25 août 2026

Gaz-oil

 

 Gaz-oil, le film de Gilles Grangier passait à la télé; il avait déjà commencé quand je suis arrivée sur la chaîne (Arte évidemment!) et il m'a vite accrochée. C'est un polar, qui en réalité passionne moins pour son intrigue - un camionneur poursuivi par des truands qui croient qu'il leur a piqué leur magot - que par l'atmosphère : la France des années 50, très provinciale et surtout très franchouillarde, des routes étroites, sinueuses (on est en Auvergne), des véhicules, voitures ou camions, dont on peine à imaginer qu'ils ont vraiment existé, le tout filmé en noir et blanc, avec des cadrages et un sens de la lumière tout à fait épatants. Pas d'effets spéciaux, mais une poursuite camions contre voiture, à laquelle le montage alterné donne un rythme crescendo jusqu'à l' affrontement final. 

Gabin en chauffeur-routier, Jeanne Moreau en institutrice de classe unique, une distribution de seconds rôles  irréprochable... mais ce qui m'a le plus amusée dans ce film, c'est d'y voir un démenti, ou du moins un contre-exemple à la thèse développée par  Rob Grams qui se plaint de ne voir représentées au cinéma, que des professions supérieures, des bourgeois, des intellectuels ... C'est sans doute vrai aujourd'hui; ça l'était sans doute moins dans les cinéma français des années 50 où l'on mettait la marmite sur la table pour manger en bras de chemise. 

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