09 mars 2008

08 mars 2008

Eloge de la scie sauteuse

Je ne sais pas trop à quoi ressemble une scie sauteuse; je sais seulement que c 'est un instrument qui permet de découper des formes plus ou moins contournées dans le bois et que depuis le milieu du dix-neuvième siècle les charpentiers américains en ont beaucoup joué. Avec dextérité, naïveté et même un brin d'humour.
Dans une ville où les maisons sont au touche à touche, il importe à chacun de se distinguer de son voisin, et d'afficher ses préférences. D'où l'extrême diversité de ces décorations ...






Parfois d'une grande simplicité : le perroquet.




Parfois beaucoup plus élaborées : le voilier sous le soleil.


Visiblement il existe deux techniques : le vide et le plein !

Pommes ou dauphins !

Les décorations d'une maison reflètent les goûts et les centres d'intérêt de ses propriétaires. Ou leurs talents ... A moins encore qu'elles ne signalent la profession du maître : guitariste professionnel ? chanteur country ? ou simple amateur ?


La maisons avec la frise de petits bonshommes aurait appartenu à un boulanger...
C'est bien possible... petits bonshommes de pain d'épice... gingerbread .... qui est précisément le terme utilisé pour désigner ces maisons aussi décorées que des gâteaux de patissier. Gingerbread houses !

Alors, boulanger ou poète ?
Un joli clin d'oeil en tout cas !

Et dans une ville appréciée avant tout par son climat, on ne s'étonne pas de voir briller les rayons de soleil jusque sous les corniches des maisons.

07 mars 2008

Pinapple

L'ananas est un gros fruit tropical qui porte une touffe de feuille à son sommet.
Les Américains en ont fait un symbole de bienvenue. C'est la raison pour laquelle il est décliné de mille et une façon à Key West comme dans la plupart des villes américaines. Jugez plutôt !








































Un début de collection ?

06 mars 2008

Old town beauty

Maisons de maître, maisons ouvrières, maisons restaurées, maisons opulentes, maisons très kitsch ou très élégantes, il y a toutes sortes de maisons à Key West, mais l'une plus que les autres m'a séduite.
Parce que c'est une maison qui a une histoire, même si je ne la connais pas; c'est une maison qui est faite pour avoir une histoire.
Je vous donne le décor, je vous donne les personnages; reste à inventer l'histoire ...


Je passais devant tous les jours, parfois plusieurs fois par jour. Parmi les maisons de la rue, elle dénotait : plus grande mais aussi plus pâle, comme une vielle dame fatiguée et pourtant très digne. Très digne la vieille maison malgré son âge; elle tient encore debout, mais peut-être plus pour très longtemps. Elle est un peu déglinguée; elle aurait besoin de réparations et surtout d'un bon coup de peinture. Mais elle n'est pas abandonnée. Bien qu'elle en ait l'air. Parfois, le soir, à l'étage, j'apercevais une lumière; pas la lumière bleue d'un poste de télé, plutôt la lumière un peu jaune d'une ampoule de faible puissance, pendue au bout d'un fil et qui oscille lentement sous les pales du ventilateur.
Dans la journée je voyais parfois deux vieilles dames, en robes un peu démodées; elles répondaient à mon salut d'un air étonné. Habituées sans doute à être oubliées ou considérées comme un élément du décor. J'ai aussi rencontré à la porte du jardin - c'était un dimanche je crois - un vieux monsieur vêtu d'une salopette comme en portait les fermiers autrefois ; appuyé sur une canne, il prenait le frais et regardait passer le monde devant sa porte. Je crois même avoir entrevu sur la galerie de l'étage, un homme jeune, un jeune homme peut-être; il portait une échelle si je me souviens bien, et s'apprêtait à réparer quelque chose sous le porche, reclouer une planche peut-être ....

J'aurais aimé pouvoir entrer dans la vieille maison, pousser cette porte avec son bel ovale vitré. J'aurais trouvé un escalier un peu branlant pour monter à l'étage, mais je ne serais pas montée; je serais restée dans le salon qui se trouve, j'en suis certaine à gauche de l'entrée puisque de ce côté il y a deux fenêtres alors que de l'autre côté il n'y en a qu'une.
Qu'aurais-je trouvé alors ? Un tapis passablement usé sur un parquet dont les lames auraient grincé au moindre pas, un vieux fauteuil en peluche rouge tout élimé, une chaise à balancelle et contre le mur un vieux piano dont personne ne joue plus depuis longtemps, mais qui reste là, témoin d'une splendeur depuis longtemps disparue...

