15 août 2018

Under the silver lake

Faut-il vraiment chercher à comprendre tous les films ? Ou faut-il juste se laisser porter par ses sensations, ses impressions, garder vaguement la trace des fantasmes et des élucubrations d'un jeune homme paumé dans cette ville démesurée et déjantée  qu'est Los Angeles ?

Le fil conducteur du film c'est ce jeune homme, un américain très ordinaire, sans occupation (et bientôt sans logement) qui ne fait rien de ses journées sauf épier sa jolie voisine qui du jour au lendemain disparaît. Le reste n'est que déambulation plutôt qu'investigation, qui permet à David Robert Mitchell, le réalisateur, d'accumuler les scènes extravagantes, insolites, fantasques comme il est de mise dès qu'il s'agit de Los Angeles. 


Car le deuxième fil conducteur du film, c'est bien cette ville qui attire et repousse, qui fascine et rebute, qui séduit et dégoûte. Cette ville de soirées folles et de solitude, cette ville de luxe et de misère, cette ville où l'on s'imagine que tout est possible, où l'on continue de rêver de destins exceptionnels alors que chacun court de déception en déception et d'échec en échec. 

Under the silver lake n'est pas un film à intrigue, c'est le portrait d'un miroir aux alouettes qui a déjà inspiré beaucoup de scénaristes, de cinéastes, de romanciers, de dramaturges. Comptabiliser les références constitue sans doute pour le cinéphile averti un  autre fil conducteur, perdu hélas pour le spectateur ordinaire. 

Pure coïncidence : je venais de lire Jours tranquilles, brèves rencontres d'Eve Babitz, sorte de déclaration d'amour à Los Angeles, cette ville "frénétique comme un studio de cinéma et pétillante comme une coupe de champagne", un assemblage de textes passablement décousus pour initiés. 

Los Angeles, c'est aussi et surtout ce sentiment d'exclusion quand on n'est pas dans le cercle de ceux qui ont réussi à s'y faire une place. 

Je n'ai jamais aimé Los Angeles. Sans doute la seule ville américaine que je n'aime pas.  

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