29 juin 2026

Pâques sanglantes

Les reprises ! C'est le privilège de l'été ! La chance de revoir de vieux films qu'on n'avait pas encore vus ou qui ne nous avaient laissé qu'un trop vague souvenir. Et l'occasion de revisiter l'histoire du cinéma, italien en l'occurrence. 

 


Avec Giuseppe De Santis on est, a priori en plein dans le néoréalisme, un cinéma sans grands moyens financiers, mais caractérisé par sa dimension sociale autant que par le réalisme des décors et des situations. 

Dans Pâque sanglantes l'objectif politique du réalisateur - communiste convaincu - est évidente  : il se place d'emblée du côté de ceux qui n'ont rien et n'hésite pas, en conclusion, à souligner la nécessité de passer d'un combat individuel à une lutte collective. Le film entre de toute évidence dans la catégorie film de propagande. Au même titre que Les raisins de la colère de John Ford.  


Mais ce qui m'a frappée dans ce film, c'est l'extraordinaire inventivité de la mise en scène : les longs travellings sur un paysage aride et tourmenté, le recours à des cadrages particulièrement travaillés qui contraignent parfois les acteurs à des poses peu naturelles, mais soulignent les positions de pouvoir,  la récurrence de séquences "chorégraphiées" qui relèvent quasiment de l'opéra, comme le long cortège de bergers qui permettent à Francesco d'échapper aux gendarmes ou la disposition des figurants derrière Lucia lorsqu'ils décident enfin de rejoindre la lutte...  Mais à vrai dire De santis semble surtout reprendre les codes du western, la forme cinématographique la plus efficace pour montrer la lutte entre le bien et le mal, incarnée par des individus auxquels le spectateur est incité à s'identifier pour mieux partager son combat. 

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