D'abord planter le décor : le Sud de la Louisiane, lorsque le Mississippi prend ses aises et n'en finit pas de s'étaler de bayous en bayous... Une petite ville de rien du tout, où tout le monde se connaît, où le passé revient sans cesse hanter le présent. Loyal May, qui a quitté Jacknife, pour devenir journaliste, revient dans la ville de son enfance pour s'occuper de sa mère. Mais rapidement, c'est d'un meurtre dont elle devra s'occuper, celui de sa meilleure amie, dont on vient de retrouver le cadavre flottant entre deux eaux.
Rien de très original pour ce début de roman, mais Anna Bailey rend de façon très convaincante, l'atmosphère poisseuse - et passablement haineuse - des lieux. Car Cutter Labasque et ses deux frères ne sont pas en odeur de sainteté dans la petite ville. Officiellement la famille survit grâce à la chasse aux alligators, mais l'isolement des lieux est propice à toute sortes de trafics, et les soupçons vont bon train.
Jeune écrivaine - Derniers jours sauvages est son deuxième roman - Jane Bailey n'a peur de rien et inscrit son roman dans la lignée du Noir rural mâtiné de Gothique sudiste car bien sûr, ici, on croit autant au diable et à ses maléfices qu'à un dieu quelconque, et la violence fait partie du quotidien de tous, pas seulement des trafiquants de drogue. Malgré tout on s'attache rapidement à Cutter et à ses deux frères, considérés comme des gens infréquentables, des parias que dans la communauté on préfère éviter. "Du noir, du noir et encore du noir" annoncent les éditions Sonatine. Avec ce roman, ils ont trouvé ce qu'il leur fallait ! D'autant qu'un polar, c'est souvent la meilleure façon de parler, mine de rien, de ce qui dérange dans une société.
