02 février 2026

Le gâteau du Président

Un film kazakh, suivi d'un film azerbaïjdanais et maintenant un film irakien : c'est un vrai privilège de pouvoir accéder à la très limitée production cinématographique de ces pays. Le parcours des cinéastes avant d'arriver à la réalisation de leur projet est certainement ardue, et sans les moyens des grandes productions, il leur faut trouver d'autre façons de faire, plus économes sans doute mais pas moins inventives. Un travail artisanal en quelque sorte plutôt qu'une grosse production industrielle. 

Les premières images - de l'eau, des marais, un village lacustre - sont là pour situer géographiquement l'histoire, mais surprennent, tant nous avons pris l'habitude d'associer l'Irak aux champs de pétrole dans des paysages désertiques. Non, dans le Sud de l'Irak on se déplace en bateau, même pour aller à l'école. A l'école justement on procède au "tirage" qui désigne l'enfant chargé de préparer un gâteau pour l'anniversaire de Sadam Hussein. Un tache impossible quand on vit dans la misère comme Lamia et sa grand-mère. Tout le film tourne autour de cette petite fille de 9 ans et de son ami Saeed qui l'espace d'une journée doivent affronter bien des difficultés. 

Le film d' Hasan Sadi pourrait n'être qu'une gentille comédie, autour de deux enfants.  Mais non, parce que, mine de rien, son film nous en dit beaucoup sur une enfance sous les bombes américaines, sur la misère et le dénuement qui contraint aux pires expédients, sur un régime dictatorial qui touche toutes les catégories sociales ... Rien de lourd néanmoins dans ce film, parce que le réalisateur suggère, sans appuyer et parce qu'il compte sur la grâce et le naturel de la jeune comédienne qui tien le rôle de Lamia, Waheed Thabet Khreibat pour alléger son propos. Et il a eu raison. 

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