04 mai 2026

Hu Anyan, Ma vie de livreur de Pékin

 

Me voici un peu perplexe devant ce livre qui n'entre ni vraiment dans la case "document", ni complètement dans la case "autobiographie". Une chose est certaine, Hu Anyan parle d'expérience, puisqu'en l'espace de quelques années il a additionné 19 boulots, tous aussi précaires que mal payés, dans un pays où le droit du travail n'existe pas (ou n'est pas appliqué). Rien de vraiment neuf pour qui a lu le livre de Jessica Bruder, Nomadland, ou vu le film que Chloé Zhao en a tiré. Avec Nomadland, on était aux Etats-Unis; ici on est en Chine et de toute évidence c'est encore pire. D'autant que l'auteur n'a pas fait une enquête journalistique, mais parle de ce qu'il connaît. La dimension autobiographique, annoncée par le titre, Ma vie de livreur à Pékin, est ce qui en constitue à la fois la force  du récit (c'est du vécu! ) et sa faiblesse parce que Hu Anyan se présente comme la personne la moins capable de résister au système, ne serait-ce que parce qu'il n'est pas totalement dénué de valeurs morales, des valeurs qui en l'occurrence en font l'employé le plus facile à exploiter. Quand, dans les dernières pages, on le voit prendre en main son destin en se tournant vers l'écriture, on est soulagé pour lui, bien que son texte m'ait paru manqué un peu de souffle. Des chroniques "pétries d'humanité et d'humour" affirme son éditeur. Humanité sans doute,  mais humour ?  De la dérision plutôt. A son encontre essentiellement. 

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