07 avril 2026

Ojoloco 2026 : Al Oeste, en Zapata

Proposé en compétition "documentaire" - et sans doute bientôt primé ? - Al Oeste en Zapata est un film qui commence par une longue séquence d'une beauté stupéfiante : un homme marche dans un marais; la caméra le suit, il porte sur son dos une lourde charge que l'on identifie peu à peu comme un crocodile. L'image est en noir et blanc, très contrastée.  Lorsque la caméra s'arrête sur le visage de l'homme, chaque ride, mais aussi chaque lueur dans le regard apparaît. Un portrait d'une intensité rare. On pense forcément aux photos de Selgado. 

 

David Bim, réalisateur espagnol, formé à l'école de cinéma et de télévision de Cuba, a choisi pour son premier long métrage de montrer la vie d'un couple qui vit dans les marais de Zapata, reconnus comme réserve de la biosphère par l'Unesco en 2000. Mais le propos de David Bim n'a rien de touristique, et ce n'est pas non plus l'écologie qui l'intéresse, ou alors l'écologie humaine. Ce qu'il montre c'est comment la misère contraint  un couple à trouver des moyens de subsistance dans le marais, la vente des peaux de crocodiles constituant leur seul revenu. Al Oeste en Zapata est un documentaire avant tout social et même politique, parce qu'à la radio comme à la télévision, sont diffusés les habituels discours de propagande sur l'esprit de la révolution. Le décalage entre ces déclarations et les conditions de vie du couple fait toute la force du film . 

 

 

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