17 avril 2026

André Cervera

L'exposition que le musée Paul Valéry consacre à André Cervera est intitulée Carambolages, et c'est bien la première impression ressentie quand on déambule devant les toiles de ce peintre Sètois. Tout se bouscule à l'intérieur de ses toiles,  les motifs, les couleurs, et même les matériaux puisque l'artiste intègre des éléments a priori étrangers qui donnent relief et vie à ses tableaux, jusqu'à souvent déborder à l'extérieur de la toile .... 

...  comme dans Ceux qui parlent à l'oreille des poissons où les bandes de tissus suggèrent la couleur de l'eau aussi bien que ses ondulations et son miroitement, avec forcément quelques éclaboussures ...
   

ou comme dans La chambre verte, qui plus qu'un décor, reconstitue l'adolescence elle-même et cette impression d'être toujours à la fois soucieux de son image et au bord de l'explosion.
 
 

A peine plus sobre le tableau intitulé La Gloire de mon père évoque la traversée des Pyrénées qui fut, on peut le supposer, celle de sa famille, autant que le difficile passage des frontières que l'Histoire impose encore à tant d'individus et de familles.

Oui, André Cervera part de l'intime, de sa famille, de son enfance, de sa ville, mais il n'y reste pas et ses toiles caracolent d'un pays à l'autre, à l'image de ses innombrables voyages et des cultures qui l'ont marqué. Il faut rester longuement devant ses plus grands tableaux, laisser le regard s'attarder sur tel ou tel détail, tel ou tel ensemble pour repérer, ici ou là,  un masque, une figure, un élément d'une mythologie connue, ou pas, pour s'apercevoir que dans la peinture de Cervera, l'imaginaire carambole sans cesse avec la réalité, dont elle bouscule les codes de représentation. Une façon je crois de passer de soi à l'universel.

 



https://www.andre-cervera.com/biographie/ 

 

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