22 octobre 2007

L'amérique côté pile ou côté face ?

On peut dans un voyage se contenter du côté face - les maisons blanches aux volets verts, si pimpantes - et se dire que si Rousseau était venu en Amérique, c'est dans le Vermont qu'il se serait sans doute installé "Sur le penchant de quelque agréable colline bien ombragée, j'aurais une petite maison rustique, une maison blanche avec des contrevents verts."

Mais côté pile, les maisons ont parfois l'air un peu penché, balustres branlants, escaliers boiteux, chambranles affaissés, peintures écaillées ...

Celle-ci pourtant était à vendre et j'avoue que son petit côté "maison fantôme" ajoutait à son charme. Je crois même qu'à l'intérieur, il restait quelques meubles, et les rideaux étaient encore accrochés aux fenêtres.

Elle n'était pas très bien située, trop près de la route, mais si j'étais évrivain, j'en aurais fait, c'est certain, le décor de mon prochain roman ! A défaut de pouvoir l'acheter.

Un peu plus loin sur la route, nous sommes tombés sur une autre de ces maisons ... fantomatiques, tout aussi délabrée : la végétation peu à peu l'emportait sur la structure en bois qui, vue de profil, semblait prête à imploser. L'escalier qui menait à la galerie était depuis longtemps effondré mais, lorsque poussée par la curiosité je me suis approchée, j'ai cru entendre un peu de musique, des voix assourdies : une radio ? une télévision restée allumée ?

J'ai essayé de me renseigner. Mais dans le village personne ne semblait s'en soucier. Certains croyaient se souvenir que la maison avait, un temps, été habitée par un jeune homme un peu demeuré. Peut-être. Est-ce qu'il habitait toujours là ? Ou peut-être pas. Visiblement ils ne s'en souciaient guère... C'était pourtant un tout petit village, où chacun semblait connaître tout le monde comme nous avons pu le vérifier en déjeunant au
"Village pantry", sorte de "general store" comme on en trouve encore dans les coins les plus reculés des Etats-Unis, mais ici dans sa version chic.
Pour la version moins chic, voir ci-dessous

Comment se fait-il que j'ai pour cette Amérique là, une si grande tendresse ?

21 octobre 2007

Vermont

Pittoresque en français, "picturesque" en anglais. Quelle que soit la langue, c'est l'adjectif qui s'impose pour évoquer le Vermont.


Pittoresque le pont couvert en bois







Pittoresque le chalet en bois, tout neuf, mais construit sur le modèle des "log cabins" d'autrefois

















Pittoresque encore le village à deux rues : "Main street" et "First street", avec, regroupés autour d'un parc communal, l'hôtel de ville, l'église, la cour de justice, bâtiments officiels, civils ou religieux qui dans leur blancheur immaculée se ressemblent tous un peu :


















blancs, avec des volets verts, exactement comme les maisons d'ailleurs, plus petites certes, mais tout aussi coquettes avec leur porche, leurs jardinières suspendues et surtout, surtout les rocking chairs pour prendre le frais par les belles soirées de la fin de l'été.



Ces petits villages nous parlent d'une Amérique paisible, bon enfant.

Une Amérique rurale qui jouit en toute quiétude de sa prospérité, à peine touchée par la modernité, et le fracas du monde extérieur.

Une Amérique qui semble tout droit sortie du siècle précédent lorsqu'elle n'était encore qu'une colonie anglaise.

Illusion ? Réalité ? Une Amérique de carte postale en tout cas. Pittoresque donc.

Mais cette architecture, si pittoresque nous dit aussi le poids des traditions et du conformisme quand la seule variante d'un bâtiment à l'autre est la forme des fenêtres et des volets.


Que ces fenêtres soient fermées ....






ou bien ouvertes











Elles restent bien mystérieuses ...

20 octobre 2007

Fall foliage

Le Vermont devait être un des points forts de notre voyage puisque nous étions partis en Nouvelle Angleterre pour y voir - entre autres - ces fameux feuillages d'automne qui en font la réputation.

