03 avril 2026

Ojoloco 2026 : As Vitrines

Les films d'Amérique latine, en tout cas ceux qui sont présentés au festival Ojoloco sont le reflet de l'histoire de ce continent, et par conséquent rarement frivoles. Le film de Flavia Castro n'échappe pas à la règle puisqu'il se situe au Chili, en 1973 juste après le coup d'Etat qui a mis Pinochet et ses sbires au pouvoir. Pedro et son père - mais pas sa mère - parviennent à s'introduire dans l'ambassade d'Argentine où, avec tous ceux qui ont réussi à s'y réfugier, ils vont attendre le visa qui leur permettra d'être exfiltrés en lieu sûr. La situation initiale est donc tragique et ne s'améliorera guère, mais en attendant, la vie s'organise tant bien que mal. 

Flavia Castro, la réalisatrice a choisi de montrer cette situation à hauteur d'enfant en faisant de Pedro, qui s'obstine à attendre sa mère, et Ana, une enfant rêveuse et solitaire, les personnages centraux de son film. Le monde des adultes, avec ses engagements, ses petitesses, ses mesquineries est bien là, en arrière-plan, mais ce sont les enfants, leurs jeux, leurs collections, les liens qui se tissent entre eux et leur permettent de faire face, que la cinéaste a choisi de mettre au coeur de son film. Ce qui ne rend pas le fond de l'histoire moins tragique, mais la rend supportable. As vitrines est un film intelligent qui sait parler de la mort sans la montrer. Parce que la mort, c'est avant tout l'absence, le vide qu'il faut combler, par des artifices, des jeux, des collections de petites choses glanées par-ci par-là .... 


 

Aucun commentaire: