25 avril 2017

Une gravure de Soulages






Sérigraphie n°6
1976
Sérigraphie originale, signée au crayon par l'artiste, réalisée pour les exemplaires de tête de l'ouvrage "Espace poétique et langages plastiques". Ed. Les Presses de la Connaissance, Paris.
Cat. Bibliothèque Nationale n°98 


http://www.mchampetier.com/oeuvres-vendues-de-Pierre-Soulages-76-4-art-et-estampes.html

Rodez, le musée Soulages

Une architecture que l'on pourrait qualifier de sommaire - des boîtes de métal rouillé -  si elle n'était aussi bien adaptée à son environnement et à la  cause qu'elle est sensée servir : la mise en valeur de la donation Soulages.





Au sous-sol, les parois  des salles qui exposent les gravures constituent un écrin précieux. Tout de métal m'a-t-il semblé ...  noir comme il se doit.


Mais au rez-de chaussée les oeuvres sont exposées dans des salles blanches où la lumière qui saille à travers les stores rappelle les jeux de lumière dans les tableaux du peintre.





Car si l'on connaît surtout les "outrenoir(s)" de Soulage, beaucoup de ces tableaux jouent sur les blancs autant que sur les rinçures de noir, parfois même un peu de bleu...



Le tableau le plus surprenant reste cependant celui-ci, qui date de 1946. Soulages avait 20 ans.



24 avril 2017

La porte du paradis

Même réduit à la taille d'un écran de télévision, ce film, pourtant vu et revu, continue de me fasciner.
Malgré ses défauts, malgré ses longueurs, malgré les libertés qu'il prend vis à vis de l'histoire vraie de ces éleveurs du Wyoming partis chasser les immigrants comme auparavant ils avaient chassés les Indiens et les bisons, malgré (ou à cause de ) sa réputation sulfureuse, La Porte du Paradis reste pour moi un vrai film culte.
Cimino a peut-être ruiné la United Artists et s'est fermé pour longtemps les studios de Hollywood, mais son film, surtout dans sa version restaurée de 2012 est absolument éblouissant. Il commence par une somptueuse scène de bal sur les pelouses de Harvard, se poursuit avec une autre scène de bal dans une grange du Wyoming où les danseurs et le violoneux qui mène la danse sont tous sur patins à roulettes. Et bien qu'il s'achève dans la poussière et le sang, il laisse une impression d'extraordinaire vitalité.


Sans compter que sa programmation un soir d'élections déplace l'attention du spectateur vers l'affrontement entre l'association des éleveurs, installés depuis un certain temps sur les terres du Wyoming et les immigrants tout juste arrivés grâce au Homestead Act plutôt que sur l'histoire d'amour, aussi romantique soit-elle.

18 avril 2017

La Glycine


Floribonde et si parfumée ! Vient elle de Chine ou du Japon ? Je ne sais pas, je ne sais plus...


16 avril 2017

Sage-Femme

Beaucoup trop convenu, dès le début on sait que ces deux femmes, par delà leur différences, par delà leurs différents, vont finir par se trouver. Pas de surprise donc mais un scénario tissé de gros fils autour de deux stéréotypes féminins.  Ne reste finalement que le face à face des deux actrices, trop intelligentes de toute façon pour transformer le face à face en duel.


15 avril 2017

The Lost city of Z

Pour changer du cinéma espagnol et sud-américain, retour au cinéma américain avec un bon film. Un film d'aventures qui plus est. Enfin presque parce qu'il s'agit avant tout d'un film de James Gray !

Un colonel -  dont le mérites n'ont pas été récompensés par les médailles attendues parce que son père, ivrogne notoire avait entaché la réputation de sa lignée ! - est envoyé par la Société Nationale de Géographie pour faire un relevé cartographique sur la frontière entre la Colombie et le Brésil. Sa femme vient d'avoir un enfant, mais Percy ne résiste pas à l'appel du devoir ou plutôt au désir d'obtenir enfin ces satanées médailles et la gloire qui va avec.

