22 avril 2024

Olivier Rolin, En Russie


 Baïkal-Amour
, lu récemment date de 2017. En Russie date de 1987. Oui, non seulement je lis les livres  de Rolin  au hasard, je les lis aussi à l'envers de leurs chronologie. Ce qui n'est pas sans intérêt parce qu'à 30 ans d'écart on peut imaginer que la Russie a changé  : la Perestroïka, l'URSS moribonde; et puis la chute et la reprise autoritaire sous Poutine. Mais si les régimes politiques changent, les peuples ne changent pas. Ni les paysages pour peu que l'on sorte des villes et des grands axes touristiques. Et ce qui ne change surtout pas, c'est le regard  de l'écrivain, curieux, intéressé, lucide, empathique mais aussi critique. Un vrai regard de voyageur. 

Leningrad et Moscou sont des incontournables, mais pour l'écrivain ce sont surtout des points de départ vers d'autres destinations comme le pourtour de la mer noire : Odessa, Yalta, Sotchi, Batoum (où l'on n'irait hélas pas se balader aujourd'hui), et le Transsibérien jusquà Irkoutz et Khabarovsk. Faveur supplémentaire, lorsqu' Olivier Rolin monte dans le train, c'est toujours un livre à la main. Cendrars, Gide ou Custine, Pouchkine, Tchekov ....

Dans l'avion de retour, Olivier Rolin s'interroge sur ce qu'il ressent, s'il est ému à l'idée de ne pas revenir. Il répond par la négative mais à peine a-t-il répondu non qu'il corrige "peut-être un tout petit peu tout de même, furtivement, à cause de la générosité de certains sourires, de certains yeux impavides, de la main tendue de la "provodnista" sur le quai d'Irkoutsk, à cause de la colère rentrée de certaines paroles, des signes d'adieu qu'un homme immobile envoie dans la nuit, du bord d'un trottoir, des derniers mots ironiques d'Evgueni à Sotchi. Et même du stylo à bille du passager de l'Ilyouchine. Et parce qu'il y a des steppes là-bas."

Les gens, oui. Et les paysages. Immenses et vides.                                                                                          Mais les gens d'abord. Ensuite seulement les paysages.

Aucun commentaire: