proposant non pas une captation d'un des nombreux spectacles de la chorégraphe, mais en suivant pas à pas la re-création de deux ballets, Iphigénie en Tauride et Le Sacre du printemps, par deux troupes radicalement différentes.  L'une à Dresde, l'autre à Dakar. 

Dancing Pina s'intéresse moins au résultat final qu'au travail du danseur pour retrouver non pas les gestes, les mouvements, mais l'intention, le ressenti qui y mène. Les danseurs sont en cela aidés par d'anciennes danseuses ou danseurs de Wupperthal Ballet qui ont à coeur de passer le relai et de transmettre l'esprit de ces ballets pour que continue de vivre le travail de Pina Bausch. Le film est aussi une façon de montrer avec quelle intensité les danseurs se consacrent aux répétitions, se plient à tous les exercices pour trouver  non pas le geste parfait, mais le geste juste, celui qui vient du tréfonds de soi. Et l'on comprend que la danse n'est pas un métier, mais une vocation qui exige de la part de ceux qui s'y consacrent beaucoup d'obstination y compris pour résister aux préjugés qui pèsent encore sur cet art.


06 octobre 2021

Yoann Bourgeois, Hurricane

Après de longs mois d'abstinence, renouer avec ses habitudes culturelles est un plaisir. Plaisir d'autant plus grand que les spectacles sont réussis. 

Le nouveau spectacle de Yoann Bourgois est de ceux là. Après un début, un peu long histoire de mettre en place un monde pas mal décati où les chariots de supermarchés côtoient les fauteuils d'handicapés, un monde routinier et répétitif, le plateau tournant soudain accélère, les objets glissent, tombent ne restent que les gens qui s'efforcent de maintenir leur équilibre dans un monde déstabilisé. 

Le chorégraphe est coutumier de ces jeux de déséquilibre, de chutes, mais dans le contexte actuel, libre à nous de voir dans cette force centrifuge qui met en péril l'ensemble des individus, n'importe quelle catastrophe, du genre ouragan comme le suggère le titre de la pièce, aussi bien que tremblement de terre ou ...  pandémie. Chaque individu doit lutter contre ce qui à tout moment le fait glisser, basculer, chuter, et ce n'est souvent que la force du groupe qui lui permet, qui permet à tous de retrouver au dernier moment un certain équilibre, toujours fragile, toujours précaire. 

Une idée simple - que certains trouveront simplistes - qui donne au spectacle sa force et sa capacité à émouvoir le spectateur autant qu'à le faire réfléchir.


29 décembre 2020

Hamilton

Alexander Hamilton est un homme politique américain, qui, après s'est engagé dans la guerre d'indépendance qui a permis aux Etats-Unis d'exister, a contribué à rédiger la constitution, fondement de la politique américaine. 

C'est ce personnage majeur dans l'histoire des Etats-Unis que Lin-Manuel Miranda a choisi de mettre en scène dans une comédie musicale dont le succès ne se dément pas depuis 5 ans. 

 Hamilton est en effet une comédie musicale tout à fait étonnante, parce qu'elle raconte ce moment essentil qu'a été la fondation des Etats-Unis, mais elle le raconte sur un rythme frénétique avec des acteurs pour la plupart noir ou métis, qui manipulent la langue avec l'aisance des rappeurs et des slameurs.


 Le résultat est époustouflant ! A condition de bien s'accrocher aux sous-titres car cette fresque historique  a beau durer  2h40, tout va très vite. Comme il convient à la jeunesse et à l'enthousiasme de ces personnages qui ont la certitude d'inventer un monde nouveau, forcément meilleur que le précédent. Ils croient à la "chose publique" comme ils croient à leur destin personnel, bien décidés à ne pas laisser passer leur chance. 

 

                                                I am not throwin' away my shot
                                                I am not throwin' away my shot
                                                Hey yo, I'm just like my country
                                                I'm young, scrappy and hungry
                                                And I'm not throwin' away my shot 

Ambitieux, prétentieux, mais aussi fougueux, courageux et c'est tout le mérite du scénariste d'avoir fait des "Pères fondateurs" non pas des personnages compassés à perruque poudrée, mais plutôt des jeunes gens turbulents à qui la mort ne fait pas peur et qui sont prêts à jeter toutes leurs forces dans la bataille, celle qui se conduit le fusil à la main comme celle qui s'écrit la plume à la main. 

