18 août 2026

Simona Lo Iacono, La gérisseuse de Catane

 Mais quelle idée d'avoir mis en couverture ce tableau de Waterhouse représentant Ophélia, personnage de fiction, amoureuse tragique qui finit noyée. Rien à voir avec Virdimura, personnage bien réel, dont l'existence et surtout les compétences sont attestées par une licence qui lui accorde l'autorisation d'exercer la médecine bien qu'elle soit femme et juive. Le document date de 1376 et c'est l'histoire de cette femme que Simona Lo Iacono entreprend de raconter, avec autant de fougue que de raison. Car reconstituer l'époque et le lieu, les conditions de vie, les règles sociales et les connaissances scientifiques auxquelles Virdimura avait accès, n'a rien d'évident. Le récit reste certes très romanesque et multiplie les péripéties,  mais si tout n'est pas absolument vrai, tout est au moins vraisemblable. 

L'histoire de Virdimura, première femme médecin, a de quoi réjouir les féministes, mais le succès du roman de Simona Lo Iacono s'explique aussi par les thèmes sociétaux abordés, en particulier celui de la bienveillance et du soin, celui de la tolérance, celui de la distinction entre nécessaire et superflu,  mais aussi celui de la démarche scientifique fondée sur la transmission des connaissances, et plus encore sur l'observation, l'hypothèse et l'expérimentation. L'histoire de la guérisseuse de Catane se déroule à la fin du Moyen-âge, un moment charnière de l'histoire du monde; mais elle nous parle aussi d'aujourd'hui.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Couverture française, couverture italienne. J'aurais préféré la femme à la chevelure flamboyante , plus conforme à la description de Virdimura dans le livre ? 

https://fr.italiani.it/virdimura-un-chemin-vers-la-premi%C3%A8re-femme-m%C3%A9decin-au-monde/


Aucun commentaire: