19 juillet 2010

Avant de quitter Cadillac

Quelques images encore, prises au château de Cadillac, qui n'ont plus rien à voir avec l'Histoire mais tout à voir avec l'esthétique et le travail de restauration.


En haut de l'escalier principal, cette "sculpture" réalisée par une malade du Centre hospitalier psychiatrique de Cadillac


Formes végétales à contre-jour, sur la fenêtre d'un cachot au sous-sol

Plissé ensoleillé ...

Et, avant de quitter Cadillac, surtout n'hésitez pas : arrêtez-vous au Fin gourmet, juste en face de la mairie, et demandez une tranche de foie gras avec un verre de ... Cadillac bien-sûr.

18 juillet 2010

Toujours à Cadillac


"Dans l'aile royale, un petit escalier en vis desservant tous les niveaux est admirable par la finesse de son noyau et la précision de sa stéréotomie." Voilà ce que je lis dans la petite brochure sur le château de Cadillac, publiée aux éditions du patrimoine. Une petite brochure très bien faite qui m'a appris que la stéréotomie est "l'art de la taille, de la coupe et de l'assemblage des pierres jointoyées sans mortier apparent."
Beau travail, non ?

17 juillet 2010

Détour par Cadillac

Alors que la torpeur autoroutière me gagne, comment résister à un panneau autoroutier qui annonce : "prochaine sortie Cadillac" ?
Je me suis exécutée et ne l'ai pas regretté !
Je m'attendais à un village, au mieux à une petite ville très ordinaire dont le nom seul serait porteur de rêve.
Et bien non !
Cadillac sur Garonne est une charmante petite ville de l'Entre-Deux-Mers.
Deux tours marquent les entrées de cette ancienne bastide : la tour de l'horloge et la tour de la mer (celle qui donne sur la Garonne !). La mairie, logée au dessus de la halle a fière allure, mais le principal attrait de Cadillac, c'est indiscutablement le Château des ducs d'Epernon.

Le duc d'Epernon était un des favoris d'Henri III et la construction du château date du début du XVIIe siècle. On ne s'étonne donc pas de trouver d'un côté, une façade d'une sobriété toute classique, et de l'autre, un jardin "à la française", un peu rapé il est vrai : le jardin est propriété communale, alors que le château bénéficie de toutes les ressources du CMN (centre des monuments nationaux) qui s'est chargé de sa restauration.


Le château, ce jour là, était désert et seuls visiteurs de la matinée nous l'avons arpenté d'un bout à l'autre et de haut en bas, fascinés par l'ampleur des salles, les parquets vernis, les plafonds peints, et bien sûr les immenses cheminées en marbre, terriblement baroques.



















Ouvertes ou fermées, les hautes fenêtres filtraient la lumière et dessinaient sur le sol des figures abstraites dans un jeu de lumière qui faisaient penser aux tableaux de Vermeer.




























Mais il est difficile de ne garder du château de Cadillac que ce souvenir de lumière, car les grands panneaux qui expliquent la construction du château, expliquent également qu'après 1789, comme beaucoup d'autres, ce château a été transformé en centre de détention pour femmes et les conditions dans lesquelles ces femmes, des pauvresses pour la plupart, étaient détenues, font froid dans le dos.




La pierre soudain devient plus froide, l'espace se rétrécit, le jour s'obscurcit et quand nous quittons le château, notre liesse s'est alourdie.
Mais quelle fabuleuse leçon d'Histoire !

16 juillet 2010

Petite balade nocturne à Périgueux

Dans la "vieille" ville de Périgueux


ruelles étroites et tortueuses,
vieilles pierres où s'inscrit en creux la coquille des pélerins de St Jacques,
vestiges des temps passés parfois gardés en l'état, parfois rénovés ...








la cathédrale Saint-Front et son drôle de clocher ajouré ...


et lorsque vient la nuit, l'éclairage confère au moindre portail des allures "grand siècle" !




En débouchant de la rue de la sagesse sur la place Saint Louis, on se trouve soudain face à face avec "une ronde beauté, opulente et apaisante, accroupie, portant à sa bouche l’eau qui désaltère". Les Périgourdins la surnomment paraît-il, "la grenouille", mais ses formes généreuses et rassurantes méritent mieux que cela !




















L'auteur de cette sculpture très ornementale, intitulée "La source" est Gérard Ramon.

13 juillet 2010

Hibiscus extravagantus






















Ce n'est certainement pas son vrai nom, mais comment appeler autrement un hibiscus dont les fleurs sont grandes.... comme une assiette !

