14 décembre 2018

Galerie Polka : Toshio Shibata

La galerie Polka expose en ce moment un photographe japonais : Toshio Shibata qui photographie essentiellement des ponts, des barrages, des architectures utilitaires remarquables par elles-même autant que par l'environnement dans lequel elles se situent, mais que la photo magnifie !


Cela donne des images, à la limite de l'abstraction, pas totalement dépourvue de leur fonction de représentation, mais presque ...


13 décembre 2018

Les Carmen-s de Jose Montalvo

Un spectacle époustouflant et profondément émouvant, drôle et très engagé, féministe et totalement humaniste. Un plaisir pour l'oeil autant que l'oreille. Une grande admiration pour le chorégraphe et ses danseurs à qui le mélange de classique, de flamenco et de hip-hop semble donner un surcroît d'énergie !


Un spectacle tout à fait revigorant. Et oui !  Il y a une Carmen en chacun de nous, un être assoiffé de liberté qui n'aspire à rien d'autre qu'à être son meilleur "moi".

12 décembre 2018

Dorothea Lange (bis)

En plus du travail de la photographe sur l'exode rural et la misère des années 30, l'exposition du Jeu de Paume expose les photos que Dorothea Lange a réalisées dans les camps d'internement des Japonais - ou, plus souvent, des Américains d'ascendance japonaise -  après Pearl Harbor. Des photos qui, à l'époque, avaient été censurées.



https://www.lemonde.fr/culture/article/2009/06/27/ces-images-de-japonais-internes-que-l-amerique-ne-voulait-pas-voir_1212499_3246.html


Dorothea Lange


Qui ne connaît "Migrant mother", la photo devenue iconique de Dorothea Lange. Elle seule justifie sans doute un passage au Musée du Jeu de Paume pour y découvri comment cette image a été choisie parmi d'autres de la même femme et de ses enfants abrités sous une tente lors de la longue route vers la Californie.



Pourquoi celle-ci plutôt que celle-là ?  


La réponse est bien entendu dans le cadrage et l'angle choisi. Ce qui fait souvent à mes yeux l'essentiel d'une photographie !  Mais avant de trouver le "bon" cadrage, il faut parfois tâtonner, comme le montrent la série autour de cette mère migrante, proposée dans l'exposition

Et puisqu'on parle de cadrage, voici une autre photo, étonnante, qui montre le souci "graphique" plutôt que documentaire de Dorothea lange.


Mais ma photo préférée est peut-être celle-là : une superbe contreplongée employée à contre-sens pourrait on dire.  Alors que la contre-plongée est supposée écraser les personnages,  celle-ci exalte au contraire la vitalité et l'exubérance de cette jeune femme saisie au moment de son entrée à l'usine.


11 décembre 2018

Zao Wou Ki

Entre la Chine et l'Occident.



 Des tableaux immenses exposées actuellement  au Musée d'Art Moderne de la ville de Paris




10 décembre 2018

Japonisme par-ci, japonisme par-là


A Paris ou en province, ce ne sont pas les expositions sur le Japon qui manquent cette année puisque , sous l'intitulé Japonisme, la France et le Japon ont décidé de célébrer ensemble 160 années de relations entre le Japon et l'Occident. Une année entière pour se familiariser avec les arts traditionnels japonais, ou plus précisément avec le regard que les Occidentaux ont porté sur ces arts.




On admire le savoir-faire, la sophistication des objets...

la récurrence des couleurs et des motifs déclinés sur les étoffes ...




ou les céramiques.


Et l'on se réjouit qu'à côté des objets en laques, des porcelaines, des kimonos de soie....


soient exposés, quelques fois, des objets qui correspondent à une esthétique plus moderne, plus inventive.


Une façon d'échapper au risque de saturation, parce que de musée en musée le discours finit par être un peu répétitif.


06 décembre 2018

Les Héritières

Ce premier film de Marcello Martinessi, un réalisateur paraguayen n'est pas facile d'accès j'en conviens, et l'on commence par patauger un peu dans le clair-obscur de cette vieille demeure où se croisent et se frôlent deux femmes de même gabarit : la cinquantaine très ordinaire. 

