09 janvier 2026

Le 5e plan de la Jetée

Celui-ci, j'ai failli le manquer, parce qu'il ne restait plus qu'une seule séance et tout s'était mis en travers de mon chemin ce jour-là. Mais ouf, je suis arrivée à temps au cinéma.
 
La Jetée de Chris Marker, est un film qui m'avait fascinée à sa sortie, par sa forme bien sûr, quelque chose comme un roman-photo puisque composé comme une suite d'images fixes, mais aussi par ce qu'il essayait de dire sur le fonctionnement de la mémoire, sur les images récurrentes, l'impression de déjà vu...  
Même fascination quand je l'ai revu des années plus tard parce que son propos est resté aussi flou; mais c'est justement cette part d'incompréhensible, cette atmosphère étrange, vaguement inquiétante, ce qui résiste à l'élucidation rationnelle qui, à mes yeux en tout cas, fait l'intérêt du film. 
 
Le film de Dominique Cabrera est presque aussi étrange que le film de Chris Marker et tout aussi fascinant. Parce que le travail qu'elle entreprend sur le 5e plan de La Jetée est un documentaire sur la remontée d'un souvenir à partir d'une seule image, celle où un sien cousin croit s'être reconnu dans le film de Marker. Oui, mais était-ce bien lui l'enfant aux oreilles décollées, un pied sur la rambarde, devant les piste d' Orly, il y a plus de 60 ans ? 
Le travail de la mémoire est le vrai sujet du film de Dominique Cabrera qui convoque le ban et l'arrière ban de sa famille pour essayer de corroborer un souvenir, d'en faire, à défaut d'une vérité, une possibilité, voire une probabilité. Un aventure collective qui inclut l'histoire, puisque 62, l'année de la sortie du fim est aussi l'année du retour en métropole, des pieds-noirs dont fait partie la famille de Dominique Cabrera.
Le film est une avancée pas à pas dans les souvenirs des uns et des autres, qui s'appuie sur tous les moyens dont dispose la documentariste pour extraire des images du film de Marker, les agrandir, les décomposer. 
Un remarquable travail sur la remontée (ou la perte) des souvenirs, remontée parfois chaotique, toujours incomplète, incertaine, mais bel et bien fascinante.  
 

 

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