06 juillet 2010

Air Doll

Une poupée gonflable.
Une poupée, seule compagne d'un Japonais ordinaire et solitaire.
Une poupée remplie d'air qui soudain prend vie et s'émancipe; s'éloigne de chez-elle, trouve un travail dans un magasin qui loue des vidéos et découvre peu à peu que les êtres humains, malgré les apparences, sont pour la plupart aussi vides qu'elle.

Bien sûr il faut pour s'intéresser au film renoncer provisoirement au rationalisme et accepter le principe d'un film métaphorique. Le propos de son réalisateur, n'est peut-être pas d'une grande originalité et Antonioni a déjà tout dit sur l'incommunicabilité; mais Hirokazu Kore-Eda, avec sa poupée trouve une façon originale de suggérer le vide et l'artifice de nos existences, la difficulté d'établir avec autrui, des relations autres que conventionnelles.

05 juillet 2010

Rouge feu

La nature réserve parfois des surprises : du jour au lendemain, mon jardin a pris les couleurs du feu !

Cela commence par un dahlia qui se hausse du col au dessus des sauges bleues...















Les hémérocalles se mettent ensuite de la partie...


Et quand elles ont décidé de jouer les stars du jardin, plus rien ne les arrête.


Les fleurs en pendules du fuchsia de l'entrée font tout pour se faire remarquer des visiteurs de passage.










Et le grenadier, presque fluo à force d'être orangé essaye de faire oublier qu'il ne portera pas de fruits.




Mais j'avoue que j'ai une tendresse particulière pour la bignonne qui fut autrefois jaune, disparut pendant des années avant de réapparaître dans ses plus beaux atours avec une vigueur renouvelée qui la fait monter à l'assaut des murs et du toit. Mais qu'elle prenne garde : si elle exagère, je serai obligée de la rabattre !

03 juillet 2010

Eyes of war

Encore un film dur, terrifiant, pas toujours agréable à regarder car un peu trop violent, un peu trop sanglant. Mais comment faire un film tendre sur la guerre ?

Danis Tanovic, le réalisateur de l'inoubliable No Man's Land met en scène dans son nouveau film deux photographes de guerre en mission au Kurdistan où se prépare un offensive. Mais en attendant, les blessés affluent dans un "hôpital de campagne", une grotte en réalité, où affluent les blessés de toutes sortes. Il appartient au seul médecin opérant en ces lieux de faire le triage, de distinguer ceux qu'il a une chance de sauver de ceux qui sont de toute façon condamnés à mourir bien qu'encore vivants. Les scènes sont vues à travers l'objectif des photographes et l'on perçoit rapidement que ce qui intéresse Tanovic ce n'est pas l'issue ni même les enjeux politiques de la guerre, mais ses conséquences humaines. Quel est le degré de résistance d'un individu à l'insoutenable ? Peut-on garder les yeux ouverts devant l'horreur ? Personne ne sort indemne de la guerre mais certains apprennent à composer avec la mort, d'autres pas. Pourquoi ? Comment ?

La partie la plus faible du film - à mon gré - est la partie la plus démonstrative, celle où Tanovic fait intervenir un psychiatre pour permettre au personnage principal de dire sa souffrance et l'amener ainsi à résilience. Le contraste - voulu - entre les champs de guerre et les fêtes branchées est, lui aussi, un peu trop démonstratif; à trop vouloir bien faire Tanovic n'a peut-être pas suffisamment compté sur l'intelligence du spectateur. Mais en dépit de ses défauts, ce film reste tout à fait passionnant.
A éviter quand même un jour de cafard !

02 juillet 2010

Policier, adjectif

Le précédent film de Corneliu Porumboiu, 12h08 à l'Est de Bucarest, ne m'avait pas fait grande impression. Ce n'est pas le cas de Policier, adjectif. Et pourtant c'est a priori, un film sans charme et sans grand suspens que certains n'hésiteront pas à trouver même un peu ennuyeux.

