22 novembre 2017

Le chameau de Tottori


Ah, les dunes de Tottori.... en ai-je assez rêvé  ! Le sable, la mer, des dunes sauvages... 
J'ai en assez rêvé en tout cas pour inclure Tottori dans mon itinéraire japonais. 
Avec, malgré tout, derrière la tête un petit doute, comme un soupçon ... et si .... 


 Et bien oui, hélas !
Par quelle fatalité faut-il que ces espaces magnifiques que sont les dunes soient transformés en fête à neuneu, en terrains de jeu pour sportifs du dimanche, voire en Disneylands plutôt que d'être abandonnés aux rêveurs et aux contemplatifs.

Quant au pauvre chameau attaché à l'échelle qui permet au touriste de se hisser sur son dos pour se faire prendre en photo (après avoir payé son écot), il a beau se draper dans sa dignité, il n'en a pas moins l'air ... déplacé, avec sa couverture rose à petits pois !


Pour qui se souvient des concours de sable du Figaro, organisés sur les plages en été, la visite du Musée du sable n'est pas sans intérêt. Le thème de l'année était ... l'histoire des Etats-Unis, depuis les premiers colons jusqu'aux derniers hamburgers-frites en passant par la Déclaration d'Indépendance ou la ruée vers l'or... Chaque "chapitre" de cette histoire est l'oeuvre d'un sculpteur différent dont le travail sera forcément éphémère puisque détruit à la fin de l'exposition pour faire place à de nouvelles sculptures qui elles-mêmes ne dureront guère.  Le concept  de "produits récurrents" appliqué à l'art ? En tout cas, l'artiste qui aspire à l'éternité doit savoir qu'à Tottori l'éternité ne dure que 6 mois.


21 novembre 2017

Le Musée d'art de Shimane


Avant de quitter Matsue, une visite au Musée d'art de Shimane s'impose. Cela tombe bien, il y a un arrêt de bus juste à côté.

Le musée  est tout récent (1999), une structure plate, une grande façade en verre pour mieux profiter de la vue sur le lac, des formes très arrondies, que l'on doit à l'architecte  Kikutabe Kyyonori.

Sur la pelouse devant le musée, une bergère et ses lapins ?

Mais non ! Les lapins sont en bronze, la visiteuse, elle, est en vrai !


 

Les "Shinji-ko rabbits " qui ont l'air de galoper vers le lac sont l'oeuvre de Satoshi Yaabuchi et font allusion à une vieille légende japonaise que vous trouverez ici. 

Il y a bien d'autres oeuvres sur la pelouse du musée, mais c'est celle-ci que les Japonais préfèrent.



A vrai dire, ce que les habitants de Matsue -  et les visiteurs  - préfèrent par dessus tout, c'est admirer le coucher de soleil depuis le musée, avec la si photogénique petite île  en premier plan... 

Pas de chance. Ciel gris, complètement voilé. Le soleil ne s'est pas couché ce soir là, ou il s'est couché derrière un nuage ! Si en plus le voyageur était maître de la météo ....


18 novembre 2017

Matsue : Lafcadio Hearn

Lafcadio est un drôle de type. Un anglais ordinaire ? Enfin pas tout à fait puisqu'il est né dans une île de la mer ionienne (d'où son prénom !) d'un père irlandais et d'une mère grecque, qu'il a commencé par rouler sa bosse aux Etats-Unis et aux Antilles avant de partir au Japon, d'en tomber amoureux au point d'en prendre la nationalité sous le nom de Koizumi Yakumo.

J'étais curieuse de voir où cet amoureux fou du Japon avait vécu. A Matsue, on peut visiter la maison où il s'était installé pour quelques mois avant de partir enseigner à Tokyo.


Sa maison ? Une petite maison en bois traditionnelle, une "machiya" qui donne sur un jardin, nettement moins soigné que celui de M. Adachi, mais pas moins inspirant.


Dans le musée qui lui est consacré, juste à côté, de grands panneaux, racontent sa vie, qu'illustrent de nombreux objets dans des vitrines.

Pour se faire une idée du bonhomme, grand collecteur d'histoires et de légendes, ne reste plus qu'à lire ses oeuvres...


Vivre à Matsue, à la fin du XIXe devait effectivement être une expérience étonnante. Aurais-je envie d'y vivre, aujourd'hui, au début du XXIe ? Je n'en suis pas certaine, bien que le quartier, situé en bord de rivière, ait beaucoup de charme.




17 novembre 2017

Matsue : le jardin trop parfait



En gros plan ou en plan large...



ce jardin est tout simplement trop parfait ! Même (surtout?) sous la pluie qui ce jour-là, tombait drue !


Le vert - trop vert ! - , le noir - trop noir !  - , des buis - taillés au ciseau à ongle ? -  des roches de ... de quoi déjà ? granit,  basalte ? le sable impeccablement ratissé, sans une mousse, sans une feuille morte ...


