08 février 2006

Au marché de Samarcande...

... cette dame dormait paisiblement, indifférente au vacarme, indifférente à l'agitation des chalands et des marchands autour d'elle.

Le temps d'un voyage, j'interromps ce blog et le laisse dormir, comme cette dame...
A bientôt.

02 février 2006

Si c'était...

Si c'était un pierre, ce serait du jade, précieux mais pas ostentatoire....
Si c'était une fleur ? un arum aux lignes épurées, blanc sans doute
Si c'était une couleur.... ce serait une quasi absence de couleur, du bistre, du gris, du beige, un peu de blanc
Si c'était une saison, ce serait l'hiver
Si c'était un écrivain, ce serait Haruki Murakami, bien sûr
Mais c'est un film, un très beau (premier?) film de Jun Ichikawa : Tony Takitani.
Le film ne plaira pas à tout le monde, mais il plaira à ceux qui aiment les histoires en demi teintes, les histoires douces et même un peu tristes, les personnages étranges et comme sortis d'un rêve. Il plaira surtout à ceux qui aiment cet art de "l'understatement"qu'on trouve aussi chez Kazuo Ishiguro.
Le film ne passe que dans 10 salles en France, alors dépéchez-vous ce serait dommage de la manquer.

Jun Ichikawa, TONY TAKITANI d'après une nouvelle de Haruki Murakami
Haruki Murakami, APRES LE TREMBLEMENT DE TERRE, 10/18; Un recueil de nouvelles, le seul livre de lui que j'ai lu jusqu'à présent mais je n'en resterai pas là!

28 janvier 2006

Eloge du cosmopolitisme

Lorsqu'on lui demandait de quel pays il était, Socrate - mais était-ce bien Socrate ? n'était-ce pas plutôt Sénèque ? - le philosophe donc répondait qu'il était "citoyen de l'univers". Apocryphe ou non, la réponse est jolie. Suffisamment jolie pour que je sois tentée de la faire mienne.
D'ailleurs il m'a toujours semblé que le meilleur moyen d'accéder à cette citoyenneté universelle était le voyage et ... la lecture. Deux activités que je pratique assiduement.
Lire la littérature étrangère, même en traduction, peut être parfois très dépaysant. Exotique même, à condition de prendre le terme dans son sens propre et d'oublier un instant le sable et les cocotiers. Mais il arrive bien plus souvent que le principe d'identification joue à plein, que l'auteur soit italien, américain ou chinois. Et dans ce cas, je me sens tout à fait italienne, américaine ou chinoise, oui, chinoise! Les différences culturelles ne jouent qu'en surface. C'est un chatoiement séduisant, mais un leurre. L'humanité est une, en dépit des apparences. Plus je m'aventure dans les littératures étrangères, plus je m'en persuade.
Prenez au hasard, un Italo Calvino, un Heinrich Boll, un Colum McCann, un Agustin Gomez-Arcos, un Driss Chraïbi, un Orhan Pamuk, un Yi Munyôl; et après demandez-vous s'il est bien raisonnable de vouloir faire tenir la littérature dans un hexagone.

27 janvier 2006

Un oiseau


L'oiseau qui jamais ne dort ?
je crois plutôt qu'elle se faisait prier
pour se faire photographier...


20 janvier 2006

Antsiva

Si, au beau milieu de l'hiver vous rêvez de soleil et de lagons bleus, de sable et de cocotier, allez faire un tour sur: http://perso.wanadoo.fr/antsiva/ Vous verrez, cela console de bien des froidures, de bien des grisailles.

Sokal

Ce n'est pas un Sokal comme les autres : d'abord, il n'y a pas d'inspecteur Canardo, et les personnages n'ont pas de têtes d'animaux (quoi que...); ensuite ce n'est même pas lui qui a fait le dessin, mais Bingono. Sokal lui n'a fait que le scénario. Mais on ne résiste pas à un Sokal !
Dès les premières pages, on se prend au jeu. On passe d'un personnage à l'autre - sans savoir vraiment qui et le bon, qui est le méchant -, d'un paysage à l'autre : une rivière dans la jungle, une ville vaguement orientale, une jeune femme amnésique, d'étranges papillons blancs, des rebelles au bord de la ville, un léopard, une mystérieuse cicatrice....l'intrigue se met doucement en place, riche de promesses.... hélas, pour le prochain épisode!
Dire qu'il va falloir attendre des mois avant de connaître la suite!

Sokal, Bingono, PARADISE LA SAISON DES ORAGES, Casterman (White birds), 2005

03 janvier 2006

Neruda et Skarmeta

Un ami vient de m'adresser ses voeux accompagnés d'un très beau poème de Pablo Neruda.

" Il meurt lentement celui qui ne voyage pas, celui qui ne lit pas .... "

Et je me souviens d'avoir lu, il y longtemps déjà, un livre de Skarmeta qui raconte l'histoire de Mario Jimenez qui devint facteur un peu par hasard mais beaucoup par admiration pour le grand poète chilien. Ce livre est un régal ; tout y est : l'amour, la mer, la poésie, la politique; tout y est si léger d'abord, si grave ensuite, quand le ciel se couvre, quand meurt la démocratie. C'était à Santiago du Chili en 1973. Un roman que l'on n'oublie pas.
On en a fait un film : Il Postino. Je ne l'ai pas vu et n'irai pas le voir : le livre me suffit.

