Fjord ? Un pensum de 2h26 pour obliger le spectateur à penser plus loin que le bout de son nez (ou de sa culture). Je n'ai rien contre les films qui poussent à la réflexion, mais celui-ci vous y contraint car c'est son seul propos. Et malgré les apparences, Mungiu ne fait pas dans la nuance. L'extrémisme des deux parties fausse le jeu : permissivité éducative d'un côté, rigorisme autoritaire de l'autre, absolutisme juridique contre absolutisme religieux. La recherche d'un compromis ? Une plaidoirie pour le juste milieu ? Même pas, puisque la seule solution c'est la fuite qui laisse chacun camper sur ses positions.
Même si les questions soulevées par le réalisateur sont effectivement essentielles, même si le jeu des acteurs, les dialogues, la mise en scène, les images glaciales de ce fjord norvégien, neige blanche, eaux noires contribuent à faire de Fjord un bon film, j'ai l'impression d'avoir été constamment manipulée. Convoquée au tribunal en tant que juré avec l'obligation de trancher dans cette étude de cas.
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