Trop parfait !  Le jardin de M. Adachi est décidément trop parfait. D'ailleurs on ne le voit qu'à travers une vitre. Le visiteur chemine à l'intérieur d'un long  et vaste corridor et découvre, au fur et à mesure de sa déambulation, le jardin comme autant de tableaux.  Etrange, non, ce regard imposé sur un jardin si parfait que les visiteurs, c'est certain en détruiraient la perfection, mais qui nous est quand même donné à voir...


16 novembre 2017

Kurashiki

Traversé par un canal, Bikan, l'ancien quartier commerçant de Kurashiki est traversé par un canal bordé de part et d'autres de petites maisons et d'échoppes, ce qui en fait un endroit particulièrement photogénique. Et donc touristique !


On s'y promène d'ailleurs volontiers en kimono, histoire de rester dans le ton....

--- d'autant que ce jour là coïncidait avec la fête de Su-Inkyo pendant laquelle des jeunes gens masqués viennent vous donner un petit coup d'éventail sur la tête pour vous apporter santé et sagesse !


Cependant, il n'est pas bien difficile d'échapper à la foule. Il suffit d'entrer dans l'un des musées qui longent le canal, le musée Ohara ou, plus couleur locale,  le musée d'art populaire et le musée du jouet. 
Les deux derniers ont mille surprises à offrir : céramiques, vanneries, textiles pour le premier ... cerfs-volants, toupies, poupées, kokesh, daruma et autres porte-bonheur pour le second

Et bien sûr, pas un chat à l'intérieur !










En attendant les hirondelles



Lire les critiques. Avant ou après ? Pour moi c'est toujours après parce que j'aime rester totalement libre de mon jugement. Quitte à me tromper bien sûr.

En réfléchissant aux impressions laissées par le film de Karim Moussaoui et en cherchant à conforter ces impressions - ou à les remettre en question ) je suis tombée sur une critique qui coïncide si bien avec ce que j'aurai pu dire, que je lui laisse la place sur cette page.


   3.5 - Bien
Il y a d’abord Mourad, bourgeois aisé, qui partage avec son ex-femme la même inquiétude à propos de leur fils, étudiant totalement démotivé. En plus, il n’est pas fier de sa lâcheté qui l’a vu assister sans broncher au tabassage d’un type. Il y a ensuite Aïcha, conduite vers le mari promis, mais qui se permet un écart de conduite en route, avec son chauffeur, un ancien amour de jeunesse. Il y a enfin Dahman, médecin hospitalier, prêt lui aussi à convoler, mais très mal à l’aise face à une femme violée jadis par des islamistes en sa présence... Trois personnages principaux, trois destins contrariés ou dérangeants, trois histoires qui se croisent parfois, pour raconter le quotidien d’une Algérie contemporaine dans sa diversité. Toutes les constructions qui sortent de terre en témoignent : le pays avance. Mais il demeure aussi prisonnier de rigidités patriarcales et d’un passé qui ne passe toujours pas, en référence à la décennie sanglante des années 1990. Et il n’est pas dit que le ciel s’éclaircisse pour les plus jeunes, premières victimes d’un chômage endémique… Le premier film de Karim Moussaoui est à la croisée de la dissection d’un territoire et du portrait kaléidoscopique d’une société. Un film de mouvement et de suggestion, d’une beauté sobre et aride, à l’image de la terre ocre des Aurès. Mais sa construction complexe nuit à sa fluidité et atténue sa virtuosité narrative. Les comédiens, qui s’expriment en arabe parsemé de français, sont excellents. Mais voilà, avec ce joli titre En Attendant les Hirondelles, on se dit que là-bas, le printemps (arabe) se fait désirer. 
 
Critique de Fidelou trouvée sur  

15 novembre 2017

Au revoir, là-haut

J'ai toujours un peu de mal avec les films historiques, quel que soit l'intérêt du sujet, parce que la reconstitution  et l'aspect documentaire en obnubilent parfois le propos.

J'ai donc eu un peu de mal à entrer dans le film d'Albert Dupontel et ne me suis laissée prendre au jeu qu'au bout d'un moment, lorsque se constitue le trio d'arnaqueurs.
Comme si le film, à partir de là seulement prenait tout son sens.

Le montage de l'arnaque d'ailleurs ne m'a intéressée plus que cela; oui, bien sûr elle est assez tordue pour retenir l'attention, mais le principal intérêt du film à mes yeux, tient à la relation qui se crée entre les personnages :  Louise, Edouard et Albert.  Louise, une gamine des faubourgs, interprète et complice d'Edouard, jeune poilu que la guerre a laissé horriblement mutilé, et qu'Albert, son compagnon de tranchée a pris sous sa protection, totale et absolue. Différences d'âge, différences de milieu, différences de culture, bien que majeures et a priori exclusives, leurs différences sont soulignées pour montrer qu'il existe quelque chose de plus fondamental encore, la simple relation d'amitié entre les êtres.
En dépit de cet enjeu moral, le film n'a rien d'un pensum grâce au jeu parfait des acteurs et à la superbe invention des masques qui met en évidence la créativité d'Edouard  (et du vrai concepteur des masques dont j'aimerais bien retrouver le nom). Sans compter que le port d'un masque contraint Nahuel Perez Biscayart à s'imposer par sa présence physique, toute d'agilité et de souplesse autant que par ses talents de mime.
Ce sont finalement les moments de rêve et de fantaisie, les moments absurdes qui font de Au revoir, Là-Haut un film très plaisant.

