17 juin 2020

Karina Sainz Borgo, La Fille de l'Espagnole


La Fille de l'Espagnole est un livre intéressant, très intéressant même, mais on ne le referme pas le sourire aux lèvres. Parce que, même s'il s'agit bien d'une fiction, cette fiction ressemble terriblement à la réalité et fait froid dans le dos


L'histoire est celle d'une jeune femme de Caracas qui vient de perdre sa mère et qui doit faire face à ce deuil, mais aussi à l'invraisemblable situation économique et politique de son pays. Où des bandes armées font régner la terreur, accaparent les ressources alimentaires et spolient les habitants de leurs appartements. C'est ainsi que la narratrice qui vient d'être mise à la porte de son propre appartement n'a d'autre ressource, alors que les émeutes font rage dans sa rue, que de se réfugier dans l'appartement voisin le temps de trouver comment quitter le pays pour rejoindre l'Espagne sous une identité usurpée.
On serait dans un roman d'aventure du XIXe siècle,  ou même un roman noir du XXe siècle, on trouverait ces péripéties époustouflantes. Mais comme il s'agit bien de la réalité d'aujourd'hui elles sont tout simplement terrifiantes ! Edifiantes  aussi à propos d'un pays, le Venezuela, dont les médias ne se soucient que de temps en temps....
Et quand on pense qu'une partie au moins du roman est autobiograpique, cela explique peut-être la froideur avec laquelle Karina Sainz Borgo s'efforce de décrire l'état de son pays. Une mise à distance certainement salutaire.

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