Sans doute ! Pourtant je ne me suis pas ennuyée. Pas vraiment.
D'abord parce que la vision que nous donne le cinéaste de son pay, la Roumanie est peut-être réaliste mais totalement désespérante. Rues quasi désertes, trottoirs percés par les mauvaises herbes, façades lugubres, grisâtres, verdâtres ... le dernier pays où l'on aurait envie de passer ses vacances.
A cela s'ajoute une bureaucratie à la fois pesante et inefficace. Le jeune policier chargé de la filature d'un adolescent, soupçonné de se livrer à un traffic de drogue, ouvre et ferme des portes, passe de bureaux en bureaux pour trouver partout le même air renfrogné et des employés très peu coopératifs, rédige ses rapports à la main, à côté d'un ordinateur qui visiblement n'a jamais servi ou ne sert plus depuis longtemps.
A ce stade, le film pourrait presque passer pour un documentaire sur l'administration des pays satellites de l'URSS avant la chute du mur. Mais il ne s'agit pas d'un film historique, il s'agit bien d'un film d'aujourd'hui.

Un jeune policier est donc chargé d'une enquête sur un supposé trafic de drogue qui implique un adolescent. Avant de rendre son rapport, le policier, soucieux de ne pas envoyer pour 5 ans un jeune en prison sans motif sérieux, multiplie les filatures et tergiverse avant de rendre son rapport. Jusqu'à ce que, acculé par sa hiérarchie, il soit contraint de choisir entre sa conscience et la loi. Le conflit entre la conscience et la loi, entre ce que dicte la morale et ce qu'impose le droit a conduit H.D. Thoreau à théoriser le principe de désobéissance civile.
Corneliu Porumboiu ne théorise pas; il met en scène ce qui permet au spectateur d'essayer, à son tour de faire un choix qui sera, ou ne sera pas celui du jeune fonctionnaire.

Ce que j'ai particulièrement apprécié dans ce film c'est l'économie de moyens, l'absence d'effets : pas de contre-plongée bizarres, de travelling vertigineux; la caméra est au service du propos et non le contraire. Cinéma vieillot ? Non, juste du bon cinéma.

28 juin 2010

C'était un beau coucher de soleil

Un vraiment beau coucher de soleil !


A vrai dire, un peu trop beau : trop coloré, trop rouge, trop lumineux !



Elle a l'air en porcelaine, mais c'est une vraie fleur, une fleur de curcuma.
Pas grand chose à voir avec la couleur de la poudre qui permet d'épicer un plat...

La poudre de curcuma, a des vertus gustatives c 'est certain, mais de là à lui accorder tous les bienfaits thérapeutiques qu'on lui prête, il y a un pas que je ne franchirai pas.

Je préfère retenir que le curcuma est une plante tinctoriale et que la poudre est utilisée pour teinter la robe des moines bouddhistes .


Un très beau jaune en effet ! Mais le rose de la fleur était encore plus beau non ?

Photo de la poudre empruntée à http://www.centifoliabio.fr/curcuma-poudre-plantes-teintures-soins-capillaires-aromatherapie-matieres-premieres-1955-91-3-55.z.fr.htm

26 juin 2010

Les Tilleuls

Dernière semaine de juin.
Les tilleuls sont en fleurs et la ville embaume !
Je respire à fond pour faire entrer le parfum dans mes narines.


Pourtant le tilleul devant ma fenêtre ne sent rien, rien du tout.
Je me demande pourquoi ...

23 juin 2010

La Révolution par les femmes

Retour en Inde le temps d'un livre, bien différent de ceux que j'ai lus jusqu'à présent.
Inde, la révolution par les femmes n'est pas un roman mais un reportage sur l'Inde par une journaliste, Dominique Hoeltgen, correspondante en Inde pour l'Expansion depuis plusieurs années.

C'est un livre qui relève d'un parti-pris délibérément optimiste, puisqu'il s'agit de montrer que l'Inde change, que l'Inde bouge et que ce sont les femmes qui sont à l'amorce de ce mouvement.
Qu'il s'agisse de celles qui se regroupent dans des syndicats, des coopératives parce qu' elles sont pauvres mais si nombreuses et qu'en se regroupant "elles décuplent leurs forces". Qu'il s'agisse de celles qui ont mis leurs compétences, en droit, en médecine, ou en finances au service des plus pauvres.
Dominique Hoeltgen, en bonne journaliste, accumule les interviews, les données chiffrées et son livre est d'autant plus convaincant qu'elle ne nie pas les difficultés, les obstacles auxquels se heurtent les femmes indiennes; elles met en exergue certains portraits de femme, sans se leurrer sur le caractère très relatif de leurs efforts : une goutte d'eau dans un océan de misère et d'injustice, mais une goutte d'eau qui fait la différence.

22 juin 2010

Ce n'est pas du Bill Viola

Non.
Ce n'est que le reflet d'une oeuvre de Joseph Kosuth placée dans l'escalier qui mène à la cafétéria du château de Rivoli.






