En fait, c'était un peu tôt en saison et la sècheresse aidant, nous n'avons eu droit qu'à des bribes du grand spectacle automnal.

Comme un avant goût avant d'y retourner, une autre année, vers la mi-octobre sans doute pour profiter à plein de l'incroyable palette des végétaux ?

Mais finalement, toutes ces couleurs, vous ne trouvez pas que c'est "un peu trop" ?

Un peu trop, vraiment ! On dirait un vieux chromo colorisé !

Mais ce qui est très amusant, c'est d'aller chercher sur Internet, les sites qui donnent l'avancée des couleurs sur la carte de Nouvelle Angleterre. Et ce grâce à un réseau de "foliage spotters", bénévoles et passionnés.
En voici au moins trois, le premier pour la Nouvelle Angleterre, le second pour le Vermont et le dernier pour le Maine

http://www.foliagenetwork.com/reports/northeast_us/
http://www.vtonly.com/forecast.htm
http://www.maine.gov/doc/foliage/

L'automne en Nouvelle Angleterre, comme si vous y étiez ! Enfin presque ...

19 octobre 2007

Le paysage dont je ne me lasse pas



Et si vous regardez bien, oui, il y avait un surfer ...
... qui sortait de l'eau, sa planche sous le bras !

18 octobre 2007

Trois images glanées

sur la plage ou dans les dunes de Cape Cod, derrière le phare de Race Point.

Un bois flotté ...


deux clous rouillés ...

un naufrage peut-être ...

mais déjà, la vie surgit.

Dormir dans un phare


Un rêve de gosse ? Un rêve de marin ? Un rêve de poète ?
Un rêve devenu réalité puisque qu'au bout du bout de Cape Cod, il existe un phare qui accueille quelques visiteurs de passage.
D'accord, nous n'avons pas vraiment dormi dans le phare, mais dans la maison du gardien; et puis ce n'est pas vraiment un hôtel puisqu' il a fallu apporter draps, serviettes, nourriture et même eau ! Mais ce sont là des détails, car lorsqu'on arrive au bout de la piste et qu'il n'y a plus que le phare, entre l'océan et les dunes...

lorsque, au soir tombant s'allume la lanterne

on se dit que vraiment rien ne vaut une chambre avec vue sur la mer !


Le phare de Race Point Light house n'est qu'un tout petit phare, de 40 pieds. Il a été construit une première fois en 1816 mais la structure actuelle date de 1876. Il appartient depuis 1995 à la New England Lighthouse Foundation qui a, à coeur, de le restaurer.
Le phare a été automatisé en 1987 et deux fois par an, une équipe de Coast Guards vient vérifier son fonctionnement.
Voici pour les détails techniques mais vous en apprendrez plus en allant sur http://www.rudyalicelighthouse.net/MassLgts/RacePt/RacePt.htm
ou http://www.racepointlighthouse.net/Pages/cover.html


Au petit matin, on se promène pendant des heures dans les dunes : le vent, le sable et la mer pour seul horizon. L'espace est immense, la végétation plus variée qu'on ne pourrait le croire; on discerne sur le sable de multiples traces, mouettes et autres oiseaux des mers, coyotes peut-être puisque le gardien nous a affirmé qu'il y en avait; on croise une grenouille qui, immobile sur le sable, tente de passer inaperçue.

Devant tant de beauté, l'esprit s'apaise... avant que ne vienne l'ennui ?

Mais non! nous n'aurons pas le temps de nous ennuyer car déjà il nous faut repartir.
Les oiseau des mers rarement se posent; un frémissement d'ailes et les voilà dans le ciel à s'agiter frénétiquement.



Ceux qui se posent ...

ce sont ...


... les pêcheurs, venus en nombre, dans leurs énormes 4x4, se garer, avec tout leur attirail - les cannes à pêche, les fauteuils, les glacières, les BBQ - au bord de l'eau, à ras de l'eau.
Paradoxe américain : dans une nature dont le caractère "sauvage" a été soigneusement préservé, un paysage propice à la contemplation, on croise des hordes mécanisées et parfois bruyantes (je me souviens encore des vrombissement des Harley Davidson transperçant le silence de Death Valley un dimanche matin ! )

Mais regardez bien les visages épanouis de ces deux pêcheurs de Race Point. Ils sont visiblement aussi heureux d'être là que je le suis. Alors ?



17 octobre 2007

Des livres et ... des citrouilles ?

Comment ça, je vous ai laissé tomber et vous n'avez plus rien à lire ?
Même pas vrai !
Oui, j'ai fait l'impasse sur les lundis classiques, mais depuis Septembre je vous ai proposé des tas d'auteurs ! Et pas les derniers des clampins !
Thoreau, Emerson, Alcott, Hawthorne, Junger, Kerouac.
Vous avec déjà tout lu ? Vraiment ?
Vous êtes insatiable !

Il faudra pourtant vous réfréner parce qu'il n'y aura pas de lundi classique avant Novembre !

Quelques citrouilles de plus pour vous faire patienter ?

16 octobre 2007

Un sandwich à Sandwich ?

Manger un sandwich à Sandwich - de préférence un BLT! - cela s'impose, même si le jeu de mots a été fait un million de fois !

Mais il y a d'autres raisons de s'arrêter à Sandwich, première ville après le Sagamore Bridge, quand on remonte le long de Cape Cod par le Old King Highway.

D'abord, il y a une très jolie et très ancienne maison du type "boîte de sel". Pour en savoir plus sur ces drôles de maison asymétriques, un modèle très courant en Nouvelle Angleterre, vous pouvez aller sur http://www.loc.gov/rr/print/list/175_sal1.html, mais j'aurais l'occasion de reparler de l'architecture coloniale américaine dans quelque temps sans doute.

En attendant, laissez-moi vous emmener du côté du musée automobile, un des fleurons de l' Heritage Museums and gardens de Sandwich.




































Quand passe le rêve américan ...





















Les images se passent de commentaires, non ?

15 octobre 2007

On the road

J'aurais aimé passer un jour de plus à Lowell, tant il y avait à voir, à faire : un musée du textile, un musée du quilt (mon grand regret) , un musée Whistler, car Lowell est le lieu de naissance de ce peintre mondain, portraitiste habile, un des peintre préférés de Proust.
http://www.ibiblio.org/wm/paint/auth/whistler/
Hélas, hélas, tous ces musées sont fermés le lundi et bien sûr nous étions lundi !

Je me suis consolée en allant voir l'exposition consacrée à Jack Kerouac, autre natif de Lowell.

Ah ! Kerouac ! auteur emblématique pour tous les amoureux des voyages et des vagabondages.
Auteur culte ? Oui sans doute; pourtant je dois avouer que la lecture de Sur la route, ne m'a pas laissé un souvenir impérissable. Un peu d'ennui peut-être ?
Je veux bien le relire pour lui donner sa chance, et même, lire un ou deux titres de plus, histoire de savoir vraiment à quoi m'en tenir.
Mais je me demande si le bonhomme n'a pas été totalement dépassé par son mythe.
Ce qui fait rêver, ce n'est pas l'objet littéraire lui-même; c'est l'apparente liberté avec laquelle lui, et ses copains de la Beat Generation ont vécu.
Ce qui fascine c'est l'audace avec laquelle ils ont remis en question le conformisme et le matérialisme dans lesquels l'Amérique des années 50 s'engluait.

Au musée, quand nous y sommes passés, était exposé le manuscrit de On the Road : un manuscrit de 120 pieds de long puisque Kerouac avait attaché ses feuilles bout à bout de façon à ne pas avoir à recharger sa machine et pouvoir ainsi taper sans interruption. Ce qui donne une idée de la frénésie avec laquelle il a rédigé son texte, achevé en moins de 3 semaines !

