Les éléphants dans la brume est un film étonnant à plusieurs égards. D'abord parce qu' il se passe au Népal, un pays où l'hindouisme imprègne la vie de chacun. L'hindouisme, et les croyances de toutes sortes, ce qui est de prime abord plutôt dépaysant pour une rationaliste occidentale. Abinash Bikram Shah, le réalisateur a, de surcroît, choisi de situer son récit dans une communauté transgenre. Ces communautés, qui existe depuis toujours en Inde, ne sont en réalité tolérées qu'à condition de se tenir à l'écart du reste de la population comme le film ne tarde pas à le montrer.
On comprend très vite que les données ethnologiques et sociologiques constituent une part essentielle du film, cependant Abinash Bikram Shah a construit son film comme un thriller, en imaginant la disparition d'un des membres de la communauté, et sa recherche dans une forêt où les éléphants constituent une menace réelle. Au centre du film, Pirati, dont la responsabilité est engagée en tant que "mère", figure protectrice désignée d'Apsara, la disparue. Pirati est supposée reprendre la charge du "guru" alors même qu'elle doute de son engagement et trahit le serment de chasteté imposé à tous les membres de la communauté.
Les éléphants dans la brume fait incontestablement sortir le spectateur occidental de sa zone de confort. Ce qui est plutôt réjouissant. Mais malgré les efforts du cinéaste, le scénario ne permet pas tout à fait au film d'échapper à l'étiquette "documentaire ethnologique".

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