19 juillet 2012

Mackinac Bridge


Premier orage alors que nous quittions Ann Arbor pour nous diriger vers le Nord du Michigan.
Soit !
Le deuxième, d'une violence extrême, nous a surpris alors que nous abordions le pont long de 10 km qui permet de traverser le détroit de Mackinac : brouillard, vent violent et trombes d'eau sur mon pare-brise. Trop occupée à tenir mon volant, je n'ai pas pris la photo. Dommage !


Deux heures plus tard, l'orage était passé. Ne restait qu'un peu de brouillard et le soleil couchant pour colorer de rose les piles du pont.


Le lendemain, il faisait grand beau. Venue admirer le pont, une famille de memonites. Beau raccourci américain entre une secte religieuse, réfractaire au progrès et ce modèle de technologie routière.

L'histoire du pont Mackinac est tout à fait intéressante; vous la trouverez ici

18 juillet 2012

Ann Arbor


Passer de Detroit à Ann Arbor c'est passer d'une grande ville industrielle à une petite ville universitaire. Et changer radicalement d'atmosphère.
Au centre ville les bâtiments ne dépassent pas 2 étages. Le long des rues arborées s'alignent de coquettes maisons en bois, pelouses bien tondues, fougères suspendues sous les porches, rocking chair ou fauteuil Adirondack, c'est affaire de goût.




Le soir où nous sommes arrivés, les festivités estivales venaient de commencer : concert reggae sur une des pelouses de l'université.  Le concert était gratuit, l' atmosphère bon enfant. Pique-nique pour les uns, jeux de frisbee pour les autres. Vélos et trottinettes. 


 
Les musiciens jouent, les enfants s'amusent, les parents dansent,
les photographes photographient. 




















Et quand le concert sera fini, on pourra choisir entre ...
les nourritures terrestres, chez Zingerman, une "delicatessen" à la mode new yorkaise, vieille de plus de 100 ans ...
et les nourritures intellectuelles dans l'un des multiples "used books stores" de la ville.

Etagères de gauche ? Etagères de droite ? L'encombrement est le même côté livres ou côté bouteilles


 

Dans les deux cas, le problème est celui de l'embarras du choix. 
Une "petite" préférence pour le libraire qui m'a conseillé l'excellent roman de Steve Hamilton : A cold day in Paradise.  Un polar à vous faire froid dans le dos et qui se déroule justement  dans la région où je me dirige maintenant, the Upper Peninsula... 


La Part des anges

Voilà un film qui mérite que j'interrompe un moment mon récit de voyage pour lui consacrer quelques lignes, car il y a bien longtemps que je n'avais passé une aussi agréable soirée.

La Part des Anges est un film de Ken Loach , avec son lot de personnage perturbés, qui s'efforcent tant bien que mal de survivre en marge d'une société qui ne leur a laissé aucune chance.
En l'occurrence il s'agit de 4 clampins, de leur éducateur et ... puisque l'on est en Ecosse, de whisky !


Le film commence comme un sombre, très sombre et très violent drame social, bien dans le style Ken Loach, mais le cinéaste a décidé cette fois de donner une seconde chance à ses personnages qui s'en emparent pour monter une géniale arnaque où, en fin de compte personne n'est véritablement lésé si ce n'est un lointain collectionneur russe, sans doute trop riche pour être honnête.

Un scénario bien ficelé, des personnages attachants, des acteurs qui jouent juste,  une caméra efficace... que dire encore pour vous convaincre de filer toutes affaires cessantes au cinéma ? On sort à la fois époustouflé par le savoir faire de Ken Loach, dynamisé par l'énergie déployée par les personnages et convaincu qu'un tout petit quelque chose, un peu de confiance, une main tendue peut parfois rattraper une vie en train de sombrer.

PS. Une dégustation de Single Malts après le film ?

17 juillet 2012

Inn on Ferry street



C'est à regrets que nous avons quitté notre hôtel de Detroit : regrets pour la chambre, ravissante et très "art and craft"; regrets pour l'extrême amabilité, gentillesse et compétence du personnel (un merci particulier pour les chauffeurs de la navette);


regrets surtout pour les délicieux petits-déjeuners et la grande coupe de fruits rouges proposée tous les matins, histoire de nous rappeler que le Michigan est l'Etat des "berries" : strawberries, raspberries, blueberries, blackberries, gooseberries....

16 juillet 2012

Automotive history

Impossible de quitter Detroit sans passer par le Musée Ford.


On y admire "en vrai" des voitures  autrefois admirées "en image" : Cadillac Eldorado 1962 contre Ford Thunderbird 1956, décapotable de préférence ?



A vrai dire, le Musée Ford est un grand bric-à-brac, où l'on se perd facilement entre "belles américaines" et locomotives brise-glace, entre "americanas" en tous genres et exposition très didactique sur la quête de la liberté, illustrée en 4 volets  : la guerre d'indépendance, la guerre de sécession (rebaptisée  pour l'occasion "freedom war", la lutte pour les droits civils et, plus inattendu mais bienvenu,  le combat féministe. Un bric-à-brac donc. Sans doute très rentable vu l'affluence. 

Au Musée Ford, j'ai préféré le "Ford Piquette Avenue Plant", un musée beaucoup plus modeste, qui n'est guère ouvert que le week-end; il est tenu par des amateurs passionnés, des collectionneurs, bénévoles pour la plupart.  L'ancien ingénieur des usines Ford qui nous a fait faire le tour du musée, avait à la disposition de ses auditeurs autant d'explications techniques que d'anecdotes amusantes. Le plaisir de la visite, tient en grande partie au fait que le musée a été constitué dans le bâtiment où ont été fabriquées les premières Ford T : le point de vue est celui du constructeur et de ses ouvriers plus que celui de l'acheteur éventuel. Inventer une voiture, la faire fonctionner, la perfectionner...voilà ce qui importe. 






Je n'ai en rien l'âme mécanique, une voiture est une voiture, du moment qu'elle roule.... mais dans ce petit musée, je me suis régalée ! C'est peut-être là, et là seulement, que "l'esprit de Detroit" vit encore. 


15 juillet 2012

Detroit Art Institute


Histoire, sociologie, urbanisme... voilà bien des atouts pour une ville qui passe pour avoir si peu d'attraits.
Et il n'est pas très difficile de trouver d'autres bonnes raisons de s'arrêter à Detroit. La musique, par exemple puisque c'est dans cette ville qu'a été crée en 1959 la société de distribution de disques Mowton. Ceux que la musique américaine des années 60 passionne iront  donc visiter le Mowtown Historical Museum mais j'avoue avoir préféré au MHM, le DIA (Detroit Institute of Art).

L'Institut d'Art de Detroit est l'un des plus importants musée des Etats-Unis, riche en peintures européennes autant qu'américaines; c'est aussi un musée très actif et donc très fréquenté, en tout cas le jour où nous y sommes passés.

La "grande" oeuvre du musée de Detroit est la fresque réalisée par le muraliste mexicain Diego Rivera au début des années 30. La première fois que j'en ai entendu parler, c'était dans un livre, un roman de Richard Powers intitulé Trois fermiers s'en vont au bal. Le narrateur profite d'une correspondance un peu longue à la gare de Detroit, pour visiter le musée, dont il apprécie peu l'architecture :

"Le musée de Detroit s'ouvre [...] sur un grand hall, rectangle de pierre aux voûtes élevées qui souffre de l'influence européenne et qui est totalement inadapté à l'exposition d'oeuvres d'art. Satyres rococo et fioritures alternent avec des bouches d'aération dans un mélange confus d'héritages architecturaux. En 1931, au creux de la Dépression, la Commission des Beaux-Arts, financée par Edsel Ford, demanda au peintre muraliste mexicain Diego Rivera d'utiliser cette salle pour exécuter une fresque commémorant la grandeur de Detroit. "

"Ils (les responsables de l'Institut ) ne se doutaient pas que cet homme immense irait promener son imposante carcasse dans les installations de Detroit, qu'il resterait enfermé pendant plus de trois mois dans les usines Ford, Chrysler, Edison à réaliser des milliers de croquis préparatoires. "

Comme on peu s'en douter, l'inauguration de la fresque fit scandale : "Diego avait commis l'acte subversif par excellence : il avait peint l'esprit de Detoit sans retouche et dans ses moindres détails. Une file de formes humaines interchangeables étampait et soudait, caressait la chaîne de montage, machine sinueuse presque fonctionnelle, pour enfin produire le produit fini : un moteur automobile. Des hommes en combinaison d'amiante et masques à gaz se métamorphosaient en insectes verts aux gros yeux ronds. "




Scandale ou pas, la fresque resta en place. Et fait sans doute l'admiration de ceux qui prennent le temps d'en observer tous les détails.

"Regardant de nouveau, je remarquai un panneau mineur situé sur l'un des petits murs un peu à l'écart des fresques consacrées au tapis roulant. Devant une dynamo sculpturale aux lignes plus erotiques que celles d'un nu, un homme aux cheveux blancs était assis à un bureau monolithique, le visage contracté en une expression qui mêlait la bienveillance à la cupidité; ce pouvait être Ford, Edison, De Forest, ou n'importe qui parmi une bonne dizaine d'industriels et d'inventeurs revêches."




Voici, à gauche, le personnage décrit par Richard Powers qui ne mentionne pas son pendant, l'ouvrier en bleu de travail : la symétrie des figures ferait plutôt penser à l'opposition entre "cols bleus" et "cols blancs".

Ingénieurs et patrons sont représentés ailleurs dans la fresque : leurs outils ne sont ni le marteau, ni le décimètre mais le crayon et le papier.


Le monde industriel n'est pas souvent représenté en peinture; ni en littérature. C'est (c'était ?) pourtant sur lui, qu'était fondée notre économie.

14 juillet 2012

The Underground Raiload

L'histoire a fait de Detroit une ville un peu particulière.
En raison de sa proximité avec le Canada - juste une rivière à traverser - Detroit a été le principal terminus des routes qui permettaient aux esclaves fugitifs de retrouver leur liberté.


Gravure photographiée à l'exposition "Freedom Seekers" présentée à la bibliothèque publique de Detroit

L'Underground railroad n'a pas été à proprement parler un "chemin de fer souterrain", mais un réseau clandestin d'activistes en tous genres, fervents partisans de l'abolition de l'esclavage et prêts à faciliter l'évasion des esclaves depuis les Etats du Sud jusqu'au Nord des Etats-Unis ou le Canada. 
Les routes empruntées ont été nombreuses comme on témoigne cette carte gravée dans le marbre d'un monument.



Depuis les début du mouvement antiabolition (1831) jusqu'à la guerre de Sécession (1861) plusieurs milliers d'esclaves sont parvenus jusqu'au bord de la rivière, guidé par un passeur comme George DePaptist, le personnage qui pointe son doigt vers l'autre rive, celle du salut.



Classique dans sa facture, le monument n'en est pas moins émouvant. J'aime tout particulièrement l'enfant qui se retourne faisant signe à d'autres esclaves d'emprunter à leur tour le chemin de la liberté.


De l'autre côté de la rivière, à Windsor (Canada) un autre monument témoigne de l'accueil bienveillant fait par les habitants de la ville aux esclaves fugitifs. Mais je n'ai pas traversé la frontière...

Un détail m'a intrigué sur le monument de Detroit : de part et d'autre des personnages vus de face sont installés deux panneau. Sur chacun de ces panneaux sont gravés des carrés représentant des motifs connus de tous les quilters : Flying geese, Drunkards path, Bear Paws ....
Edward Dwight, le sculpteur, a repris une hypothèse, séduisante, mais nullement prouvée, sur l'utilisation des dessins de quilts pour guider les fugitifs. Il s'agirait en quelque sorte de messages codés.
Une inscription sur chaque panneau traduit d'ailleurs l'hypothétique message :

"Flying geese stay on the drunkards parth and follow the star"

"The monkey wrench turns the wagon wheels toward Canada on a bear paws trail."


 

Je pencherai plutôt du côté de ceux qui considèrent l'hypothèse comme hautement invraisemblable; mais cela importe peu; le fait qu'elle existe suffit à mettre en branle mon imagination. 

13 juillet 2012

Heidelberg project

Le projet Heidelberg, c'est l'histoire d'un quartier, sans doute un des plus misérables de Detroit. Un projet lancé il y a 25 ans, à l'instigation de Tyree Guyton. 