Et puisque le monde était alors à réinventer, il est bon que la comédie musicale elle aussi se réinvente à l'occasion, même si cela doit bousculer un peu les habitudes des spectateurs. Oui, les personnages sont en habits XVIIIe, mais ils parlent et ils bougent  comme des jeunes gens d'aujourd'hui. Oui, il y a parfois beaucoup d'agitation sur la scène et la chorégraphie hip-hop n'est pas toujours très inventive, mais ce que la comédie musicale restitue parfaitement c'est la naissance des Etats-Unis dans le bruit et la fureur.  
 

Une naissance, vécue comme un abandon par le roi d'Angleterre dont les deux apparitions servent de contre-points très "british" aux élans révolutionnaires. 

J'aurais sans doute aimé voir Hamilton sur scène (le prix prohibitif des places m'en a rapidement dissuadée). Mais la captation video fait mieux que compenser mon regret. J'ai maintenant plusieurs airs qui me trottent dans la tête et ... la furieuse envie d'en savoir beaucoup plus sur Hamilton et les autres, envie en particulier d'en apprendre un peu plus sur Burr, son grand rival, qui finit par le tuer dans un duel.
 


13 décembre 2018

Les Carmen-s de Jose Montalvo

Un spectacle époustouflant et profondément émouvant, drôle et très engagé, féministe et totalement humaniste. Un plaisir pour l'oeil autant que l'oreille. Une grande admiration pour le chorégraphe et ses danseurs à qui le mélange de classique, de flamenco et de hip-hop semble donner un surcroît d'énergie !


Un spectacle tout à fait revigorant. Et oui !  Il y a une Carmen en chacun de nous, un être assoiffé de liberté qui n'aspire à rien d'autre qu'à être son meilleur "moi".

16 octobre 2016

Celui qui tombe

Quel artiste étonnant que ce Yoann Bourgeois.  Quels danseurs étonnants que ceux qui composent sa troupe. Ils ont presque l'air de ne rien faire. Ou pas grand'chose : juste résister aux forces qui s'exercent sur eux. Résister à la pesanteur, aux forces centrifuges, aux chutes. Se relever, retomber et  toujours tenir debout. 




15 juin 2016

A O Làng Phô

Ce n'est pas tout à fait du cirque, pas tout à fait de la danse non plus, mais cela tient un peu des deux. C'est surtout un spectacle plein d'acrobaties et de poésie, de rythme et de drôlerie, de grâce et d'énergie. 
Avec quelques corbeilles d'osier et des tiges de bambous, la troupe du Nouveau Cirque du Vietnam reconstitue le décor d'un village traditionnel, où se succèdent les travaux et les jours et tient les spectateurs sous le charme pendant toute la durée de la représentation. 



 Et une vidéo, parce que les images sans le mouvement, ce n'et pas tout à fait ça !  A regarder de préférence en plein écran ! https://youtu.be/2ly8pHPpijQ

 







13 mai 2016

Akram Khan Company

Akram Khan est un chorégraphe que je suis depuis un certain temps. Je ne pouvais donc pas manquer son dernier spectacle. 
Until the lions est un ballet entre deux cultures comme son créateur. Inspiré du Mahabharata pour sa trame narrative, de la danse traditionnelle indienne aussi bien que de la danse occidentale pour la gestuelle. Un ballet tout en fulgurances, violences contrôlées, déplacements autour et sur une scène ronde, costumes blancs, vaguement orientaux. Un très beau spectacle. Mais comme j'avais vu la veille seulement celui du Cloud Gate ... celui-ci a - un tout petit peu - pâti de la comparaison.
 


12 mai 2016

Cloud Gate Dance Theater

Une fois qu'on l'a découvert, impossible d'oublier le Cloud Gate Dance Theater of Taiwan !
Fascinée par les deux premiers ballets, vus il y a longtemps à la Maison de la Danse de Lyon, j'attendais que l'occasion se reproduise de les voir sur scène. C'est chose faite. Et je n'ai pas été déçue !
Le ballet intitulé Rice présenté lors de leur dernière tournée m'a une fois de plus enchantée : précision des gestes, fluidité des mouvements, beauté des vidéos, harmonie des couleurs. Un régal pour les yeux et pour l'esprit. Sur un thème ultra simple, mais fort : le cycle du riz. Autant dire le cycle de la vie.




