Encore un film passé quasi inaperçu alors qu'il a tout pour séduire. Par sa qualité photographique tout d'abord : un noir et blanc tout en nuances et lumineux, des cadrages particulièrement soignés, qui donnent parfois l'envie de faire un arrêt sur image pour mieux en profiter. Mais non le film avance parce qu'il a beaucoup à dire sur les conditions de vie de deux enfants dans la Pologne des années 30. Double transposition, géographique et historique pour le spectateur, mais Yolande Zauberman, la réalisatrice, ne s'arrête pas là : parce que le moteur du film c'est l'amitié entre les deux garçons, que leur religion - Abraham est juif, Anton ne l'est pas - devrait séparer mais ne sépare pas. Ce premier duo amical est complété par un deuxième duo : Rachel, la soeur d'Abraham est amoureuse de Nahon, communiste tout juste sorti de prison grâce à l'intervention de ses camarades.
Film sur l'enfance, film sur la jeunesse, Moi Ivan, toi Abraham montre surtout le poids des traditions - religieuses mais pas seulement - et la façon dont les enfants cherchent et parviennent (?) à s'émanciper, à se libérer de la chape qui pèse sur eux. Drôle, étonnant, émouvant ... autant de qualificatifs qui s'appliquent à ce film qui date de .... 1993 !

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