Je me souviens de ses films, lents parfois, terriblement lents et exigeants pour le spectateur occidental peu habitué à cette autre dimension du temps.
Je me souviens surtout d'une exposition de photos de Kiarostami, photos préparatoires à l'un de ses films et qui ont, c'est certain, modifié ma façon de regarder l'Iran. Car à chaque virage dans cette région désertique à l'Ouest de Téhéran, j'avais l'impression d'entrer dans un paysage de Kiarostami : la lumière, les couleurs, la douceur des formes...
Je me souviens du petit livre que j'ai acheté à l'occasion de cette exposition et que souvent je feuillette.
J'admire sa façon de suggérer tout un univers avec trois fois rien, un arbre, la courbe d'une route, une rangée d'arbres...
Et même sous la pluie ou en noir et blanc, ses photos sont magnifiques.
https://www.theguardian.com/artanddesign/gallery/2009/may/19/abbas-kiarostami-photography-exhibition
07 juillet 2016
06 juillet 2016
Sur la route des vacances, Albi l'albigeoise
Les deux ponts sur le Tarn et le jardin "à la française" de la cité épiscopale
Dans le dédale du palais de la Berbie, un plafond comme une coque de bateau, retournée !
Et pour finir, deux "dames" de Toulouse-Lautrec.
04 juillet 2016
Bill Cunningham
Nathalie Rompotis (Instagram)
Plus qu'un photographe de mode, Bill Cunningham était un photographe de
rue et j'adorais aller sur le site du New York Times pour y retrouver
ses photos et sa vidéo hebdomadaire. Une façon de voyager sans même
prendre un billet d'avion.
Les rues de New York saison après saison, soleil ou pluie, neige ou frimas et toujours ses passants, anonymes le plus souvent, excentriques parfois mais pas toujours, photographiés, magnifiés par Bill dont les commentaires aussi drôles qu' enthousiastes - wonderful ! marvelous ! lovely ! - enjolivaient brièvement le monde.
On ne verra plus son vélo dans les rues de New York. Il a raccroché sa veste et sa caméra.
Pour très longtemps ! Mais sur le Net, des milliers de gens lui rendent hommage.
Wendymac (Instagram)
20 juin 2016
Diamant noir
Le spectateur découvre cet intriguant métier en même temps que Pier Ulmann, jeune homme solitaire et escroc d'occasion, qui fait le voyage jusqu'à Anvers pour venger son père, rejeté par sa famille et mort dans la misère.
En fait, c'est le réalisateur, Arthur Harari qui réussit un joli coup en conduisant son film comme un polar, tout en le doublant d'une histoire familiale relativement complexe, qui laisse entendre que chacun, en ce domaine, finit par construire l'histoire qui l'arrange.
Malgré quelques maladresses, inhérentes à tout premier film, Diamant noir est un film d'une grande rigueur dans sa construction, ce qui laisse augurer du meilleur pour l'oeuvre à venir de ce nouveau cinéaste.
19 juin 2016
18 juin 2016
17 juin 2016
Street Art Festival (suite)
Malgré la pluie persistante, jour après jour, le festival se poursuit et les murs gris et moches se couvrent de
couleurs; perchés sur des nacelles à long bras, les artistes
travaillent; les fresques seront bientôt toutes achevées.
Même inachevée et en partie masquée par le bras de la nacelle, le Renard a déjà belle allure.