Lassé de voir l'état de déréliction de son quartier, il décide de le transformer, peint sur la route et sur sa maison des ronds de toutes les couleurs, accroche sur les murs toutes sortes d'objets récupérés ici et là. D'individuel le projet devient collectif et vise à modifier le regard que les habitants du quartier portent sur leur environnement. 


Les taudis deviennent "oeuvres d'art"et attirent désormais les touristes. Autrefois infréquentable, voire dangereux, le quartier devient un lieu de promenade bon enfant. Dealers et autres junkies ont été obligés de se déplacer un peu plus loin.



Sans être totalement persuadée de la valeur "artistique" du projet, je reconnais qu'il s'agit là de l'effort d'une communauté pour résister au marasme.

"I strive to be part of the solution", affirme Tyree Guyton.  Apparemment il n'est pas le seul à Detroit !



Detroit, decay and rehab

Les ruines de Detroit font le bonheur des photographes. Et l'on peut en effet se laisser prendre à cette espèce de fascination pour l'ère post-industrielle et à la beauté de ces édifices abandonnés ... tant qu'ils relèvent du domaine public.


Parce que, dès que l'on s'éloigne du centre même de Detroit, c'est une autre histoire que racontent les ruines.  Une histoire de désolation.
L'herbe pousse sur les trottoirs. Entre deux terrains vagues, un bâtiment qui tient encore debout, mais dont toutes les fenêtres ont été cassées, les fils arrachés.
 Le long de l'avenue Piquette, étaient regroupées plusieurs usines automobiles, comme celle-ci (Fisher Body Plant 21) où, dans les années 50 étaient fabriquées les carrosseries des limousines... Les usines ont fermé, les ouvriers sont partis, les bâtiments sont restés.

Dans les quartiers Nord de Detroit comme dans les quartiers Est, les ruines qui succèdent aux ruines finissent par serrer le coeur.




Car il ne s'agit plus, ici, d'architecture; juste de maisons ordinaires, où des gens ordinaires se sont aimés, se sont disputés, ont fêté en famille un repas de Thanksgiving, un anniversaire, ont été heureux ou peut-être pas. Mais on vécu là. Tant qu'ils ont pu. 

L'évidence de la misère, l'évidence du déclin de la ville est dans ces quartiers là, bien plus qu'au centre ville. Et elle fait mal.
Au centre ville,  la municipalité de Detroit, soucieuse d'assurer la sécurité des habitants, s'efforce de faire disparaître les traces du déclin en détruisant - souvent à grand frais - les bâtiments insalubres qu'il serait encore plus onéreux d'entretenir. Ce qui explique le grand nombre de terrains vagues, parfois transformés en parkings entre deux îlots encore habités. Mais elle ne peut raser toutes les maisons en déshérence. 




Pourtant, malgré tous les signes manifestes des difficultés de la ville, les habitants de Detroit n'ont pas tous baissés les bras. 
                                                                          Les anciens entrepôts abritent parfois une galerie d'art contemporain ou une boulangerie qui sert de point de ralliement aux habitants du quartier.          


La Wayne Preservation Society propose de suivre pendant deux heures une bénévole, amoureuse de son quartier qui vous en raconte l'histoire maison par maison.  Histoire du quartier, histoire de ses maisons, histoire de ses habitants ... c'est comme cela que nous avons découvert Cranfield street et ses vieilles villas, soigneusement restaurées et préservées grâce à la détermination d'une dame qui savait faire jouer ses relations. 

Sur un ancien terrain vague, un jardin communautaire a été installé qui permet, à ceux qui se sentent l'âme d'un jardinier de cultiver des fleurs ou des légumes et souvent les deux. Les plate-bandes y sont entretenues avec soin ! On s'y retrouve pour papoter, pour prendre le frais en arrosant. 





                                                                                   



Un peu plus loin, c'est une rue entière qui a été                                                                                     réhabilitée : les villas qui la longeaient on été                                                                                     restaurées, aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur,                                                                                     et transformées en hôtel, hôtel de charme qui plus est ! 