Pourtant le charme opère assez vite, le charme des souvenirs défraichis, des appartements désuets, des objets auxquels on tient et qu'il faut vendre parce que le premier fil que l'on suit dans ce film est celui de la décadence d'une classe sociale qui vivait dans un cocon confortable sans doute, mais terriblement fermé. Ces deux femmes, Chela et Chiquita dont le réalisateur se garde bien de préciser le lien qui les unit ont de toute évidence connu des jours meilleurs, mais elles sont maintenant au bord de la ruine et les efforts de Chiquita pour sauver la mise ne sauvent rien du tout et la conduisent en prison.  Ce qui se révèle finalement un chance pour Chela, qui livrée à elle-même commence par errer comme une âme en peine jusqu'à ce qu'un voisine lui demande de la conduire à un rendez-vous.
Devenue "chauffeur" pour vieilles dames, Chela s'ouvre peu à peu au monde, découvre d'autres lieux, d'autres gens, d'autres façons de vivre. Cela s'appelle tout simplement la liberté.



Libre à chacun d'interpréter ce film à sa convenance, de voir, dans ce passage d'un monde clos à un monde sans barrières, une métaphore politique, et la fin d'une dictature. C'est possible. Comme il est possible de n'y voir que la fin méritée d'une aristocratie sociale fermée sur elle même. A moins encore de choisir un angle plus psychologique, plus féministe et de se réjouir de voir une femme, aussi terne, aussi soumise aux norme que Chela, faire les premiers pas vers l'indépendance et une féminité enfin soucieuse de ses propres désirs.
Si le film de Marcello Martinessi est un film intéressant c'est bien parce qu'il propose plusieurs possibilités d'interprétation et qu'aucune n'empêche les autres.



05 décembre 2018

Chagall

L'Hôtel de Caumont présente en ce moment et jusqu'au 24 Mars une exposition intitulée Chagall, du noir et blanc à la couleur. 

C'est l'occasion de découvrir des oeuvres que l'on ne connaissait pas, mais où l'on reconnaît très vite les courbes, la fluidité et la presque évanescence des formes.


Et puis il y a ce petit tableau : la photographie, en noir et blanc, d'un premier tableau sur laquelle Chagall a promené son pinceau pour y ajouter, des formes, des couleurs, toute une humanité.


Reste à se plonger dans le détail des tableaux, à se laisser porter par la couleur, à glisser d'un personnage flottant à un autre jusqu'à se noyer dans le bleu  ...





 


... mais d'autres choisiront peut-être une autre couleur  ! Le rouge par exemple !

04 décembre 2018

Aix, place de l'hôtel de ville




Une fleur au moins au milieu des épines, minuscule et fragile, mais comme une promesse de douceur. Et bien sûr, de la couleur.....



03 décembre 2018

Aix en Provence

Balade matinale dans les rues de la ville, un premier décembre.

Tous les marchés de Provence, marché aux légumes, marché aux poissons, marché aux fleurs et bien sûr, à cette période, marché aux santons !














01 décembre 2018

Lionel Salaün, La Terre des Wilson


Lionel Salaün en est à son troisième roman; troisième réussite ! Celui-ci, comme le premier, se passe aux Etats-Unis, et l'on reconnaît dès la première phrase la capacité de l'auteur à transporter son lecteur, dans un autre temps : les années 30, un autre lieu : l'Oklahoma. Est ainsi mis en branle tout un imaginaire photographique, cinématographique et littéraire déjà suggéré par la jaquette de couverture : Dorothea lange, Walker Evans, John Ford et bien sûr John Steinbeck pour ne citer que les plus grands auxquels l'écrivain a choisi de se confronter.


Car il s'agit pour lui , comme pour ses prédécesseur, de dire comment l'on vit - et parfois simplement survit dans une société dont l'économie s'est effondrée. Vaincus par la sécheresse et les vents de sable, beaucoup de paysans ont quitté leur terre pour aller chercher fortune ailleurs. Mais ce n'est pas le cas de Samuel Wilson, qui continue à s'accrocher, dur à la peine, dur avec les siens. Ce qui explique que sa femme et son fils l'aient quitté. Quinze ans plus tard Dick, le fils, est de retour, au volant d'une superbe auto, signe de sa réussite financière dont on apprendra bientôt qu'elle n'a peut-être pas été acquise très honnêtement. La prohibition est passée par là ... 
La Terre des Wilson est d'abord un roman social, bien ancré dans un lieu, une époque, mais c'est aussi un roman sur des individus, sur les liens familiaux, sur les déchirures intimes que l'argent ne comble jamais, sur la fidélité à des rêves d'enfant que la vie n'a pas permis de réaliser.

