Hélas non, un bon sujet ne fait pas forcément un bon roman ! L'histoire - peu connue - de ces artistes haïtiens qui dans les années 70 se regroupent sous le nom de Saint-Soleil, pour proposer un art spontané, sincère, authentique et surtout pas mercantile, dans un des pays les plus pauvres du monde, qui subit de surcroît la dictature du sinistre Duvalier, et de ses tontons macoutes, est l'exemple même du bon sujet.
Mais le talent, (ou le travail) de l'autrice (ou de son éditeur) n'est pas à la hauteur du sujet. Rien d'irréparable, mais Luce Perez-Tejedor, sans doute dans l'enthousiasme de son sujet ne prend pas le temps de présenter ses personnages qui surgissent comme venus de nulle part; plus gênant l'ordre des mots dans certaines phrases est pour le moins bizarre, quant à l'emploi récurrent du subjonctif imparfait, il est le plus souvent déplacé, pas incorrect mais juste inutilement précieux dans un texte qui ne l'est pas particulièrement. Autant de maladresses qui nuisent à la fluidité de la lecture. Dommage. Parce que le sujet était vraiment intéressant.

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