08 octobre 2010

Turquoise

Turquoise est assurément une des couleurs dominantes de Santa Fe... Non ! pas dominante, mais omniprésente par petites touches : une balustrade, un volet, une porte....



















Turquoise est une couleur qui se marie parfaitement avec la couleur de l'adobe, la vraie couleur dominante de Santa Fe et du Nouveau Mexique en général.





















Turquoise est le nom de la route que l'on peut prendre pour arriver à Santa Fe quand on ne veut pas passer par l'ennuyeuse Interstate 25.

Turquoise est aussi le nom d'un pierre avec laquelle on fait de bien jolis bijoux.
"La turquoise (de l’italien) est une pierre ornementale dont le nom viendrait de "pierre turque", puisqu’elle fut plus particulièrement connue en Europe à l’époque des croisades. Elle a donné son nom à une nuance de bleu. Son aspect opaque et surtout sa couleur bleu-vert s’explique par les quantités de cuivre qu’elle contient. Depuis longtemps, elle est appréciée et utilisée par les artisans et les orfèvres comme pierre gemme. Aujourd’hui, elle est concurrencée par des imitations et des substituts synthétiques. http://fr.academic.ru/dic.nsf/frwiki/1668628


Et si ces bijoux ne sont pas tous en vraie turquoise,mais des "substituts synthétiques", et bien tant pis : la couleur est jolie.


07 octobre 2010

Intermède gourmand


Les "pies", c'était à Albuquerque, dans un restaurant quelconque à côté de l'aéroport.
Comment ça, vous n'aimez pas la crème chantilly ?


Les limonades, c'était à Santa Fé, au Café de Paris. Jamais vu cette marque de limonade en France. Et pourtant, si ! Il s'agit d'une petite (?) entreprise de Morteau dans le Doubs qui exporte sa marchandise jusqu'aux Etats-Unis, au Koweit et même en Australie !
Alors, la prochaine fois que vous irez au bistrot, demandez une limonade RIEME, vous verrez bien ...

06 octobre 2010

Road 66 : Grant, Gallup...

Il y a quelques années déjà j'avais eu l'occasion de rouler sur une petite portion de la Route 66, la plus mythique des routes américaines qui va de Chicago à Los Angeles. Qui allait... car elle a depuis longtemps été remplacée par la I 40 dont le pittoresque laisse à désirer.

L'itinéraire choisi cette année nous a permis de la suivre sur quelques kilomètres de plus, entre Gallup et Grants, deux villes du Nouveau-Mexique distantes d'une soixantaine de miles.

A Gallup c'est l'arrêt obligatoire au Earl's family restaurant, ouvert depuis 1947 ! On s'y arrête moins pour sa cuisine que pour le décor et l'ambiance un peu bazar puisque le restaurant autorise les Indiens à passer de table en table pour proposer leur marchandise. Un restaurant familial, c'est presque toujours une bonne affaire au Etats-Unis, on y trouve une atmosphère unique, une clientèle d'habitués plus que de touristes et celui-ci ne déroge pas à la tradition.
Sans compter que la dominante turquoise vient directement des années 50 !










BLT et baked potatoe, deux valeurs sûres ! Avec la carte du Nouveau-Mexique en prime !


Gallup est une ville passante : la route, la voie ferrée ....
Grants est situé sur un tronçon désaffecté de la 66 et c'est une autre histoire. Une histoire un peu nostalgique.

Il y a bien encore quelques cafés ouverts, mais la vieille pompe à essence est désamorcée.















Les enseignes publicitaires sont toujours là, qui promettent des nuits de rêve à ceux qui voudront bien s'arrêter ...



















mais derrière les panneaux, les motels sont délabrés, désaffectés, abandonnés, à moins qu'ils n'aient carrément disparus.


Des "roaring 20's", ancien "speakeasy", il ne reste rien qu'un vieux panneau rouillé; il y a bien longtemps qu'on n'y vend plus d'alcool.


Quant au motel Los Alamos, il a bel et bien disparu dans les sables.... Le voici vacant à jamais.



















Pourtant, Grants n'est pas une ville fantôme. Pas encore !
Ancienne ville minière (uranium essentiellement), Grants propose aux visiteurs de passage un petit musée sans prétention mais très complet, qui permet d'imaginer les conditions dans lesquelles s'effectuait le travail dans la mine et les plus téméraires peuvent même descendre sous terre en empruntant une ancienne cage de mineurs.
Sous terre ? Très peu pour moi mais libre à vous.

05 octobre 2010

Plantes du désert

Quelle que soit la terre, rocailleuse, sablonneuse, poussiéreuse
Quel que soit le climat, aride, venteux,
Quelle que soit la température, torride le jour, glaciale la nuit
Toujours elles survivent.
Elles s'accrochent, résistent, s'épanouissent.




Infinie variété des formes pour ces plantes du désert.






Une esquisse de vie dans ce monde minéral.

04 octobre 2010

Canyon de Chelly

Situé en Arizona, le canyon de Chelly fait partie de ces paysages qui émerveillent : puissance de la nature, capable de sculpter dans la roche des formes extraordinaires, infinies variation des couleurs au fur et à mesure que le jour se lève sur le canyon. Derrière l'objectif l'oeil s'affole, incapable de choisir ente ombres et lumières, pleins, creux, plissés ...

Un arbre mort permet de marquer l'immensité du paysage.

Canyon de Chelly, c'est d'abord un gigantesque plateau rouge, coupé par une faille profonde et presque totalement dans l'ombre.




On devine à peine au fond du canyon un peu de verdure, quelques sentes.











Il faut attendre pour que, peu à peu, les formes se dessinent ...










Les roches alors ne sont plus des roches, mais des pâtes malaxées par des mains habiles.

















Celles d'un pâtissier fou qui monte meringues et macarons pour les laisser ensuite cuire au soleil.




Mais ces plis, ces traces ne sont-elles pas plutôt les rides de la terre ? Comme une peau un peu trop exposée au soleil, au vent et à la pluie ?


03 octobre 2010

Indian reservations (suite)

A défaut de tout comprendre, j'ai rempli ma boîte à souvenirs de paysages et d'images propres à activer les réminiscences de mes lectures.

Les "Trading posts" sont des magasins où s'effectuaient la plupart des transactions commerciales entre Indiens, trappeurs et émigrants.
Celle qu'a installée en 1871, à côté de Ganado, John Lorenzo Hubbell, est devenue site historique national en 1967 et peut donc se visiter.


La porte d'entrée est surmontée comme il se doit d'un crâne de vache, objet d'une grande banalité dans ces contrées désertiques.

Dans la pièce du fond, on trouve une extraordinaire collection de tapis navajos mais aussi des poteries, des vanneries, des bijoux... des pièces superbes qui témoignent de la qualité de cet artisanat auquel John Hubbell a passablement contribué puisque, si l'on en croit les guides, il parlait couramment la langue des Navajos, les conseillait sur le choix des motifs, et a même été jusqu'à faire venir un orfèvre mexicain pour les initier à son art.
Et ne ménageait ni sa peine ni son temps pour les soigner pendant les épidémies de varioles !

"A true friend of the Navajo !" ce qui en cette fin de dix-neuvième siècle n'était pas si courant !
























Quelques dizaines de miles plus à l'Est, on arrive à Window Rock, une petite ville assez banale si ce n'est pour cette énorme roche trouée qui la surplombe ...


Au pied de cette roche, le quartier général de la nation Navajo : gouvernement, cour de justice, bureau de police... oui, c'est bien dans l'un de ces bâtiments que Joe Leaphorn ou Jim Chee ont à faire quand il ne sont pas à la poursuite d'un suspect à l'autre bout des "Four corners" ! Et si vous ne savez pas qui sont Joe Leaphorn et Jim Chee, c'est que vous n'avez toujours pas lu les romans de Tony Hillerman (depuis le temps que j'en parle...) Il suffit pourtant d'un seul pour être définitivement accro !

Certains de ces bâtiments sont d'allure très modeste, briques et tôles ondulées, peintures un peu effacées, mais sur toutes les voitures garées sur le parking, l'écusson, "the great seal of the Navajo nation ! "




Pour ajouter à la fierté nationale, il y a, toujours sous la roche, un monument érigé à la mémoires des "code talkers", les fameux "porteurs de code" navajos qui pendant la deuxième guerre mondiale, ont permis de transmettre des messages sans qu'ils soient interceptés par les Japonais.
Quand nous sommes passés, les drapeaux étaient en berne parce que l'un des survivants venaient de mourir : " We just lost another of our code talkers. " m'a-t-on simplement expliqué.