Antonio Skarmeta, UNE ARDENTE PATIENCE, Seuil (Point Virgule), 1987

02 janvier 2006

"C'était à Mégara, faubourg de Carthage, dans les jardins d'Hamilcar..."

C'est à mes yeux le plus bel incipit de la littérature française, mais je n'ai jamais été plus loin que les jardins d'Hamilcar !

2006



Ouf, les fêtes sont passées. Alors entrons dans la nouvelle année avec enthousiasme; elle sera, je l'espère, aussi colorée que lumineuse mais surtout conviviale et chaleureuse !

22 décembre 2005

Lonesome Jim

Lonesome Jim est le meilleur film que j'ai vu cet automne. Mais comment donner envie d'aller voir l'histoire de cette famille ordinaire dans une petite ville de l'Amérique rurale. Jim, le personnage principal est un dépressif chronique qui porte sur l'existence un regard aussi lucide que désespéré. Et son désespoir est contagieux....
Mais si vous aimez les livres de John Fante, vous aimerez ce film de Steve Buscemi. En effet, le réalisateur comme l'écrivain donnent à voir une Amérique, loin, très loin du rêve américain. C'est une Amérique de la laideur et de la médiocrité; l'Amérique des perdants et des anti-héros. Mais loin de se moquer de ses personnages, Steve Buscemi les peint avec beaucoup de justesse et même une certaine tendresse que l'on finit par partager.

Steve Buscemi, LONESOME JIM
Avec Casey Affleck, Liv Tyler, Mary Kay Place
Film américain.
Genre : Drame
Durée : 1h 31min.
Année de production : 2005

Et les livres de John Fante : BANDINI, MON CHIEN STUPIDE, BUNKER HILL, LE VIN DE LA JEUNESSE etc...

14 décembre 2005

La Route mandarine



C'est un livre tout à fait passionnant qui s'impose si vous préparez un voyage au Vietnam, au Cambodge ou au Laos. Mais si tel n'est pas le cas, lisez-le quand même; car Dorgelès n'est pas tout à fait un voyageur comme les autres.

"Cette Indo-chine, transfigurée par un demi-siècle d'occupation, bouleversée par nos découvertes, offre tout autant d'imprévu que l'Extrême-Orient momifié qui sommeillait depuis des siècles dans sa robe de soie jaune. Pourquoi ne vouloir aimer que ce que d'autres aimèrent avant nous, ne saluer la beauté que consacrée par le temps, ne reconnaître pour original que ce qui est devenu poncif ? Ce qui étonne, c'est l'inattendu. Or je ne suis aucunement surpris de trouver ces paysages tropicaux, ces merveilleux vestiges : je savais les rencontrer là. Je ne suis pas étonné par ces moeurs asiatiques : ce pays est le leur. Mais ce qui me confond, c'est ce contraste continuel d'archaïsme et de modernisme, c'est la rencontre insolite de ces deux civilisations que des millénaires séparent."

Ce texte date de 1925. Toujours d'actualité pourtant!
Comme le suivant :

Un nouvel exotisme est né et il est l'heure de dire adieu à l'Extrême-Orient de nos lectures. la monstrueuse machine qui roule sur le monde pour en faire les cinq parties pareilles a passé par ici : courons voir."

Roland Dorgeles, LA ROUTE MANDARINE, Editions Kalash

11 décembre 2005

Romain Gary

Les Cerfs-volants de Romain Gary est un roman que l'on n'oublie pas, même longtemps après l'avoir lu! C'est un roman historique,où s'affrontent résistants et collaborateurs, héros anonymes et profiteurs en tous genres. Mais c'est surtout un grand roman d'amour, celui d'un petit garçon de 10 ans pour une jeune polonaise, Lila, rencontrée par un bel été de 1930. Un amour immédiat,absolu, inconditionnel, qui oriente toute la vie des deux personnages.
Les Cerfs-volants est un roman d'espoir qui témoigne de la confiance que l'auteur accorde à l'espèce humaine; Romain Gary s'est pourtant suicidé peu de temps après l'avoir écrit.

Romain Gary, LES CERFS-VOLANTS, Gallimard, 1980

08 décembre 2005

LE DROMADAIRE

Avec ses quatre dromadaires
Don Pedro d'Alfaroubeira
Courut le monde et l'admira
Il fit ce que je voudrais faire
Si j'avais quatre dromadaire.

Guillaume Apollinaire, in Le Bestaire

Paysage zen

Kazuo Ishiguro

Mon écrivain anglais préféré n'a pas un nom très anglais : il s'appelle Kazuo Ishiguro !
Malgré son nom japonais (il est né à Nagasaki !), Kazuo Ishiguro est très anglais par son sens de la nuance, de l'euphémisme, du sous-entendu. Les vestiges du jour (à lire de préférence en anglais!) illustre parfaitement cet art - si anglais à mes yeux - de l'understatement. En dire moins pour en suggérer plus....
Mr Stevens, le majordome trop bien stylé, n'avouera jamais son amour à Miss Kenton, respect des convenances oblige mais quelle belle histoire d'amour! Pas étonnant que le cinéma s'en soit emparé!

Kazuo Ishiguro, LES VESTIGES DU JOUR, 10/18 (titre original : THE REMAINS OF THE DAY)
mais aussi : UN ARTISTE DU MONDE FLOTTANT, PÂLE LUMIÈRE SUR LES COLLINES, QUAND NOUS ÉTIONS ORPHELINS
et je cours chercher en bibliothèque L'INCONSOLÉ que je n'ai pas encore lu.