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20 novembre 2006

Un beau voyage


Ce fut vraiment un beau voyage; passionnant à bien des égards. Mais si l'intérêt d'un voyage dépend des découvertes que l'on fait au fil des jours, le plaisir du voyage dépend lui, de ceux avec qui vous partagez ces découvertes, amis récents ou de longues dates, et sur ce plan, ce fut vraiment un très beau voyage !



Merci à Antoinette, Bernadette, Colette, Corinne, Francis, Gilles, Jean et Pierre !

13 novembre 2006

Apprendre le chinois ...


















juste assez pour pouvoir déchiffrer ...


















ce qui est écrit sur ces stèles ...


















... ou juste assez pour pouvoir parler avec des Chinois d'aujourd'hui ?

12 novembre 2006

Le bout de la route

Bientôt le bout de la route, étonnante jusqu'au bout. Puisque partie du fond des siècles, elle nous a conduit jusqu'au coeur de la modernié.

N'en déplaise à certains, les champs d'éoliennes au milieu du désert, ne déparent pas le paysage : il l'animent, lui donnent vie.



Et les immeubles d'Urumqi, capitale administrative du Xinjiang, qu'ils soient agressivement modernes ou
vaguement mauresques, ne s'accordent pas si mal avec le bleu du ciel.













Comment ? Que dites-vous ?
- Que du temps de Marco Polo... scrogneugneu, scrogneugneu...
- Et bien Marco est mort depuis longtemps et maintenant c'est moi qui suis sur cette route.
- Oui mais les yourtes....habitat traditionnel.... etc....
- Traditionnel sans doute mais d'un confort très relatif ! Et puis les yourtes, c'est peut-être parfait pour la vie nomade, pour les éleveurs qui déplacent leurs troupeaux en fonction des pâturages, mais en ville ? D'ailleurs les yourtes, les touristes adorent sur leurs photos, ou le temps d'un bivouac "ethnique", mais de là à y habiter pour de vrai....
- Oui mais les caravansérails de nos récits de voyage ?
- Et bien tant pis pour les récits de voyage; tant pis pour le pittoresque, le folklorique et l'ethnologique ! De toute façon la route n'est plus celle des caravanes de chameaux, mais celle des camions (et des cars de touristes ! ) Le monde change et nous changeons avec lui. C'est à prendre ou à laisser.

Il ne me déplaît pas que des hommes nouveaux construisent un monde nouveau.
On peut bien sûr voyager pour retrouver la trace des mondes anciens, ceux dont on a entendu parler dans les livres, ceux dont on a longtemps rêvé. Mais le monde en train de se construire est, à mes yeux, encore plus passionnant car il est lui, entièrement à découvrir puisque les livres qui en parlent ne sont pas encore écrits.

11 novembre 2006

L'histoire du thermomètre

Il faisait vraiment très chaud entre Kashgar et Turfan. D' ailleurs, Turfan est connue pour être la ville la plus chaude de Chine ! Pourtant la température affichée au comptoir d'accueil des hôtels indiquait impertubablement 39° Celsius. Bizarre !
Alors, pour en avoir le coeur net, nous nous sommes mis en quête d'un thermomètre. De petites boutiques en supermarchés , de supermarchés en pharmacie, l'oeil aux aguets nous avons cherché : en vain ! Impossible de trouver un thermomètre, ni à Turfan ni ailleurs. On nous a bien proposé quelques thermomètres médicaux, mais ils ne dépassent de toute façon pas les 42° et pour mesurer l'air ambiant, ce n'est pas très satisfaisant.
L'explication est pourtant simple : il existe en Chine comme d'ailleurs en France une loi qui fixe à 40° la température à partir de laquelle employés et ouvriers ne peuvent plus être obligés de travailler. Température qui n'est, bien entendu, jamais atteinte... officiellement. Les thermomètres sont donc des objets parfaitement inutiles au Xinjiang! CQFD !

