Je ne savais rien de Tsiang Ming-Lang, réalisateur taiwanais. Mais Les rebelles du Dieu Néon, qui se trouve être son premier long métrage, sorti en 1992, m'a suffisamment intéressée pour me donner envie de voir d'autres films du même réalisateur. Ce que Tsiang Ming Lang met en scène, c'est le mal-être de jeunes taïwanais, un mal-être qui s'exprime plus par des attitudes, des comportements que par la parole. Ses personnages - trois garçons, une fille - bougent constamment, se déplacent dans la ville, se vident la tête devant des jeux vidéos, s'enivrent, puis reviennent s'effondrer dans des appartements des hôtels plus ou moins sordides.
Ils se croisent, sans se connaître, se perdent, se retrouvent. Pas d'attaches pas de perspectives de vie, si ce n'est le moment présent, le quotidien immédiat. Aucune empathie, aucune émotion, le réalisateur film ses personnages un peu comme un naturaliste qui observerait je ne sais quels insectes pour comprendre leur fonctionnement. Et puis il y a la ville, Taïpei, des paysages urbains souvent glauques, filmés de préférence de nuit et sous la pluie, les lumières crues des néons et des phares de voiture qui se reflètent dans l'eau. Dès son premier film, Tsiang Ming Liang semble avoir trouvé une esthétique propre, un peu trouble, parfaitement en accord avec son sujet.
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