Mais c'est intéressant aussi.
L'oeuvre date de 1979 et s'intitule "Seing Reading". Joseph Kosuth est un artiste conceptuel.
C'est le bleu cobalt qui m'a attiré sans doute ...

21 juin 2010

Rivoli

Vu de l'extérieur, le château de Rivoli paraît d'abord immense. Et il l'est !
Mais quand on s'approche, il paraît surtout bizarre !
Et ne ressemble à rien de ce que l'on connaît.
Tout en briques, avec un effet de plissé du plus bel effet. Des colonnes, des arcs, de drôles de lucarnes...
Des ouvertures murées, des morceaux qui semblent manquer.
Ruine ? Demi-ruine ? Déconstruit ? En voie de reconstruction ?
D'autant qu'il suffit que passe un nuage pour que change la couleur des briques.







Et pour peu qu'intrigué, on fasse le tour du château, on découvre un bout de façade intact, qui a gardé ses ornements architecturaux et dont la couleur jaune paille contraste avec le rouge grisé des briques.











De l'autre côté encore, de grandes baies vitrées, résolument modernes achèvent de bouleverser nos repères.




Au fond, à quoi reconnaît-on un château ?

Celui-ci porte tout simplement les traces de son histoire. Fondé au Moyen-âge, il a été restauré et transformé entre les XVIe et XVIIe siècles. Saccagé par les troupes françaises, au début du XVIIIe siècle, il est restauré une seconde fois par Filippo Juvara bien que celui-ci ait laissé une façade inachevée. Le roi Vittorio Amadeo II y a été assigné à résidence par son propre fils; des grilles ont alors été installées aux fenêtres. Laissé à l'abandon, le château est devenu bien communal, a servi de caserne. Sérieusement endommagé pendant la guerre, il est resté quasi en l'état jusqu'en 1979.

Mais ce château de bric et de broc, tiré à hue et à dia a toujours de beaux jours devant lui car depuis 1984, il devenu un extraordinaire Centre d'Art Contemporain.

Présenter des oeuvres contemporaines dans un cadre contemporain, rien de plus banal. Mais présenter des oeuvres contemporaine dans un lieu non seulement historique comme le Château de Rivoli, mais dans un lieu dont la plupart des pièces ont été restaurées, remarquablement restaurées et proposent au regard, fresques, dorures, moulures, et autres ornementations d'époque (je pense au carrelage en trompe l'oeil d'une des salles ! ) est un pari risqué et pourtant totalement réussi. Le regard est en ces lieux comme lavé des habitudes, des préjugés, des références qui l'encombrent habituellement. L'art contemporain a, en règle générale, besoin de beaucoup d'espace. Ici, chaque oeuvre dispose d'une salle pour elle seule et il se crée parfois de subtiles correspondances ou d'étranges dissonances ente la pièce exposée et son environnement.

Comme souvent quand il s'agit d'art contemporain les oeuvres surprennent, dérangent, interrogent plus qu'elles ne séduisent. Mais la collection est si riche, qu'il serait étonnant que vous ne trouviez pas une oeuvre qui vous plaise vraiment.

Pour ma part, ce sera Bill Viola, un vidéaste que j'ai découvert il y a quelques temps déjà. L'oeuvre est de la collection Rivoli est présentée dans un minuscule cabinet baroque entre deux salles; elle est proprement stupéfiante !

Un grand écran vertical bleu, bleu profond, bleu électrique. Plongée dans le bleu ... A force de scruter l'écran, on devine plus qu'on ne voit comme un mouvement : des bulles minuscules montent à la verticale. Soudain, du fond de l'océan, du bas de l'écran un jaillissement brutal, une éclaboussure et puis une forme vaporeuse, une silhouette féminine qui lentement, très lentement monte vers le haut de l'écran. Le titre de l'oeuvre ? L'ascension d'Isolde (La Forme de la Lumière dans l'Espace après la mort). La vidéo dure une dizaine de minutes. Il faut jouer le jeu, s'asseoir sur le banc prévu à cet effet, attendre et se laisser prendre. C'est beau, c'est fascinant, c'est stupéfiant. L'effet dépend bien entendu du moment où vous entrez dans la pièce, du temps que vous passez, assis sur le banc, à scruter l'écran bleu. Trop beau !

Comme les photos n'étaient pas autorisées, j'ai été chercher sur le net une photo pour vous donner ne serait-ce qu'une vague idée et voici où je l'ai prise.