Les photos de Bruno Boudjelal posent question : la plupart d'entre elles sont floues. Donc ratées ? Si on attend d'une photo qu'elles traduisent aussi précisément que possible le monde tel que nous le voyons, c'est sans doute le cas. Mais le flou des photos de Bruno Boudjelal rend compte de sa réalité, celle du voyageur embarqué dans un long périple du Nord au Sud du continent africain. Non pas la réalité brute , mais des impressions laissées par des lieux, des objets, des personnages. Le flou et l'éclat des couleurs traduisent le mouvement, l'énergie, la vitalité d'un continent trop souvent perçu comme pitoyable.
Les impressions que j’y ai ressenties sont éloignées des représentations qui circulent sur ce continent : ce n’est ni l’Afrique exotique et pittoresque ni l’Afrique des douleurs avec la guerre, la pauvreté, la maladie. Pour moi, il se dégageait de ces lieux une vive énergie – liée tout à la fois à la vie et au chaos. Bruno Boudjelal
Il est vrai que le dispositif choisi - de longs couloirs noirs pour un pêle-mêle photographique avec quelques images parfois mises en relief par un cadre - ajoute certainement au ressenti.
"Suivre le goudron demande un temps long qui permet de vivre plus intensément les situations traversées et les échanges avec les voyageurs."Bruno Bouldjelal
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