11 novembre 2019

Ceux qui travaillent

Il est grand temps de reprendre le chemin du cinéma et tant qu'à faire, commencer par de bons films.
Comme celui d'Antoine Russbach. On n'en sort pas rasséréné ni très optimiste sur l'avenir de notre société, mais savoir à quels excès, à quel immoralité, à quelle dénégation de toute humanité peut conduire une entreprise basée sur le profit, est pour le moins salutaire.


Cadre supérieur dans une compagnie de fret maritime à laquelle il a consacré toute sa vie, au détriment de son couple, de sa famille, de sa vie personnelle, Frank est viré du jour au lendemain pour faute grave. La faute est gravissime en effet, choquante, mais on apprend rapidement que ce n'était au fond qu'un prétexte attendu par la société qui trouvait qu'au vu de son ancienneté, il coûtait trop cher.  Une remarque parmi d'autres qui souligne le cynisme absolu d'une entreprise pour laquelle seul compte le profit.

Le film on le voit pourrait rapidement tomber dans la caricature et la propagande anticapitaliste. Mais ce que nous montre véritablement le réalisateur, c'est le désarroi de Frank dont toutes les certitudes s'effondrent, dont tous les combats paraissent soudain totalement vains, et qui se retrouve condamné à remettre en question toutes les valeurs sur lesquelles il a fondé sa vie. Ceux qui travaillent offre au spectateur qui accepte de se poser des questions,  un très beau portrait de personnage et à Olivier Gourmet un rôle dans lequel il est, comme à son habitude, remarquable.

Le film, projeté dans les salles Art et essai, ne sera hélas vu que par ceux qui s'inquiètent des dérives de notre société. C'est hélas le constat que je fais à la sortie de tous les films qui essayent d'apporter des éléments de réflexion à leur public, qui s'adressent à l'intelligence et à l'âme du spectateur.
A la sortie de Ceux qui travaillent, comme à la sortie de Sorry we missed you, le dernier Ken Loach.



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