Vous ne me croyez pas ? Alors lisez plutôt :

"De mai à août les températures dépassaient fréquemment trent-sept degrés et nous n'étions pas censés travailler l'après-midi, nous les buffles des chantiers et des usines, et au-delà de quarante on pouvait même rester à la maison, ou plutôt dans les dortoirs; qui nous avait informés de cette règle instaurée par le gouvernement central au service du peuple, pour protéger les ouvriers et leur santé, personne ne s'en souvenait; mais ici à Shanghaï les montagnes sont hautes et l'empereur à Beijing est bien loin, alors nul ne se souciait de la mise en application de cette norme, ni la municipalité qui avait donné l'ordre au bureau de la météo de ne jamais déclarer officiellement dans les journaux ou à la radio les températures au-dessus de trente-six et demi, et encore moins les patrons qui nous avaient avertis sans détour que les jours de forte chaleur on travaillait quand même et les faibles et les tire-au-flanc qui décideraient de rester à rêvasser sur leur grabat seraient vidés à grandes enjambées.
C'est ainsi que j'ai compris pourquoi lorsque tous les thermomètres indiquaient sans erreur des températures de plus de quarante degrés en plein été, les journaux du matin, ceux du soir, et la radio eux indiquaient invariablement trent-six et demi au plus haut."

Voilà ce qui se passe à Shanghaï, mais le Xinjiang est encore plus loin de Beijing et la méthode beaucoup plus radicale et terriblement efficace : l'absence de thermomètre garantit que les températures ne dépassent jamais le seuil autorisé par la loi. Ah! mais !


L'extrait cité plus haut a été emprunté à un roman tout à fait passionnant, que m'a prêté un ami : La Promesse de Shanghai de Stéphane Fière. Ce roman raconte la vie au jour le jour d'un "mingong", paysan émigré venu à Shanghaï dans l'espoir de travailler sur un des innombrables chantiers de construction de cette ville en expansion permanente. Un roman si bien documenté qu'il vaut tous les reportages mais le recours à la première personne confère au récit un caractère poignant. Avantage du roman sur le documentaire!
Stéphane FIERE, La Promesse de Shanghaï, Bleu de Chine, 2006.

10 novembre 2006

Solution des énigmes

Il fait chaud, très chaud.
Cette dame, en sueur, essore son foulard avant de se recoiffer.
Car décidément il fait très, très chaud,
Et vous vous souvenez que nous n'avons pas de thermomètre....
Mais vous saurez bientôt pourquoi.

Cette dame sous la treille dégouline de sueur mais il est temps pour elle de reprendre son travail : elle n'a encore rempli que deux paniers, il en reste encore pas mal à remplir.

Le raisin n'attend pas. Et à Turfan, août est le mois des vendanges.

Turfan est un lieu magique; un bonheur de géographe!
Le désert tout autour, le sable aux portes de la ville; une altitude négative (plus de 50 mètres sous le niveau de la mer). Des étés torrides, des vents violents, des températures hivernales glaciales. Et des vignes à peu près partout.
Le raisin de Turfan est un raisin à gros grains blancs, sans pépins, délicieusement sucré ...







avec lequel on fait un peu de vin (pas terrible, le vin) mais que l'on met surtout à sècher dans de grands séchoirs alvéolés, comme ceux que je vous ai montrés, il y a quelques jours.
Comment peut-on faire pousser la vigne au milieu du désert ? En amenant l'eau des glaciers des Montagnes Célestes jusqu'à Turfan par un très astucieux système d'irrigation souterrain : les karrez.
Voilà, ce n'est pas plus difficile que cela...
Travail de Titans ? non, travail de Chinois !

Mais ce raisin qui pousse partout, quand il est conduit en treille et ombrage les rues de la ville où passe une jolie fille, avouez que l'image est gracieuse (même si la photo est un peu floue).

"Avec ses vêtement ondoyants et nacrés,

Même quand elle marche on croirait qu'elle danse "

En attendant, ce raisin il faut le vendre. Alors, chargeons les charrettes et en route pour le marché ...


Et si le marché est trop loin, on s'assoiera au seuil de la maison, en attendant que le chaland passe.

