06 février 2024

La tête froide

 Encore une histoire de migrants ? Oui, mais celle-ci est bien d'aujourd'hui. Et elle est vue du côté des passeurs avec toute l'ambiguïté que cela suppose. Parce que lorsqu'il s'agit de faciliter le passage clandestin d'individus d'un pays à l'autre, rien n'est simple vraiment. 

Marie vit dans la précarité  - un bungalow dans un camping - quelque part du côté de Briançon. Pour payer son loyer elle fait de la contrebande de cigarettes, aidée par un ami policier qui lui indique la route à prendre pour éviter les contrôles. Une nuit, elle porte secours à deux clandestins en détresse et la voilà prise dans un engrenage dont il lui sera difficile de sortir. Parce qu'il n'est pas beaucoup plus difficile de passer des cartouches de cigarettes que des clandestins, et que cela rapporte beaucoup plus. Or Marie a besoin d'argent, et Souleymane, son premier clandestin, qu'elle a fini par héberger, également. 

L'intérêt du film de Stéphane Marchetti repose entièrement sur cette ambiguïté qui nous interdit de juger. Trancher entre le bien et le mal n'est jamais facile et on ne cesse de se demander ce qui l'emporte chez cette femme : le besoin d'argent c'est certain qui permet de passer par-dessus les barrières morales et les dangers, l'empathie, l'altruisme, générosité ... Il faut dire qu'avec Florence Loiret Caille, le réalisateur a trouvé une interprète à la mesure de cet enjeu. Elle est tour à tour revêche, âpre, ardente, renfrognée, forte, généreuse, altruiste, paumée, déterminée, attachante, énervante ...



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