20 mai 2021

Ojoloco 2021 : Mama, mama, mama

 Le festival Ojoloco qui permettait à tous les amoureux du cinéma espagnol, portugais et sud-américain de découvrir beaucoup de films en VO,  mais permettait surtout à tous les "aficionados" de se retrouver dans les couloirs du Méliès ou de la cinémathèque pour commenter, discuter, échanger coups de coeurs ou déceptions n'existe plus que  dans une version "en ligne". Ce qui est déjà pas mal,  mais dommage pour les rencontres impromptues et les discussions sauvages. 

Restent les films. Et le premier  que j'ai eu l'occasion de visionner en ligne, Mamà, mamà, mamà,  premier film d'une jeune réalisatrice argentine, Sol Berruezo Pichon-Rivière, est plus que prometteur.

  Une tragédie a eu lieu, une petite fille est morte, mais on ne fait que le deviner, parce que le sujet du film, ce n'est pas l'accident, mais la façon dont une famille vit le deuil. Une famille composée exclusivement de femmes et de petites filles : autour de Cléo, la soeur de l'enfant disparue, ses 4 cousines, sa mère et sa tante. 

 

Le film pourrait être désespéré, mais il ne l'est pas, par la grâce de la caméra qui frôle les visages et les corps alanguis, en plans souvent resserrés, par l'accent mis sur les couleurs pastel où domine le rose, sur les rondeurs d'un univers qui fait parfois penser aussi bien aux baigneuses de Chardin qu'aux films de Sofia Coppola. Le film pourrait être mièvre par excès de féminité, mais il ne l'est pas, il est juste poignant.


BTC

 Back to Culture Day ... notre D-Day à nous les cultureux !  Il était temps ! 

Alors 3 films, un passage au musée et un prix littéraire, il fallait au moins cela pour marquer le jour. 

 Le livre, qui a obtenu le Prix Littéraire UIAD,  Pataognie route 203 d'Eduardo Fernando Varela, j'en ai parlé ici


De ma visite au musée j'ai retenu une petite aquerelle quasi évanescente de Morandi

ainsi qu' un tableau de Leonardo Cremonini avec une fenêtre ouverte évocatrice de vacances à la mer et de liberté.

Enfin, des trois films vus, seul Mandibules de l'inénarrable Quentin Dupieux m'a vraiment séduite, parce que les mésaventures totalement loufoques de deux individus totalement déjantés offrent une occasion de rire qui me manquait depuis longtemps.


 


19 mai 2021

Petite fille devant la mer

Que faisait cette petite fille devant la mer ?  
 
Elle lançait un caillou, saluait le soleil, essayait de toucher l'aile volante, d'attraper son rêve ? 
 
Gracieuse, infiniment.
 
Energique, certainement.


18 mai 2021

Au loin un grain...

 

Le ciel est bleu, la mer est verte, le vent fait écumer les vagues. Les îles claires et nettes à l'horizon. 

Juste ce rideau gris sur la droite ...

  

 ... qui soudain explose.  

Le kite du surfeur passe et repasse, tire des bords et s'envole au dessus de l'horizon.

Mais déjà le grain s'éloigne, vers la ville, ne laissant qu'un peu d'écume sur les cailloux. 



17 mai 2021

Matinée au parc

Seul, à deux ou à plusieurs, il y a mille et une façon de se distraire dans un parc. 

Flirter  peut-être ...

 

ou juste papoter...

 

Retrouver ses copines pour un cours de taïchi (la forme de l'épée !)


Faire sa gym, seule sur son carré d'herbe.
 

Ou s'entraîner à la boxe avec un coach. 

Et bien sûr braquer son objectif sur tout le monde, ne déranger personne et rater la moitié de ses photos !

Mais aussi ... 

découvrir sous la statue de Lamartine (Alphonse !) une citation un brin pompeuse, mais bienvenue !





16 mai 2021

Les colonnades du Palais Longchamp


 Le Palais Longchamp est évidemment fermé, mais on peut circuler le long des deux colonnades en haut des marches et suivre les jeux de lumière d'une colonne à l'autre.

Certains bien sûr ne font que traverser...

15 mai 2021

10 mai 2021

Trouver le bon rouge

 Rien de plus difficile ! Car entre la couleur perçue par l'oeil et la couleur enregistrée par l'objectif et transcrite sur l'écran, il y a toujours un écart considérable.

 

Je peux bien changer l'angle de prise de vue, faire varier l'éclairage, l'écart reste ...considérable ! 

Alors je bidouille, je pousse au hasard le curseur vers la gauche ou la droite, pour essayer de restituer au mieux ce que mon oeil a perçu. J'essaye de me rapprocher d'une couleur officiellement nommée : Rubis, Grenat, Bordeau, Bourgogne, Amarante, Pourpre, Sang de boeuf, Rouge de Falun ... tiens, celui-là je ne le connaissais pas !  


 Et finalement - provisoirement ? - je renonce parce que, quel que soit le résultat, la vraie couleur est toujours celle de la pivoine dans le vase. Jamais celle de la photo.
 

08 mai 2021

Jean D'Amérique, Soleil à coudre


 Haïti, une île, un pays. Tellement massacrée depuis si longtemps que l'on se demande comment on peut faire autre chose que survivre, coincé entre la violence des éléments et celle des hommes. 

Jean d'Amérique est un poète dramaturge haïtien qui avec Soleil à coudre s'essaye au roman. La langue aux sonorités fortes et au rythme forcené, souvent suggère plus qu'elle ne décrit parce que la misère,  quand elle côtoie la prostitution, l'alcoolisme, la violence et le meurtre est impossible à dire avec les mots de tous les jours. Parce que le malheur quand il est quotidien est au-delà des mots. 