Les gens qui habitaient dans cette maison étaient noirs. Ils avaient l'air vieux et fatigués, comme la maison. Depuis quand habitaient-ils là ? Et pour combien de temps encore ?
Dans un quartier en voie de "boboïsation", leurs chances de préserver leur maison paraissaient bien minces !

Déjà, dans le bloc d'à côté, les promoteurs sont à l'oeuvre.
Et dans la "ruelle des pauvres maisons" deux maisons, déjà restaurées, sont à vendre. Rien à voir avec ma veille maison.
L'une est assez petite puisque pour $ 809,000 elle ne propose qu'une seule chambre; mais l'autre ....

"Old town beauty ! Everything new and top of the line ! A truly beautiful renovation featuring three bedrooms plus a den & four bathrooms, new pepperwood floors, new kitchen with granite countertops & Viking appliances, all new bathrooms & brand new pool with stylish waterfall. $ 1,570,000"

Comment lutter contre des Viking appliances, des pepperwood floors, des granite countertops et la très stylish waterfall ? Devant tant d'acharnement dans la nouveauté, ma pauvre vieille maison ne fait pas le poids !

Si vous passez par Key West dans quelque temps, vous me direz ce que la grande et belle maison d'Olivia Street est devenue .... Un condominium probablement !

05 mars 2008

Cigare roller houses

Notre maison à Key West était une maison de rouleur de cigare. A cigare roller's house.


Après les pilleurs d'épaves et les pêcheurs d'éponges ce sont les ouvriers travaillant dans les fabriques de cigares, qui ont fait la prospérité de la ville : les rouleurs de cigares. Nous y sommes !
Les propriétaires des fabriques commençaient par se faire construire une belle et grande maison, du genre de celles que je vous ai déjà montrées. Puis soucieux d'assurer la disponibilité de leur main d'oeuvre, ils faisaient construire à proximité de l'usine, des maisons beaucoup plus modestes pour y loger leurs ouvriers. Ces maisons construites sur des lots très étroits et placées de façon à ce que leur pignon donne sur la rue, comportaient généralement trois pièces, l'une derrière l'autre. C'est sans doute la raison pour laquelle on les appelle "one shot houses" puisqu' une balle tirée depuis la porte d'entrée pouvait ressortir par la porte arrière sans rien fracasser.

Lorsque les fabriques de cigares ont disparu, (et avec elles les ouvriers) ces maisons très simples ont été rachetées, restaurées, rénovées. Très pimpantes elles s'alignent maintenant le long des rues, un peu trop rose dragée, un peu trop bleue layette, un peu trop ... trop !


Je les préfère natures, comme ces deux là, qui situées à l'angle d'Angela Street se présentent parallèlement à la rue. Maisons d'ouvriers sans aucun doute ou "cases de pauv' nèg' "


A quelques rues de là, dans une rue passante, j'ai aussi trouvé cette boutique dont le toit semble s'abandonner, comme s'il gardait encore le souvenir du dernier ouragan.


Ces maisons ont sans doute moins de panache que les maisons patriciennes, mais elles ont leur charme, le charme du guingois !

04 mars 2008

Lost in translation

"Poetry is what get lost in translation"

En ce premier lundi de Mars, pour tenir ma parole et ajouter un billet de plus dans la série "lundi classique", je cherchais désespérément, dans ma bibliothèque et sur le Net, une traduction d'un poème de Robert Frost. C'est ainsi que je suis tombée sur cette phrase du poète lui-même, et me voici dispensée de toute recherche supplémentaire sous peine de perdre en route ... la poésie !

THE ROAD NOT TAKEN

Two roads diverged in a yellow wood,
And sorry I could not travel both
And be one traveler, long I stood
And looked down as far as I could
To where it bent in the undergrowth

Then took the other, as just as fair,
And having perhaps the better claim,
Because it was grassy and wanted wear;
Though as for the passing there
Had worn them really about the same,

And both that morning equally lay
In leaves no step had trodden black.
Oh, I kept the first for another day !
Yet knowing how way leads on to way,
I doubted if I should ever come back.

I shall be telling this with a sigh
Somewhere ages and ages hence :
Two roads diverged in a wood, and I-
I took the one less traveled by,
And that has made all the difference.

- Pourquoi ce poème plutôt qu'un autre ?
Sans doute pour son avant-dernier vers...

- Pourquoi Robert Frost plutôt qu' un autre ?
Deux, et même trois raisons à cela.
Robert Frost fait partie des gloires littéraires de Key West; non qu'il y soit né ou même enterré, mais il a apparemment passé un certain nombre d'hivers, invités par ses amis Porter dont on peut visiter le cottage - ce que je me suis bien gardée de faire car les maisons historiques pleines d'antiquités et de souvenirs m'ennuient terriblement ! Pourtant, vue de l'extérieur la maison est bien jolie !

