Premier film de la compétition "fiction", Monstruo de Xibalpa est un film un peu difficile à apprécier de prime abord. Ne serait-ce que parce que le gros gamin qui est au centre du film de Manuela Irene n'est, a priori, pas très sympathique. J'ai de toute façon beaucoup de mal avec les enfants-acteurs parce qu'on sent trop les directives du metteur en scène. Si le début est un peu difficile, le film permet peu à peu de mieux comprendre ce qui trouble ce gamin, en manque d'affection et solitaire, largué avec sa nounou dans un village du Yucatan. Il explore le territoire, retrouve deux compagnons d'errance aussi perdus que lui, , s'intéresse à un vieil homme mystérieux... Dans un village, il y a toujours quelques vieilles histoires qui traînent, légendes ou rumeurs, mais toutes ou presque tournent autour de la mort, le grand mystère que le gamin cherche à élucider.
Vu par un enfant de 8 ans, le monde est décidément bien étrange, il n'y a pas de vraie différence entre le monde réel et le monde imaginaire, il y a ce que l'enfant voit, ce qu'on lui dit, ce qu'il croit, les histoires qu'on lui raconte. C'est compliqué d'être un enfant et d'essayer de comprendre le monde, d'appréhender sa vérité. Et Rogelio, le gros gamin, est seul, sans personne pour l'aider à trouver son chemin. Malgré mes réticences premières, il me semble finalement que le film de Manuela Irene parvient plutôt bien à rendre ce désarroi existentiel.
Xibalba est le nom donné en maya k'iche' au monde souterrain dirigé par les dieux de la mort et de la maladie. Wikipedia

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