30 avril 2026

Hala Moughanie, Les bestioles

 Qu'est-ce qui différencie un texte littéraire d'un article de presse, d'un témoignage ou d'un essai ? Tous ces textes peuvent bien traiter du même thème, voire du même sujet, le texte littéraire est celui qui trouve une voix, une façon de dire les faits et beaucoup plus que les faits. 

Dans le livre de Hala Moughanie, le narrateur n'a pas de nom, mais dans sa tête c'est un tourbillon de pensées, d'émotions, de sensations. Le port de Beyrouth vient d'exploser. Sa petite épicerie n'existe plus. Il est dans la rue, il rentre chez lui, la ville est dévastée, les murs ont basculé, les vitres sont tombées, le sol est jonché d'éclats de verre.... C'est à travers ce personnage que l'écrivaine essaye de faire comprendre ce que c'est que de vivre dans un pays où les guerres, les conflits se succèdent, où des avions, des drones, des "bestioles" ne cessent de survoler la ville. 

Dans Les Bestioles,  Hala Moughanie, n'explique rien, mais elle fait comprendre, mieux elle fait ressentir ce que signifie vivre dans un pays dominé par la violence, dans un pays où les moments de paix ne sont que des parenthèses. Au lieu d'une diatribe, elle propose un texte poétique, drôle, empathique... et au final, très politique. Et la voix de celui qui a survécu à l'explosion du 4 août 2020 restera longtemps dans la tête du lecteur. 



 

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