03 novembre 2010

Social network

Puisque tout le monde en parle ... autant savoir ce qu'il en est.
L'histoire de Facebook et de son génial et insupportable créateur est intéressante, bien que sans doute caricaturale (tout ça pour une déception sentimentale .... ?) et le film est mené à une telle allure que l'on ne risque pas l'ennui. Voilà déjà deux bonnes raisons d'aller voir le film de David Fincher.

Mais j'en ajouterai une troisième, qui m'a laissée à vrai dire un peu mal à l'aise. C'est la description des réseaux sociaux tels qu'ils existaient et existent certainement toujours, des réseaux qui se constituent à l'intérieur des universités américaines dans les clubs privés, les société honorifiques, les "fraternités", où l'on entre par un système de sélection aussi exigeant qu'arbitaire puisqu'il s'agit essentiellement de cooptation. Les postulants sont soumis à des bizutages qui permettent de juger de leur degré d'allégeance aux codes et aux rituels du club. On est entre soi ! Et cet "entre soi" permet de mépriser tous ceux qui n'en sont pas. Le film ouvre d'ailleurs sur la compétition pour ces clubs, aussi hiérarchisés que le sont les Universités. Il est à Harvard; elle est à BU (Boston University). Il appartient à l'élite; elle n'est qu'une étudiante ordinaire. Oui, il y a bien là quelques échos nietzschéens pour le moins gênants.


En établissant une hiérarchie aussi marquée entre les étudiants, ces réseaux sociaux me paraissent aller à l'encontre des principes démocratiques .
On peut se consoler en supposant qu'il s'agit de dérives juvéniles; mais ce n'est pas ce que le film suggère lorsqu'il fait intervenir les adultes (parents, avocats, financiers) ... C'est en réalité un système qui se perpétue de générations en générations. Et ce n'est pas le visage de l'Amérique que je préfère !

Facebook peut-il changer la donne ? Casser les clivages ? J'en doute .... Mais on peut toujours essayer d'y croire.

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