Un film haïtien est en soi une rareté. Un film haïtien diffusé en France ? Une extrême rareté ! Raison de plus pour aller voir Marie-Madeleine, le film de Gessica Geneus.
Certes, la rencontre entre une prostituée qui s'assume pleinement et un gentil évangéliste a des relents bibliques et pourrait paraître presque convenu : le bien et le mal, la pécheresse et le miséricordieux ... Mais les personnages et les situations sont heureusement un peu plus complexes et l'énergie déployée par la réalisatrice (qui joue le rôle de Marie-Madeleine) est finalement communicative.
Certes, Haïti n'est pas Hollywood, et j'ai toujours une certaine indulgence pour les films dont la réalisation est en elle-même un événement, tant les conditions de tournage, le financement, la production et la diffusion d'un film requièrent d'énergie. Mais la réalisatrice, interrogée sur Arte, semble avoir le tonus nécessaire pour faire tomber bien des obstacles. Et, en dépit des maladresses ou des excès, cette relation entre deux êtres aussi différents finit par convaincre, parce qu'il s'agit moins d'opposer le charnel au spirituel que de montrer la grande misère de Haïti.

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