Tout est dit ou presque car il y a bien sûr l'expédition dans la jungle, les dangers de toutes sortes affrontés avec bravoure, et la cité perdue peut-être découverte. Mais il y a aussi l'hésitation entre le désir de gloire et le désir plus humble, plus limité du bonheur personnel auprès de femme et enfants. Car le même schéma bien entendu se reproduit plusieurs fois.


 J'étais partie voir un film d'aventures façon Indiana Jones. Je l'ai eu, avec juste assez d'ironie pour ne pas prendre trop au sérieux les rebondissements genre attaque des Indiens, ou  bateau fracassé dans les rapides. En prime j'ai eu un film intelligent sur les hésitations - comme souvent chez James Gray - entre deux possibilités, sur le dilemme de celui qui doit choisir entre sa réussite professionnelle et son bonheur familial.

11 avril 2017

America

Le premier numéro est sorti le 22 Mars, il est en vente dans toute les bonnes librairies et même dans certains kiosques à journaux.
Le premier numéro de quoi ? Le premier numéro de la revue lancée par Françoise Busnel et Eric Fottorino, comme une réponse au désarroi causé par l'élection d'un milliardaire inculte à la présidence des Etats-Unis.
Le titre de la revue ? America. On ne peut faire plus simple et ce premier numéro est déjà très prometteur : une mise en page agréable, des visuels bien choisis, un portofolio deVincent Mercier, des signatures prestigieuses, des articles, des extraits de livres, des reportages... Cela commence par une longue et passionnante interview de Toni Morrison, cela s'achève avec un hommage au grand roman de Melville, Moby Dick. Une ville (Los Angeles) un film (Le Grand chantage ), une série (Westwood) ... la culture au sens large, même si préférence est donnée à la littérature, celle qui nous apprend à connaître le monde. Car, même si les élites de Washington sont restées aveugles aux malaise croissant des Américains éjectés du système de réussite, les écrivains n'ont cessé de le montrer dans leurs livres.




La revue est programmée pour 16 numéros : 4 numéros par an pendant les 4 ans de la présidence de DT ! J'aimerais souhaiter longue vie à la revue, mais si sa programmation était écourtée pour cause d'empêchement, je ne pourrais que m'en réjouir.

10 avril 2017

Vivir es facil con los ojos cerrados


Living is easy with eyes closed
Misunderstanding all you see

 Ce sont ces deux vers extraits de Strawberry Fields Forever qui ont donné à David Trueba le titre et sans doute l'idée de son film, un petit régal de douceur - mais pas de douceur mièvre -  par les temps qui courent.

Pourtant cela ne commence pas si bien que cela, cela commence par deux fugues : celle d'un adolescent giflé par son père parce qu'il refuse de se faire couper les cheveux et celle d'une jeune femme tenue prisonnière parce qu'elle est enceinte sans être mariée. Machisme, autoritarisme, violence : on est dans l'Espagne des années 60. Heureusement il y a Antonio, le prof, fou des Beatles, qui enseigne à ses élèves la langue de Shakespeare à travers les chansons de John Lennon !
Et c'est le début d'un road-movie qui mène ces trois personnages au fin fond de l'Andalousie sur les traces d'un tournage où doit figurer le grand héros d'Antonio. *


L'histoire, les personnages, tout est un peu farfelu dans ce film, tourné avec la lumière et les couleurs du cinéma de ces années-là, ce qui ajoute incontestablement à son charme; mais l'essentiel reste ce souffle de liberté qui traverse l'Espagne franquiste, grâce aux chansons des Beatles et grâce surtout  à l'infatigable optimisme, l'ouverture d'esprit, la générosité et le brin de folie de cet Antonio dont la bonne humeur et l'enthousiasme finissent par contaminer ses jeunes compagnons : petit, gros et chauve, mais d'une grande sensibilité, il leur apprend à vivre les yeux ouverts.