En tout cas, voici 2 sites pour en savoir plus.
http://ecommunity.uml.edu/jklowell/
http://www.ontheroadinlowell.org/

Sur le premier, en cliquant sur le micro vous pourrez entendre Kerouac lire un passage de Town and the city. La voix, le rythme des phrases ... c'est peut-être par ce livre que je devrais commencer, et, tant qu'à faire, en anglais !

14 octobre 2007

Lowell (fin)

L'industrie textile !
C'est la réponse à la question posée dans le précédent message.

Lowell (Massachussets) est une petite ville qui a dû sa prospérité au développement de l'industrie textile.

De l'eau en quantité suffisante pour fournir de l'énergie, un entrepreneur audacieux , une main d'oeuvre "docile", voici les trois éléments qui expliquent l'essor de la ville au XIXe siècle.

L'eau ? celle de la rivière Merrimack, (chantée par H.D. Thoreau et W.Whitman ! ) et surtout des chutes de Pawtucket (dénivelé de 32 pieds en moins d'un mile)

Le "patron" ? Francis Cabott Lowell (celui-là même qui a donné son nom à la ville), entrepreneur visionnaire - et paternaliste - soucieux d'appliquer en Nouvelle Angleterre les techniques qu'il avait pu observer lors d'un voyage dans la vieille Angleterre.

La main d'oeuvre "docile" ? des jeunes filles pauvres issues de la campagne, puis des immigrants venus du Canada tout proche, mais aussi bien de Grèce, de Pologne, d' Irlande, d'Italie, du Portugal, de Russie ou d'Arménie

Le résultat de cette combinaison c'est un développement industriel et urbain "modèle"... jusqu'à la crise de années 20.

Dans les années 50, toutes les usines ont fermé; la ville est en perdition.

Les machines ont été vendues; les bâtiments, déserts, ne sont plus entretenus. Des salles vides et partout le silence, après le vacarme et le fracas de la prospérité.

Aujourd'hui, Lowell est devenue une ville musée. Mais un musée vivant.
On se promène dans la ville, le long des canaux; on suit la voie de chemin de fer; les bâtiments industriels réhabilités sont devenus immeubles d'habitation ...
Le musée, immense, passionnant, permet de garder la mémoire de ce passé industriel.
Didactique, interactif, il permet de ressentir autant que de comprendre (mais lorsque le visiteur pénètre dans la salle des machines reconstituée, on lui donne des boules Quies pour protéger ses oreilles ! ).
Témoignages d'anciens : émouvants et parfois drôles. Débats enregistrés mettant en scène patrons capitalistes et délégués syndicaux : informatifs et intelligents !

... 5 heures plus tard nous y étions encore, même pas lassés, juste étonnés par la qualité de la muséographie et l'audace de certains propos sur la condition ouvrière, l'oppression puritaine, la répression policière au moment des grèves...
En territoire "rouge'" nous n'aurions pas été surpris. Mais ici, au coeur de l'Amérique ?

- Et bien ne s'agit-il pas tout simplement de liberté de parole et de démocratie ?

Oui, en effet.

13 octobre 2007

Lowell (suite)






Quel rapport entre les photos d'hier et celles d'aujourd'hui ?
Elles ont toutes été prises à Lowell (Masachussets) .....

12 octobre 2007

11 octobre 2007

Saenredam

Au musée de Boston je suis tombée sur ce tableau de Saenredam, qui rappellera à certains de mes étudiants un texte de Barthes sur le vide et le plein dans la peintures hollandaise qui les a fait damner.
J'aime bien Saenredam et ses églises vides, j'aime bien la peinture hollandaise toujours prête à déborder du tableau tant elle est pleine d'objets et de gens, et l'analyse de Barthes, fine, subtile, ouvrait des perspectives nouvelles sur la peinture, mais elle était, je l'avoue, très difficile à décoder pour un étudiant de 20 ans.