22 mai 2017

Les Fantômes d'Ismaël

On en parle, on en parle; mais cela n'en fait pas pour autant un excellent film. J'avoue que j'ai un peu de mal à me passionner pour les films de Desplechin. Pourtant aligner sur l'affiche, Amalric, Cotillard et Gainsbourg, permettait d'espérer beaucoup d'autant que la bande annonce était intrigante.

Hélas, hélas, on se retrouve une fois de plus devant un exposé des affres existentielles, passionnelles et créatrices d'un cinéaste en panne d'inspiration  qui gère au plus mal son présent parce qu'il est assailli par les souvenirs de son passé et s'inquiète de ses capacités à scénariser son prochain film.


La presse comme à son habitude s'est entichée du film; mais les spectateurs lambda dont je suis sont loin de partager cet enthousiasme.

18 mai 2017

De toutes mes forces

Il est juste un peu trop mignon, juste un peu trop sage, du moins en apparence. Mais c'est sans doute la raison pour laquelle on a peine à croire au personnage supposé affronter les mauvais garçons du foyer où il a été placé, non pas pour avoir fait des "bêtises" mais parce qu'il vient de perdre ses parents.
Différence d'éducation, différence de classe sociale, la démonstration devient vite assez lourde et le film de Chad Chenouga assez ennuyeux, tout juste sauvé par Yolande Moreau qui en formidable actrice incarne une directrice de foyer capable d'autorité autant que d'empathie, avec le surplus de détachement que lui apporte la proximité de la retraite.


16 mai 2017

Django

Un film sur Django Reinhardt ? Sur son talent, exceptionnel ?  Sur ses caprices, sa personnalité, sa réussite ? Oui il y tout cela dans le film d'Etienne Comar qui évite le piège du biopic en se concentrant sur une période bien précise de la vie de Django, celle où il tente de passer en Suisse pour échapper aux persécutions que subissent alors les tsiganes.


Car le vrai sujet du film, c'est bien là qu'il faut aller le chercher. Dans cette mise en valeur d'une culture difficile à comprendre pour ceux qui n'en font pas partie, une culture faite de traditions à perpétuer, de solidarité et de générosité, mais avant tout de liberté. Une culture qui s'accommode mal des règles et des contraintes en particulier lorsqu'elles sont imposées par un régime aussi autoritaire que détestable que le régime nazi. 

14 mai 2017

L'étang était bruyant ce matin ...



Pas étonnant, grenouilles et crapauds s'y sont donné rendez-vous pour un concert matinal ... 
Et plus si affinités ? 


Le répérage en tout cas n'est pas évident ? Je les attendais sur la feuille de nénuphar, mais non, il fallait chercher en-dessous. Maintenant c'est trop tard, elle est déjà partie...


rejoindre ses copines,  qui ne bougent ni pied ni patte ! 


Lippe boudeuse, oeil globuleux... les critères de séduction des grenouilles ne sont pas les mêmes que les nôtres !
Pourquoi le seraient-ils d'ailleurs ?

10 mai 2017

Glory

Une fable politique. Une farce kafkaïenne ! Où il est question d'un homme honnête, Tsanko et d'une chargée des relations publiques pour le ministère des transports : Julia, puisque tel est son nom, est d'une efficacité redoutable, mais elle a perdu, si elle l'a jamais eu tout sens de l'humain.


Des films qui se proposent de dénoncer l'emprise de la communication sur la politique, il y en a déjà eu quelques uns, ne serait-ce que L'Exercice de l'Etat de Pierre Schoeller en 2011, mais celui-ci prend délibérément le chemin de l'absurde pour mieux servir son propos.

La démonstration est simple, efficace. Et même si la Bulgarie où se déroule l'histoire nous paraît bien  lointaine, les agissements des équipes de communication ressemblent terriblement aux nôtres. Accordons leur, tout au plus, l'exagération à peine appuyée de la caricature.

Le film de Kristina Grozeva et Petar Valchanov ne vise ni les Oscars, ni même les Césars, mais constitue un agréable divertissement ---  à condition de ne pas se demander si c'est bien ainsi que l'engeance politique nous traite.


07 mai 2017

Le Procès du siècle

Le titre est un peu grandiloquent, et risque de n'attirer que les fans de films de procès. Ce qui serait  dommage car le film  de Mick Jackson mérite non seulement qu'on le voit mais qu'on en discute.

