J'étais seule dans la salle de cinéma. Et je me demande encore pourquoi, parce que le film d'Alberto Rodriguez est loin d'être inintéressant.
Certes, installations portuaires et raffineries pétrolières ne constituent pas le paysage le plus romantique, mais Antonio et Estrella sont plongeur professionnels et leur univers est celui des tankers, porte-conteneurs, et autres cargos, pour lesquels ils effectuent des travaux sous-marins. Rien à voir avec les films de Cousteau, même si une grande partie du film se passe sous l'eau. ! Mais pour une fois que le cinéma s'intéresse a un vrai milieu professionnel, aux conditions dans lesquels s'effectuent ces travaux, sans pour autant virer au documentaire, on aurait tort de s'en plaindre. D'autant que la condition sociale des personnages conditionne l'intrigue : pour faire face à ses difficulté financières qui risquent de le priver de ses filles, Antonio est prêt à détourner à son profit un ballot de drogue qu'il a découvert dans un cargo. On passe alors au mode polar, bien que l'action soit en réalité moins importante que la relation entre le frère et la soeur, une relation ancrée dans l'enfance et que rien n'est venu altérer.
Alberto Rodriguez s'était fait remarquer avec La Isla Minima, un polar à la fois social et politique sorti en 2014 et présenté au festival Ojoloco. Los Tigres qui joue sur trois tableaux à la fois, thriller, film social, film psychologique, est de la même veine... alors pourquoi bouder son plaisir ?

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