15 octobre 2007

On the road

J'aurais aimé passer un jour de plus à Lowell, tant il y avait à voir, à faire : un musée du textile, un musée du quilt (mon grand regret) , un musée Whistler, car Lowell est le lieu de naissance de ce peintre mondain, portraitiste habile, un des peintre préférés de Proust.
http://www.ibiblio.org/wm/paint/auth/whistler/
Hélas, hélas, tous ces musées sont fermés le lundi et bien sûr nous étions lundi !

Je me suis consolée en allant voir l'exposition consacrée à Jack Kerouac, autre natif de Lowell.

Ah ! Kerouac ! auteur emblématique pour tous les amoureux des voyages et des vagabondages.
Auteur culte ? Oui sans doute; pourtant je dois avouer que la lecture de Sur la route, ne m'a pas laissé un souvenir impérissable. Un peu d'ennui peut-être ?
Je veux bien le relire pour lui donner sa chance, et même, lire un ou deux titres de plus, histoire de savoir vraiment à quoi m'en tenir.
Mais je me demande si le bonhomme n'a pas été totalement dépassé par son mythe.
Ce qui fait rêver, ce n'est pas l'objet littéraire lui-même; c'est l'apparente liberté avec laquelle lui, et ses copains de la Beat Generation ont vécu.
Ce qui fascine c'est l'audace avec laquelle ils ont remis en question le conformisme et le matérialisme dans lesquels l'Amérique des années 50 s'engluait.

Au musée, quand nous y sommes passés, était exposé le manuscrit de On the Road : un manuscrit de 120 pieds de long puisque Kerouac avait attaché ses feuilles bout à bout de façon à ne pas avoir à recharger sa machine et pouvoir ainsi taper sans interruption. Ce qui donne une idée de la frénésie avec laquelle il a rédigé son texte, achevé en moins de 3 semaines !

En tout cas, voici 2 sites pour en savoir plus.
http://ecommunity.uml.edu/jklowell/
http://www.ontheroadinlowell.org/

Sur le premier, en cliquant sur le micro vous pourrez entendre Kerouac lire un passage de Town and the city. La voix, le rythme des phrases ... c'est peut-être par ce livre que je devrais commencer, et, tant qu'à faire, en anglais !

14 octobre 2007

Lowell (fin)

L'industrie textile !
C'est la réponse à la question posée dans le précédent message.

Lowell (Massachussets) est une petite ville qui a dû sa prospérité au développement de l'industrie textile.

De l'eau en quantité suffisante pour fournir de l'énergie, un entrepreneur audacieux , une main d'oeuvre "docile", voici les trois éléments qui expliquent l'essor de la ville au XIXe siècle.

L'eau ? celle de la rivière Merrimack, (chantée par H.D. Thoreau et W.Whitman ! ) et surtout des chutes de Pawtucket (dénivelé de 32 pieds en moins d'un mile)

Le "patron" ? Francis Cabott Lowell (celui-là même qui a donné son nom à la ville), entrepreneur visionnaire - et paternaliste - soucieux d'appliquer en Nouvelle Angleterre les techniques qu'il avait pu observer lors d'un voyage dans la vieille Angleterre.

La main d'oeuvre "docile" ? des jeunes filles pauvres issues de la campagne, puis des immigrants venus du Canada tout proche, mais aussi bien de Grèce, de Pologne, d' Irlande, d'Italie, du Portugal, de Russie ou d'Arménie

Le résultat de cette combinaison c'est un développement industriel et urbain "modèle"... jusqu'à la crise de années 20.

Dans les années 50, toutes les usines ont fermé; la ville est en perdition.

Les machines ont été vendues; les bâtiments, déserts, ne sont plus entretenus. Des salles vides et partout le silence, après le vacarme et le fracas de la prospérité.

Aujourd'hui, Lowell est devenue une ville musée. Mais un musée vivant.
On se promène dans la ville, le long des canaux; on suit la voie de chemin de fer; les bâtiments industriels réhabilités sont devenus immeubles d'habitation ...
Le musée, immense, passionnant, permet de garder la mémoire de ce passé industriel.
Didactique, interactif, il permet de ressentir autant que de comprendre (mais lorsque le visiteur pénètre dans la salle des machines reconstituée, on lui donne des boules Quies pour protéger ses oreilles ! ).
Témoignages d'anciens : émouvants et parfois drôles. Débats enregistrés mettant en scène patrons capitalistes et délégués syndicaux : informatifs et intelligents !

... 5 heures plus tard nous y étions encore, même pas lassés, juste étonnés par la qualité de la muséographie et l'audace de certains propos sur la condition ouvrière, l'oppression puritaine, la répression policière au moment des grèves...
En territoire "rouge'" nous n'aurions pas été surpris. Mais ici, au coeur de l'Amérique ?

- Et bien ne s'agit-il pas tout simplement de liberté de parole et de démocratie ?