02 octobre 2010

Indian reservations

Curieusement, la route qui va de Tuba City à Window Rock passe par la réserve Hopi, sorte d'enclave en pays Navajo.
Navajo, Hopi ... les noms sont familiers à tout lecteur de Tony Hillerman. Mais au delà des noms, ce sont les lieux que nous étions impatients de découvrir, ces lieux que Joe Leaphorn et Jim Chee ne cessent de traverser à toute allure pour résoudre les affaires policières qui leurs sont confiées.

Les paysages sont splendides, immenses et vastes; les prairies couvertes de fleurs et de graminées brûlées par le soleil; les ciels bleus à l'infini avec juste ce qu'il faut de nuage pour enchanter l'oeil.


Mais le reste est source de désolation. L'habitat, éparpillé mais surtout délabré, laisse imaginer les conditions de vie des Indiens, qu'ils soient Navajo, Hopi, ou Zuni. L'ouverture de casinos a certainement permis de drainer des ressources vers les communautés qui ont fait ce choix; mais celles qui ont fait le choix de préserver avant tout leurs traditions, et ne s'ouvrent d'ailleurs aux voyageurs de passage qu'avec beaucoup de réticences, celles-là vivent apparemment dans la plus grande misère.



Les maisons sont petites, parfois en dur mais pas toujours : mobile homes, caravanes, hangars, cabanons regroupés constituent l'illusion d'un hameau autour duquel gisent toutes sortes de débris, vieilles voitures, instruments agricoles rongés par la rouille...






On se demande parfois si les lieux sont encore habités, déjà désertés ?
Mais aussi, de quoi peuvent bien vivre ceux qui ont choisi d'habiter sur ces mesas isolés ?
Un peu d'élevage peut-être mais d'agriculture il ne peut guère être question : les terres sont sèches, caillouteuses, arides ...
Du tourisme ? Certainement pas car les étrangers sont à peine tolérés sur les réserves et, sur les mesas Hopi il est strictement interdit de photographier, de filmer, d'enregistrer ou même de dessiner. Quant à se promener librement dans les villages, il n'en est pas question : les espaces accordées au voyageur sont excessivement restreints.
Difficile dans ces conditions de se faire une idée de la situation des Indiens d'Amérique, de comprendre leur attachement à une terre aussi ingrate, à une culture qui ne leur permet apparemment pas de changer, d'évoluer, de s'inscrire dans la modernité. S'agit-il pour eux d'un véritable choix, d'un refus d'entrer dans une société de consommation outrancière, d'un repliement sur des valeurs refuges ou d'une incapacité à affronter le monde tel qu'il est ?
Je n'en saurai rien : je n'ai fait que traverser ces territoires sans y pénétrer.

Si toutefois je veux comprendre, il me reste les livres, ceux de Hillerman essentiellement : cet ancien journaliste, bien que blanc et originaire de l'Oklahoma, parvient, dans ses romans policiers, à transporter ses lecteurs au coeur des réserves indiennes de l'Arizona et du Nouveau-Mexique. Ses livres tiennent de l'essai ethnologique autant que du polar.

Mais je n'oublie pas que, depuis quelques décennies, un certain nombres d'auteurs indiens se sont fait connaître, parmi lesquels Sherman Alexie, dont je viens de lire Reservation Blues, l'histoire de trois jeunes Indiens Spokane qui montent un groupe de musique intitulé Coyote Springs. Le livre est drôle, inventif, souvent surprenant; coincé entre rêve et réalité, parfois le lecteur hésite un peu, mais finit par s'attacher à ces jeunes Indiens qui s'interrogent sur leur "indianité" et leur place dans la société. Passablement critique vis à vis de son peuple, Sherman Alexie parle sans détour du dénuement matériel des Indiens de la réserve, des ravages causés par l'alcool, et de leur ressentiment vis à vis de ceux qui se sont appropriés les terres sans tenir compte de leurs premiers habitants.

30 septembre 2010

Tuba city


Ah! Tuba city

Pour avoir envie de s'arrêter à Tuba Vity, il faut avoir lu Un beau jour pour mourir de Jim Harrisson.
Il faut avoir suivi sur Google Map l'errance des trois personnages, trois paumés des années 70, partis de Key West, à l'extrême pointe de la Floride pour aller faire sauter un barrage du côté de Glen Canyon, à la frontière de l'Arizona et de l'Utah. Une traversée de l'Amérique passablement délirante, bien dans l'esprit des années 70. Et au demeurant un excellent bouquin.
Dans le roman, Tuba city a l'air d'un trou perdu au milieu de nulle part.
Dans la réalité, Tuba city a tout à fait l'air d'un trou perdu au milieu de nulle part.