09 novembre 2006

Illusions perdues

Le problème avec la Route de la Soie, c'est qu' on en rêve, énormément !
On lit, abusivement !
On fantasme, exagérément !
Et puis on part avec des noms - Bezelik, Mogao, Jiaohe, Gaochang - et des images plein la tête. Comme celle-ci par exemple :


Et on s'imagine découvrant, seul, au petit matin, la mosquée de Yueyaquan au pied des dunes chantantes de Minsha, bordée par le lac du Croissant de lune.
Seul !

C'était sans doute possible il y a dix ou vingt ans. Mais trop tard ! Nous sommes arrivés trop tard !

Ce n'était pas le petit matin, c'était la fin de l'après-midi.
La mosquée était bien là, et le petit lac, et les dunes, mais les dunes ne chantaient pas et auraient-elles chanté, nous ne les aurions pas entendues tant il y avait de bruits, de cris, de hurlements, de fracas et de vacarme. Car en Chine la solitude et le silence n'existent pas.
Où que l'on aille désormais, ils sont là. Ils ? Les touristes chinois bien sûr. Innombrables et extrèmement bruyants. D'autant que leurs guides sont armés de mégaphones à piles d'une redoutable efficacité. Alors autant s'y faire et contempler, médusé, l'enthousiasme débordant de ceux qui chaussés de guêtres fluo oranges ou vertes montent à l'assaut des dunes pour mieux les redescendre en luge, à moins qu'il n'aient opté pour les chameaux, qui en caravane, montent et descentent à longueur de journée la même crête, la plus photogénique. Et puis il y a encore les quads, les 4x4, les ULM... sans oublier les marchands de cartes postales, de souvenirs en tous genres, kitschissimes si possible.

Ce n'est pas la route de nos rêves et de nos fantasmes ?
Qu'importe au fond : c'est bien la route de la Chine, celle d'aujourd'hui, tout aussi vraie, tout aussi authentique, tout aussi passionnante.
Alors, si vous partez à votre tour, préparez vous plutôt à cela :

ou cela ...


Et pour prolonger l'illusions, vous enverrez à vos amis des cartes postales commes celles-là :

07 novembre 2006

Chantiers

Après des siècles de pillages et de destructions, commis le plus souvent au nom de la religion, de l'idéologie ou même de la science, certains sites archéologiques ne ressemblent souvent qu'à des amas de pierres un peu flous, le flou étant le résultat de l'érosion.
Parfois il ne reste qu'un mur troué d'alvéoles un peu comme une ruche. Aux visiteurs d'imaginer... un enduit plus ou moins coloré, peut-être des fresques, et, à n'en pas douter un Buddha doré dans chaque niche.
Mais l'imagination se lasse de trop imaginer. C'est le moment où le voyageur traîne les pieds dans la poussière en maugréant. Un tas de briques, pas grand chose de plus qu'un tas de briques... ouis, mais unique vestige d'une cité édifiées au second siècle avant J.C., capitale du royaume de Gaochang ...
Alors on se console avec les livres et on apprend que "la pratique du bouddhisme mena à la fondation de nombreux monastères et de vastes communautés religieuses, qu'un collège confucéen enseignait les classiques de l'éthique chinoise", que "les Ouighours introduisirent dans la cité le manichéïsme qui prospéra tout comme le bouddhisme et le nestorianisme. Des manuscrits en chinois, ouighour, tibétain, sogdien, sanscrit, tokharien et syriaque y ont été découverts, dont des écritures manichéennes aux enluminures magnifiques."
Maginifique sans aucun doute et unique, une cité où cohabitent, sans se disputer ni se taper dessus, sans s'égorger ni se massacrer, sans s'étrangler ni s'exterminer, tant de religions ! J'ai du mal à le croire.

Mais les temps changent et la Chine se préoccupe désormais de préserver voire de restaurer son patrimoine. Pour l'oeil éboui de trop de clarté sous la lumière aveuglante de midi, lorsqu'à force d'incandescence le ciel se confond avec la poussière des cités disparues, les combinaisons et les casques des ouvriers sont comme un repos, une source de fraîcheur. Etrange sensation...

06 novembre 2006

Oasis































Parenthèse dans cet univers minéral, dans ce désert de sable et de pierres : les oasis.
Au fond coule une rivière. Un arbre (un peuplier le plus souvent).
La terre irriguée devient féconde : des champs, un verger peut-être, des hommes pour les cultiver, un village... c'est aussi simple que cela.

Ensuite cela se complique, parce que les hommes bâtissent des sanctuaires pour leurs dieux; d'autres hommes surviennent, qui on leur propre dieu. Les sanctaires sont profanés, pillés; les images des dieux défigurées. Les siècles passent, les sanctuaires sont oubliés, puis redécouverts par des savants, soucieux de préserver les reliques qu'ils emmènent loin par delà les montagnes et les mers. Que reste-t-il dans les grottes de Mogao, de Bezelik ou de Kizil ? pas grand chose. Mais ce pas "grand chose" est souvent tout à fait fascinant.
Il y a bien sûr des Buddhas, des Bodhisattvas et de très belles Apsaras; mais le monde des dieux m'intéresse nettement moins que celui des hommes et dans les grottes "aux mille buddhas", j'ai préféré tourner ma lampe vers les scènes de la vie quotidienne comme celle-ci :

qui représente la rencontre, sans doute peu amicale, entre un groupe de marchands à droite et des bandits armés surgissant de derrière les rochers à gauche.
"The difficulty living and dangerous situation of foreign merchants who came-and-went both Middle and West Asia via the Silk-roads is vividely depicted. The illustrative words above the central section of the illustration come out of Saddharmapundarika-Kwan-yin's universals (a significant Buddhist doctrine) that "merchants would be released from robbery and be safe together with their treasures and goods if they mumble the name and alias of Kwan-yin Bodhisattva while encountering the bandits on the way."
Il va sans dire que l'anglais approximatif du commentaire trouvé dans Dunhuang and Silk Road en même temps que ces reproductions, le rend à mes yeux encore plus savoureux. Quant à savoir si marmonner le nom deKwan-yin est sufisant pour protéger les voyageurs, c'est une autre histoire...

En tout cas, je garde un souvenir ébloui, non pas d'Abolokitesvara flottant sur sa feuille de lotus, un brin efféminé malgré sa moustache et sa barbichette mais de la petite silhouette au bas du tableau, "with pretty eyebrows and cerise lips".
C'est une jeune femme qui vient de mourir. Qu' Abolokitesvara se charge de son âme puisque telle est sa fonction et qu'il la guide s'il le peut vers un monde meilleur; mais pourquoi est-elle morte, si jeune ? Morte avant le terme de la grossesse qui fait gonfler sa robe ?
Peut-être...

































05 novembre 2006

Du sable et des pierres

Que reste-t-il de ces villes bâties dans le désert et qui ont vu passer tant de caravanes ?
Pas grand chose le plus souvent : quelques murs qui pourraient aussi bien n'être que des rochers, un vague tracé, un cheminement. En partie détruite par les Mongols, Jiaohe, par exemple, a été peu à peu abandonnée dès la fin du XIIIème siècle. Le temps ensuite a fait son oeuvre, et les pillards !


Mais ce qui reste suffit à imaginer, une ville bruissant de rumeurs à l'arrivée des caravanes, annoncées des jours à l'avance. Une caravane ! des animaux, des hommes à nourrir, à soigner, à distraire. Des marchandises à vendre, à acheter. Des ballots à défaire, à refaire. De l'argent mais aussi des nouvelles qui s'échangent; les échos du monde extérieur, du monde d'au-delà des montagnes, au-delà des mers. Et sans doute aussi des histoires d'amour, des promesses qui s'échangent, une fille qu'on kidnappe, une autre qu'on engrosse, un mauvais coup de couteau, des cris, du sang peut-être...

Et puis du sable et des pierres.

Car de tout cela, il ne reste que du sable et des pierres ...

Que nous foulons en maugréant parce que décidément il fait trop chaud et que l'heure de manger est passée depuis longtemps. Jamais contents. Il a raison Souchon!

Mais en attendant, prenez le temps de regarder !