14 novembre 2017

Souvenir du Ritsurin






Takamatsu : le Ritsurin

Il y a longtemps que j'en rêvais ! Depuis que j'ai lu Kafka sur le rivage de Haruki Murakami.
Takamatsu, j'avais retenu le nom et avec le nom l'idée d'un grand et beau jardin et d'une bibliothèque consacrée aux Haikus. Après vérification, je n'avais pas trouvé, en vrai, la bibliothèque mais j'avais trouvé le jardin : le Ritsurin. Et je savais qu'un jour j'essayerai d'y aller.
C'est chose faite et je ne suis pas déçue. J'y suis allée une première fois en fin d'après-midi et j'y suis retournée le lendemain matin, avec l'espoir d'une meilleure lumière, mais la météo avait décidé de rester ce jour là sur gris et... humide. Malgré cela ...





Le Ritsurin est adossé à la montagne, et l'un de ses atouts vient de cette continuité entre une végétation parfaitement maîtrisée et un paysage laissé au naturel. L'un se fond sans heurt dans l'autre.

Le domaine est immense, pièces d'eau, cascades, sous-bois, mais ce qui fait sa réputation, ce sont ses pins noirs taillés, dont certain ont plus de 400 ans. 



Leurs  branches sinueueses , taillées par des générations de jardiniers, forment comme une véritable dentelle.


On peut se promener pendant des heures dans le Ritsurin en ayant, à chaque instant l'impression de découvrir un nouveau paysage, un nouvelle composition.  Et l'on se plaît à imaginer la vie de ceux qui ont un jour habité ce pavillon au milieu du parc ...


...  qui ont traversé ce pont ....

 

 ... pour venir méditer, sur la terrasse de ce pavillon au bord de l'eau ...



Aujourd'hui, on peut même se promener en barque ... à condition de porter un chapeau conique pour ne pas dénaturer le paysage et surtout, ne pas gâcher les photos des visiteurs !


13 novembre 2017

L'île d'Awaji

Ma récompense après une journée de transports plus ou moins cahotiques.


C'était au Japon, sur l'île d'Awaji, mais ce pourrait être n'importe où au monde ! 


Je sais, et c'est pourquoi j'aime autant la mer. La même, partout, mais jamais tout à fait la même.

12 novembre 2017

Awajishima : le temple de l'eau

Rejoindre Awashima n'a pas été si facile que cela; pas de liaison ferroviaire sur l'île en effet. Il a donc fallu se débrouiller avec le réseau des bus, distinguer les express qui traversent l'île des locaux susceptibles de nous emmener où nous voulions : à Yumebutai, Hompukuji et Sumoto où nous devions passer la nuit avant de rejoindre le lendemain l'île de Shikoku. Le fil conducteur de cet itinéraire ? Tadao Ando, encore lui !

Yumebutai est un gigantesque complexe, centre de conférence, hôtel et mémorial pour les victimes du tremblement de terre de 1995. La partie la plus intéressante est certainement l'étrange jardin conçu par le fou de béton qu'est Tadao Ando. Hyakudan Kôen, le jardin des 100 marches, celles où ruisselle l'eau, au milieu des 100  (?)terrasses plantées d'une infinie variété de plantes qui donnent au jardin, selon la saison, sa couleur : violet et orange à notre passage.


Mais l'endroit le plus spectaculaire d'Awajishima, c'est certainement le Temple de l'eau (Hompukuji) construit lui aussi par Tadao Ando.

Il faut imaginer une enceinte de béton, gris, austère, brutal
 

qui donne accès à un plan d'eau circulaire, comme un grand réservoir où, en ce début d'automne flottent encore quelques rares nénuphars sur une eau passablement glauque, au sens propre du terme.


Un escalier tout de béton lui aussi coupe le bassin en deux et invite à une descente vers les profondeurs de la terre...



Arrivés en bas, la surprise est total et l'émerveillement ! Car le couloir circulaire qui conduit au coeur du bâtiment prend soudain les couleurs du feu, du sang peut-être...



et mène à un temple tout de noir et d'or, enfermé dans une quadrillage de bois rouge sang. 

A quoi tient la beauté du lieu et l'émotion qui nous saisit à cet instant ? Je ne sais trop, mais cela tient sans doute pour beaucoup à l'effet de surprise, au contraste entre le brutalisme de l'architecture et  la décoration surchargée et baroque, à la limite du kitsch du temple lui même, enserré dans son écrin de béton. Cela tient aussi, je crois, à la façon dont Tadao Ando a su, une fois de plus, capter la lumière.
 

Et lorsqu'une jeune fille est entrée dans le temple pour y faire ses dévotions, j'ai cru comprendre ce qu'il pouvait avoir de spiritualité dans le travail de Tadao Ando.