Et puis il y a le projet Heidelberg dont je vous parlerai dans mon prochain billet.  

12 juillet 2012

Michigan Central Station


Parmi les vestiges du passé glorieux de Detroit, il y a bien sûr Michigan Central Station.


De loin le bâtiment paraît colossal. De près, encore plus ! Mais si l'on découvre alors la riche ornementation de la façade principale, on constate aussi l'état de décrépitude du bâtiment. Car, construite en 1913, bien avant le développement de l'automobile, la gare de Detroit a, dès les années 60, connu un sérieux déclin.




Le dernier train a quitté la gare en 1988 et depuis, le bâtiment a été pillé, ravagé. Et surtout photographié ! J'aurais bien voulu pouvoir pénétrer à l'intérieur du grand hall, voir de mes yeux l'ancienne salle d'attente, mais le bâtiment est entouré de fils de fer barbelés. No Trespassing. 

La gare est, depuis plus de 10 ans objet de polémique : faut-il la détruire et faire place à de nouveaux développements urbains ? faut-il au contraire la transformer, la restaurer. Telle quelle, elle témoigne à la fois de la prospérité de la ville, au début du XXe siècle, et de sa ruine à la fin du siècle. 

11 juillet 2012

Detroit, grandeur et décadence

Quelques immeubles prestigieux donnent une idée de la grandeur (passée) de Detroit.

The Theodore Levin US Courhouse pour commencer : un immeuble néo-classique teinté de modernisme, assez massif en vérité puisqu'il occupe un bloc entier.
Le hall d'entrée est déjà impressionnant, mais le plus étonnant est la salle d'audience où officie le juge Rosen. Chargée en marbres et en boiseries, elle a été construite en 1896 pour l'ancienne cour de justice et, lorsqu'il a été décidée en 1931 de construire un nouveau bâtiment, plus spacieux et plus adéquat, le juge Arthur Tuttle, très obstiné, a obtenu que la salle soit reconstruite à l'identique dans le nouveau bâtiment.



Surnommée "Million Dollar Courtroom", (le prix de sa construction à l'époque), la salle est riche en décoration de toutes sortes qui, je n'en doute pas, doivent beaucoup impressionner ceux qui ont à comparaître devant la cour.

Comme nous avons été obligés de laisser nos appareils photos à la consigne - on n'est jamais trop méfiant! - j'ai "emprunté" la première photo au site internet de l'administration américaine et la seconde à Motion, Magazine for the active attorney, ce qui, je l'espère ne devrait pas donner lieu à poursuite !

Le Guardian, qui se trouve à quelques pas est un des immeubles mythiques de Detroit. Construit en 1929 par The Union Trust Company, qui a fait faillite la même année, il est d'une extravagance très "art-déco", avec une touche Aztèque (?) ou Native American (c'est-à-dire Indienne) par le choix des couleurs et des matériaux.





La façade extérieure comme le hall d'entrée de ce "temple de la finance" font effectivement penser à la nef d'une église.

Mais aussi dorées soient elles, les portes de l'ascenseur ne montent que jusqu'au 40e étage !




Tout aussi éblouissant a certainement été le Fisher Building, construit lui-aussi à la veille de la Grande Crise, dans un quartier légèrement excentrée destinée à devenir le New Center de Detroit.

Les frères Fischer, équipementiers automobiles, avaient chargé l'architecte Albert Kahn - le grand architecte industriel de Detroit -  de réaliser l'immeuble "sans limite de budget" : ors et marbres à profusion ! L'immeuble marque le goût de l'époque pour l'Art Déco, mais il représente surtout l'esprit de l'époque, son faste, sa magnificence, son luxe ostentatoire et ... ses illusions.




L'immeuble n'était pas achevé que la crise de 29 faisait tomber tous les projets; la deuxième tour n'a jamais été construite.

Le Fisher Building a l'air solide sur ses bases, mais semble déjà appartenir au passé. Lustres et dorures ont beau se refléter dans les marbres, tout a l'air terriblement désuet. Poussiéreux.


En face de l'immeuble, une longue file d'attente s'allonge sur le trottoir devant la porte d'un bureau : "workers compensation agency", "unemployment insurance company". La réalité d'aujourd'hui.