Au dernier recensement (2000) la ville comptait 8225 habitants, majoritairement Navajos. Tuba City a connu, dans les années 50, une certaine prospérité grâce à l'exploitation des gisements d'uranium, mais de toute évidence, ce n'est plus le cas aujourd'hui puisque plus de 28% de la population vit sous le seuil de pauvreté.


Pas besoin d'aller chercher bien loin pour avoir confirmation de ces chiffres. Le long de Main street, ce ne sont que maisons fermées, fenêtres protégées des intrusions par du contre-plaqué, toits effondrés, jardins à l'abandon...



Comment expliquer une telle désolation ? La récente crise des "subprimes" a peut-être aggravé la situation, mais le mal vient de plus loin. "Boom town" dans les années 50, lorsqu'il s'agissait d'extraire de l'uranium, Tuba city n'est pas encore une "ghost town" mais elle est en passe de le devenir.

D'autant que le Truck stop café, sur lequel nous comptions pour nous remonter le moral est resté introuvable.
Nous n'avons pas tardé à comprendre pourquoi : le Tuba City Truck Stop Cafe n'est désormais plus qu'un souvenir, un nom sur la longue liste des lieux disparus.











Il suffit de 2 clics, le premier pour Google map, l'autre pour "street view" et vous voici à votre tour à Tuba city.

J'avoue que j'ai pour ces villes paumées des Etats-Unis, une certaine tendresse...

Monument Valley

Académiques les photos de Monument Valley. Oui, mais difficile de faire autrement dans un paysage aussi spectaculaire, déjà illustré par des millions de cartes postales !
N'empêche que lorsqu'on l'on emprunte la piste qui permet de faire le tour du paysage, on a beau être au volant d'une stupide voiture, l'effet western est bien là.


Et quand, pour se reposer, le regard se dirige vers le sol, on s'aperçoit que ce paysage rocheux est en réalité très végétalisé et que des tas de plantes, jaunes ou blanches s'accrochent à la terre presque sablonneuse et parviennent à survivre malgré la sècheresse.


La piste est longue, caillouteuse; le soleil baisse à l'horizon, les ombres s'allongent, le contre-jour est de plus en plus marqué ...


Bientôt la lumière aura disparu, mais depuis la terrasse qui surplombe le désert, un dernier rayon de soleil, comme un salut à la beauté du paysage.

29 septembre 2010

Antelope Canyon

Pourquoi monter jusqu'à Page au Nord de l'Arizona, alors que nous pouvions suivre l'Interstate 40 qui depuis Flagstaff nous menait tout droit jusqu'à Santa Fe ?
Pourquoi accepter de monter dans un gros véhicule ridicule, en compagnie d'une douzaine de touristes de toutes nationalités, de cahoter pendant une bonne 1/2 heure sur ce véhicule tout terrain dont la stabilité paraissait plus que douteuse ?
Pourquoi ?
La réponse tient en deux mots et trois photos, pas plus, sinon vous serez submergés !

ANTELOPE CANYON !




Non, les photos ne sont pas trafiquées ni filtrées; elles sont même un peu floues parfois.
Oui, c'est bien ce que j'ai vu derrière mon viseur : l'effet de la lumière zénitale dans un canyon creusé dans la roche rouge.
Mais, ce que les photos ne disent pas, c'est la centaine de voyageurs piétinant patiemment (?) dans le sable du canyon, très étroit; c'est la frénésie des photographes ne sachant plus où braquer leurs objectifs tant la lumière était belle et la roche soyeuse, plissée, veloutée ....

Quelques centaines de miles en plus, quelques heures supplémentaires passées dans la voiture, franchement, cela les valait bien. Et si j'avais pu, j'aurais bien tiré encoe un peu plus haut, jusque vers Kanab pour aller voir une autre endroit encore plus extraordinaire : the Wave ! Mais comme l'accès à cette vague rocheuse ne se fait que par tirage au sort pour quelques dizaines de visiteurs, chaque jour, j'y ai renoncé. Et si un jour j'y ai accès, j'oublierai mon appareil photo pour mieux plonger.