Au début du film, une jeune femme, Laura, visiblement mal à l'aise dans sa relation sentimentale; un accident dont elle réchappe, mais pas son compagnon. Ni chagrin, ni regret, plutôt une forme d'amnésie.
Elle est recueillie par Betty, une femme, qui vit dans une maison isolée au bord de la route. Oui, le point de départ est un peu tiré par les cheveux, mais l'essentiel est de mettre en présence ces deux femmes. Car on découvre peu à peu que Betty aussi est en deuil et que sa douleur a éloigné d'elle son mari et son fils.
Comme dans son précédent film, Le ciel rouge, comme dans Barbara, le cinéaste s'attache à montrer la complexité des sentiments. Ses personnages sont traversés par des sentiments ambigus, confus qu'ils ne parviennent pas à démêler. Leurs comportements sont motivés par des émotions qui affleurent de façon soudaine, irraisonnée. Le cinéma de Petsold est un cinéma de la fluidité, de la mobilité; d'ailleurs on se déplace beaucoup dans Miroir N°3, on glisse constamment d'un lieu à un autre, d'une émotion à l'autre comme dans la pièce de Ravel qui donne son titre au film, Miroir n°3, sous-titrée Une barque sur l'océan. Impossible de mieux suggérer les aléas de la vie qui bousculent ou apaisent les personnages.

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