10 janvier 2026

Father, mother, sister, brother

La filmographie de Jim Jarmush est pleine de films étranges. Et si de film en film on est certain de retrouver quelque chose de la patte Jarmush, on est certain aussi de voir quelque chose de différent. 

Father, mother, sister, brother se présente comme un film à sketches sur la famille, une sorte de triptyque qui à chaque fois explore les relations entre parents et enfants devenus adultes. Autant de variations autour d'un même thème dont le spectateur s'amusera à repérer les différences et les similitudes, qu'elles soient dans la description des personnages, des lieux, des boissons partagées, des propos échangés.... Très vite, on se rend compte que chaque image est importante parce que chaque image doit être prise comme un indice pour donner du sens au film, parce qu'ici l'image l'emporte sur la parole volontairement insignifiante.  Du vrai cinéma donc qui alterne les scènes de déplacements en voiture - lieux à la fois clos sur les personnages et ouverts sur l'environnement - avec des scènes statiques lorsque les enfants se retrouvent dans la maison familiale. Ah, la séquence de "tea party" filmée en surplomb avec juste le bruit des tasses de thé reposées  délicatement... parfaite pour montrer à quel point tout est depuis longtemps figé dans la relation entre la mère et ses deux filles. 

Avec Jarmush tout est à la fois extrêmement subtil et volontiers outrancier, il n'a peur ni de la caricature, ni de la drôlerie, ni même, en fin de compte de la tendresse. Son ironie frôle parfois le sarcasme, mais au final tout est bien vu, bien observé. Son film exige du spectateur un regard attentif puisque chaque détail compte et le conduit peu à peu vers une réflexion sur les conventions non écrites qui régulent ses propres relations familiales. 

Est-il besoin de dire que le casting est parfait, que les acteurs sont remarquablement dirigés avec en tête une recommandation du genre "less is more" et que Charlotte Rampling est plus étonnante que jamais.  

Rédiger une critique c'est un peu comme revoir le film, mais celui-ci, je crois que je retournerai volontiers le revoir en salle.  


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