Oui, en effet.

13 octobre 2007

Lowell (suite)






Quel rapport entre les photos d'hier et celles d'aujourd'hui ?
Elles ont toutes été prises à Lowell (Masachussets) .....

12 octobre 2007

11 octobre 2007

Saenredam

Au musée de Boston je suis tombée sur ce tableau de Saenredam, qui rappellera à certains de mes étudiants un texte de Barthes sur le vide et le plein dans la peintures hollandaise qui les a fait damner.
J'aime bien Saenredam et ses églises vides, j'aime bien la peinture hollandaise toujours prête à déborder du tableau tant elle est pleine d'objets et de gens, et l'analyse de Barthes, fine, subtile, ouvrait des perspectives nouvelles sur la peinture, mais elle était, je l'avoue, très difficile à décoder pour un étudiant de 20 ans.

Drama and Desire

Encore un musée, encore un site à explorer :
Boston Museum of Fine Arts (abrégé en MFA!?)
http://www.mfa.org/index.asp

Faut-il s'étonner que j'aie trouvé la collection d'arts asiatiques particulièrement intéressante ?
Il est vrai qu'il y avait, le jour où je l'ai visitée, une superbe exposition de peintures japonaises de la période Edo.

Drama and Desire Japanese
paintings from the floating world 1690-1850

Danc cette exposition il y avait comme il se doit, un certain nombre de peintures de Hokusaï, en particulier une extraordinaire chute d'eau, une longue peinture verticale, presque abstraite avec, si je me souviens bien, minuscule silhouette, un enfant au pied de la chute.

Il y avait aussi une peinture de la fille d'Hokusaï, Katsushika Ôi.

Voici le commentaire que vous pourrez lire sur le site du musée :

"Always at her father’s beck and call, Katsushika Ôi, Hokusai’s daughter, took the name by which we know her today from the somewhat vulgar expression “come here [oi].” However, as this painting attests, she was an accomplished artist in her own right."

Cruel destin que celui des filles de peintre qui n'ont le droit de cultiver leur talent que dans le dos de leur père et n'atteignent la notoriété qu'en tant que "fille de ...". En Italie, elle s'appelait Artemisia Gentileschi ! Elle était, elle aussi, sacrément douée et son portrait de Judith décapitant Holophèrne est d'une beauté effrayante.



10 octobre 2007

Salem : le Peabody Essex Museum

Un de ces musées où l'on passerait volontiers une journée entière tant il y a de choses à découvrir
http://www.pem.org/homepage/

Et pour mes amis sinophiles
http://www.pem.org/yinyutang/

Une vraie maison chinoise sur cour carrée, transportée depuis la province d'Anhui jusqu'au Massachussets !

La visite de la maison était passionnante, mais franchement, la visite du site me laisse bouche bée !

09 octobre 2007

Marblehead et la dame à la crème de violette

Marblehead est une ravissante petite ville maritime sur la côte du Massachussets, un peu au Nord de Boston.
Une petite ville historique et coquette où chaque propriétaire semble rivaliser avec son voisin pour peindre sa façade d'une couleur tendre, fleurir ses fenêtres et faire briller ses cuivres.

Voici pour la mer ...

Et voici pour l'architecture historique ...








Avec le choix entre ...


"georgien", à gauche



"greek revival, à droite
















Voici pour les couleurs pastel ...


Et voici pour les jardinières, toujours composées en harmonie avec l'architecture de la maison ...
Des asters pour la porte violette

Des hydrangés pour la balustrade blanche

















Pas la moindre faute de goût dans cette petite ville au charme très apprêté.

Mais les villes et les lieux que l'on visite ne sont rien sans les gens qu'on y rencontre. Alors voilà :
Il y a à Marblehead, comme dans toutes les petites villes du même genre, un petit -très petit - musée qui est aussi le siège de l'association historique locale. Dans ce musée, une salle entière est consacrée aux oeuvres de J.O.J. Frost qui, à 70 ans, décide de se mettre à la peinture, une peinture sans autre intention que de garder vivant le souvenir de la vie à Marblehead.


(Si cela vous intéresse, vous saurez tout sur J.O.J. Frost en allant sur :
http://www.legendinc.com/Pages/MarbleheadNet/MM/Articles/JOJFrost.html)

Pendant notre visite, la dame de permanence au musée s'adresse soudain à nous, en anglais, pour nous demander si nous avons entendu parler de la "crème de violette" (en français dans le texte). Bien sûr nous ignorons tout de la crème de violette, mais nous découvrons peu à peu que la crème de violette est une liqueur à bas de ... violette, un peu comme la crème de cassis, que cette dame avait l'habitude de s'en procurer lors de ses voyages en France, mais que la crème de violette est désormais impossible à trouver, même chez Fauchon et qu'elle en est vraiment désolée car elle pouvait surprendre ses invités avec un dessert original, la crème de violette a une si jolie couleur !