La photo est trop petite et on distingue mal. Attendez, je vais essayer de l'agrandir...

Bon, ce n'est pas vraiment réussi, mais vous voyez ces blocs rectangulaires au loin, ces espèces de tour ? Non, ce ne sont pas des vestiges datant de la dynastie Tang, ni même de celle de Ming.
Ce sont des constructions beaucoup plus récentes.

En s'approchant, voici ce que l'on pourrait voir : des bâtiments de torchis, rectangulaires effectivement, sans toit sinon quelques branchages entrecroisés pour ombrager l'intérieur, des murs alvéolés pour permettre une bonne circulation de l'air.
Ce sont tout simplement ...
Allez, un effort d'imagination : à quoi peuvent bien servir ces bâtiments, qui de loin se distinguent à peine des collines alentour, et se confondent avec les vestiges eux-mêmes à peine discernables des sites archéologiques, bâtiments qui, bien que récents sont, comme toute construction humaine, voués à disparaître...
Demain, du sable et des pierres...
Mais aujoud'hui ? A quoi peuvent bien servir ces bâtiments ?

04 novembre 2006

Bus ou vélo ?

On se plaint parfois (rarement j'en conviens ! ) des journées qui traînent en longueur sur des trajets fastidieux à force de monotonie ...
Mais peut-on se plaindre de l'immensité du désert alors que nous parcourons en quelques heures les distances que les caravanes mettaient des semaines, des mois, voire des années à parcourir ? Peut-on se plaindre de l'inconfort (relatif) de nos bus alors que les caravaniers n'avaient, au mieux, que le réconfort (très relatif) d'une selle de chameau puisqu'ils tenaient le plus souvent l'animal par la bride et marchaient à son côté, pieds-nus vraisemblablement puisque Nike et Addidas n'avaient pas encore pénétré le marché chinois? Peut-on se plaindre de la chaleur qui règne dans le bus alors que l'air conditionné marche à fond et que, de toute façon, nous n'avons toujours pas de thermomètre ?

Quant à moi, si on me donne le choix entre

et


Je choisis sans hésiter le premier !

03 novembre 2006

Univers minéral


... exclusivement minéral, avec parfois, rarement, au loin, une voiture, un bus ou un camion ou bien encore la ligne horizontale de la voie de chemin de fer : Turfan - Urumqi !
Comment ? vous ne voyez rien ? cherchez encore ! au bord du Taklamakan, la monotonie du trajet entre deux étapes est telle que le moindre changement dans l'odonnancement des grains de poussière devient une distraction pour l'oeil et bientôt un événement !

02 novembre 2006

La route pour seul horizon

" Après une nuit brève, le soleil se leva sur un pays si étrange et si désolé que la femme assise à côté de moi se pencha en avant, les mains crispées sur le ventre, et laissa échapper une exclamation étouffée. Trois heures durant, nous restâmes assis, le cou tendu vers le hublot, à regarder le Karakoram et les contreforts ouest de l'Himalaya miroiter, avant de cèder la place à des montagnes ocre jaune qui se fondaient en collines, lesquelles disparaissaient enfin dans la dépression du Takla-Makan, la région désertique la plus vaste qui soit sur terre. Au nord, les lames des Tian Shan surgirent un instant des amas de nuages, mais le soleil levant, les colorant de rose, leur ôta toute agressivité. Puis, elles disparurent comme le reste et l'avion vola à la lisière sud de la Mongolie et du désert de Gobi. Et cependant, sur cette terre peuplée d'un quart de l'humanité, nous n'avions pas encore vu le moindre signe de vie."

Les contreforts de l'Himalaya, la dépression du Taklamakan, les lames des Tian Shan... un pays étrange et désolé, l'ocre jaune....
Colin Thubron a choisi l'avion, nous avons choisi la route, mais les impressions ne diffèrent pas beaucoup : des heures durant, des jours durant, vautrés sur nos sièges, écrasés par la chaleur (et toujours sans thermomètre ! ), le cou tendu vers les fenêtres (mais parfois somnolant ! ) à regarder la route à l'infini et ... sur cette terre peuplée d'un milliard trois cent millions d'habitants, pas le moindre signe de vie !