Le film met en scène une bataille judiciaire entre une historienne (américaine, passionnée et séduisante) et un négationniste qui accuse l'historienne de diffamation. Mais comme le procès se déroule en Angleterre, selon la loi anglaise, c'est à l'historienne et son armée d'avocats de se défendre en prouvant que l'extermination des juifs a bien été mise en oeuvre par Hitler, quoi qu'en dise son adversaire.

Le fonctionnement du système juridique anglais est bien entendu au coeur du film et parfaitement documenté puisqu'il y a bien eu  en 2000 un procès entre Deborah Lipstadt et David Irving. Les faits relatés sont donc indiscutables et les dialogues correspondent bien aux minutes du procès. Mais l'attention portée au déroulement du procès, aux détails - perruques comprises -  sur le rôle de chacun,  oblitère en partie la raison même du procès  et la deuxième ligne narrative du film : le combat contre le négationnisme.


Les faits contre les supputations et les mensonges.  La raison plutôt que l'émotion. C'est ce qu'entend montrer le film en mettant en scène un avocat pointilleux qui exige de se rendre à Auschwitz pour vérifier par lui-même d'infimes détails qui feront la différence au moment du procès. Et le même avocat refuse de laisser témoigner les survivants pour rester sur le seul terrain de la rationalité.

En ces temps de débats politiques l'idée que les faits avérés l'emportent sur les "faits alternatifs" est plutôt réjouissante; mais qu'il faille pour cela aller devant un tribunal est plutôt consternant. En revanche j'ai été troublé par la "beauté" des photos d'Auschwitz dans le brouillard du petit matin. Comme si le mal absolu ne pouvait en aucun cas s'accommoder de la beauté.






05 mai 2017

I am not your negro


Le film a été diffusé en avant-première sur Arte, mais sortira d'ici peu en salle et j'ai bien l'intention d'aller le revoir. Parce que depuis le temps que l'on parle des droits civiques, on serait tenté d'oublier les luttes qui ont eu lieu et celles qui sont encore à mener.  Parce qu'il est toujours difficile aussi de prendre la mesure de la haine, de comprendre ce qui la fonde et d'imaginer ses conséquences.

James Baldwin, auteur de romans et d'essais comme Chronique d'un pays natal et La Prochaine fois, le feu a quitté les Etats-Unis dès 1948 pour fuir la ségrégation. Il n'est retourné dans son pays qu'en 1957 et s'est rapproché à ce moment des militants qui mènaient la lutte en faveur des droits civiques.

Le documentaire de Raoul Peck retrace l'histoire de cette période en s'appuyant sur les écrits de Baldwin, qui avait l'intention de faire un film sur l'assassinat de trois des militants les plus connus :  Medgar Evers en 1963, Malcolm X en 1965 et  Martin Luther King en 1968. Le point de vue du film est donc celui de Baldwin, et ses discours, sont assortis d'images d'archives aussi nombreuses que significatives.

Je ne suis pas votre nègre est un film dense, peut-être trop dense pour n'être pas un peu confus par moments.  Il n'entend pas seulement réveiller les mémoires mais troubler les consciences, car si la situation des Noirs s'est améliorée depuis les années 60 évoqués par le film, la relation entre les Blancs et les Noirs est loin d'être pacifiée comme l'ont montré certains événements récents.  Et c'est la raison pour laquelle j'aimerais le revoir, en VO et sur grand écran.

04 mai 2017

Trois maisons et une lamproie


Deux (vraies) maisons de village ... 




et une auberge accueillante ...

Plus une lamproie dans sa sauce au vin


Le tout dans un petit  mais très authentique village au milieu du parc naturel des Landes et de Gascogne : Sabres

Marquèze, l'éco-musée des Landes



La petite gare champêtre d'où part le train qui emmène les visiteurs à travers la lande et les bois


jusqu'au parc de Marqueze, village basque reconstitué pour leur permettre d'imaginer l'environnement et l'habitat  d'autrefois.


ainsi que le mode de vie des paysans basques



et plus généralement l'économie de la région : agriculture, élevage ...


récolte du miel 


 et de la résine de pin


Discuter avec la "ménagère" qui cultive son jardin d'herbes médicinales ou avec le "meunier" qui explique le fonctionnement de son moulin à roue horizontale est un plus très apprécié qui fait de cet éco-musée un musée vivant.