Tête-Fêlée n'est qu'une petite fille mais dans sa vie tout va de travers depuis le début. Son vrai père s'est barré à sa naissance, sa mère se vend au plus offrant, et celui qu'elle appelle papa, un tueur à la solde d'un chef de gang, n'hésite pas à l'engager dans ses combines illégales. Son seul réconfort dans cette vie de misère c'est une compagne de classe, la fille d'un professeur...

Jean d'Amérique n'épargne pas son lecteur. Pourquoi le ferait-il puisqu'il ne fait que refléter la réalité de cette île maudite, qui n'échappe à une dictature que pour retomber dans une autre, où les gangs et autres escadrons de la mort règnent en maîtres. Non Jean d'Amérique ne cherche pas à séduire, il cherche juste à faire comprendre autant qu'à émouvoir. Mais si je comprends ses intentions, je suis malgré tout restée trop souvent en dehors du récit. Peut-être parce que la langue  qui se veut brute autant que brutale est très/trop travaillée. Peut-être aussi parce que Soleil à coudre est un texte à dire, plus qu'à lire.

06 mai 2021

05 mai 2021

Le vent de la plaine

Voilà qui est plutôt surprenant : la délicieuse et si raffinée Audrey Hepburn dans un western de John Huston  ! Avec Burt Lancaster et Lillian Gish! Etrange assemblage dans un étrange western.


Dans la famille Zachary ils sont 3 frères, et une seule fille, adoptée à sa naissance; un fou errant brandissant une épée, affirme qu'elle est indienne et qu'elle a été volée à sa tribu. Le scénario est un peu plus complexe que ces indications, mais quels que soient les rôles et les personnages annexes c'est bien de cela qu'il s'agit : une enfant volée, soit! Mais une indienne ! vous n'y pensez pas !

Dans ce film qui date de 1960 et qui évoque la dure vie des pionniers du XIXe siècle, c'est en effet de racisme qu'il s'agit, un racisme anti-indien dont John Huston s'attache à montrer la radicalité.  Si l'on en croit les historiens du cinéma, John Huston détestait ce film, qui n'était à ses yeux qu'un film d'action de plus et non pas le film antiraciste qu'il avait l'intention de tourner. Qu'il soit rassuré : les coups de fusil, la chasse à l'homme, l'attaque des Indiens et même l'incendie final ne font pas oublier que tous - sa mère et son frère excepté - rejettent la jeune Rachel dès qu'elle est soupçonnée de n'être pas blanche ! Le message n'est pas difficile à décoder et il est suffisamment appuyé pour ne pas se perdre dans la fascination pour les scènes d'action.

02 mai 2021

Susie Morgenstern, Mes 18 exils

C'est un livre qui lui ressemble : drôle, tonique, mais aussi grave par moments. Douloureux parfois mais toujours emporté par une force de vie, une exaltation, une façon de savourer les petits et les grands plaisirs de la vie quotidienne. 

 

 

Susie Morgenstern raconte sa vie, à la façon qui lui est propre et même si l'inventaire de ses 18 exils s'adresse à des adultes, le ton, à la fois fantasque et réaliste est bien celui des livres pour enfants que l'on connaît, des livres déjà largement inspirés par sa propre expérience de vie : l'enfance américaine, l'éducation juive, la rencontre du grand amour en Israel, l'expatriation, la maternité, la maladie, la vieillesse, la mort .... la vie de tout le monde ou presque, mais vécu intensément, avec avidité même.  Susie dévore la vie, en savoure les douceurs et s'accommode de son fiel parce que la vie est un festin dont on ne choisit pas les plats.
 

01 mai 2021

Paolo Cognetti, Carnets de New York

Je ne sais pas dans quelle catégorie ranger ce livre si ce n'est que, pour moi, il fait partie des livres délicieux, ne serait-ce qu'en raison de sa couverture : l'aquarelle aux teintes douces détonne par rapport aux clichés habituels sur la ville de pierre et de métal et l'on imagine immédiatement que ce voyage à New York sera sans doute ... différent !


 New York donc raconté au fil des séjours répétés du jeune italien, qui déambule de quartiers en quartiers et explore la ville plutôt par ses marges que par son centre. L'auteur reconnaît d'ailleurs avoir un peu de mal  avec Midtown (au Nord de la 14e rue) parce que : "Toute l'iconographie de la ville vient de cet endroit, car c'est la partie de Manhattan qui a été construite à son âge d'or : entre les années 1920 et 1950, quand l'Amérique commençait à asseoir son pouvoir sur le monde. Tout, ici, évoque la richesse et la domination. Tout a été raconté et célébré, tout est déjà littérature. " 

Mais en deçà et au-delà de Midtown la ville est encore immense et elle a tant à offrir à l'esprit curieux qui s'aventure vers le Sud, ou le Nord, mais aussi de l'autre côté de l'East river, vers Brooklyn ou le Queens. Visiteur curieux, l'auteur flâne, déambule plus qu'il n'explore, retrouve le souvenir des écrivains qui ont marqué la ville. Il n'est pas le voyageur d'un jour mais celui qui année après année revient à New York, un habitant de NY plus qu'un touriste, celui qui ne se contente pas d'aimer la ville, fasciné, hébété devant sa beauté,  mais celui qui n'a de cesse de la connaître, de la comprendre. 

Carnets de New York peut sans doute être classé parmi les récits de voyage, mais c'est avant tout une histoire d'amour.