16 juin 2016
Elle
Pure coïncidence mais le fait d'avoir vu le film de Verhoeren juste après l'exposition Jérôme Bosch oriente forcément le regard et pousse à voir des rapprochements (sans doute abusifs) entre l'oeuvre du peintre et celle du cinéaste : il m'a semblé en effet que le cinéaste hollandais, à l'instar du peintre flamand, s'amuse (?) à faire l'inventaire des perversités humaines. Ce qui ne fait pas pour autant de Elle un chef d'oeuvre, loin de là, car l'accumulation finit par peser. Terriblement.On peut certainement s'en amuser, un peu comme si on jouait au jeu des 7 familles : dans la famille 'barjo', après le père (tueur psychopathe), la mère (et son gigolo), voici la fille et ses névroses, son ex (écrivain raté qui se console avec une prof de yoga), son amant (le mari de sa meilleure amie), sans oublier le fils (écervelé) et sa concubine (tyrannique) etc. etc... Mais un catalogue ne fait pas un film et on se lasse assez vite des turpitudes de chacun comme de la froideur feinte d'Isabelle Huppert.
Oui mais voilà, quand le film laisse entendre qu'une femme violée y prend suffisamment goût pour avoir envie de recommencer et se mettre volontairement en situation de recommencer, je trouve le sujet nettement moins amusant et le film franchement dérangeant. Et terriblement caricatural dans sa volonté de vouloir tout expliquer par un traumatisme initial.
15 juin 2016
A O Làng Phô
Ce n'est pas tout à fait du cirque, pas tout à fait de la danse non plus, mais cela tient un peu des deux. C'est surtout un spectacle plein d'acrobaties et de poésie, de rythme et de drôlerie, de grâce et d'énergie.
Avec quelques corbeilles d'osier et des tiges de bambous, la troupe du Nouveau Cirque du Vietnam reconstitue le décor d'un village traditionnel, où se succèdent les travaux et les jours et tient les spectateurs sous le charme pendant toute la durée de la représentation.
Et une vidéo, parce que les images sans le mouvement, ce n'et pas tout à fait ça ! A regarder de préférence en plein écran ! https://youtu.be/2ly8pHPpijQ
14 juin 2016
Les accessoires dans les tableaux de Jerôme Bosch
Après les plantes et les animaux : les êtres humains ! Ils sont apparemment innombrables car qui s'est amusé à compter les personnages ne serait-ce que dans un seul tableau de Bosch, Le Jardin des Délices par exemple ? Pourtant chacun de ces personnages est soigneusement caractérisé et accessoirisé.
Il y a ainsi les porteurs de lunettes ou de besicles, comme "l'escamoteur" dont les yeux regardent le ciel pendant que la main s'empare de la bourse du spectateur naïf.
Des personnages à lunettes, oui il y en a un certain nombre, mais plus nombreux encore sont ceux qui portent un entonnoir sur la tête.
L'entonnoir, symbole de tromperie ou de folie. Mais qu'advient-il du malade que l'on prétend guérir de sa folie, quand c'est le "chirurgien" qui porte un entonnoir sur sa tête ?
Lunettes, entonnoirs ... et pourquoi pas chaussures ?
Ou plutôt patins à glace ? Y compris pour les oiseaux !
Et les ornythorinques ?
Encore une drôle de bête pour l'époque et le lieu puisqu'avant 1798, nul en Europe ne connaissait l'existence de ce mammifère. Avec Bosch c'est toujours l'imagination qui l'emporte sur la réalité !
Puisqu'on en est aux chaussures, regardez bien celle du vagabond : une bottine au pied droit, une savate au pied gauche. C'est curieux, mais pas invraisemblable : qui ne s'est jamais retrouvé avec des chaussettes de couleur différentes aux pieds ?
D'ailleurs, la dernière, la deuxième savate du vagabond, je l'ai retrouvée !
Dans l'angle inférieur droit du panneau central du Jugement dernier.
En feutre - ou en toile - rose ! Elle est devenue habitacle et même bateau.
Pas certain néanmoins qu'elle permette aux deux fugitifs d'échapper au massacre car ce qui frappe au bout d'un moment dans les tableaux de Jerôme Bosch, c'est l'abondance de couteaux (parfois surdimensionnés) et de lames de toutes tailles et de toutes formes, destinées à couper, trancher, désarticuler, décortiquer, dépecer, décapiter, écharper, trucider, zigouiller l'espèce humaine.