Si vous voulez en savoir plus ... http://www.heritagehousemuseum.org/

C'était la première raison; la deuxième est que les poèmes de Robert Frost me font penser à ceux de Claude Roy, un de mes poètes préférés. Même amour de la nature, d'une poésie simple, et surtout de l'humanité, malgré ses défauts.

La troisième est un vieux souvenir. J'ai retrouvé ce poème de Robert Frost dans une anthologie de la poésie américaine que m'avait offerte une étudiante de K.U. il y a bien longtemps. Et je me demande ce qu'est devenue Mary Schroeder, qui avait ajouté en guide de dédicace :

"O burn my candle at both ends;
It will not last the night.
But, ah ! my foes ! and ah ! my friends,
It gives such lovely light ! "

Et puisque me voici le nez dans la poésie, toujours de Robert Frost

NEITHER OUT FAR NOR IN DEEP

The people along the sand
All turn and look one way
They turn their back on the land.
They look at the sea all day.

As long as it takes to pass
A ship keep raising its hull;
The wetter ground like glass
Reflects a standing gull.

The land may vary more;
But wherever the truth may be -
The water comes ashore,
And the people look at the sea.

They cannot look out far.
They cannot look in deep.
But when was that ever a bar
To any watch they keep ?

Et voilà bien ma dernière bonne raison de citer Robert Frost : dans la querelle qui oppose depuis toujours les amoureux de la terre à ceux de la mer, je crois bien qu'il a choisi le même côté que moi, celui des horizons sans limite.

02 mars 2008

Architecture sudiste (suite)

Les maisons que j'ai présentées hier n'étaient pas caractéristiques de Key West; elles auraient pu se trouver dans n'importe quelle autre région des Etats-Unis.












Mais certaines maisons, influencées dit-on par l'architecture des Bahamas sont un peu différentes.
Elles ont une galerie - les Français parlent de "varangue" - qui court sur toute la longueur de la maison et parfois, en fait même tout le tour : une excellente façon de protéger la maison d'un soleil trop ardent tout en faisant circuler l'air pour la rafraîchir.

Les plus modestes se contentent d'une galerie;
d'autres en ont deux, comme celle-ci.
Parfois même trois !


Mais dans ce cas il s'agit, je crois, d'un hôtel !














"Eye-brow houses"

Le terme est inhabituel et peut sans doute se traduire par "façade en sourcil". Voilà de quoi il s'agit : certaines maisons ont une avancées du toit suffisamment importante pour maintenir constamment à l'ombre les pièces de l'étage et assurer une parfaite circulation de l'air.














Les fenêtres sont alors comme les yeux protégés par la cavité de l'arcade sourcilière... mais elles sont le plus souvent aveugles hélas : si on ne les voit pas depuis la rue - ou si peu - comment voulez-vous que l'on voit la rue depuis la fenêtre ?

01 mars 2008

Architecture sudiste

Arpenter les rues de Key West revient à feuilleter un livre d'architecture. Ou bien encore un catalogue qui sur un espace restreint (l'île ne fait pas plus de 2 miles sur 4 ! ) proposerait tous les styles, toutes les tailles, toutes les couleurs, maisons de bois exclusivement !

Au fil des jours, et des photos je me familiarise peu à peu avec les différents styles.

Ainsi on reconnait les maisons construites sur le modèle "Classic" ou "Greek revival" au fronton triangulaire appuyé sur des colonnes plus ou moins ornementées et censé rappeler le portique d'un temple grec.
Elles jouent au maximum des effets de symétrie : porte centrale à deux battants, une fenêtre de part et d'autre de l'entrée et invariablement deux plantes identiques, ou deux lanternes de chaque côté.

Parfois modestes et ne comportant guère plus d'un étage, elles peuvent être beaucoup plus imposantes, comme celle-ci qui en ajoutant un étage, ajoute nécessairement une galerie mais garde une sobriété de bon aloi.

Ce modèle n'est pas propre à Key West, ni même à la Floride; il se retrouve du Nord au Sud des Etats-Unis, ce qui m'a toujours étonnée. Apparemment, les mêmes maisons s'accommodent aussi bien des blizzards nordiques que des brises tropicales.

Les maisons de ce type sont le plus souvent blanches avec des volets verts - en particulier dans le Vermont, traversé brièvement en Septembre.

A Key West elles prennent des couleurs...
Partout ailleurs, une maison jaune citron avec des volets violet vif serait incongrue. Ici, elle est juste ... couleur locale ! Et les ornements blancs, avec motif de palmes sont là pour rappeler que nous sommes bien sous les tropiques. Enfin, pas très loin !



D'autres maisons sont beaucoup plus ornementées; contrairement aux précédentes elles sont souvent asymétriques parce qu'elles ont ajouté une tourelle, un clocheton, parfois plusieurs.
Les Quenn Ann représentent la quintessence de l'architecture victorienne, un brin trop tarabiscotées à mon goût malgré leur allure très romantique.

Elles préfèrent la courbe à la ligne droite et font tout pour que leurs balustrades ressemblent à de la dentelle plutôt qu'à du bois tourné !

En choisissant de peindre leur façade en gris et de laisser à leur volets la couleur du bois, les propriétaires de cette maison ont en quelque sorte cassé le code stylistique.


Mais à vrai dire, il n'existe pas de style pur à Key West et c'est tant mieux : la plupart de ces maisons accommodent les styles à leur façon !

Regardez par exemple cette maison : la tourelle lui donne un air victorien mais le toit plat, le double porche font plutôt penser aux Bahamas, ou à la Nouvelle-Orléans !



Dommage quand même que les fils électriques viennent gâcher ma photo !

26 février 2008

Fleurs citadines

J'ai beaucoup parlé de fleurs, d'oiseaux et de papillons récemment; à croire que sous les tropiques, faune et flore sont mes seuls centres d'intérêt. Pas du tout ! Car Key West est aussi une vraie ville avec tous les charmes de la vie urbaine : son architecture, ses boutiques, ses cafés, ses restaurants...

Pour vous ménager une transition en douceur, je vous propose trois images histoire de glisser de la fleur (dont je ne connais toujours pas le nom ) dans son environnement naturel...

à la fleur dans un environnement plus urbain ...

Dans la dernière image, seules les couleurs rappellent vaguement le souvenir de la fleur !


25 février 2008

Butterflies

Ah, les papillons....
Rien de plus difficile à photographier !
Pour une photo à peu près réussie, des dizaines de photos ratées, floues, bougées...
Parce qu'un papillon, ça voltige tout le temps et quand il s'est enfin posé quelque part, il continue de battre des ailes à toute allure.
Mais quelle allure !
Et quelles couleurs !
On croirait assister à un défilé de haute couture - un peu désordonné le défilé, mais tellement séduisant !



Certes, il y en a qui se soucient du défilé comme d'une guigne et vaquent à leurs amours en toute sérénité, à peine dissimulés par le revers d'une feuille.

Il y a à Key West, comme en d'autres endroits, une gigantesque serre qui abrite un jardin tropical et ... les papillons qui vont avec. Il y en tant qu'au début, on ne sait où poser les yeux. Et puis l'on s'habitue et l'on ne s'étonne même plus de voir les gros bleus se percher n'importe où, sur votre épaule, ou la tête de votre voisin !

Mais le plus souvent, c'est quand même sur une orchidée qu'il préfère se poser... et l'on s'aperçoit alors que le beau papillon bleu que vous avez vu juste un peu au-dessus, lorsqu'il replie ses ailes est marron ocellé de beige. Un changement de parure étonnant. Camouflage sans doute plus que coquetterie.

24 février 2008

Couleurs de carnaval...

... c'est ce que je disais dans mon précédent message en parlant de fleurs.
Et en parlant d'oiseaux ?


On lui volerait bien quelques plumes à celui là non ?






















L'ennui c'est qu'il n'a pas l'air commmode !






















Vraiment pas du tout !
J'ai même cru un moment qu'il allait donner du bec et qu'à tenter une photo de plus je risquais ma vie !
Enfin presque !
Il faut bien exagérer un peu pour vous impressionner !
En tout cas, le tout petit caché derrière ses branchages, lui n'avait pas l'air trop impressionnant.
Oui, mais pour le photographier, c'est une autre histoire... d'abord il faut le repérer, au milieu d'un fouillis de branches, et comme il est très ... volatile, attendre patiemment qu'il se pose...

Avouez qu'il est vraiment joli ce petit oiseau dont je ne connais pas le nom mais dont le couturier pourrait bien être... Yves Saint Laurent !
Vous ne trouvez-pas ?

23 février 2008

Du rouge au vert tout le jaune se meurt

Ce qui ne cesse de me surprendre sous les tropiques, c'est l'exubérance de la végétation : l'oeil constamment se noie dans la verdure, bien que tous les feuillages, en réalité ne soient pas verts, loin de là .
Ils prennent même par moments, des allures de carnaval !