18 octobre 2018

Biarritz : verticalités



 Il faut bien, de temps en temps quelque structure verticale pour pousser le regard, plus loin, vers l'horizon et ces dégradés de bleu.


Mais plus vertical qu'un phare, ya pas ! Et une fois au sommet,  depuis la passerelle circulaire, c'est tout l'horizon que l'on embrasse, à l'infini.


L'escalier en colimaçon des phares ? le seul dénivelé qui fasse sens à mes yeux. A chacun ses partis pris !

17 octobre 2018

Le château d'Abbadia



Découverte inattendue aux portes d'Hendaye : le château construit par Viollet-le-Duc à la demande d'Antoine Abbadie, un homme aux talents multiples : grand voyageur, physicien, cartographe, linguiste, polyglotte... Membre de l'Académie des Sciences, qu'il finira par présider, il est aussi Membre de la société de géographie, maire d'Hendaye et grand mécène de la culture basque. Ecrivain à l'occasion et chrétien fervent, mais j'oublie certainement quelques étiquettes. 


Le château est à l'image du bonhomme, éclectique ! Entre observatoire, bibliothèque et chapelle, les pièces d'habitation, souvent de style oriental et sur les murs, beaucoup de citations supposées servir d'inspiration. Il se visite, mais ne se photographie pas, alors je me suis contentée de quelques cartes postales comme celle de la bibliothèque. Et celle de la fresque éthiopienne qui orne la montée de l'escalier et sobrement titré : la demande d'asile.


Comme dans le poème d'Apollinaire, Antoine d'Abbadie courut le monde et l'admira. Et je me plais à penser que ses voyages, plus que ses observations astronomiques ou sa foi, ont été la source de son humanisme.

16 octobre 2018

Identité basque




Cette identité basque, au fond, à quoi ça tient ?  
Un style architectural ?   Un certain rouge ... basque ? 
Des espadrilles ou un béret  crânement porté  ?


Oui, tout ça sans doute. Et bien d'autres choses. Infiniment plus sérieuses.
Mais l'identité basque, comme toutes les identités régionales, n'est-elle pas avant tout culinaire ? 
Chipirons, ttoro, besugo ...
Et les petits fromage si joliment alignés à l'étal du marché.


A consommer avec un verre d'Irouleguy, pourquoi pas ?


Mais à condition qu'on mette sur la table un peu de cette précieuse poudre rouge ...



... le piment d'Espelette !






15 octobre 2018

Pays basque




Saint Jean de Luz


Ciboure


L' église, juste en face du fronton; à gauche la mairie, à droite le trinquet : 
aucun doute possible, on est bien au pays basque et le village de Biriatou est est la quintessence.


Tous ces villages, façades blanches, colombages rouges, sont plus pittoresques, plus photogéniques les uns que les autres.  


Mais le plus fascinant est peut-être de trouver, inscrite sur une poutre, la date de construction de la maison. 
1641 ... Les Français et les Espagnols se battaient comme des chiens... Richelieu s'activait, Mazarin se préparait à prendre la relève... 
ça fait loin tout ça, mais la maison est encore debout !





14 octobre 2018

Dombass


 J'avoue ne pas avoir compris grand chose au film. Ignorance de ma part sur ce qui se passe dans cette région à l'Est de l'Ukraine. Les tenues militaires se ressemblent toutes, quelle que soit leur origine ce qui rend impossible, à moins de parler le Russe et l'Ukrainien de différencier les uns des autres.

Sergei Loznitza, le réalisateur hélas ne fait pas grand chose pour aider le spectateur puisque son film est une succession d'épisodes, de sketches (?) dont on devine qu'ils sont emblématiques de la situation et qu'ils cherchent à dénoncer la corruption, la violence, les abus de pouvoir. Les paysages sont moches, il fait froid, le danger est partout et il est impossible de faire confiance à qui que ce soit.
Documentaire ? Fiction ? Un peu des deux sans doute. Un film déconcertant en tout cas.


13 octobre 2018

RBG

RBG pour Ruth Bader Ginsburg, cette juge de la Cours Suprême des EtatUnis dont les réseaux sociaux ont fait Notorious RBG !
L'engouement médiatique est sans doute démesurée; qu'importe puisque pour une fois il sert une "bonne cause" ! Celle d'une femme remarquablement intelligente, mais surtout tenace et déterminée qui, malgré les préjugés concernant l'admission des femmes à l'école de droit de Harvard, malgré les obstacles et malgré la maladie, a non seulement réussi à faire carrière, mais à mettre ses talents au service de la cause de femmes ou plus exactement de la justice, en luttant contre les discriminations, toutes les discriminations ! Bien que très âgée, Ruth Bader Ginsburg reste le meilleur rempart contre les tentatives républicaines visant à noyauter la Cour Suprême. Les démocrates sont désormais en minorité, mais sa voix reste forte et l'on souhaite qu'elle le reste encore longtemps.
Le documentaire que lui ont consacré Betsy West et Julie Cohen est en tous poins passionnant.  A ne pas manquer !