David Trueba est né en 1969, il est donc bien trop jeune pour avoir connu la grande époque des Beattles qui pour lui appartient à l'histoire, mais il a parfaitement su en restituer l'impact sur une génération qui étouffait sous la chape de plomb des règles et de l'autorité. D'une certaine façon son film est donc historique, bien que la nécessité de se débarrasser des préjugés qui troublent notre regard soit toujours d'actualité

* John Lenon a effectivement tourné un film  sous la direction de Richard Lester du côté d'Almeria en 1966 ! Et c'est bien dans les moments de vide entre deux scènes qu'il a composé Strawberry Fields.

05 avril 2017

Après le festival

Après une longue immersion dans les salles obscures, retour au jardin. Le printemps est là et la glycine bientôt en fleurs. Et tant mieux si les nuages cachent les montagnes : la glycine n'en paraît que plus aérienne.


04 avril 2017

Ojoloco 2017 : Mémoires du sous-développement

Un film historique, un film "culte" dans les années 70 mais quasiment disparu depuis. Un film soigneusement restauré qui nous replonge dans le cinéma de ces années-là, dans la manière de filmer de ces années-là. Etrange décalage quand on vient d'enchaîner une bonne douzaine de films contemporains venus eux aussi d'Amérique latine.


Le film de Gutierrez Aléa est certainement difficile à appréhender aujourd'hui puisqu'il faut d'abord le resituer dans le contexte politique de l'époque :  les premières années de la révolutions castriste, entre l'épisode de la baie des Cochons et l'affaire des missiles.  Les nantis quittent l'île au plus vite, mais Sergio, dont on va suivre les déambulations dans la Havane, a décidé de rester, par apathie plus que par adhésion à un idéal révolutionnaire. C'est de toute façon à travers la lentille d'une longue vue qu'il observe le monde autour de lui, sans s'impliquer plus que cela, pas plus qu'il ne s'engage dans ses aventures sentimentales. Il y a quelque chose du dilettante en lui : il se laisse porter par les événements, ne construit rien,  reste à la surface des choses, un peu comme les personnages d'Antonioni incapables de communiquer entre eux mais aussi avec le monde.

Et c'est le second décalage du film, tourné comme étaient tournés les films de la nouvelle vague, avec une certaine nonchalance, une façon de glisser d'une scène à l'autre sans lien apparent. On attend sans doute d'un cinéaste comme Gutierrez Alea, un des fondateurs de l'Institut Cubain du Cinéma, un film plus engagé,  plus politique alors qu'il montre tout simplement un individu incapable d'adhérer à quelque idéologie que ce soit. Par excès de lucidité ? Rien n'est moins sûr. Par indifférence peut-être, à moins que ce ne soit pure apathie?  Dans une société qui marque, officiellement du moins, le triomphe du peuple, le triomphe du collectif, l'homme singulier ne trouve plus sa place.

Il y a en tout cas dans ce film quelque chose de suffisamment énigmatique pour que j'ai - déjà - envie de le revoir. Sachant que la perception que je peux avoir aujourd'hui du travail de Gutierrez Alea,  n'a rien à voir avec la réception du film  à sa sortie en 68.

03 avril 2017

Ojoloco 2017 : Que Dios nos perdone

C'était hier la soirée de clôture du festival, avec en dernière projection le film de Rodrigo Sorogoyen : Que Dios nos perdone, un thriller qui ne cesse de jouer avec les nerfs des spectateurs.
Le schéma est pourtant ultra classique : deux flics aussi opposés qu'il est possible, l'un, tout en muscles, n'est que force et violence, l'autre tout en réflexion est affligé d'un terrible bégaiement. Ils enquêtent sur une série de meurtres et très vite l'idée d'un sérial killer s'impose,  puisque ce sont toujours des vieilles dames qui sont assassinées puis violées !


Rodrigo Sorogoyen reprend en effet des personnages stéréotypés et des situations déjà vues, mais l'art du cinéaste n'est il pas de faire du neuf avec du vieux ? Rien qui n'ait déjà été dit, au cinéma comme en littérature,  mais le dire autrement, utiliser des clichés éculés pour raconter une histoire neuve, monter une intrigue sans faille, bourrée de détails qui sont autant d'indices et conduisent le spectateur à construire ses propres hypothèses qui évidemment s'effondrent au prochain événement, voilà qui relève d'un grand talent.
Le film est violent - quel polar ne l'est pas ? -  il passe de la crudité des salles d'autopsie à la brutalité des relations professionnelles dans la chaleur d'un été madrilène qui exaspère les tension à peine allégées parfois par quelques moments plus lents, et parfois drôles.
Une vraie réussite et un  joli final pour l'édition 2017 du festival Ojoloco.

