Guediguian fait du Guediguian et c'est pour cela qu'on l'aime. Un peu, beaucoup, modérément ... Pour une femme aujourd'hui ce sera modérément. Parce qu'on y retrouve évidemment tous les thèmes qui font son cinéma, la lutte des classes, bien sûr, mais surtout la solidarité, la générosité et l'altruisme comme sédiments de notre société et sources indiscutables de bonheur... Voilà pour le volet optimiste. Mais en jouant la modernité (le "aujourd'hui") du titre le réalisateur tombe dans les clichés et les caricatures.
Soit une jeune femme d'origine modeste, qui s'est hissée dans l'échelle sociale jusqu'aux sphères de la grande finance (trottinette, villa luxueuse, liberté sexuelle...premiers clichés). Mais l'argent ne fait pas le bonheur ! Transfuge de classe la voilà perdue entre deux mondes. Autre cliché. Arrive l'agression sexuelle et ses conséquences, au demeurant un épisode plutôt bien vu. Le réalisateur a potassé le sujet et montre comme il est facile de retourner la situation et de culpabiliser la coupable. La suite est du pur Guédiguian : une rencontre inattendue, la découverte d'une cause (les jeunes mères sans foyer) pour laquelle Juliette va s'engager et, accessoirement, trouver son Roméo. Résilience.
Trop simple l'histoire ? On ajoute un voisin voyeur, soucieux de son prochain ... à condition qu'il ait la même couleur de peau que lui. On ajoute encore une histoire familiale qui rend à Juliette ses racines algériennes... A force de vouloir tout dire, Guédiguian en fait vraiment un peu trop. Pourtant tout est juste et l'on ne peut lui en vouloir d'essayer, encore et toujours de faire passer le message qui lui tient à coeur. En ramenant Juliette "du Cac 40 au bénévolat social ", il a choisi son camp. Et si son cinéma est un peu trop démonstratif, il reste l'un des derniers Mohicans à croire qu'une société moins inégalitaire est possible. Ce qu'on ne saurait lui reprocher.