Encore l'océan ?






Marre de mes photos d'océan ? Marre de voir la mer ? Marre du bleu ?
Pas moi ! Comme eux, je peux rester des heures à béer devant l'horizon 

12 octobre 2018

La côte Atlantique, du côté de Saint Jean de Luz



Les Frères Sisters


Ce sont des tueurs à gage. Des professionnels ! Impitoyables ! Les premières scènes ne laissent aucun doute, pas plus que les premières pages du roman de Patrick deWitt qui a inspiré Jacques Audiard. La violence et le meurtre occupent nécessairement une grande partie du film, bien que le réalisateur ait pris soin de placer de nuit les pire fusillades, ce qui épargne - en partie - la vue du sang au spectateur, mais ni le bruit ni l'éclair de la déflagration.


L'essentiel  pourtant n'est pas là. Plus qu'à la violence endémique en Amérique, le film s'intéresse à la relation entre les deux frères, l'aîné, aussi pataud que passif; le cadet plus déluré, plus autoritaire et surtout plus déchaîné. Au fur et à mesure que cheminent les deux tueurs partis sur les traces de leur future victime, la relation s'affine, se précise, s'explique, avec un superbe retournement lorsque Charlie et Elie retrouvent ceux qu'ils poursuivent, le détective chargé de pister la "cible" et l'étrange individu qu'ils sont supposés tuer.

Le western est un genre cinématographique qui a ses règles formelles, ses clichés mais dans ses meilleures versions n'a cessé de poser la question du bien et du mal. Ce que fait Jacques Audiard en  s'interrogeant tout d'abord sur la notion de fraternité au sens large puisque la relation que Charlie et Elie finissent par établir avec Morris et H.K.Warm est, d'une certaine façon, elle aussi fraternelle. Aux liens de sang peuvent, se substituer d'autres liens, qui n'en sont pas moins forts. N'est-ce pas un des thèmes récurrent du cinéma de Jacques Audiard ?
Comme l'est l'interrogation sur ce qui se transmet de père en fils et la prédétermination. Peut-on dire de ces deux frères qu'ils sont "nés pour tuer" sous prétexte que leur père était violent ? La violence est-elle génétique ? culturelle ? Visiblement Jacques Audiard a trouvé dans le roman de Patrick deWitt des préoccupations qui sont aussi les siennes. Et un mélange de styles entre bouffonnerie et tragédie qui fonctionne bien. Dans le livre comme dans le film.

Une fois de plus je constate que si j'aime autant le western  - enfin les bons westerns - c'est parce que sous prétexte de divertissement, il propose, sans les imposer, des pistes de réflexion. Au spectateur de choisir s'il entend les suivre. Ou pas.



11 octobre 2018

Les Raisins de la colère

Revoir Les Raisins de la colère aujourd'hui, dans sa version restaurée est non seulement un très grand plaisir, mais une redécouverte capitale.

Depuis la publication du roman de Steinbeck en 1936 et plus encore depuis la sortie du film de John Ford en 1940, l'histoire de ces Okies contraints, sous les effets conjugués du climat et de la crise économique, de quitter leurs fermes d'Oklahoma et de traverser la moitié du continent américain dans l'espoir de trouver du travail en Californie, est bien connue : les yeux bleus d'Henry Fonda, ça ne s'oublie pas, même en noir et blanc !

Mais désormais le film, qui ressort dans une version restaurée, s'ancre dans l'actualité immédiate.
Il ne s'agit plus seulement d'un film historique sur un moment du passé, mais bien d'aujourd'hui. Certes les migrants ne traversent plus l'Amérique dans un vieux camion poussif emportant avec eux famille et matelas; non, ils traversent la Méditerranée sur un rafiot instable, et les mains vides ! Mais la raison de leur migration est bien la même : la main mise du capital sur la vie de chacun. Impossible de ne pas y penser en regardant le film de John Ford ; chaque image, chaque réplique fait sens au regard de la situation actuelle. Et c'est bien là le plus navrant. Quoi qu'en dise Bob Dylan; le temps passe mais rien ne change. Hier l'Amérique, aujourd'hui le monde. Tant que les rapaces mèneront la danse ....