Il y a donc bien des façons d'entrer dans le roman de Lionel Salaün, que l'on s'intéresse à ses personnages, parfaitement bien campés ou au contexte historique dans lequel il les fait vivre, parfaitement bien reconstitué. C'était déjà le cas dans ses deux précédents romans, Le Retour de Jim Lamar et Bel Air. Ce qui semble faire de Lionel Salaün un écrivain un peu à part dans le paysage éditorial français, trop souvent marqué par le formalisme et le nombrilisme. Parler des autres plutôt que de soi, voilà ce que personnellement j'attends d'un écrivain. Et cela passe par la fiction, plutôt que par l'auto-fiction. Voilà pourquoi j'ai plaisir à lire les romans de cet écrivain et attends déjà le suivant avec impatience. 

30 novembre 2018

Heureux comme Lazzarro

L'affiche du film d'Alice Rohrwacher, Heureux comme Lazzaro, peut apparaître comme une antidote intéressante à la grisaille des jours et à la litanie de mauvaise nouvelles que nous proposent les médias.


L'affiche peut-être. Mais le film ? J'en doute, car il ne s'agit de rien moins que d'une petite communauté d'un territoire perdu tenue en esclavage par une "marquise" qui abuse de leur ignorance et de leur naïveté. L'oppression du peuple par une élite égoïste n'est pas un sujet qui prête à rire, mais l'histoire est ici conduite comme une fable, ce qui permet de la déréaliser. Et la candeur de Lazzaro, le personnage central allège ce que le propos pouvait avoir de lourd. Bien que Lazarro soit lui-même réduit en esclavage par les siens qui abusent de sa gentillesse.
Moralité : rien n'est plus facile à reproduire que l'oppression et l'opprimé trouver toujours quelqu'un de plus faible à opprimer.
Mais le film ne s'arrête pas là, car Lazzaro, comme son prédécesseur, meurt, renaît et retrouve sa famille d'origine, 20 ans plus tard. Licence cinématographique qui permet à la réalisatrice de montrer que le temps passe, mais rien ne change et que l'exploitation des uns par les autres n'a pas de fin.

La dénonciation politique n'a rien de neuf. Mais ce qui est nouveau c'est le recours au conte, à la fable, c'est la dimension onirique qu'Alice Rohrwacher essaye de donner à une réalité peu amène.

28 novembre 2018

Sophia-Antipolis

Il y a des films qu'on ne sait par quel bout prendre. Sophia-Antipolis est de ceux-là. Un documentaire? Un film de fiction ? Jusqu'au bout on se pose la question. Mais il est peut-être bon qu'un film pose plus de questions qu'il n'apporte de réponses, obligeant ainsi le spectateur à s'interroger, à essayer de donner du sens à cette successions de séquences qui n'ont pas de lien évident si ce n'est un lieu unique, lui-même mal défini : Sophia-Antipolis, quartier résidentiel chic, quartier de bureaux vides la nuit; quartier où l'on s'enferme derrière des portails bien clos, quartiers où l'on rôde sans but, où des migrants ses sont installés, où des milices patrouillent.... Où les traces des tragédies que personne n'a vues, que personne n'a entendues sont rapidement effacées.


Chaque personnage du film est introduit de façon abrupte, sans relation aucune avec ceux qui occupaient l'écran précédemment. Ils se croisent, se côtoient brièvement, suivent leur propre trajectoire,  déambulent, disparaissent sans explication. Ils n'ont occupé l'espace qu'un bref moment et l'on n'en saura pas plus.  Pourtant le propos du réalisateur prend forme et s'impose peu à peu au spectateur d'abord déconcerté : Comment vit-on dans une ville où rien ne rassemble, où il n'existe pas de lieu pour se retrouver, où il n'existe pas de liens entre les individus. Il ne s'agit même plus ici de communautarisme, mais d'une société totalement fragmentée.  Où la violence d'abord latente, d'abord contenue, mène nécessairement à la mort. Celle vite oubliée d'un individu. Celle vraissemblablement, de la société elle-même.

Notre avenir ? Non ! Notre présent !
 Et c'est pour cela que le film de Virgil Vernier, est en fin de compte, très angoissant. Exigeant et terrifiant.