Au nom de Dieu, bien entendu !
13 juin 2016
Le monde animal de Jérôme Bosch
Les animaux sont innombrables dans les tableaux de Bosch et pour la plupart facilement identifiables. J'avoue une petite préférence pour l'éléphant ...
et le chameau, deux animaux dont on se dit qu'ils ne devaient pas être très nombreux dans la Flandre du XVe siècle.
Que les poissons abondent dans l'oeuvre du peintre, on ne s'en étonne guère, mais que les poissons volent dans le ciel et servent de monture à un couple de bourgeois ... voilà qui est plus surprenant !
Quand ils sont arnachés comme des engins de combat ou des monstres dévorants finit par être franchement inquiétant.
Et que dire de l'homme escargot ?
Malgré leur gigantisme les oiseaux ont l'air nettement plus pacifiques ...
L'air seulement parce que l'oiseau, ou plutôt l'homme à tête d'oiseau sur sa chaise percée, fait naître le même l'effroi que fera naître trois siècles plus tard le Saturne de Goya, le dieu qui engloutit ses enfants.
12 juin 2016
L'univers végétal de Jérôme Bosch
Il y a plus d'une façon de regarder un tableau de Jérôme Bosch. On peut faire appel à l'histoire ou à la religion, à la science ou à la psychanalyse. Toutes les méthodes sont bonnes, et toutes donnent des résultats intéressants.
Mais les exégèses savantes ne m'intéressent que modérément. J'aime en revanche me confronter directement à l'oeuvre et dans le cas de Bosch, me concentrer sur les détails plutôt que sur l'ensemble d'un tableau dont la richesse et le foisonnement de toute façon me dépassent. Les détails donc parce que toujours ils surprennent, ils intriguent, ils ravissent et je reste confondue par l'imagination sans limite de ce bonhomme.
Dans le monde végétal de Bosch, la fraise occupe une place particulière. Un symbole religieux ? érotique ? eschatologique ? ou simplement une forme, une couleur, une saveur qui plaisait au peintre. Toujours est-il qu'une fois la première fraise repérée, vous en découvrez partout !
Après les fraises rouges, les chardons bleus, comme celui qu'un papillon vient butiner, au risque de s'y déchirer les ailes...
Et nous voilà partis pour une jeu de carambole parce qu'inévitablement cette première baie-bulle nous emmènera vers une autre bulle ... édénique ?
puis vers d'autres transparences ...
de plus en plus étranges ....
Mais les exégèses savantes ne m'intéressent que modérément. J'aime en revanche me confronter directement à l'oeuvre et dans le cas de Bosch, me concentrer sur les détails plutôt que sur l'ensemble d'un tableau dont la richesse et le foisonnement de toute façon me dépassent. Les détails donc parce que toujours ils surprennent, ils intriguent, ils ravissent et je reste confondue par l'imagination sans limite de ce bonhomme.
Dans le monde végétal de Bosch, la fraise occupe une place particulière. Un symbole religieux ? érotique ? eschatologique ? ou simplement une forme, une couleur, une saveur qui plaisait au peintre. Toujours est-il qu'une fois la première fraise repérée, vous en découvrez partout !
Après les fraises rouges, les chardons bleus, comme celui qu'un papillon vient butiner, au risque de s'y déchirer les ailes...
Le chardon nous amène au porc-épic, bleu lui aussi, enfermé à l'intérieur d'une baie...
Et nous voilà partis pour une jeu de carambole parce qu'inévitablement cette première baie-bulle nous emmènera vers une autre bulle ... édénique ?
puis vers d'autres transparences ...
09 juin 2016
Andrew Wyeth
Chez les Wyeth on est peintre de père en fils ! Il y a Andrew, le plus connu, mais il y a aussi N.C. (Newell Convers), son père, et Jamie son fils. Dans la famille Wyeth , il y a encore, mais on en parle moins, Henriette et Carolyn, ses soeurs .... Difficile chez les Wyeth de ne pas toucher aux pinceaux.