Dans un même plan, celui qui a perdu sa terre, celui qui a perdu sa foi et celui qui n'a pas encore perdu tout espoir.

On connaît la proximité de Steinbeck avec les mouvements communistes de l'époque - même aux Etats-Unis - et l'on peut certainement parler d'une conscience de gauche pour John Ford. Du coup, on ne s'étonne pas trop des allures de propagande que prend parfois le film. Toutefois, contrairement à ce que certains affirment, il n'y a dans les Raisins de la colère, aucune figure christique, aucune promesse messianique et pour tout dire aucune religiosité.  D'ailleurs on cherche en vain dans le paysage la moindre église, la moindre croix,  on ne rend pas grâce à Dieu pour la maigre portion dans les assiettes et le prêcheur a perdu la foi. Non, l'espoir n'est pas celui d'une autre vie dans un au-delà  meilleur, mais bien celui d'une amélioration immédiate des conditions sociales; ici et maintenant ! L'avenir est politique comme le suggèrent les références aux plans Roosevelt qui, à partir de 1934 ont permis aux plus pauvres de survivre.

Si le parallèle entre ce que décrit le film et la société américaine d'aujourd'hui s'impose, le constat est franchement déprimant. Les écrivains américains ont été les premiers à mettre en scène les "oubliés du rêve américain", les "laissés-pour-compte" de la croissance, ceux-là mêmes qui loin de s'offusquer du qualificatif de "white trash" s'en enorgueillissent, et qui, lassés d'être invisibles aux yeux des élites de Washington, se sont laissés prendre aux paroles du moins crédible, du plus hypocrite et du plus démagogue des candidats à la présidence. Les mineurs de West Virginia,  les ouvriers sidérurgistes de Pennsylvanie, les fermiers de l'Iowa ne sont pas très différents des Joad, pas plus riches, pas plus éduqués. Ils sont, je crois, plus démunis encore et surtout plus aigris parce qu'il voient bien que le monde n'a cessé d'avancer sans eux. On peut éprouver à leur égard la même empathie que celle qu'on éprouve à l'égard de la famille Joad. Mais le 45e président, celui pour lequel ils ont voté, n'a rien à voir avec Roosevelt, 32e président des Etats-Unis réélus trois fois. 

En 1940, le film de John Ford était encore porteur d'espoir. Où est l'espoir de demain? 


09 octobre 2018

Audur Ava Olafsdottir, Ôr


Pas facile, pour un non-islandais  de mémoriser le nom de cette écrivain. Ecrivaine si vous y tenez.
Alors je me contenterai du titre Ör, bien que je ne sache pas comment le prononcer avec son tréma sur le O.
Mais qu'importe la phonétique quand on se régale à lire un bon livre.  Un très bon livre. Sans doute parce qu' Audur Ava Olafsdottir, dont j'avais déjà lu et aimé Le Rouge vif de la rhubarbe, sait dépayser son lecteur comme personne. L'Islande bien sûr.  Mais ce ne sont pas les descriptions qui font le dépaysement, plutôt les personnages et la façon dont l'auteur conduit son roman. Un narrateur à la première personne, dont la mère, la femme (ex) et la fille s'appellent toutes les trois Gudrûn, un type un peu bizarre, mélancolique, dépressif qui prépare son ... suicide ! Pour un début de roman, c'est loin d'être gagné. Mais le récit bifurque lorsque Jonas décide, pour épargner sa fille, d'aller mettre fin à ses jours ailleurs, dans un pays ... dévasté par la guerre où il aura peut-être la chance de sauter sur une mine ....
Racontée aussi platement l'histoire de Jonas, bien qu'un peu étrange, n'a pas grand intérêt. Parce que le charme de ce roman tient essentiellement  au ton adopté par Audur Ava Olafsdottir : les faits et les pensées du narrateur sont rapportés en temps réels, on se croirait dans sa tête avec tous les allers-retours, les hésitations d'un personnage flottant dans un univers auquel il n'adhère plus.  Pas d'apitoiement, mais pas mal d'ironie. Et puis cette boîte à outils qui permet de réparer des tas de petites bricoles dans l'hôtel où il a atterri. Bricoler, réparer, les objets ou les êtres.  Quelques vis sur une porte dégondée, un pommeau de douche vidé du sable qui l'encombrait, il suffit de pas grand chose pour que la vie reprenne.
Comment avec un contexte aussi dramatique, le suicide, la guerre, la solitude, parvenir à faire un roman qui laisse au lecteur une impression de douceur, de générosité, et pour tout dire de vraie humanité.... c'est là tout le talent d'Audur Ava Olafsdottir.  Un bien joli roman.