Française, j'était supposée tout savoir sur la crème de violette et je n'en savais rien !
De quoi remettre en question mon identité française ! Et pourquoi pas mon passeport ....


Et bien, depuis, je sais tout sur la crème de violette. D'abord on en trouve dans mon quartier !
Enfin pas loin de chez moi. J'en ai acheté, je l'ai reniflée (délicieux parfum de... violette), je l'ai goûtée : quelques gouttes dans un verre de champagne ... mfff, peut-être pas le meilleur accord ! Mais j'essayerai d'autres combinaisons parce que j'ai trouvé plein de recettes avec crème de violette sur le net.

Que la crème de violette soit ou non une découverte gastronomique m'importe peu, en réalité; ce qui m'importe c'est le souvenir que je garderai, grâce à la crème de violette, de ma conversation avec cette dame, de J.O.J Frost, de Marblehead et de son petit musée.

http://www.marbleheadmuseum.org/

Blogger ou voyager

Il faut choisir.
Ou alors changer de cadence.
Voyager plus lentement pour écrire plus souvent.
Rédiger plus rapidement ?
Préférer le spontané ?
Privilégier l'immédiateté ?

En tout cas je n'ai pas tenu le rythme et le goût du voyage l'a emporté sur celui de l'écriture.
Ce sera donc un voyage en différé, sans doute interrompu par toutes sortes d'incidences, de chemins de traverse.
Mais rien ni personne ne m'oblige alors....

Voici encore quelques citrouilles, puisqu'à cette saison elles sont partout.

22 septembre 2007

Apple season in New England

En ce moment les pommiers croulent sous les fruits, de beaux fruits rouges qu'il suffit de frotter un peu pour les faire briller.

Au supermarché, parmi toutes les variétés proposées, il y en a une qui me plaît particulièrement : elle est bien ronde, rouge avec quelques traces vertes, comme les pommes qu'on voit dans les livres d'image. Sa peau est fine, sa chair ferme sans être dure, d'une belle couleur nacrée. Elle est bonne à croquer crue, juteuse, acidulée et parfaite pour les tartes, crumbles et autres desserts aux pommes.

Mais si j'ai une préférence pour cette variété sur toutes les autres, c 'est qu'elle porte le même nom que mon ordinateur préféré : Mac Intosh !

Je peux désormais parler indifféremment d' une Mac Intosh ou d'un Mac Intosh, mais quel que soit le genre, ce sera pour mon plaisir !



So... would you like an apple ?

21 septembre 2007

Prairies, forêts...

Ce qui est bien en Nouvelle Angleterre, c'est la diversité des paysages si bien qu'un jour ne ressemble jamais au précédent. Et si l'on se lasse des paysages marins - comment peut-on jamais s'en lasser ? - il suffit d'aller marcher le long des prairies sauvages pour changer d'horizon et se perdre dans des herbes si hautes qu'on pourrait facilement s'y perdre.

20 septembre 2007

Wet meadows

En se retirant, la mer et le vent ont laissé les herbes de la prairie tout ébouriffées !

Et moi je m'essouffle a essayer de tenir ce blog au rythme de mes découvertes ....

19 septembre 2007

En flanant le long des quais de Rockport ...

Devant ces casiers si précisément empilés, si sagement rangés, ces flotteurs, aux couleurs si suaves, couleurs de dragées...

Qui pourrait croire que la mer est parfois violente, sauvage et cruelle ?

18 septembre 2007

Citrouilles

A cette saison, elles sont partout, dans les jardins, sur les marchés, et bientôt dans nos assiettes !


















Elles mûrissent doucement ...






















... sous le dernier soleil de l'été qui dessine sur leurs rondeurs des ombres inquiétantes.

Les sorcières d'Halloween ne sont pas loin !

Mais je n'ai que faire des sorcières; les citrouilles en revanchent me ravissent. Car elles se prêtent à toutes les recettes. En France, on les prépare comme des légumes : soupe, purée, gratin. En Amérique on en fait plutôt des tartes ou des cakes.
Mais que les recettes soit salées ou sucrées il convient de les relever avec quelques épices : cannelle, girofle , quatre épices....
Tapez "pumpkins" sur votre moteur de recherche préféré et vous croulerez sous le nombre des recettes !

17 septembre 2007

Gloucester, Rockport, Halibut point...


Mon avant-dernier billet évoquait la grande tempête de 91, restée célèbre dans les annales de Gloucester (même sans roman et sans film ! )
Pourtant ce n'était pas la première à se précipiter sur cette côte de Nouvelle-Angleterre comme en témoigne la statue du "Man at the wheel" et surtout les plaques de bronze qui portent les noms des milliers de marins perdus en mer depuis 1723 !

Pourtant, quand nous sommes passés à Gloucester, la mer était calme

et les bateaux sagement rangés au port.