06 avril 2015

Christian Rizzo



D'après une histoire vraie est un ballet pour 8 danseurs et 2 batteurs. Huit hommes qui se prennent par la main, par la taille ou par les épaules, qui s'appuient les uns sur les autres se lâchent, se retrouvent à deux, à quatre, à six, explorent toutes les combinaisons possibles, toutes les figures, en ligne, en cercle. C'est une diagonale qui traverse la scène, une ronde qui se forme, se resserre puis se rompt. Les pas sont simples (en apparence),  les figures aussi, parfois répétitives, scandées par les deux batteries. On pense rapidement à des danses traditionnelles,  à Zorba le grec, à un pow wow indien, un rituel masaï .... En fait, le chorégraphe s'est inspiré d'une danse traditionnelle turque mais les figures de ces danses d'hommes sont universelles.

Effets de lumière réduits au minimum, juste pour marquer les ombres sur la scène; toute l'attention du spectateur va vers le rythme, l'énergie déployée par les danseurs. Mais l'impression qui domine finalement est celle d'une harmonieuse simplicité.



Je n'avais pas eu l'occasion jusque là de découvrir le travail de Christian Rizzo, mais désormais je ne manquerai aucun de ces spectacles. 

30 mai 2014

Umusuna

Il est toujours difficile de mettre des mots sur quelque chose qui s'exprime sans passer par les mots. 
Alors comment dire le plaisir et l'émotion éprouvés devant un spectacle de Sankai Juku, la compagnie de danse japonaise dirigée par Ushio Amagatsu .


Un décor presque nu, une colonne de sable qui s'écoule, la lumière qui magnifie les corps, des gestes lents, sans virtuosité, mais chargés de sens. Sept tableaux pour huit danseurs qui se présentent par trois, par quatre ... parfois il n'y a qu 'un seul danseur en scène. Ils ont le corps couvert de poudre blanche, le crâne rasé comme des moines, le visage impassible ...

 

Le spectacle est intitulé Umusuna Mémoires d'avant l'histoire. Le temps a pourtant commencé  de s'écouler comme le suggèrent les sabliers, mais à l'origine il n'y avait que le le vent, la terre, l'eau, le feu peut-être, les quatre éléments...rien n'est dit mais tout est suggéré.  On regarde évoluer les danseurs entre fascination et sidération jusqu'à oublier la question du sens. Parce qu'avec Sankai Juku on est définitivement au delà des mots.


30 mars 2014

Don Quichotte du Trocadéro


D'accord, je vais beaucoup au cinéma, mais il m'arrive de sortir pour aller voir autre chose, de la danse par exemple.
Don Quichote du Trocadéro de José Montalvo est un spectacle absolument jouissif qui mêle allègrement des souvenirs du roman de Cervantes aux clichés les plus usés que chacun porte en soi à propos de l'Espagne ; la corrida, le flamenco...  Le tout revisité avec un entrain et une gaîté communicatifs.

Le spectacle est né d'une conversation entre le chorégraphe et Patrice Thibaud, "acteur, comédien, auteur, metteur en scène, humoriste et mime" à propos des différences et des similitudes entre le comique des gestes burlesques et la danse.
Patrice Thibaud, dont la silhouette rappelle étrangement celle de Gilbert Garcin (découvert l'été dernier à Arles) est présent sur scène  et bien que son gabarit n'ait rien à voir avec celui d'un danseur , il tient remarquablement bien son rôle, commentant  à l'occasion l'exécution des pas, conformes ou non au Don Quichotte chorégraphié en 1869 par Marius Petitpa auquel José Montalvo rend un amusant hommage.


Bien que chargé de références - mais le spectateur n''ai pas obligé de les connaître pour trouver son plaisir -  le ballet est pourtant léger, enlevé, et mélange avec allégresse tous les styles de danse : classique, jazz, hip hop, flamenco, claquettes.  Des projections vidéo   précisent une allusion, mettent en perspective les évolutions des danseurs: les vieilles histoires reprennent vie dans la modernité métropolitaine.

Don Quichotte du Trocadéro est un réjouissant méli-mélo qui témoigne de la créativité de José Montalvo, et de la vitalité de la danse moderne.





14 septembre 2011

Le Recours aux forêts


Un grand texte de Michel Onfray ? Peut-être pas, mais sympathique quand même, genre vieux sage écolo.
Avec une chorégraphie de Carolyn Carlson.
Sur une musique de Jean-Luc Therminarias !
Le tout sous la direction de Jean Lambert-wild.

Un spectacle prometteur ... qui passe à L'Heure Bleue (Saint-Martin d'Hères) les 5 et 6 Octobre. Mais qu'on peut aussi réserver à L'Hexagone de Meylan .

13 octobre 2010

Les Rêves dansant de Pina Baush


Surtout ne pas faire l'impasse sur ce film, mais se précipiter dès que sa projection est annoncée. C'est un film étonnant, stupéfiant, émouvant, passionnant, un film qui touche profondément, d'autant plus profondément que je ne me suis pas consolée de la mort de Pina Bausch, pas consolée surtout de n'avoir pas vu ces dernières oeuvres.

Kontakthof est une pièce de 1978 que Pina Bausch avait déjà choisi de remonter avec "dames et messieurs" de plus de 65 ans. En 2008, elle décide de reprendre la pièce, cette fois-ci avec des adolescents de Wuppertal dont la plupart n'avaient jamais dansé et ignoraient jusqu'au nom de Pina Baush.
C'est ce travail, mené par deux assistantes de Pina Bausch, elles-mêmes anciennes danseuse du Tanztheater que filme la documentariste Anne Linsel.
Tout dans ce film est remarquable : la façon dont il est monté, le travail des deux répétitrices, qui expliquent les pas, les mouvements avec des mots autant que des gestes, les adolescents, qui se donnent corps et âme à ce projet et en sortent parfois transformés, et puis la présence rare mais lumineuse de Pina Baush .
J'ai eu la chance de voir le Kontakthof originel, de voir le Kontakthof des adolescents, celui-là même qui est en répétition dans le film. Mais je suis presque certaine que même sans connaître auparavant le travail de Pina Bausch, le film vous séduira. Ne le manquez pas.

Le site officiel de Pina Bausch http://www.pinabausch.de/

19 mai 2010

Agwa

Onze danseurs sur scène, déchaînés. Et des centaines de verres en plastique, certains remplis d'eau.
Cela suffit à emporter une salle entière, fascinée par l'énergie, la maîtrise, l'inventivité de cette jeune troupe.


Il s'agissait de la compagnie Käfig dirigée par Mourad Merzouki. Une compagnie de danse hip-hop

21 mars 2010

Elle semelle de quoi Carmen

Cinq danseurs hiphop et l'opéra de Bizet : la rencontre est détonnante et surtout jubilatoire !

La musique de Carmen, par bribes et morceaux, mais identifiable aux premiers accords.
Du rouge et du noir, exclusivement, en dehors des baskets blancs !
Quatre garçons et une fille, bourrés d'énergie et de talent.
Une chorégraphie audacieuse, inventive qui mêle les canons de la danse classique (duos, portés, et même pointes ! ) avec les figures du hip-hop. Qui joue avec les clichés de l'opéra autant que de la danse.

"Décalage savoureux, humour décalé, délires chorégraphiques" dit la plaquette. Et pour une fois c'est vrai !

Il y avait longtemps que je ne m'étais autant amusée à un spectacle de danse.
Le nom du chorégraphe ? Denis Plassard
Le nom de sa compagnie ? Propos
Le calendrier ? le voici. N'hésitez pas !

27 mai 2009

Flamenco

Madrid décidément permet toutes les découvertes !
Et comme l'occasion m'était donnée de voir un spectacle de flamenco, j'ai suivi mes amis à la Casa Patas, de bonne réputation.

Du flamenco je ne savais rien ou bien peu de choses, quelques clichés tout au plus : guitares, robes à volants, taille cambrée, castagnettes....
Pas de castagnettes ! Une guitare et ... un violon ! Des voix rauques, guturales, violentes : une femme, deux hommes. Le chant, les mains qui claquent, et lorsqu' apparaît Concha Jareno ....

Je ne sais toujours rien du flamenco, mais me voici déjà conquise. Car la danse de Concha Jareno est toute en sensibilité : son corps, son visage expriment successivement et parfois simultanément la séduction, la provocation, la colère, la tristesse, la jalousie, la souffrance....
Rien d'improvisé dans cette danse, on devine derrière les mouvements de Concha Jareno un long apprentissage, une gestuelle sans doute codée, mais je reste fascinée pas sa capacité à exprimer d'un geste du poignet, d'une torsion du buste, d'un fouetté de jambe, toutes les émotions, les plus douces comme les plus violentes. La danse de Concha Jarenon n'a rien à envier aux chorégraphes contemporains, mais du flamenco elle a gardé le côté passionnel et cela fait toute la différence.

Foto: M.Avilés
Je n'ai pour illustrer ce billet qu'une photo empruntée et qui ne rend compte ni de sa beauté pulpeuse, ni de ses capacités chorégraphiques puisqu'elle est statique, mais vous trouverez ici la video de la pièce qu'elle a présenté au concours de flamenco de Cordoue, et , une longue interview accordée à flamenco-world.