02 avril 2017

Ojoloco 2017 : X-Quinientos

Trois exemples, mais qui pourraient être multipliés par 500. Le propos de Juan Andrés Arango, dont c'est le deuxième long métrage est extrêmement clair, (et même un peu trop démonstratif ! )

Les trois histoires montrées en parallèle  sont bien sûr très poignantes puisqu'il s'agit d'adolescents, contraints d'immigrer.  Le premier vient de perdre son père et quitte son village perdu de Colombie pour essayer de se trouver un avenir à la ville. Il trouve effectivement un travail, mais se heurte aux gangs qui font la loi dans le quartier où il est hébergé par son oncle. Le second est parvenu à quitter le Mexique et puis est revenu, mais l'épopée dont il se vante auprès de son petit frère n'a rien à voir avec la vérité. Et de retour au pays, il découvre qu'une bande de tueurs fait désormais régner la terreur sur son bidonville. Le troisième récit concerne une jeune Philippine, qui vient de perdre sa mère; elle est accueillie au Canada par sa grand-mère, immigrée depuis longtemps au Canada, mais l'intégration de l'adolescente rebelle est loin d'être évidente. Est-il nécessaire d'ajouter que la violence fait partie intégrante de ces trois récits.


La similitude des situations, malgré l'écart géographique est évidente. Trop évidente peut-être. D'autant que le réalisateur, riche sans doute de toute une expérience vécue, en rajoute beaucoup, en particulier dans la transformation vestimentaire, et même physique qui va de pair avec le malaise ressenti par ces adolescents. Son propos parfois un peu trop insistant fait traîner quelques plans en longueurs; mais il est difficile de reprocher à un réalisateur d'avoir trop à dire. 



Ojoloco 2017 : La colère d'un homme patient

La vengeance est un plat qui se mange froid. L'adage est bien connu mais 8 ans, c'est vraiment long. 8 ans à faire semblant, 8 ans à remonter la piste, 8 ans à attendre qu'un mec sorte de prison...
Le réalisateur, Raul Arévalo épargne au spectateur ces 8 longues années pour se concentrer sur les derniers jours, les dernières heures, lorsque la chasse à l'homme commence et que le suspense est à son comble. Car ce n'est que petit à petit que sont révélées, en même temps que les aléas de la poursuite finale, les motivations de celui qui depuis 8 ans ne pense qu'à cela.
Dans le genre thriller, une réussite. Avec, dans le rôle principal, Antonio de la Torre Martin qui de film en film affirme sa singularité.

01 avril 2017

Ojoloco 2017 : Redemoinho

Dans un petit village du Minas Gerais, deux amis d'enfance se retrouvent : l'un est revenu voir sa mère, l'autre n'a jamais quitté le village.  Gildo -  celui qui est parti vers la ville - est marié, il a des enfants et affiche sa réussite sociale avec une voiture clinquante. L'autre Luzimar - celui qui est resté - se déplace à vélo, il est  passé contremaître dans l'usine textile où travaille aussi sa soeur, il est marié mais n'a pas d'enfant.  Très vite on comprend que ces trajectoires de vie si différentes ont un point commun, un drame survenu dans le passé mais que, suspense oblige, on ne découvrira qu'à la fin du film.



"Redemoinho" en portugais, signifie "tourbillon" et l'on perçoit bien dans les déplacements continus des deux personnages le mouvement spiralé qui va les entraîner au fond de leur conscience, jusqu'à la vérité brute. Mais j'ai renoncé à compter le nombre de bières éclusés par les deux personnage ! La bière leur procure peut-être l'ivresse mais certainement pas l'oubli de ce qu'ils ont fait.