29 mars 2026

Ojoloco 2026 : La Couleuvre noire

Ophiophobe, j'ai un peu hésité à aller voir le film d'Aurélien Vernhes-Lermusiaux, même si le titre ne parlait que d'un reptile inoffensif. Et je ne regrette pas d'avoir surmonté mon hésitation car La Couleuvre noire est intéressant à plus d'un titre. 

Pour Ciro, le retour au pays n'a rien d'évident car revenir au chevet de sa mère mourante, c'est aussi affronter une situation qu'il a fui. A commencer par son père, qui n'a pas accepté son départ vers la ville et le rejette violemment alors même que la situation prêterait plus à une réconciliation. Mais l'hostilité du père ne tient pas seulement à l'histoire familiale. Ce sont en réalité deux mondes qui s'affrontent. Celui du père c'est celui du passé, un monde en déclin où plus rien ne tient debout à commencer par la maison, un vague assemblage de bois toujours sur le point de s'écrouler, l'image même de ces croyances, de ces traditions sur lesquelles le père et la mère se sont toujours appuyés, comme avant eux leurs parents. Un univers que le fils a rejeté et avec lequel il doit maintenant renouer. 

La couleuvre noire n'est pas tout à fait un film ethnologique, parce que le réalisateur ne se contente pas d'observer et de constater. Non, ce qu'il veut montrer, c'est la déchirure, le renoncement et finalement l'impossibilité d'un retour à un état d'origine qui a sans doute fonctionné mais ne fonctionne plus. Dans le désert où l'on enterrait les morts, les deux hommes se sont perdus. C'est finalement au village que sera creusée la tombe et le fils repartira vers la ville après avoir malgré tout transmis à la génération suivante l'histoire de la couleuvre noire. 


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