08 octobre 2018

Dave Heath

Le Bal, impasse de l'Enfer dans le 18e, est une galerie située un peu en dehors des circuits artistiques parisiens. Ouvert en 2010, le lieu, placé sous l'égide de Raymond Depardon et dirigé par Diane Dufour, est dédié à "l'image-document" : "Sa programmation propose de découvrir des artistes concernés et conscients des enjeux politiques et esthétiques de leurs travaux, dans un monde où la surabondance d’images crée toujours plus d’opacité et de confusion."

En ce moment et jusqu'au 23 Décembre, ce sont les photos de Dave Heath qui sont exposées. Des photos en noir et blanc, des portraits que l'on trouve d'abord banals, jusqu'à ce que, peu à peu, on soit gagné par un sentiment de tristesse ou au moins de mélancolie qui correspond parfaitement au titre de l'exposition : Dialogues with solitudes



Le dialogue s'engage ainsi en douceur entre les photos et le visiteur, complété par trois films représentatifs du cinéma indépendant des années 60 et dans le même esprit que les photos de Dave Heath.
Pour ma part j'ai surtout retenu The Savage Eye de Ben Maddow, Sidney Meyers et Joseph Strick, un étrange film entre documentaire et fiction, l'errance d'une femme à travers une ville, à la recherche d'on ne sait trop quoi, peut-être tout simplement, un sens à sa vie. Fascinant.

07 octobre 2018

La Maison Rouge, dernière expo


Savoir que la Maison Rouge va fermer ses portes et qu'il s'agit de sa dernière exposition est passablement attristant.




Mais L'Envol ou le rêve de voler est tout sauf une exposition triste.  C'est un pêle-mêle artistique comme seule La Maison Rouge sait les combiner, un aimable fouillis soigneusement organisé, un labyrinthe muli-media où l'on va de surprise en surprise, ici une photo, là une gravure ou une sculpture, un extrait de film, une oeuvre plus conceptuelle... Ils sont si nombreux à partager le rêve de voler !
Je ne me suis jamais rêvée oiseau - plutôt poisson - mais l'exposition est ludique, joyeuse et l'on en sort le pied léger et le sourire aux lèvres.


06 octobre 2018

Jakuchu



Images du Royaume coloré des êtres vivants. C'est le titre donné à l'ensemble de 30 rouleaux, peints par Ito Jakuchu entre 1758 et 1770 et montrés pour la première fois en Europe. L'exposition du Petit palais est une occasion unique de voir ces rouleaux qui font partie des collections impériales  et sont reès rarement montrés au public.

Beaucoup de fleurs, beaucoup d'oiseaux, et surtout beaucoup de gallinacés  : la représentation réaliste, le trait précis, les couleurs vibrantes, l'habileté de la composition expliquent sans doute la place de ces rouleaux dans l'histoire de la peinture japonaise, j'en conviens volontiers, mais j'avoue ne pas avoir l'oeil assez exercé pour apprécier vraiment le travail du peintre et que  j'ai regardé d'un oeil froid ces poules et ces coqs.  

05 octobre 2018

Asli Erdogan, L'Homme coquillage

Asli Erdogan est certainement une femme admirable, une ardente "défenseuse" des droits de l'homme et de la cause féminine. Il m'est pourtant difficile de faire l'éloge du roman que viennent de publier les éditions Actes Sud : L'homme coquillage.


En effet, j'ai dès les premières pages achoppé sur la traduction et en particulier sur l'usage abusif (et répété par la suite)  du subjonctif imparfait ! "Quand bien même l'eussé-je voulu [...] il m'eût été impossible ... Quelque chose qui sonne faux, même pour une chercheuse en physique nucléaire ! Et un roman daté de 1993.

Malgré mes efforts pour ne pas tenir compte des maladresses de la traduction, le roman ne m'a guère convaincue : il est on s'en doute, largement autobiographique puisque Asli Erdogan s'efforce de traduire son mal être, sa difficulté à s'intégrer dans un monde universitaire qui ne la passionne pas et où,  quoi qu'elle fasse, elle reste doublement étrangère puisque femme, puisque turque. Malgré la sympathie que l'on peut avoir pour les intentions de l'auteur, on est frappé par le caractère à la fois décousu et répétitif du récit, on se lasse des personnages plus esquissés que construits, toujours entre caricature et cliché, sans doute utiles à la démonstrations mais au final peu passionnants. Voilà pourquoi, malgré l'admiration que je porte à la femme, il m' est difficile de dire du bien de ce roman, son premier. Ce qui explique sans doute ses maladresses et ne préjuge en rien des suivants.