Jonas Trueba est un cinéaste un peu particulier. Le Rohmer espagnol ? Oui, il y a un peu de cela, parce que, en tout cas dans les films que j'ai vus, il y est toujours question d'individus à la recherche d'eux-mêmes, d'histoires d'amour, d'histoires de couple un peu compliquées. Et La reconquista, actuellement sur les écrans est bien une histoire de ce genre, filmé par un réalisateur qui scrute les affects, les sentiments, les émotions. Cela passe par beaucoup de dialogues, mais aussi de silences, de regards échangés ou refusés. Et une manière de filmer souvent au plus près des corps, des visages, entre gros plans et plans américains.
La reconquista c'est l'histoire d'un premier amour... quinze ans plus tard. Olmo et Manuela se retrouvent à Madrid, le temps d'une nuit, entre présent et passé, dans le parcours tortueux de leurs souvenirs à l'image de l'escalier au pied duquel ils se retrouvent, qu'il montent au début du film et redescendront de la même façon à la fin du film. Entre temps il y aura eu beaucoup de marche dans les rues de Madrid, entrecoupés d'arrêts dans des bars, de rencontres fortuites et une superbe scène de swing, étrangement filmées à mi corps, et même un long retour en arrière sur leurs amours adolescentes.
De film en film ,Trueba semble vouloir explorer toutes les facettes de la relation amoureuse, du premier amour au divorce, toujours dans cet espace intime mais changeant, entre deux individus qui ne cessent d'évoluer. Rien de romantique dans cette vision du couple, mais beaucoup de justesse. Et d'interrogation. Car plus qu'il ne dit, il suggère et laisse au spectateur le soin d'interpréter.

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