Si ce n'est parfois, un camion qui surgit tout là-bas à l'horizon ...




01 novembre 2006

Sous la table...

En Chine, à l'heure du déjeuner la table qui vous attend est souvent superbe !



"Les restaurants s'élèvent en pagodes à plusieurs étages : des palais éclatant de réjouissance et de gourmandise. Une trinité de dieux statufiés préside dans les salles de réception, où luisent des lanternes et des colonnes dorées d'un éclat graisseux sous des lustres semblables à des fleurs de lotus la tête en bas. Aux étages inférieurs, les convives s'assemblent pour festoyer par groupes de dix, douze ou seize - des hommes entre eux le plus souvent. Leurs tables se couvrent de mets que tout le monde partage - holothuries, champignons argentés, châtaignes d'eau avec purée de tomates, crème de haricots, soupe d'ormeau, crevettes géantes, patates douces caramélisées. L'attente est insupportable. Chaque plat tombe au milieu d'un cercle exultant de regards affamés et de cris d'extase. Les bonnes manières s'associent gaiement à la joie de manger. On rote et claque des lèvres en une célébration gloutonne. On recrache les os en jets sommaires. On aspire les nouilles à grand bruit, en parfait sybarite, et on porte les bols de riz vers des lèvres distendues par la voracité jusqu'à ce que leur contenu ait été enfourné dans un tournoiement éclair de baguettes. [...] Cependant, tandis que les visages autour de la table se laissent aller à des sourires aux miasmes réconfortants, sous la table [...] *


En l'occurrence, l'image est plus parlante que les mots pour suggérer ce qui reste "sous la table", à la fin du déjeuner. Mais vous aurez noté au passage que l'auteur parlait de "bonnes manières" et que l'objet métallique est un crachoir !

* Colin Thurbon, l'auteur de cette description est Anglais. Il s'est longuement promené en Chine - "10 000 milles à pied, en train, en bicyclette, depuis la frontière birmane jusqu'au désert de Gobi, depuis la mer Jaune jusqu'au toit du Tibet" - et en a ramené un récit de voyage tout à fait passionnant : Derrière la Grande Muraille (Petite Bibliothèque Payot)

31 octobre 2006

Choisir un menu...

Le choix du menu, c'est incontestablement le choix le plus difficile.
Car, la plupart du temps les cartes de restaurant, quand il y en a, sont en caractères arabes ou chinois. Et tant que vous ne maîtrisez ni le ouighur ni le mandarin, vous êtes mal. A supposer même que vous parliez couramment ces deux langues, encore faudrait-il être initié aux mystères de la gastronomie chinoise et aux "quarante-douze" mille façons d'accomoder un vulgaire poulet.

Pour vous aider à faire un choix, et grâce au numérique, voici un menu en images.

Un peu de pain pour commencer...

Quelques oeufs pour continuer, blancs ou rouges ... vieux de cent ans peut-être ?

Des raviolis pour faire vraiment chinois..

Et pourquoi pas, quelque chose qui tienne vraiment au corps, quelque chose de roboratif pour permettre au voyageur d'affronter déserts et montagnes ?


Non ? Vraiment ? Vous n'y tenez pas ? Attention, vous risquez d'avoir faim un peu plus tard !
Bon, je n'insiste pas. D'autres s'en régaleront à votre place.

Bien que vous ne vouliez pas de ces tripes et abats, je peux encore vous proposer, quelques pastèques ...

mais à condition de les découper vous-mêmes !
Et pour les "becs sucrés", des petits gâteaux pour terminer en douceur ?
Un peu secs peut-être mais si joliment présentés !

Bon appétit !

30 octobre 2006

Choisir un mode de cuisson ...

Le choix du mode de cuisson est presque aussi délicat que celui du restaurant.
Parmi bien d'autres possibilités voici :


Cuisson à la vapeur ...


ou cuisson au grill !

Avouez que pour le barbecue du dimanche, dans votre jardin, un engin pareil, ça le fait !