Sous l'intitulé Andrew and Jamie en el estudio, le musée Thyssen- Bornemisza, a choisi de mettre côte à côte des tableaux du père et du fils, ce qui est intéressant en soi, mais, sans hésitation aucune, je garde ma préférence à Andrew.
D'autant que l'exposition m'a permis de découvrir certains tableaux que je ne connaissais pas, comme ce portrait de Christina Olson, la jeune femme paralysée par la polio qui est au centre de son tableau le plus connu, Christina's world, un tableau devenu iconique à force d'être reproduit (mais qui ne faisait pas partie des tableaux exposés!)
Presque sans couleur, le portrait de Christina peint a tempera joue sur le contraste entre l'intérieur et l'extérieur, l'ombre et la lumière, offrant une perspective d'ouverture vers une nature que l'on devine à la fois douce et sauvage, à une jeune fille dont la mobilité a été restreinte par la maladie. Assise sur le seuil de la porte elle contemple un paysage qui lui est difficilement accessible.
Il y a dans l'oeuvre d'Andrew Wyeth beaucoup de portes et encore plus de fenêtres, comme si le peintre était attiré, appelé par la lumière et le monde extérieur, les paysages sauvages de la côte du Maine ou plus champêtres de Pennsylvanie tout en lui préférant le confort et la sécurité du foyer.
Looking out, looking in est le titre d'une exposition consacrée il y a deux ans, à ce thème dans l'oeuvre de Wyeth.
http://www.nga.gov/content/ngaweb/exhibitions/2014/andrew-wyeth.html
Le tableau choisi par le musée pour présenter l'exposition est tout aussi fascinant : l'enfant assis dans l'herbe avec son bonnet de trappeur sur la tête n'est autre que le fils de Wyeth. Au milieu d'une prairie que l'on pressent immense il est tout resserré sur lui-même, indifférent à tout, sauf au petit soldat qu'il vient de perdre dans l'herbe.
Sous l'intitulé Andrew and Jamie en el estudio, le musée Thyssen- Bornemisza, a choisi de mettre côte à côte des tableaux du père et du fils, ce qui est intéressant en soi, mais, sans hésitation aucune, je garde ma préférence à Andrew.
D'autant que l'exposition m'a permis de découvrir certains tableaux que je ne connaissais pas, comme ce portrait de Christina Olson, la jeune femme paralysée par la polio qui est au centre de son tableau le plus connu, Christina's world, un tableau devenu iconique à force d'être reproduit (mais qui ne faisait pas partie des tableaux exposés!) Presque sans couleur, le portrait de Christina peint a tempera joue sur le contraste entre l'intérieur et l'extérieur, l'ombre et la lumière, offrant une perspective d'ouverture vers une nature que l'on devine à la fois douce et sauvage, à une jeune fille dont la mobilité a été restreinte par la maladie. Assise sur le seuil de la porte elle contemple un paysage qui lui est difficilement accessible.
Il y a dans l'oeuvre d'Andrew Wyeth beaucoup de portes et encore plus de fenêtres, comme si le peintre était attiré, appelé par la lumière et le monde extérieur, les paysages sauvages de la côte du Maine ou plus champêtres de Pennsylvanie tout en lui préférant le confort et la sécurité du foyer.
Looking out, looking in est le titre d'une exposition consacrée il y a deux ans, à ce thème dans l'oeuvre de Wyeth.
http://www.nga.gov/content/ngaweb/exhibitions/2014/andrew-wyeth.html
Le tableau choisi par le musée pour présenter l'exposition est tout aussi fascinant : l'enfant assis dans l'herbe avec son bonnet de trappeur sur la tête n'est autre que le fils de Wyeth. Au milieu d'une prairie que l'on pressent immense il est tout resserré sur lui-même, indifférent à tout, sauf au petit soldat qu'il vient de perdre dans l'herbe.
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